Agathe-Sophie Sasserno, née le à Nice (département des Alpes-Maritimes sous le ) et morte le à Nice (alors province de Nice du royaume de Sardaigne), est une poétesse romantique niçoise.
Biographie Agathe-Sophie Sasserno naît en 1810, place Victor, actuelle place Garibaldi à NiceCharles-Alexandre Fighiera et Ernest Hildesheimer, «À propos d'Agathe-Sophie Sasserno», Nice Historique, janvier-mars 1980, , n°1, p. 10 . Elle est la fille du lieutenant-colonel Louis Sasserno, un ancien aide de camp d'André Masséna Son père blessé de guerre devient aveugle et Agathe se voue à ses parents. Sa mère s'opposa à toutes perspectives de mariage : . Agathe Sophie nous confesse ainsi son regret. Elle se réfugie dans l’écriture et la poésie et comme une naufragée, lance cette bouteille à la mer, espérant la réponse d'une âme. Agathe Sophie ne s'est donc jamais mariée, s'occupant de ses parents. Son père disparaît le . Sa mère, quant à elle, meurt le . À leur décès, elle se retrouve seule. Elle avait déjà en 1838 exprimée sa solitude quand elle publie un poème où tout est dit en quatre vers : http://www.lavoixdecartier.com/index7/2012-03-01%20Article%20AGATHE%20SOPHIE%20SASSERNO%20LE%20MAL%20DU%20SIECLE%20Thierry%20Jan.htm , et de Marie-Sibille ChartrouxMaurice Derot, « Agathe-Sophie Sasserno, la Sapho niçoise », Nice Historique, janvier-mars 1980, , n°1, p. 3 . Elle est également une cousine du peintre Jean-Baptiste BiscarraMaurice Derot, op. cit., p. 4.. Elle écrit son premier poème à l'âge de quatorze ans pour distraire son père et obtient à cette occasion, d'après Jean-Baptiste Toselli, de nombreux éloges qui la feront poursuivre dans cette voieJean-Baptiste Toselli, Biographie niçoise ancienne et moderne, tome II, pp. 210-220.. Toute sa vie elle restera célibataire et se consacrera entièrement à la poésie.
Bien qu'elle écrive en français, elle se considère italienne et à Turin elle participe au salon de la baronne Olimpia Rossi Savio. Ainsi elle dédie son œuvre Les Sylphides (1838) au roi de Sardaigne Charles-AlbertMaurice Derot, op. cit., p. 5.. Elle écrit par la suite Ore meste, chants sur l'Italie (1846) et le recueil Poésies françaises d'une Italienne en 1854 dont le critique Sainte-Beuve assure la préface. L'unification en cours de l'Italie l'enthousiasme. Dans Glorie e Sventure: chants de guerre de l'indépendance italienne (1852), elle évoque Anita Garibaldi.
Son attachement à Nice, qu'elle désigne comme «[sa] patrie», constitue aussi un thème récurrent de ses poèmes Patricia Carlier, « Agathe-Sophie Sasserno et Nice », Lou Sourgentin, n°175.. Elle écrit ainsi dans l'un d'entre eux publié en 1858 et intitulé «Nice»: «O Nice o mon pays Nice o doux sol natal, o ma Nice si belle» . Dans Pleurs et sourires (1856), six poèmes sont consacrés à Nice ; celui intitulé «Physionomies nationales» décrit plusieurs costumes traditionnels régionaux dont deux du Pays niçois. Dans «À Catherine Ségurane», elle célèbre l'héroïsme de la lavandière niçoise.
Au cours de sa vie, elle entretient une correspondance avec plusieurs écrivains français dont Alphonse de Lamartine, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Silvio Pellico et ChateaubriandRalph Schor, «Sasserno, Agathe-Sophie» in Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, volume IV de la collection « Encyclopædia Niciensis », Nice, Serre, 2002, . Elle est membre correspondant de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de LyonAgathe Sasserno, site du Comité des travaux historiques et scientifiques. Consulté le 6 mars 2011..
Elle est enterrée au cimetière du Château de NiceUn lieu du souvenir, les cimetières du Château de Nice, site officiel de la mairie de Nice. Consulté le 6 mars 2011.. Une place et un établissement scolaire privé portent son nom dans la même ville..
Œuvres Les Sylphides: chants d'une jeune fille dédiés à Sa Majesté le Roi Charles-Albert, Suchet éd., Nice, 1838. Haute-Combe, Turin, 1844. Ore meste : chants sur l'Italie et poèmes intimes et religieux, Fontane éd., 1846. Glorie e Sventure : chants de guerre de l'indépendance italienne, et Poésies nouvelles, 2 volumes, Turin, 1852. Poésies françaises d'une Italienne, Charpentier, Paris, 1854. Pleurs et sourires : Étrennes poétiques, Turin, 1856. Œuvres (édition établie par Sébastien Cagnoli), BoD - Books on Demand, Forbach, 2025, 832 p.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Maurice Derot, «Agathe-Sophie Sasserno, la Sapho niçoise», Nice Historique, 1980 Charles-Alexandre Fighiera et Ernest Hildesheimer, «À propos d'Agathe-Sophie Sasserno», Nice Historique, 1980 Jean-Baptiste Toselli, Biographie niçoise ancienne et moderne, Imprimerie de la Société typographique, Nice, 1860.
https://www.associazioneitalianadellibro.it/site/2013/10/19/le-poetesse-di-garibaldi/
Archives Silvio Pellico, lettre autographe signé, [Vigna Barolo, 25 settembre 1843]: Mademoiselle. Comment vous remercier de tout ce que vous me faites l'honneur de me dire dans votre lettre? Il faut une àme aussi indulgente et aussi géneréuse que la votre pour penser ce que vous avez daigné me témoigner...
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