vignette|Respectivement : familles de langues, langues et dialectes régionaux du Benelux. La Belgique dispose de trois langues officielles comme langues nationales : l'allemand, le français, le néerlandais.

Dans les années qui ont suivi l'indépendance du , la seule langue officielle du pays était le français, alors parlé par une minorité aisée de la population ; la plupart des Belges parlaient alors des patois flamands, brabançons, wallons et picards. Si la Wallonie s'est peu à peu francisée, ainsi que Bruxelles, ce n'est pas le cas de la Flandre, où le mouvement flamand militait pour la reconnaissance du néerlandais comme langue nationale aux côtés du français, ce qui est obtenu en 1932. En 1919, à la suite de l'annexion des Cantons de l'Est, une minorité germanophone est intégrée à la Belgique.

Les tensions linguistiques (qui ont également des composantes culturelles, sociales, économiques, politiques et historiques) ont profondément marqué la vie politique belge depuis le jusqu'à aujourd'hui et ont joué un rôle central dans la mise en place du fédéralisme belge à partir des années 1970. Chacun des trois groupes linguistiques officiels belges est institutionnellement représenté par une communauté, chacune dotée de ses propres Parlement et gouvernement, et chargée de gérer les questions culturelles et linguistiques qui lui sont propres : la communauté flamande, la communauté française et la communauté germanophone.

Évolution historique

Origines Lors de la proclamation de l'indépendance de la Belgique le , ni le français, ni le néerlandais standard n’étaient la langue de la majorité de la population. Partout, le peuple parlait alors surtout des langues régionales et le pays servait de carrefour linguistique. Au Nord, il s’agissait de langues bas-franciques : le flamand occidental, le flamand oriental, le brabançon et le limbourgeois. Au Sud c'étaient des langues d'oïl : le wallon (très majoritaire), le picard (en Hainaut occidental), le lorrain gaumais et le champenois ardennais (Sugny). Enfin, au sud-est se délimite une zone moyen-francique (dite allemande par convention) comprenant, du nord au sud, le francique rhéno-mosan (nl : Platdiets) et le francique ripuaire (canton d'Eupen), ainsi que le francique mosellan (canton de Saint-Vith) et le luxembourgeois (Pays d'Arlon et Grand-duché de Luxembourg, annexé à la Belgique de 1830 à 1839). D'autre part, au nord comme au sud du pays, la bourgeoisie était francisée.

Progressivement, toutes ces langues endogènes ont reculé, au profit du français dans le sud du pays d'abord, et plus tard à Bruxelles, et au profit du néerlandais dans le nord. Graduellement on a commencé à appliquer le nom Flandre à toutes les provinces néerlandophones et le nom Wallonie à toutes les provinces francophones (quoique le mot wallon avait depuis longtemps un sens parent : ainsi le Brabant wallon fut nommé comme tel après la scission de la province de Brabant en 1995Voir l'article Histoire du terme Wallon pour plus d'informations à ce sujet). Les langues endogènes sont cependant restées plus vivantes dans la partie néerlandophone du pays.

L'introduction de l'allemand dans le paysage linguistique belge provient des conséquences de la Première Guerre mondiale après laquelle, lors de la signature du Traité de Versailles en 1919, la Belgique annexa en effet les Cantons de l'Est, territoires appartenant jusqu'alors à la Prusse, dont la Wallonie malmédienne (qui avait lutté contre son assimilation à l'Allemagne), du nom de la petite ville de Malmedy. Or, l'annexion engloba également deux villes Eupen et Saint-Vith qui n'étaient pas de langue wallonne ou française comme Malmedy, mais de langue allemande (ou plutôt moyen-francique).

La francisation de Bruxelles

Au cours des et s, Bruxelles s'est transformée d'une ville quasiment entièrement néerlandophone en une ville bilingue, voire multilingue, avec le français pour langue majoritaire et véhiculaireTraduction en français : L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais. Quelques constatations récentes.Rudi Janssens est sociologue linguistique et professeur à la faculté de philosophie et lettres de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Page d'accueil : Page d'accueil.. Bien qu'historiquement Bruxelles fût une cité dont les habitants parlèrent un brabançon régionalL'auteur est professeur émérite en philologie germanique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). — communément appelé flamandL'auteur est professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Page d'accueil : . —, la situation linguistique bruxelloise changea radicalement au cours du . À côté d'une immigration française et wallonne, cette progression du français s'explique avant tout par la conversion linguistique de la population néerlandophone au cours des générationsL'auteur est docteur en science linguistique à l'Université de Trèves. Page d'accueil : .. La raison en fut le manque de considération dont jouissait le néerlandais en tant que langue de culture au sein de la société belge, renforcé par l'attrait que représentait à l'époque le français comme langue de haute culture et des échanges internationauxL'auteur est professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Page d'accueil : ...

Cette transformation démarra graduellement au Page d'accueil : . mais prit toute son ampleur lorsque la Belgique devint indépendante et que Bruxelles déborda au-delà de ses murs Accessible via Internet Archive.L'auteur est chercheur à l’Université Laval (Cellule de géographie culturelle) et directeur de l'Institut supérieur d'économie maritime.. La francisation réelle et massive de la population urbaine ne commença cependant que dans la seconde moitié du . À partir de 1880., on constate une véritable explosion de bilingues au détriment des néerlandophones unilingues.. Le néerlandais ne se transmettait plus à la génération suivanteL'auteur est professeur en science linguistique à l'Université de l'Ouest de l'Angleterre. Page d'accueil : ., ce qui a eu pour effet une augmentation considérable du nombre des francophones unilingues après 1910.. À partir des années 1960., à la suite de la fixation de la frontière linguistique. et de l'essor socio-économique de la Région flamande, la francisation des néerlandophones a stagné...

