La Compagnie des mines d'Auchy-au-Bois est une compagnie minière qui a exploité la houille par des puits de mine à Lières, Auchy-au-Bois et Ames à l'extrême ouest du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
Elle ouvre sa première fosse dite 1 en 1856, après avoir effectué plusieurs sondages, et commence à produire en 1859. La fosse 2 est commencée en 1862, mais, à son ouverture, la production augmente peu. Le , un coup de grisou entraîne la mort de sept personnes et l'inondation du puits 2, ainsi que de ses travaux. Un puits 3 est commencé en et commence à produire en 1877. L'année précédente, 1876, une fosse 4 avait été tentée, mais le puits fut abandonné à la profondeur de en raison de la crise industrielle.
Le gisement sur la concession est mauvais, et la faible production ne permet pas à la Compagnie de rembourser ses dettes. Le puits 1 est arrêté en 1881, le puits 2 quatre ans plus tard. Le puits 3 est alors le seul à assurer l'extraction, mais la Compagnie est liquidée en 1886. Le gisement de la concession d'Auchy-au-Bois est alors repris par la Compagnie des mines de Lières, qui fait faillite en 1894, puis par la Compagnie des mines de Ligny-les-Aire qui reprend aussi l'extraction sur la concession de Fléchinelle. Elle creuse alors quatre nouveaux puitspuis reprend l'ancienne fosse 2 en 1927 afin d'assurer l'aérage de son nouveau puits 3. Elle est nationalisée en 1946 et intègre le Groupe d'Auchel. Mais le gisement est pauvre et accidenté, et l'extraction est arrêtée en 1950 sur cette concession d'Auchy-au-Bois.
Historique
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a pendant longtemps été exploité uniquement dans sa partie orientale, située dans le département du Nord, à l'exception du Boulonnais où le charbon est extrait dans de petites exploitations. Pendant longtemps, la Compagnie des mines d'Anzin a été l'une des rares sociétés à exploiter avec succès la houille. Des recherches ont cependant eu lieu régulièrement dans le but de découvrir le prolongement du bassin. Ainsi, la Compagnie Wuillaume-Turner a été la première à installer ses recherches dans le Pas-de-Calais vers 1763 - 1765. Malheureusement, ses puits ont été implantés beaucoup trop au sud de la formation houillère, sur la même longitude que les mines d'Anzin.
D'autres sociétés, comme celles d'Hasnon, de Vicoigne, d'Aniche et d'Azincourt, exploitent vers 1840 des terrains situés plus au nord et plus à l'ouest de la concession d'Anzin. En 1846, M. Soyez découvre la houille au-delà de la concession d'Aniche et ouvre l'année suivante une fosse à Roost-Warendin et fonde ainsi la Compagnie des mines de l'Escarpelle. Il y a confirmation que le bassin minier continue vers le Pas-de-Calais. En 1841, De Clercq effectue un sondage à Oignies qui met en évidence la présence de houille. Il s'ensuit la création de la Compagnie des mines de Dourges.
Dès lors, les recherches s'intensifient et la majeure partie des compagnies du Pas-de-Calais se forme entre 1850 et 1860. La « Société A. Faure et Compagnie » installe ses recherches à l'extrême ouest du bassin du Pas-de-Calais, à proximité de la « Société de recherches de Lillers », future Compagnie des mines de Ferfay, créée le . Celle-ci devance la Compagnie d'Auchy en ouvrant dès 1853 une fosse 1 à Auchel, trois ans avant que la Compagnie n'ouvre sa première fosse. La Compagnie des mines de la Lys-Supérieure ouvre une fosse à la fin de l'année 1855, à l'ouest de la concession demandée par la Compagnie d'Auchy.
Premières recherches de la Société Faure
Une Société se forme vers la fin de , sous la raison sociale « A. Faure et Cie », pour exécuter des recherches de houille à l'ouest et au-delà des nombreuses entreprises qui fouillent alors les environs de Béthune.
