La culture Chincha était une ancienne civilisation amérindienne dont le peuple vivait près de l'océan Pacifique au sud-ouest du Pérou dans la région côtière au sud de Lima, l'actuelle capitale du pays.

Le royaume chincha et sa culture ont prospéré à la « Période intermédiaire tardive » entre et avant de faire partie de Empire inca vers 1480.

Les sont décrits par plusieurs spécialistes de la culture sud-américaine Maria Rostworowski de Diez Canseco, History of the Inca Realm. Cambridge University Press, 1999. Justo Caceres Macedo, Prehispanic Cultures of Peru (Peruvian Natural History Museum, 1985). Friedrich Ratzel rapporte en 1896 dans son que Francisco Pizarro a rencontré des qui avaient dans leurs traditions une terre lointaine au-delà des mers Friedrich Ratzel. The History of Mankind. Londres : MacMillan, 1896, Vol I, page 154. www.inquirewithin.biz/history/american_pacific/oceania/easter_island.htm Lire en ligne consulté le 17 décembre 2009..

Le mot Chinchay ou Chincha signifie « ocelot » en quechua. Les ont donné leur nom : au rongeur connu sous le nom de chinchilla, littéralement petit chinchaChinchilla dans l'Encyclopædia Universalis, consulté en mars 2011. Les l’utilisaient pour faire des vêtements et tissaient son poil pour réaliser des couvertures. Quand les furent vaincus par les Incas, ces derniers en réservèrent l’usage aux habits de cérémonie royaux Scott Barnes, , août 2002. Sur le site mutation chinchillas ; aux Îles Chincha, au large des côtes du Pérou ; à la région de Chinchay Suyu ; aux villes de Chincha Alta et de Chincha Baja. Géographie Le territoire des Chincha s'étendait à environ au sud de Lima dans une grande et fertile vallée, limitée au nord par le ravin de Topará, irriguée par les fleuves Chico et Matagente, bordée par la vallée du fleuve Pisco située plus au sud.

Le désert environnant est pratiquement sans pluie, mais ces cours d'eau temporaires (les ríos) descendant de la région de Huancavelica arrosent périodiquement cette vallée des Chincha, constituant une oasis en forme de triangle d'environ du nord au sud le long de la côte et qui s'étend sur à l'intérieur des terres. Ce sont donc environ de terres qui sont cultivées dans la vallée actuelle et qui l'étaient certainement aussi à l'époque précolombienne sur une surface approchante Wallace, Dwight T. (1991), « The Chincha roads: economics and symbolism », in Ancient road networks and settlement hierarchies in the New World edited by Charles D. Trombold, New YorK: Cambridge University Press, p. 256; Google Earth. vignette|345x345px|Blason de la province de Chincha. Cet espace englobe aujourd'hui les districts d'Alto Larán, de Chincha Alta, de Chincha Baja et d'El Carmen, qui sont 4 des 11 districts de la province de Chincha, l'une des cinq provinces du département d'Ica.

Le site archéologique de , situé près de la ville actuelle de Chincha Baja est un vestige de cette civilisation ().

Les Chincha étaient une nation très organisée qui a construit des villes, comme La Centinela, Tambo de Mora, La Cumbe, San Pedro, Ranchería, Litardo et Las Huacas, toutes reliées par un vaste réseau de routes.

Histoire Avant les Chincha Les êtres humains vivent le long de la côte péruvienne depuis au moins . Les premiers colons étaient probablement des pêcheurs nomades qui se sont sédentarisés afin de profiter des riches ressources maritimes apportées par le courant de Humboldt. L'agriculture d'irrigation dans les vallées fluviales s'est développée plus tard. Les premières communautés établies connues dans la vallée de Chincha datent d'environ 800 avant notre ère et appartiennent à la culture Paracas Stanish, Charles, Tantalean, Henry, Nigra, Benjamin T., and Griffin, Laura (2014), « A 2,300-year-old architectural and astronomical complex in the Chincha Valley, Peru », Proceedings of the National Academy of Sciences, Vol. 111, No. 20, p. 7218.

