Les élections en Belgique sont organisées pour que les citoyens puissent désigner leurs représentants aux différents niveaux du pouvoir. En Belgique, il existe six niveaux de pouvoir : communal, provincial, régional, communautaire, fédéral et européen (pour un total de ). Dans tous les cas, le scrutin est proportionnel et conduit donc à une majorité de coalition. (Le Sénat n'est plus élu directement.)

Tout Belge âgé de ou plus est obligé de voter ( pour les élections européennes), à moins d’être déchu de ses droits politiques ; les Belges résidant à l’étranger ou, pour les élections communales, certains étrangers résidant en Belgique n’y sont tenus que s’ils se sont inscrits en tant qu’électeurs. La demande de vote par procuration est possible jusqu’à la veille du scrutin. Voir Droit de vote en Belgique.

Les dernières élections communales et provinciales ont eu lieu en 2024. En juin 2024 ont eu lieu toutes les élections parlementaires : fédérales, régionales et européennes.

La Belgique a massivement recours au vote électronique, ce qui est régulièrement dénoncé par ses opposants pour les dangers que cela fait peser sur la démocratiePourEva, Nos Positions, consulté le 16 mars 2026, https://www.poureva.be/spip.php?rubrique13.

Histoire Premières élections Les premières élections après l'indépendance de la Belgique, proclamée le , sont organisées par le gouvernement provisoire le afin d'élire les membres du Congrès national, la première assemblée législative et constituante, chargée de jeter les bases du nouveau pays et notamment de voter la Constitution de la Belgique. Le premier gouvernement belge, le gouvernement de Gerlache, entre en fonction le tandis que la loi électorale du 3 mars 1831 régit les futures du de la même année.

Suffrage censitaire Le système de suffrage censitaire et capacitaire masculin est en vogue de 1830 à 1839, en vertu d'un arrêté du gouvernement provisoire du . Seuls les hommes payant un cens suffisant ont le droit de vote. En 1830, moins de dix mille personnes détiennent ce droit en vertu du critère de capacité (magistrats, ministres du culte, notaires, officiers, avocats, universitaires, etc.).

Le suffrage universel masculin tempéré par le vote plural En 1839, le vote devient obligatoire mais n'est ouvert qu'aux hommes de plus de 25 ans : c'est le suffrage universel masculin tempéré par le vote plural. L’article 47 de la Constitution belge est ainsi modifié et adopté à la suite d'un compromis entre les libéraux et les catholiques. Ils ont décidé de ne pas donner le même suffrage universel à tous les citoyens mais de pouvoir accorder un vote plural à certains. Les députés sont toujours élus directement et un vote est attribué à chaque citoyen âgé de 25 ans accomplis. Toutefois, un vote supplémentaire est accordé dans chacune des situations suivantes :

Obtiennent une voix supplémentaire de type « censitaire » : le père de famille, âgé de 35 ans et occupant une habitation qui représente d’impôt personnel au moins. le propriétaire d’un immeuble valant ou d’une rente de .

Obtiennent deux voix supplémentaires de type « capacitaire » : le porteur d’un diplôme supérieur ou de fin d’humanités. celui qui remplit ou a rempli une fonction publique.

Un citoyen ne peut toutefois cumuler que trois voix (soit les voix capacitaires, soit le cumul de deux conditions censitaires, qui donnent droit à trois voix également). Le vote devient également obligatoire.

Le suffrage universel masculin Le passage au suffrage universel masculin se fait en deux temps. Il se fait par la loi provisoire de 1919 et par la révision constitutionnelle du . C’est la première grande inconstitutionnalité en Belgique mais qui a tout de même été validée par l’ensemble des partis présent au parlement. Il y avait un problème pratique qui empêchait de respecter la constitution car il n'était plus possible de connaître la situation de chacun avec les critères fixés par la Constitution après la Première Guerre mondiale.