Elle se compose notamment d'ingénieurs et de capitalistes de Paris, avec à sa tête Messieurs Martin-Lavallée, directeur de l'école centrale, et Faure, ingénieur civil, et Gardeur-Lebrun, directeur de l'école des arts et métiers de Châlons. Elle installe, en , un premier sondage à Norrent-Fontes, 94, qui rencontre le calcaire carbonifère à ; puis un second, 95, à Radometz, près Thérouanne, qui a dû être abandonné à la profondeur de , après avoir traversé de morts-terrains et de graviers, cailloux et sables divers. Un peu plus tard elle exécute un troisième sondage à Saint-Hilaire-Cottes, 96, près d'Auchy-au-Bois qui rencontre à le terrain dévonien, dans lequel il pénètre jusqu'à ; puis un quatrième à Rely, 97, qui rencontre le calcaire carbonifère à . La Société Faure n'a pas de succès dans ses recherches.
Elle a alors pour concurrent M. Podevin qui a trouvé la houille dans deux de ses sondages ; le premier exécuté en 1852 à la Tirremande, 77 ; le deuxième exécuté en 1853, 78, à Saint-Hilaire-Cottes, près d'Auchy-au-Bois. La Société Faure acquiert du sieur Podevin ces deux sondages, et formule le , une demande en concession, qui est mise aux affiches le .
L'appareil de sonde de la Tirremande est transporté à Bellery, 98, près d'Ames, où l'on atteint le terrain houiller à de profondeur, au dessus de huit veines de houille. L'exploitabilité varie de à .
Travaux
La Société d'exploitation constituée, la concession obtenue, on ouvre en , une première fosse à Lières, 1. Elle atteint le terrain houiller à et le calcaire carbonifère à . La formation houillère ne présente donc, à la traversée du puits, qu'une faible épaisseur de .
thumb|upright=1.5|Alors que la Compagnie d'Auchy-au-Bois exploite son gisement, tout le bassin minier n'est pas encore concédé, et les concessions sont encore partiellement inexploitées. D'autres enfin n'ont pas encore leur superficie maximale. thumb|upright=1.5|Plan des travaux vers 1877.
L'exploitation de cette fosse est nulle au nord, et au sud porte presque exclusivement à la seule « veine Maréchale » de d'épaisseur. Cette veine est assez vite dépouillée au niveau de et on a dû recourir en 1867, pour prolonger l'extraction, à un puits intérieur, creusé à du puits principal, desservi d'abord par une machine à l'intérieur, et plus tard en 1870, par une machine à l'extérieur, avec transmission par câble en fibre végétale (en aloès) d'abord et puis par un câble en acier ; un télégraphe électrique assure la régularité des mouvements.
Dans de pareilles conditions la fosse 1 est peu productive, en fait onéreuse. Cependant elle permet d'explorer transversalement la concession et de faire savoir que les gisements houillers s'étendent au-delà de sa limite sud. Elle permet stratégiquement de déterminer l'emplacement d'un puits qui sera ouvert plus tard sous la désignation de 3.
Pendant l'année 1860, la Société exécute une série de cinq sondages au sud de sa concession pour disputer une part de la zone houillère aux « Société Calonne », « Modeste de Westrehem » et l'« Éclaireur du Pas-de-Calais ». Dans d'autres concessions propres à la Compagnie d'Auchy, la première fosse (1) a été placée avec des données incertaines, mais la zone houillère étant plus large, le risque d'erreur est plus faible. Ces fosses servent alors le plus souvent à étudier le gisement par des travaux souterrains, pour placer les fosses suivantes avec plus de certitude de réussite. Ainsi, la fosse 1 d'Auchy-au-Bois, placée trop au nord, n'a pas d'autre avenir que de devenir une fosse d'études. Les exploitants ont alors ouvert deux galeries latérales avec toutes les installations permettant de faire remonter la houille à la surface (accrochages) vers le sud, au niveau de et , en dirigeant deux galeries à travers-banc (bowettes), de manière à traverser le massif houiller dans toute son épaisseur. Un nouveau puits aurait pu être créé pour prendre les veines en pied, mais les dirigeants ont eu d'autres idées : ils conservent la fosse 1 comme fosse d'aérage et de secours.