Plus tard, de à , la vallée de Chincha a été influencée par la culture Ica-Nazca Prouix, Donald A. (2007), « The Nasca Culture: An Introduction », University of Massachusetts, P. 5, http://people.umass.edu/proulx/online_pubs/Nasca_Overview_Zurich.pdf, accessed 8 August 2016. La vallée de Chincha a également été influencée et peut-être sous le contrôle de l'empire Huari, du environ Bergh, Susan and Lumbreras, Luis Guillermo (2012), Lords of the Ancient Andes, London: Thames & Hudson, p. 2 (cover).

Entre le un changement dans le mode de vie et la culture des habitants de la côte s'est produit, différents styles artistiques et techniques apparaissant dans la région côtière. Certains chercheurs affirment que ce changement était le produit d'une vague migratoire d'origine inconnue, identifiant cette culture comme la culture « pré-Chincha ». Cette culture rudimentaire « pré-Chincha » reposait largement sur la pêche et la récolte de coquillages.

Ère Chincha Au , probablement à la suite d'une vague migratoire venant des hauts plateaux, une culture plus sophistiquée et guerrière connue sous le nom de Chincha s'est développée dans la vallée. Les Chincha avaient une architecture, une agriculture et maitrisaient l'irrigation et ils ont rapidement dominé toute la vallée.

Langue Les parlaient déjà la langue quechua avant le développement de l'Empire inca en Amérique du Sud. Cette langue se serait propagée via les échanges commerciaux entre les et les peuples voisins, notamment à Cajamarca et jusqu'en Équateur.

Religion En l'état actuel des recherches, la cosmogonie des Chincha est assez confuse. Il semble que les Chincha adoraient un dieu jaguar et se croyaient descendants des jaguars, ce qui leur donnait une tendance à l'agressivité guerrière. Selon d'autres sources, les Chincha consultaient un oracle (ou un dieu selon les interprétations) nommé Chinchaycamac, probablement près de La Centinela, qui recevait de riches offrandes Nigra, Ben, Jones, Terrah, Bongers, Jacob, Stanish, Charles, Tantalean, Henry and Perez, Kelita (2014), « The Chincha Kingdom: The Archaeology and Ethnohistory of the Late Intermediate Period South Coast, Peru », Backdirt, 2014, p. 39, http://ioa.ucla.edu/sites/default/files/backdirt2014_full_lr_update.pdf, accessed 18 August 2016.

Économie Les principales activités économiques étaient l'agriculture, la pêche et surtout, le commerce.

Les marchands de Chincha étaient réputés pour maintenir des routes commerciales par voies terrestres avec des caravanes de lamas, atteignant la province d'El Collao sur l'altiplano et la région de Cusco. Un réseau de routes rayonnait de La Centinela, en ligne droite, comme c'était la coutume andine, vers Tambo de Mora, Laurino, Chincha et San Pedro, où se trouvaient des centres cérémonials et administratifs périphériques. Ces routes sont toujours visibles, elles s'étendaient ensuite à l'est et au sud pour le transport des marchandises jusqu'aux hauts plateaux des Andes Wallace, pp. 253-255.

Ils ont eu le mérite d'organiser un commerce triangulaire dont ils étaient le pont commercial entre le plateau du Collao, la côte centrale péruvienne et le nord de l'Équateur. Les produits les plus convoités de la sierra étaient le jerky, la laine et certains métaux.

