thumb|upright=1.5|alt=Photographie de la fosse 6 des mines de Lens, telle qu'elle existe depuis sa reconstruction dans les années 1920.|La fosse 6 en 2011. La Compagnie des mines de Douvrin est une compagnie minière qui a exploité la houille à Haisnes dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. La société est fondée le . Elle effectue cette année-là deux sondages à Houdain et Divion, au sud de la concession de la Compagnie des mines de Bruay. Infructueux, ces sondages sont abandonnés et la société en effectue un nouveau à Bouvigny-Boyeffles, au sud de la concession de la Compagnie des mines de Nœux. Ce sondage met en évidence la présence de houille, mais la société reporte ses recherches au nord des concessions Lens et Grenay car la Compagnie de Nœux va recevoir une extension de concession englobant Bouvigny-Boyeffles. Des sondages sont entrepris à Salomé, Douvrin, Auchy-les-Mines et Haisnes.
C'est dans cette dernière commune que la société ouvre une fosse en 1859. La Société d'Houdain se transforme en Compagnie des mines de Douvrin le . Après bien des péripéties, la Compagnie obtient sa concession le . Le même jour, la Compagnie des mines de Meurchin reçoit une extension de . La situation financière de la Compagnie est vraiment mauvaise. De 1861 à 1865, seulement de houille ont été produites, à cause de veines peu productives, mais aussi à cause du retard quant à l'attribution de la concession.
La production augmente en 1866 mais redescend à partir de 1870, la situation de la société se dégrade encore plus : le passif de la compagnie est beaucoup trop élevé par rapport aux ressources qu'elle peut tirer de sa fosse ; de plus, la société ne parvient pas à placer les nouvelles actions et obligations qu'elle émet, notamment à cause de sa mauvaise réputation. Des lettres conseillent aux administrateurs de tromper les éventuels actionnaires.
Un jugement du tribunal de Béthune, du , déclare la dissolution de la Société de Douvrin, et nomme trois liquidateurs. Sur la requête de ces derniers, le même tribunal par jugement du , ordonne la mise en vente, par adjudication publique, sur la mise à prix de , de tous les immeubles de la société. Une première adjudication a lieu le , au prix de , en faveur de d'obligations. Mais, le 13 du même mois, il est mis une surenchère de . L'adjudication définitive est prononcée à la barre du tribunal de Béthune le , après plusieurs enchères successives, au profit de la Compagnie des mines de Lens, moyennant le prix de . Un décret du autorise cette Compagnie à intégrer à sa concession primitive la concession de Douvrin.
La Compagnie de Lens en fait sa fosse 6 qu'elle réorganise et utilise pour exploiter sa concession primitive, bien plus prospère. La fosse est reconstruite à la suite de la Première Guerre mondiale. L'extraction cesse en 1936, mais la fosse assure l'aérage du puits 13 à Hulluch jusque 1959, date à laquelle le puits 6 est remblayé. Au début du , plus des trois quarts des installations de la fosse sont encore existantes, dans un état assez dégradé.
Historique
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a pendant longtemps été exploité quasiment exclusivement dans sa partie orientale située dans le département du Nord, à l'exception du Boulonnais où le charbon est grappillé dans de petites exploitations. La Compagnie des mines d'Anzin a alors été une des rares compagnies à exploiter avec succès la houille. Des recherches ont cependant eu lieu régulièrement dans le but de découvrir le prolongement du bassin. Ainsi, la Compagnie Wuillaume-Turner a été la première à installer ses recherches dans le Pas-de-Calais vers 1763 - 1765. Hélas, ces puits ont été implantés beaucoup trop au sud de la formation houillère, sur la même longitude que les mines d'Anzin.
D'autres compagnies comme celles d'Hasnon, de Vicoigne, d'Aniche et d'Azincourt, exploitent dès les années 1840 des terrains situés plus au nord, et plus à l'ouest de la concession d'Anzin. En 1846, M. Soyez découvre de la houille au-delà de la concession d'Aniche. Il ouvre l'année suivante une fosse à Roost-Warendin et fonde la Compagnie des mines de l'Escarpelle. Il y a confirmation que le bassin minier continue vers le Pas-de-Calais. En 1841, De Clercq effectue un sondage à Oignies, qui met en évidence la présence de houille. Il s'ensuit la création de la Compagnie des mines de Dourges.
Dès lors, les recherches s'intensifient et la partie majeure des compagnies du Pas-de-Calais se forme entre 1850 et 1860. Dans les environs de Lens, la future Compagnie des mines de Lens commence à faire des sondages à partir de 1849 à Annay, puis à Lens. La future Compagnie des mines de Béthune effectue des sondages quelques kilomètres au nord de Lens à partir de 1850. Ces deux compagnies obtiennent leur concession le . La Compagnie des mines de Douvrin, après deux échecs plus à l'ouest du bassin minier, s'implante donc au nord de ces deux concessions, comme le font également d'autres compagnies à cette époque.