Durant la seconde partie du , Bruxelles devint progressivement une ville d'échanges internationaux, ce qui contribua à un afflux d'immigrants qui favorisèrent l'augmentation de l'usage du français ainsi que de l'émergence d'autres langues, aux dépens du néerlandais.. Simultanément, à la suite de l'urbanisation, un nombre supplémentaire de communes précédemment néerlandophones de la périphérie bruxelloise devinrent majoritairement francophones... Ce phénomène, connu en Flandre comme la « tache d'huile »., constitue, en même temps que la question du statut de Bruxelles, un des principaux sujets de contentieux de la politique belge...

La frontière linguistique

Les langues officielles

Statut officiel

Situation linguistique en communauté flamande

Au , la situation du flamand, avec trois couches linguistiques, est plus foisonnante que celle du français. En Flandre se parlent : un acrolecte : le néerlandais belge normatif (néerlandais : standaardtaal), ex« Standaardtaal, tussentaal en dialect ». : Heb je nog een kop koffie voor me? (« As-tu encore une tasse de café pour moi ? ») des régiolectes : les néerlandais belges régionaux (nl : tussentaal ou verkavelingsvlaams), ex. : 'Ebde nog een tas koffie voor mij? des allolectes : les langues bas-franciques endogènes (le flamand occidental, flamand oriental, brabançon, limbourgeois ; nl : streektaal). ex. : Édde nog een zjat kaffe veu maai?

Autrefois n'existaient que deux parlers, à savoir le français, langue administrative, et les langues bas-franciques. Ensuite, le belgo-néerlandais normalisé a remplacé le français comme langue de scolarisation en 1886, au moment de l’alphabétisation du pays flamand. Au cours du , les Flamands sont désormais diglossiques, dont la conséquence la plus récente est la création et l’essor des régiolectes belgo-néerlandais au profit des allolectes bas-franciques. Cette dernière étape vient boucler le processus de néerlandisation de la Flandre. En sociolinguistique, on appelle dialecte consécutif tout régiolecte qui se substitue à un allolecte endogène apparenté à la langue de base ; l'allolecte cédant ou cédé s'appelle dialecte constitutif. Les allolectes sont en recul.

Pluriformes, les régiolectes belgo-néerlandais constituent un interlecte (mésolectal) « mélangeant » néerlandais standard et allolecte ; ils changent donc en fonction du locuteur, selon qu’ils se basent sur tel allolecte bas-francique. Les régiolectes brabançon et est-flamand sont très peu marqués par rapport au standard car ses deux allolectes bas-franciques correspondants sont déjà proches de l’acrolecte belge parlé, et les locuteurs de ces régiolectes peuvent alterner leur discours librement entre régiolecte et acrolecte. De plus, ils peuvent facilement passer d’un régiolecte (p. ex. : néerlandais brabançon) à un autre (p. ex. : néerlandais est-flamand).

Il est à noter que les allolectes bas-franciques brabançon et flamand oriental sont parfois estimés par erreur des variétés du néerlandais, au contraire du flamand occidental et du limbourgeois qui se rapprochent très peu du néerlandais. Cela résulte de la distanciation relative (du standard) en ce qui concerne le degré de particularité linguistique et l’absence de l’inter-compréhension d’un allolecte donné vis-à-vis de l’acrolecte (néerlandais standard).

En 2009, selon le Réseau Eurydice dans son rapport Chiffres clés de l’enseignement des langues à l’école en Europe – 2012http://eacea.ec.europa.eu/education/eurydice/documents/key_data_series/143FR.pdf , dans la Communauté flamande de Belgique, 6,8 % des élèves de 15 ans parlaient une langue autre que la langue d'enseignement (le néerlandais) à la maison.

Les langues étrangères les plus étudiées en Communauté flamande de Belgique en pourcentage d’élèves qui les apprennent dans l’enseignement secondaire inférieur (CITE 2) en 2009/2010 sont le français avec 92,9 % puis l’anglais avec 46,2 %http://eacea.ec.europa.eu/education/eurydice/documents/key_data_series/143FR.pdf .

Brabançon

Flamand occidental

Flamand oriental

Limbourgeois vignette|200px|La province de Limbourg était entièrement belge jusqu'en 1839 et prend ses racines dans l'ancienne principauté de Liège.

Le limbourgeois s'est développé avec des influences de la principauté de Liège, à laquelle une partie de la région appartenait sous l'Ancien régime. Ce n'est qu'après l'indépendance de la Belgique de 1830, puis la scission de la province du Limbourg de 1839 que les différences s'accentuèrent avec le limbourgeois de l'Est, parlé dans localités fouronnaises de Fouron-le-Comte et de Mouland mais aussi à Fauquemont, dans ce qui est devenu le Limbourg néerlandais. La région de Tongres, dans le Limbourg belge utilise le limbourgeois central de Maastricht, tandis qu'Hasselt s'oriente plutôt vers le limbourgeois de l'Ouest, et Saint-Trond vers une variété intermédiaire avec le brabançon.

Français

thumb|Part de francophone dans l'ancienne province de Brabant.

Sources... thumb|Carte de la Belgique francophone.

Sources.