Pierre-Nicolas André dit de Murville, né en 1754 à Strasbourg, mort le à Paris, est un poète et dramaturge français.

Biographie Fils d’un directeur des fourrages en Alsace, Murville a concouru, dès l’âge de 19 ans, pour le prix de poésie à l’Académie française. Il ne l’obtint pas, et fut pendant quelques années l’un des plus obstinés concurrents. Enfin en 1776, il partagea ce même prix avec un certain Gruet, élève de l’abbé Delille. En 1785, il reçut le prix d’encouragement décerné par cette Académie.

Lassé de jouer devant des banquettes vides, Murville a tenté un coup de bluff, pour capter l’attention du public. Attribuant son manque de succès sur le compte du jeu rigide de son acteur principal, Monvel, il a imaginé de piquer la curiosité des spectateurs en montant lui-même sur scène. L’annonce faite, la salle s’est remplie instantanément, portée par la curiosité du public. Ce grand succès a néanmoins condamné l’avenir de la pièce car le public, ravi de cette tragédie involontairement comique, a décrété qu’il ne reviendrait voir la pièce que si Murville y jouait. Refusant d’être tourné en dérision, celui-ci a a juré de ne plus remonter sur scène avant d’être assuré d’un accueil sérieux. face à ce blocage mutuel, la pièce a été abandonnée. Murville, qui ne manquait pourtant pas de talent, ne s’est jamais remis du seul véritable succès de sa carrière..

Pendant les guerres de la République, il sert dans les armées en qualité de capitaine. Revenu à Paris, il s’y livre de nouveau aux lettres, et meurt presque dans l’indigence. Malgré une production prolifique, la majeure partie de son travail reste de facture modeste. On relève les Adieux d’Hector et d’Andromaque, pièce qui a partagé le prix en 1776 ; l’Épitre à Voltaire, qui a obtenu l’accessit en 1779 ; la comédie de Melcourt et Verseuil, qui a eu quelque succès en 1785, et la tragédie d’Abdelazis et Zuleima, représentée en 1791.

À l'occasion de différends suscités par Héloïse, drame en trois actes, donné, au théâtre de l'Odéon, en 1812, il a publié les Infinimens Petits, 1813, in-8º.. L’Almanach des Muses et autres recueils contiennent beaucoup de ses pièces de vers.

Il avait épousé la fille de la cantatrice de l’Académie royale de musique Sophie Arnould.

Œuvres Épître d’un jeune poète à un jeune guerrier, pièce qui a concouru pour le prix de l’Académie française, en 1773, J.-B. Brunet. Les Bienfaits de la nuit, ode qui a concouru pour le prix de l’Académie française, en 1774. Épître sur les avantages des femmes de trente ans, pièce qui a concouru pour le prix de l’Académie française, en 1775, D.-C. Couturier père, 1775. L’Amant de Julie d’Étange, ou Épitre d’Hermotine à son ami, Esprit, 1776. Épître à Voltaire, pièce qui a obtenu l’accessit au jugement de l’Académie française en 1779, Demonville, 1779. Le Rendez-vous du mari, ou le Mari à la mode, comédie en 1 acte et en vers, représentée pour la sur le théâtre des Tuileries, par les Comédiens français ordinaires du roi, le , Vve Duchesne, 1782. Melcour et Verseuil, comédie en un acte et en vers, représentée pour la première fois par les Comédiens français ordinaires du roi, le , Prault, 1785. Lausus et Lydie, tragédie en 5 actes et en vers, Brunet, 1786. Lanval et Viviane, ou les Fées et les Chevaliers, comédie héroï-féerie, en 5 actes et en vers mêlée de chant et de danses, représentée pour la première fois par les Comédiens Français, le samedi , Prault, 1788. Le Paysage du Poussin, ou Mes illusions, épître à M. Bounieu, peintre... et Dioclétien à Salone, ou Dialogue entre Dioclétien et Maximien. Pièces qui ont concouru pour le prix de poésie de l’Académie française en 1790. Par M. de Murville, l’auteur, 1790. Abdélazis et Zuleima, tragédie en 5 actes en vers, représentée pour la première fois sur le théâtre Français de La rue de Richelieu le lundi , Maradan, 1791. Eumène et Codrus, ou la Liberté d’Athènes, tragédie républicaine en trois actes et en vers, Lafforest, 1794. L’Année champêtre, poëme en quatre chants et en vers libres, suivi de poésies diverses, L. Collin, 1808. Ode sur l’heureux accouchement de S. M. l’impératrice reine Marie-Louise d’Autriche, et sur la naissance de S. M. le roi de Rome, F. Didot, 1811. Ode sur le prochain accouchement de S. M. l’impératrice reine Marie-Louise d’Autriche, impr. de P. Didot l’aîné, 1811. Héloïse, drame en 3 actes et en vers, représentée à Paris, au théâtre de l’Impératrice, , J.-G. Dentu, 1812. Les Infiniment Petits, ou Précis anecdotique des événements qui se sont passés au théâtre de l’Odéon les 22 et , Delaunay, 1813.

Notes et références

Liens externes

Sources .

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