thumb|Les bureaux de la fosse en 2011. thumb|Le terril 245 est visible de loin. thumb|Les corons ont été rénovés. La Compagnie des mines de la Lys-Supérieure, aussi connue sous le nom de Compagnie des mines de Fléchinelle, est une compagnie minière qui a exploité la houille dans le hameau de Fléchinelle à Enquin-les-Mines dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. La société est créée en , et commence par effectuer plusieurs sondages.
Elle commence les travaux de la fosse de Fléchinelle le , et fait une demande de concession à partir de 1856. Celle-ci est instituée par un décret du avec une superficie de . La fosse produit en 1858, année de sa mise en service. À la suite de sondages exécutés en dehors de son périmètre primitif, la Compagnie obtient, par décret du , une extension de , ce qui porte l'étendue de la concession de Fléchinelle à . Il s'agit de la concession la plus occidentale du bassin minier hors Boulonnais.
La production trop faible de la Compagnie l'amène à la faillite en 1884. M. Ridoux tente de reprendre l'exploitation en créant la Société Anonyme des Mines de Fléchinelle-Auchy-au-Bois et Lières, mais il est amené à la faillite en 1894. C'est la Compagnie des mines de Ligny-les-Aire qui reprend l'exploitation des concessions de Fléchinelle et d'Auchy-au-Bois. Elle ouvre un nouveau puits ( bis) à côté de celui de la fosse de Fléchinelle, et effectue d'autres ouvertures dans la concession d'Auchy-au-Bois. L'extraction dans la concession cesse en 1929 avec la fermeture de la fosse - 1 bis, mais la Compagnie de Ligny-les-Aire est nationalisée en 1946 et intègre le Groupe d'Auchel. Le gisement trop accidenté et la faible production entraînent la fermeture des fosses en 1951.
Bien que les installations productives aient été détruites, il subsiste des bâtiments annexes, ainsi que les corons et les terrils 244 et 245, dont le premier, conique, se voit à des kilomètres.
Historique
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a pendant longtemps été exploité uniquement dans sa partie orientale située dans le département du Nord, à l'exception du Boulonnais où le charbon est grappillé dans de petites exploitations. Pendant longtemps, la Compagnie des mines d'Anzin a été une des rares compagnies à exploiter avec succès la houille. Des recherches ont cependant eu lieu régulièrement dans le but de découvrir le prolongement du bassin. Ainsi, la Compagnie Wuillaume-Turner a été la première à installer ses recherches dans le Pas-de-Calais vers 1763 - 1765. Hélas, ses puits ont été implantés beaucoup trop au sud de la formation houillère, sur la même longitude que les mines d'Anzin.
D'autres compagnies comme celles d'Hasnon, Vicoigne, Aniche et Azincourt exploitent dès vers 1840 des terrains situés plus au nord, et plus à l'ouest de la concession d'Anzin. En 1846, M. Soyez découvre la houille au-delà de la concession d'Aniche et ouvre l'année suivante une fosse à Roost-Warendin, et fonde la Compagnie des mines de l'Escarpelle. Il y a confirmation que le bassin minier continue vers le Pas-de-Calais. En 1841, De Clercq effectue un sondage à Oignies, qui met en évidence la présence de houille. Il s'ensuit la création de la Compagnie des mines de Dourges.
Dès lors, les recherches s'intensifient et la partie majeure des compagnies du Pas-de-Calais se forme entre 1850 et 1860. La Société A. Faure et Compagnie installe ses recherches à l'extrême ouest du bassin du Pas-de-Calais, à proximité de la Société de recherches de Lillers, future Compagnie des mines de Ferfay, créée le . Celle-ci devance la Compagnie d'Auchy-au-Bois en ouvrant dès 1853 une fosse à Auchel, trois ans avant que la Compagnie d'Auchy-au-Bois n'ouvre sa première fosse. Mais la Compagnie des mines de la Lys-Supérieure ouvre une fosse à la fin de l'année 1855, à l'ouest de la concession demandée par la Compagnie d'Auchy-au-Bois. Ce sont les travaux de recherche les plus à l'ouest du bassin minier hors Boulonnais.
Travaux de la Société Podevin thumb|État des travaux vers 1880 sur la concession de Fléchinelle. thumb|Coupe verticale des travaux de la fosse de Fléchinelle. Vers le mois d', M. Podevin, administrateur des mines d'Hardinghem et Fiennes, forme avec diverses personnes une Société qui se propose de rechercher le prolongement du bassin houiller entre Ferfay et Thérouanne.
Cette Société installe en même temps deux sondages : l'un à Liettres, , qui aboutit à un résultat négatif ; l'autre à la Tirremande, , qui atteint la houille. L'outillage du forage de Liettres est reporté au commencement de l'année 1853 sur un point du territoire de Saint-Hilaire-Cottes, voisin d'Auchy-au-Bois, . On y traverse une couche de houille de d'épaisseur.
La Société Podevin a pour rivale dans ses recherches la société Faure, qui a pratiqué divers sondages, lesquels, bien qu'infructueux, lui donnent un droit de priorité. Une transaction amiable intervient entre les deux Sociétés ; la Société Podevin abandonne à sa concurrente les sondages positifs de la Tirremande et de Saint-Hilaire-Cottes, dits d'Auchy-au-Bois.