Il va y avoir deux changements majeurs : tous les citoyens n'ont plus qu'une seule voix et abaissement de l’âge de vote qui baisse à 21 ans afin de ne pas exclure tous ces jeunes qui ont participé à la guerre. La deuxième modification est la possibilité pour certaines femmes de voter. Néanmoins, seules des femmes dans des situations particulières avaient ce droit. C'était précisément les femmes patriotes ayant participé à la guerre. La seule condition était que ces femmes devaient être non mariées. C'est à partir de ce moment-là que la question du droit de vote pour les femmes a commencé à faire débat.

À la suite de la réforme constitutionnelle du , un deuxième alinéa est ajouté à l'article 47 de la constitution. Il disposait que des lois accordant le droit de vote aux femmes ne pouvaient être adoptées qu'à la majorité spéciale. C’est du compromis politique. Ce sont des compromis d’une part entre les catholiques, les libéraux et les socialistes car ces deux derniers craignent l’influence des prêtres et des patrons sur le vote des femmes.

Le suffrage universel strict Le droit de vote est attribué aux femmes, par une loi du votée pratiquement à l’unanimité et qui révise l’article 47, al. 3 de la Constitution de la Belgique. Hommes et femmes votent désormais de la même manière sans déplacement considérable de voix, ni à droite ni à gauche. Il n’y a eu aucun changement électoral et aucun changement politique lié a l’octroi de ce droit de vote. De ce fait, il n’a plus jamais été discuté et sur le plan électoral, la Belgique est intégralement passée au suffrage universel.

Système électoral belge La répartition des sièges se fait selon la méthode d’Hondt appliquée au résultat des listes, par circonscription électorale. Au sein d’un même parti, les sièges sont répartis en fonction de la popularité des candidats et de leur ordre dans la liste (votes préférentiels + votes dévolutifs).

Les circonscriptions parlementaires sont les provinces pour la Chambre et pour le parlement flamand (plus Bruxelles). Elles sont plus petites pour l'élection du parlement wallon.

L’arrondissement de BHV s’étendait sur la Région de Bruxelles-Capitale et une partie de la Région flamande (Hal-Vilvorde). À partir de 2014, la circonscription de Bruxelles est, avec le canton électoral de Rhode-Saint-Genèse, la seule circonscription bilingue français-néerlandais. L’arrondissement de Verviers comprend également les communes formant la Communauté germanophone et est donc, de facto, bilingue français-allemand.

La durée des mandats varie selon le type d’élection : Depuis 2014, les élections fédérales (Chambre) ont lieu tous les cinq ans, en même temps que les élections européennesConstitution belge, article 65, http://www.senate.be/doc/const_fr.html#art65. Avant 2014, les mandats avaient une durée de quatre ans, sauf élections anticipées en cas de dissolution. Les élections régionales et européennes ont lieu tous les cinq ans, sans possibilité d’élections anticipées. Les élections communales et provinciales ont lieu tous les six ans, sans possibilité d’élections anticipées.

Deux types de vote existent : soit voter pour un ou plusieurs candidats d’une même liste, soit voter pour un parti. Dans ce dernier cas, les voix obtenues pour le parti sont réparties entre les candidats, en tenant compte de leur ordre sur la liste et au pro rata des votes qu’il leur manque pour être élu. Les candidats en début de liste sont ainsi « privilégiés ».

Le vote électronique n’est pas obligatoire, et laissé à l’appréciation des communes. Le débat à ce sujet est toujours ouvert.

Un seuil électoral de 5 % a été décidé le et mis en place progressivement. Il apparaît aux élections fédérales de 2003, puis aux élections régionales de 2009L'instauration et les effets du seuil électoral de 5 %, François Onclin, Courrier hebdomadaire du CRISP, 2009/36 (n° 2041-2042), pages 5 à 72. Vu la taille des circonscriptions fédérales, le seuil légal de 5 % est inférieur au seuil naturel théorique sauf pour la circonscription d’Anvers (4,16 %), seule circonscription à compter plus de 20 élus. Le seuil naturel effectif (qui tient compte de la répartition des voix entre les différentes listes) est quant à lui inférieur à 5 % dans 3 circonscriptions : Anvers (3,66 %), Flandre-Orientale (4,45 %) et Hainaut (4,88 %).

