Barcelonnette (prononcé ) est une commune française, sous-préfecture du département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Barcelonnets, les Barcelonnettes, ou les BarcelonnettaisPetit Robert 2, Dictionnaire universel des noms propres, édition 1989, p. 174..
Barcelonnette est une commune de montagne, entièrement située à plus de d'altitude. Elle est la plus grande commune de la vallée de l'Ubaye, dont elle forme le centre administratif, commercial et urbain.
Géographie Localisation Barcelonnette se trouve dans les Alpes du sud de la France, dans le nord-est du département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Située dans la zone la plus large de la vallée de l'Ubaye, elle est reliée par celle-ci à la région de Gap et à la vallée de la Durance, et par des cols à l'Italie voisine et au département des Alpes-Maritimes. Barcelonnette se trouve à d'altitude, près du confluent de l'Ubaye et du Bachelard. vignette|centré|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Barcelonnette et les communes voisines.
Communes limitrophes Les communes limitrophes de Barcelonnette sont Enchastrayes, Faucon-de-Barcelonnette, Uvernet-Fours, Saint-Pons.
Géologie Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, la vallée est envahie par le glacier de l’Ubaye.. Relief La vallée de l'Ubaye est encaissée entre des montagnes dont certains sommets dépassent d'altitude. Son sommet le plus élevé est l'aiguille de Chambeyron ().
Le point culminant de la commune de Barcelonnette se situe au chapeau de Gendarme à d'altitude, en rive gauche de l'Ubaye. En rive droite, l'altitude ne dépasse pas au lieu-dit du Rocher Blanc. Son altitude la plus faible est rencontrée à la confluence de l'Ubaye et du Bachelard, à .
Distances périphéries principales MétropolesBarcelonnette est distante de l'office de tourisme de Barcelonnette, Accès en voiture (été-hiver), consulté le 15 avril 2013. : Lyon : Grenoble : Turin (via Briançon et le col du Montgenèvre) : Coni (Cuneo en italien) : Marseille : : Nice (hiver) passant par Digne ; (été) passant par le col de la Bonette : Villes-carrefours importantes : Digne-les-Bains (Préfecture) : Gap (Principale périphérie d'attraction commerciale et médicale) : Guillestre par le col de Vars :
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 39 % de sa superficie. . Elle est située dans le parc national du Mercantour depuis 2017, dont elle abrite des bureaux.
Flore, faune et biodiversité Du fait de son relief et de sa situation géographique, la vallée de l'Ubaye compte une . Faune : La faune comprend diverses espèces montagnardes dont les plus remarquables sont l'Aigle royal, le Gypaète barbu, le Bouquetin. La flore, très diversifiée, comprend l'emblématique Génépi. Fonge : Champignons et lichens sont abondants dans les zones forestières. Forêts : L'arrondissement de Barcelonnette (le plus haut des arrondissements de France) était dans les siècles passés dénudé sur les pentes exposées au midi, mais encore très boisé au nord, présentant pour les forestiers Selon les annales forestières, au milieu du En 1868, Duhamel propose d'en exploiter la résine par le résinage (inconnu en France pour le mélèze mais pratiqué en Autriche, dont au Tyrol, où la résine est vendue sous le nom de térébenthine de Venise. Selon lui un mélèze de 50 à 60 ans pouvait rapporter 3 à /an de térébenthine durant environ 40 ans (vendue au port de Marseille, les ). Il évaluait à 200 à /an la production possible de cette térébenthine pour l'arrondissement de Barcelonnette, qui aurait pu ainsi gagner une quantité importante d'argent sans avoir ni à abattre ces arbres, ni surtout à construire de coûteuses pour difficilement sortir les gros bois ou grands arbres de la forêt. En 1868 Marchand (garde général à Barcelonnette) se fait financer un voyage au Tyrol pour y étudier l'extraction de la térébenthine. Mais l'avènement de la pétrochimie réduit rapidement et fortement l'intérêt commercial des résines naturelles.
Urbanisme Typologie Au , Barcelonnette est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Barcelonnette, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Barcelonnette, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (59,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (64,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (42,4 %), zones agricoles hétérogènes (14,5 %), zones urbanisées (13,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,7 %), prairies (8,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (8,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,3 %), terres arables (1,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 13,3 % 222Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 0,2 % 3Equipements sportifs et de loisirs 2,3 % 38Terres arables hors périmètres d'irrigation 1,8 % 30Prairies et autres surfaces toujours en herbe 8,5 % 142Systèmes culturaux et parcellaires complexes 3,8 % 63Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 10,7 % 178Forêts de conifères 42,4 % 706Pelouse et pâturages naturels 1,6 % 27Landes et broussailles 1,9 % 33Forêt et végétation arbustive en mutation 5,1 % 85Plages, dunes et sable 0,8 % 14Roches nues 1,3 % 22Végétation clairsemée 6,2 % 103Source : Corine Land Cover.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Barcelonnette est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune Barcelonnette est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche ; feu de forêt ; inondation ; mouvement et glissement de terrain.
La commune de Barcelonnette est également exposée à un risque d'origine technologique, les transports routiers de matières dangereuses pouvant emprunter la RD900.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 1995 pour les risques d'avalanche, d'inondation, de mouvement de terrain et de séisme, et a été révisé en 2009. La commune s'est dotée d'un Dicrim en 2014.
La commune a été l'objet de sept arrêtés de catastrophe naturelle entre 1982 et 2021 : en 1994 et en 2008 pour des inondations et des coulées de boue, en 1986 et en 1996 pour des glissements de terrain, en 1999 et en 2019 pour des mouvements de terrain et en 2014 pour séisme. Les séismes les plus violemment ressentis sont ceux du (épicentre à Saint-Paul-sur-Ubaye, intensité de 6,5 à Barcelonnette) et du (épicentre à Prazzo en Italie).
Toponymie
Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, la forme la plus ancienne est Barcilona, est attestée vers 1200, mais le lien avec Barcelone n'est pas évident puisque la nouvelle cité a été fondée en 1231 par Raimond Béranger V, comte de Provence et de Catalogne. Il s’agit probablement d’un double oronyme préceltique *Bar- + *Cin- désignant des rochers ou des hauteurs, et attesté à plusieurs endroits dans la région (Barcillonnette et Saint-Laurent-du-Var).
Un toponyme antérieur à Barcilona est recensé en 1763 par Jean-Joseph Expilly, dans son Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, « Barcino Nova » nom latin qui signifie « nouvelle Barcino », Barcino étant le nom romain de la Barcelone de Catalogne depuis sa fondation par l'empereur Auguste en 10 av. J.-C. jusqu'à son changement d'appellation en Barcelona au Moyen Âge.
En provençal, dialecte vivaro-alpin, variante locale nommée valéian, la localité se nomme Barcilona de Provença ou Barciloneta selon la norme classique et Barcilouneto selon la norme mistralienneSang et or, p. 56, Rémi Venture, Observatoire de la langue et de la culture provençales, 2014Le Trésor du Félibrige, Frédéric Mistral, tome 1, p. 226, édition CPM 1979.
Ses habitants sont appelés les Barcelonnettes, en valéian lous Vilandroises.
Histoire Antiquité
La région était peuplée de Ligures depuis le millénaire D'après Polybe, ils étaient « à peu près sauvages, se nourrissant du lait de leurs brebis et du produit de leur chasse, sans lois, sans industrie, vivant dans des cabanes informes, couvertes de chaume et de roseau, dispersées çà et là »Vallis Montium : Histoire de la vallée de Barcelonnette, 11..