Enfin en 1862, lorsque la Compagnie ouvre une deuxième fosse, les considérations sont alors différentes. Celle-ci est ouverte dans une partie de la concession qui n'a pas encore été explorée, il a fallu creuser des travers-bancs par tâtonnement, si bien qu'il fallut du temps pour commencer à se diriger vers le nord et le sud fut à peine été exploré. Le terrain houiller est rencontré à . Situé à à l'ouest de la fosse 1, on ne rencontre jusqu'à la profondeur de que des veines accidentées qui sont improductives. On décide en 1867 d'approfondir jusqu'à et on ouvre deux accrochages à et , laissant de hauteur du puits inexploité. Les mêmes veines ont été recoupées au niveau de . Les galeries à travers-banc de ces étages rencontrent au sud de belles veines, assez régulières. Celles du nord atteignent le calcaire à du puits.
La fosse 2 allait enfin donner des résultats, mais le , pendant l'exhaussement du cuvelage par suite du relèvement du niveau des eaux qui se produit cette année là dans tout le bassin, une explosion de grisou a lieu. Un tel niveau d'eau ne s'était jamais produit dans l'histoire du bassin minier. Le sous-ingénieur, deux surveillants et quatre ouvriers périssent dans cet accident. Le guidage intérieur et la cloison d'aérage du puits de mine sont détruits, et les eaux envahissent les travaux, car les pièces de cuvelage nouvellement installées ont bougé. Les exploitations des niveaux inférieurs sont complètement inondées, recouvrant ainsi les débris et les cadavres. La réparation des dégâts est longue et difficile. Á sa fin on ouvre de nouveaux accrochages à , et , intermédiaires entre ceux de et , et l'exploitation de la fosse 2 est reprise en 1875.Mais jusqu'ici elle n'avait donné que de faibles résultats, et en 1878, les travers-bancs nord et sud sont dans le calcaire carbonifère sans découvertes intéressantes.
L'accident arrivé à la fosse 2, cause un grand émoi parmi les actionnaires et le conseil d'administration convoque une assemblée générale extraordinaire qui se tient le , et dans laquelle il a été résolu de presser l'ouverture d'un troisième puits, déjà décidé dans les principes fondateurs de la société. Ce puits a pour but d'exploiter particulièrement la richesse houillère reconnue par le puits intérieur de la fosse 1. Il doit rencontrer, au niveau de , une première exploitation explorée et déjà préparée par une galerie se reliant au puits intérieur.
Trois sondages sont exécutés en 1873 en vue de déterminer l'emplacement de ce puits, concurremment avec les explorations de la fosse 1 vers le sud. Le puits 3 est ouvert en 1874 à au sud du 1. Il rencontre le calcaire carbonifère à , et le terrain houiller à .
Ce puits est, vers 1880, approfondi à , et traverse plusieurs belles couches de houille, dont l'une extraordinaire, « la Présidente », de d'épaisseur. C'est dans cette couche qu'est établie une communication avec la fosse 1. En , on explore cette grande veine sur , dont seule une moitié cependant est en serrage dans le calcaire. Cette veine, découverte par le travers-banc sud du niveau de de la fosse 1, se présente d'abord avec une épaisseur de et est suivi sur une certaine longueur avec cette épaisseur. Plus tard, on y rencontre des serrages successifs entre lesquels la veine reparait, mais avec une épaisseur variable de 1,50, 1,75, 2 et 3 mètres. En 1878, un incendie se déclare dans les remblais de la grande couche « Présidente ». Il a fallu barrer le foyer de l'incendie et par la suite suspendre momentanément les travaux dans cette couche. Les explorations faites dans ces derniers temps ont aussi fait reconnaître que les terrains de la fosse 3 sont accidentés. Quatre accrochages ont été ouverts à 185, 227, 270 et . Le puits 3, malgré l'irrégularité des terrains, s'annonce cependant comme possédant de grandes richesses et devant fournir une exploitation fructueuse. Il a coûté au fonçage-creusement proprement dit et avec les installations , dont pour les immeubles, pour les bâtiments de la fosse, pour les fonçages et les sondages, pour le bâtiment des ateliers, pour le matériel d'extraction et pour le matériel du fond.