Leurs grandes compétences commerciales étaient telles qu'ils avaient réussi à étendre leur influence sur tout le (futur) territoire inca avant qu'il ne devienne un empire. On pense que grâce à l'influence commerciale des Chincha, le quechua est devenu la langue vernaculaire principale dans les Andes. vignette|Pagaies et dérive à usage cérémoniel preuve de la place importante de la mer dans la culture Ica-Chincha. |alt=|267x267px De plus, les Chincha avaient acquis des compétences en navigation et en construction navale. Leurs radeaux de troncs de balsa, étaient capables de transporter vingt personnes avec une importante cargaison. L'utilisation de la voile, leur aurait permis d'établir de vastes routes commerciales maritimes jusqu'en Équateur et même d'atteindre l'Amérique centrale. Ces caboteurs Chincha adoraient une étoile connue sous le nom de Chundri, qui aurait pu servir à la navigation. On sait qu'ils ont atteint l'Amérique centrale, car l'une de leurs principales exportations était les coquilles de Spondylus, typiques de l'Équateur et du Pérou, qui ont été retrouvées en Amérique centrale.

La flotte Chincha aurait été constituée de plus de 200 embarcations, avec lesquelles ils commerçaient sur toute la côte de la mer de Grau, atteignant même l'Équateur et la Colombie au nord, et le Chili jusqu'au port fluvial de Valdivia au sud. Les produits chinchas seraient même parvenus jusqu'à la mer des Caraïbes, car ils commercialisaient leurs produits à l'embouchure du fleuve San Juan en Colombie. De là, les marchands des peuples autochtones colombiens prenaient le relai et les transportaient jusqu'à la mer des Caraïbes. Les Chincha exportaient du chuño, du charqui de lama, des laines diverses, du cuivre, du poisson salé, des citrouilles, du maïs et des poteries. Ces produits étaient échangés contre des mullu (Spondylus et Strombus), des émeraudes et d'autres pierres précieuses Dewan, Leslie and Hosler, Dorothy (2008), « Ancient Maritime Trade on Balsa Rafts: An Engineering Analysis », Journal of Archaeological Research, Vol. 64, pp. 19–20.

Les Chincha étaient aussi des pêcheurs, la mer était donc très importante pour leur économie Rostworowski de Diez Canseco, Maria (1999), History of the Inca Realm, Cambridge: Cambridge University Press, pp. 205–206. Les Chincha comme les Chimú et certaines autres cultures andines utilisaient l'argent pour le commerce.

La puissance du dirigeant Chincha était mesurée par le nombre de radeaux dont il disposait Nigra et al, p. 40. À l'apogée de la seigneurie, il n'y avait pas de seigneur ou de roi plus riche en Amérique du Sud.

Les Chincha atteignirent leur apogée à peu près au même moment où les Incas créaient leur empire aux .

Architecture La ruine Chincha de La Centinela a été l'un des premiers sites archéologiques du Pérou à être étudiés par des archéologues. Le site couvre plus de et se compose de deux grandes pyramides, La Centinela et Tambo de Mora, construites en adobe et servant d'habitations aux dirigeants du peuple Chincha. La zone résidentielle environnante abritait des artisans qui travaillaient l'argent, les textiles, le bois et la céramique Tavero Vega, Lizardo, « La Centinela », http://www.arqueologiadelperu.com.ar/lacentinela.htm, accessed 12 August 2016. Comme la plupart des sites archéologiques monumentaux précolombiens, l'objectif principal de La Centinela était probablement cérémonial plutôt que résidentiel ou commercial.

Ils ont construit leurs temples et palais sur de grandes plates-formes avec des murs de boue, en utilisant la technique du coffrage (tapial en espagnol) dans lequel était déversé un mélange de boue et de gravier, puis à attendre qu'il sèche, de la même façon dont le béton est travaillé aujourd'hui. Ils pouvaient ainsi construire des murs épais, hauts et résistants.

Agriculture En 1997, s'appuyant sur des textes contemporains de la conquête espagnole, l'historien péruvien Marco Curatola Petrocchi explique la richesse du royaume Chincha par le fait qu'ils fertilisaient leurs champs avec des oiseaux morts et du guano. En 2026, l'usage du guano comme fertilisant est confirmé par le fort rapport isotopique N/N mesuré dans des épis de maïs datant d'entre 1155 et 1675. La mainmise des Chinchas sur de vastes gisements de guano pourrait expliquer pourquoi le petit royaume a été ménagé par les empereurs incas...

Dans l'empire inca