Élections communales

La circonscription se limite naturellement à la commune elle-même. On détermine le nombre de conseillers communaux à élire en fonction de la population de la commune au premier janvier de l’année précédant l’élection. La méthode de répartition des votes en siège utilisée n'est pas la méthode d'Hondt, mais bien la méthode Impériali, sauf dans la Communauté germanophone et dans quelques communes à facilités linguistiques.

Du ressort des Régions, les élections communales diffèrent ainsi selon la Région où l’on se trouve. Ainsi, en Wallonie, le bourgmestre est obligatoirement (sauf s’il se désiste) le candidat le plus populaire du parti le plus populaire formant la majorité.

Les étrangers (également non européens) y ont le droit de vote (loi du ).

Pour être électeur : Être inscrit au registre de la population de la commune au août de l’année d’élections et Être citoyen belge de ou plus ou être ressortissant de l’Union Européenne, avoir ou plus et être inscrit au registre des électeurs de la commune ou être ressortissant hors-UE, avoir ou plus, être inscrit au registre des électeurs de la commune et avoir établi sa résidence principale en Belgique, sur base d’un titre de séjour légal, de manière ininterrompue pendant les précédent l’inscription au registre. Pour être candidat : Être belge au plus tard au moment du dépôt de sa candidature et avoir ou plus. ou être ressortissant de l’Union Européenne, avoir ou plus et être inscrit au registre des électeurs de la commune (obligation de la directive européenne 94/80/CE). Non éligible : Le Gouverneur de province, à sa sortie de fonction, ne peut être candidat les deux années qui suivent.

Élections provinciales

La circonscription électorale pour la province est le district. Il s’agit d’une subdivision des arrondissements administratifs présentés ci-avant. Une liste complète par province est disponible ici. On détermine le nombre de conseillers provinciaux à élire en fonction de la population de la province au premier janvier de l’année précédant l’élection.

Conditions pour être électeur Être inscrit au registre de la population de la commune appartenant à la province visée au de l’année d’élections. ET Être citoyen belge de ou plus

Conditions pour être candidat Être belge au plus tard au moment du dépôt de sa candidature et avoir 18 ans ou plus.

Inéligibilité Le Gouverneur de province, à sa sortie de fonction, ne peut être candidat les deux années qui suivent. Les parlementaires, les sénateurs, les eurodéputés et les membres d’un parlement régional ou communautaire Les secrétaires d’État, les ministres (tant fédéraux, que régionaux et communautaires) et les membres des commissaires européens

Élections régionales

Région wallonne Le Parlement wallon compte (il n’y a pas de quota spécifique pour les germanophones) ;

Les circonscriptions wallonnes, basées sur un seul ou un regroupement d'arrondissements administratifs sont les suivantes. (depuis 2018) : Arlon-Marche-en-Famenne-Bastogne-Neufchâteau-Virton ; Charleroi-Thuin ; Dinant-Philippeville ; Huy-Waremme ; Liège ; Mons ; Namur ; Nivelles ; Soignies-La Louvière ; Tournai-Ath-Mouscron (composé des arrondissements de Ath et de Tournai-Mouscron) ; Verviers.

Région de Bruxelles-Capitale Le Parlement bruxellois, organisé en une circonscription unique compte :

.

Les néerlandophones ont le même poids politique que les (la coalition au pouvoir doit donc former une majorité dans les deux groupes linguistiques).

Région flamande Le Parlement flamand a quant à lui été dissous dans la Communauté flamande (voir à Élections communautaires).