Société de recherches
En 1855, les houilles sont très demandées, et leur prix s'est notablement élevé. Aussi de nouvelles sociétés de recherches se forment pour explorer les terrains situés sur les limites des concessions alors instituées. C'est ainsi que, par acte du , se constitue, sous le nom de Société d'Houdain, une association de personnes des environs de Béthune, pour la recherche de la houille, au capital de , représenté par trente actions de . Trois actions libérées sont attribuées au fondateur. La société établit, en 1855, deux sondages au midi de la concession de Bruay : l'un à Houdain, 386, est rapidement abandonné à dans des schistes dévoniens ; l'autre à Divion, 387, est poussé jusqu'à , et rencontre, comme le premier, la formation dévonienne. Après ces deux échecs, les actionnaires, réunis en assemblée générale le , prennent la décision suivante :
L'Assemblée générale décide, en outre, que quinze nouvelles actions seront émises au pair, au taux d'émission des actions primitives. Un peu plus tard, chacune des anciennes et des nouvelles quinze actions est subdivisée en quatre coupons représentant . Un nouveau sondage est établi à Bouvigny-Boyeffles, au sud de la concession de Nœux. Il atteint la base de la craie à ; il est continué jusqu'à et abandonné à cette profondeur, sans doute, dit M. Sens, dans des schistes .
Société d'exploitation
Le , dans un acte reçu par Maître Calonne, notaire à Béthune, les actionnaires de la société de recherches exposent que le sondage de Bouvigny est arrivé à ; qu'ils espèrent, sous très peu de temps, recouper une ou plusieurs veines ; qu'ils ont fait, le de la même année, opposition à la demande d'extension de concession formée par la Compagnie de Vicoigne-Nœux le ; que dans ces circonstances, il y a lieu de se constituer en société d'exploitation ; qu'en conséquence, ils arrêtent les clauses et conditions de cette société.
La société est civile. Elle prend le nom de Société houillère d'Houdain. Le capital social est fixé à trois millions de francs, représentés par de . Sur ces , sont attribuées aux actionnaires de la société de recherches en compensation de leurs apports, forages, droits d'invention, etc. En outre, libérées sont mises à la disposition du conseil d'administration pour récompenser les personnes qui pourront donner des documents pour la découverte de gisement houiller, conformément à la décision du , reprise ci-dessus.
Sondages au nord de la concession de Lens
Le sondage de Bouvigny-Boyeffles est abandonné d'après les indications recueillies sur le prochain octroi de l'extension de la concession de Nœux. La nouvelle Société d'Houdain transporte ses recherches au nord de la concession de Lens. Un premier sondage est établi à Salomé, 383, puis un second à Douvrin, 382. Le sondage de Salomé passe le tourtia à , et pénètre ensuite . Le sondage de Douvrin atteint le terrain houiller à , puis une couche de houille. Enfin, deux autres sondages sont ouverts à Auchy-lez-la-Bassée (devenu Auchy-les-Mines) et à Haisnes. Ces travaux nécessitent l'émission de nouvelles actions de la société de recherches, et, par la suite, des modifications sont apportées au contrat de la société d'exploitation.
Modifications de l'acte de société
Ces modifications sont reprises dans deux actes reçus par Maître Calonne, en date des 12 et , dans lesquels il est dit qu'aux termes de l'acte de société du , chaque action de la société de recherches a droit à de . Diverses décisions des assemblées générales autorisent l'émission, en 1857 et 1858, de d'actions de la société de recherches, qui jouissent des mêmes droits et avantages que les actions primitives, et qui, par la suite, recevront libérées de la société d'exploitation. Le capital social est fixé à quatre millions de francs, représentés par de . Le droit de chaque actionnaire par chaque action de fondation est réduit de à de . Le conseil d'administration est autorisé à émettre de , et les autres au fur et à mesure des besoins sérieux de la société.
Il est accordé à diverses personnes, en compensation de services rendus, trois actions de fondateur. Il est créé dites semi-fondatrices, divisibles en demis et quarts d'actions, pour lesquelles chaque souscripteur aura à verser pour chaque quart. Les actions semi-fondatrices auront moitié valeur des actions fondatrices, c'est-à-dire qu'elles donneront droit à huit actions de . Pour avoir droit aux et huit actions ci-dessus, chaque actionnaire, par chaque action de fondation, sera tenu de souscrire, lors de l'émission des de roulement, deux actions de et une par chaque action demi-fondatrice ; dans le cas contraire, chaque action fondatrice sera réduite à , et chaque action semi-fondatrice à six.
Diverses autres modifications sont apportées aux statuts par les assemblées générales des , , et , en vue de faciliter le placement pénible des actions. Enfin, après l'institution de la concession de Douvrin, l'assemblée générale extraordinaire du vote les statuts définitifs analysés ci-dessous.
Statuts définitifs
Les anciens statuts sont abrogés. La société est civile. Elle prend la dénomination de Compagnie houillère de Douvrin. Le capital social est fixé à quatre millions de francs, divisés en de . Les actions 1 à , émises , sont et restent nominatives. Elles ne participent aux bénéfices qu'après prélèvement, par les actions à , d'un intérêt de 5 %. Ces dernières actions sont nominatives jusqu'au jour où elles seront complètement libérées ; dès lors elles seront au porteur. Lorsque les actions 1 à auront reçu un dividende de , tous les titres 1 à ne formeront plus qu'une seule et même catégorie d'actions. La société est administrée par un conseil composé de cinq membres, possesseurs d'au moins chacun . Les administrateurs sont élus pour cinq ans par l'assemblée générale. Le renouvellement aura lieu par cinquième, d'année en année. Les pouvoirs du conseil sont très étendus. Il émet les actions et fixe le prix d'émission. L'assemblée générale aura lieu chaque année le premier jeudi du mois d'août. En feront partie tous les porteurs de cinq actions. Ils auront droit à une voix par cinq actions, sans qu'un même actionnaire puisse réunir plus de dix voix. Un comité, composé de trois membres nommés par l'assemblée générale, est chargé de la surveillance des comptes.
Concession thumb|upright=1.5|alt=Carte des concessions et des puits du bassin minier.|La concession de Douvrin parmi celles du bassin minier hors Boulonnais.