Alexandre-François Vivien, dit parfois « Vivien de Goubert », est un homme politique français, né à Paris le et mort dans la même ville le .

Biographie

Jeunesse et études Alexandre-François Auguste Vivien est fils d'un avocat. S'il se destine d'abord à la carrière militaire, il entreprend ensuite des études de droit et obtient une licence de droit.

Parcours professionnel

Carrière judiciaire Vivien est reçu avocat après 1814, et s'inscrit au barreau d'Amiens en 1820. Il y plaide quelques années, avant de s'installer à Paris en 1826. Il se fait alors remarquer par son ouvrage Le Joueur à Paris, ou les Jeux dans leurs conséquences sur la moralité des individus et la fortune des familles (1825) puis par son Traité de la législation des théâtres (1830). Il fait partie du groupe de jeunes libéraux qui siégeaient au conseil de la Société de la Morale Chrétienne et signa la pétition du contre la peine de mort, dont il devait combattre l'abolition sous la Deuxième République.

Bien qu'il n'eût pris aucune part personnelle à la Révolution de 1830, il fut nommé procureur général près la cour royale d'Amiens () à la faveur de l'épuration de la haute magistrature.

Partisan résolu de la politique de résistance, il fut appelé, le , à remplacer Jean-Jacques Baude à la préfecture de police de Paris. Si l'opposition critiqua sa brutalité, le gouvernement lui reprocha, à l'inverse, une certaine indécision dans la répression des émeutes républicaines d'avril, juin et .

En butte à l'hostilité de Casimir Perier, Vivien fut renvoyé et nommé conseiller d'État ().

Parcours politique Le , il fut élu député par le électoral de l'Aisne (Saint-Quentin) ( sur et contre 48 à M. J.-B. Fouquier d'Hérouël) en remplacement de M. Niay, démissionnaire. Il siégea dans les rangs du Tiers Parti et fut réélu le ( sur et contre 86 à M. Fouquier d'Hérouël). Il prit une part importante à la discussion des lois sur l'organisation des conseils généraux et des conseils d'arrondissement, et contribua au vote des lois de . Il fut réélu le ( sur et ) et le ( sur ). Il fut à l'origine de la Loi du sur l'enfermement des aliénés à la suite d'un rapport (lequel porte son nom) sur la condition des aliénés mentaux, étudié par la commission parlementaire, dont il assura la présidenceSite doc-du-juriste.com, page "Commentaire sur le rapport Vivien (1837) : la condition de l’aliéné mental".. Ce texte recevra de forte critiques, notamment de Joseph-Xavier Tissot, connue sous le nom de Frère Hilarion et fondateur de nombreux établissements pour aliénés en France entre 1820 et 1835Site cairn.info, Marcel Jaeger, article Aux origines de la profession d’infirmier psychiatrique -2. Personnel laïc et personnel religieux Dans VST - Vie sociale et traitements 2016/4 (N° 132), pages 105 à 115..

Il fut nommé ministre de la Justice et des Cultes dans le second ministère Thiers du au . Il attacha son nom à la suppression des juges suppléants devant le tribunal de la Seine, et soutint la discussion devant la Chambre des pairs de l'importante loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.

Sous le troisième ministère Soult (en fait Guizot), Vivien se rapprocha de l'opposition dynastique avec laquelle il vota le plus souvent jusqu'à la fin du règne. Il fut réélu député les ( sur et ) et ( sur et ). Il demanda l'abrogation de la loi sur les annonces judiciaires, et fit paraître dans la Revue des deux Mondes une série d'études sur l'administration et la politiqueCf. ainsi l'article d'Alexandre-François Vivien en 1841 (), dans la Revue des deux Mondes, à propos du Conseil d'État, de ses attributions et de sa nouvelle organisation..

Nommé président du comité de législation du Conseil d'État (), il fut élu à l'Académie des sciences morales et politiques (section de Législation) le .

Surpris par la Révolution de 1848, qu'il n'avait pas souhaitée, Vivien fut élu représentant de l'Aisne à l'Assemblée constituante le ( sur 14 par sur et ). Il fit partie du comité de constitution et prit une part importante à ses travaux. Il fit plusieurs interventions à la tribune de l'Assemblée et s'associa à tous les votes du parti conservateur, pour le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, contre l'abolition de la peine de mort, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur du général Cavaignac, pour la proposition Rateau, contre l'amnistie, pour l'interdiction des clubs, pour l'expédition romaine.

Le , il entra avec Jules Dufaure et Alexandre Pierre Freslon dans le cabinet formé par le général Cavaignac, où il fut nommé ministre des Travaux publics. Il abandonna ce portefeuille le lorsque Louis-Napoléon Bonaparte accéda à la présidence de la République.

Lors de l'élection du pour le poste de vice-président de la République, il est l'un des trois candidats présentés par Louis-Napoléon Bonaparte, élu président le mois précédent. Avec à l'Assemblée, il termine deuxième, devant Achille Baraguey d'Hilliers mais derrière Henri Georges Boulay de la Meurthe.

Rapporteur de la loi qui organisait le Conseil d'État sur de nouvelles bases (), il fut lui-même élu conseiller d'État par l'Assemblée (), donna le sa démission de représentant, et fut replacé à la tête de la section de législation.

Démission et dernières années Il se démit de ces fonctions après le coup d'État du et ne s'occupa plus que de travaux littéraires. Il rédige en 1852 une analyse des modalités de recrutement des fonctionnaires, et conclut dans un sens favorable aux concours administratifs : .

Vivien milite par ailleurs en faveur de l'émergence et de l'enseignement d'une science politique. Il écrit en 1859 que .

Il mourut à des suites d'une fluxion de poitrine le .

Œuvres

Le Joueur à Paris, ou les Jeux dans leurs conséquences sur la moralité des individus et la fortune des familles, Paris, 1825, in-8 Traité de la législation des théâtres, Paris, 1830, in-8 Études administratives, 1845, in-8 ; 1853, 2 vol. in-18

Il a également publié de nombreux articles dans la Revue des Deux Mondes.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

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