La Société Podevin continue néanmoins ses recherches en les reportant au couchant du sondage de la Tirremande, et dans la direction présumée du prolongement du bassin houiller. Elle fait simultanément en 1853 deux sondages à Enquin, , et à Fléchinelle, . Elle rencontre le terrain négatif dans le premier, mais plusieurs couches de houille grasse dans le second. À la suite de cette découverte, la Société Podevin demande une concession, tout en continuant ses explorations. En 1854, elle effectue un nouveau sondage à Estrée-Blanche, , qui atteint le terrain houiller à et recoupe à . une belle couche de houille grasse, divisée par deux petits nerfs de schiste.
Les recherches, un instant interrompues, sont reprises en 1855, par l'ouverture de deux sondages au hameau de Serny. Le premier, , est arrêté sur un calcaire inférieur assimilable aux marbres du Boulonnais. Le second, , atteint le terrain houiller, puis une petite veine et est continué dans un grès houiller sur une hauteur de plus de cent mètres. La Société Podevin se trouve donc en possession de trois sondages positifs, dont deux, ceux de Fléchinelle, , et d'Estrées-Blanche, , situés à l'un de l'autre, sur une ligne transversale à l'axe du bassin houiller, et le troisième, de Serny , , situé à environ à l'ouest des deux premiers.
Formation d'une Société d'exploitation
C'est alors que la Société de recherches se constitue en Société d'exploitation, suivant acte du . La Société est civile. Elle prend le nom de Compagnie des mines de houille de la Lys-Supérieure. Le capital social est fixé à deux millions de francs, divisé en de . libérées sont attribuées à la Société Podevin, en compensation de son apport consistant en cinq sondages, dont deux suivis de la découverte de la houille, et un sixième à Enquin, , qui a déjà atteint le terrain houiller. Toutefois elles doivent rester à la souche jusqu'à l'époque de la mise en vente du charbon.
Il est émis autres actions, et les restant doivent être émises ultérieurement suivant les décisions de l'administration quant à l'attribution de la concession. Les actions, primitivement nominatives, peuvent, après leur libération, être transformées en actions au porteur. Le conseil d'administration est composé de cinq membres qui sont d'abord Messieurs Lequien, Tétin-Degaspary, Pinart, Mathieu et Furne. Ils sont nommés à vie. En cas de décès ou de démission de l'un d'eux, il est pourvu à son remplacement par les membres restants.
Une assemblée générale doit se tenir chaque année. Elle se compose de tous propriétaires d'au moins cinq actions, et doit nommer trois délégués, chargés de prendre connaissance, au siège de la Société, des comptes de l'administration et de faire, sur lesdits comptes, un rapport aux assemblées générales. Les écritures sont arrêtées le de chaque année. Il est créé un fonds de réserve, par le prélèvement d'un sixième du bénéfice net, et qui ne peut excéder . Le conseil d'administration a la faculté de convertir la société civile en société anonyme.
Ouverture d'une fosse à Fléchinelle
La nouvelle Société commence les préparatifs d'une fosse à Fléchinelle, un hameau d'Enquin-les-Mines. Le premier coup de pioche est donné le . Le puits, de quatre mètres de diamètre, est maçonné jusqu'au niveau, à . De cette profondeur jusqu'à celle de , il est muni d'un cuvelage en bois d'orme, à seize pans. Le passage du niveau est long et laborieux ; on se sert d'une machine d'épuisement à traction directe de deux mètres de course, faisant marcher deux pompes de de diamètre. On a évalué à le volume d'eau maximum épuisé par . La base du cuvelage n'a pu être achevée que le , c'est-à-dire plus de deux ans après le commencement du creusement du puits.
Le terrain houiller est atteint à en . Mais le cuvelage en bois d'orme donne lieu à des fuites d'eau considérables et à des ruptures de pièces fréquentes. On est obligé en 1866, pour y remédier, de poser à l'intérieur une chemise ou nouveau cuvelage en fonte sur de hauteur, ce qui a ainsi entraîné une dépense de .
Nouveaux sondages
La Compagnie de la Lys-Supérieure continue cependant ses explorations. Le , elle ouvre un sondage à Coyecque, , à l'extrémité occidentale de la concession qu'elle sollicite. Il est arrêté à , après avoir traversé de schistes gris-verdâtre que l'ingénieur des mines du département classe dans la formation dévonienne. D'autres sondages sont exécutés successivement à Enguinegatte, , résultat indéterminé ; à Enquin, (), terrain houiller et veinules de charbon ; à Enquin, (), calcaire ; à Enquin, (), calcaire.
Concession thumb|upright=1.5|La concession de Fléchinelle est la concession la plus occidentale du bassin minier hors Boulonnais. La Société d'exploitation de Fléchinelle a, dès 1856, formé une demande en concession, à laquelle il est donné satisfaction par un décret du , qui accorde aux sieurs Lequien, Tétin, Degaspary, Pinart, Mathieu et Furne, sous le nom de concession de Fléchinelle, une étendue superficielle de .
À la suite de sondages exécutés en dehors de son périmètre primitif, la Compagnie obtient, par décret du , une extension de , ce qui porte l'étendue de la concession de Fléchinelle à .
Chemin de fer thumb|L'embranchement long de quatorze kilomètres se termine par un triage devant ce mur, le puits 1 se trouve derrière et en hauteur. La fosse de Fléchinelle est éloignée et du chemin de fer et du canal, et donc privée de moyens de transport.
La Compagnie se décide à la relier et au canal d'Aire à La Bassée et à la station d'Aire-Berguette, par un embranchement à voie normale d'une longueur de . Elle obtient le un décret d'utilité publique pour l'exécution de cet embranchement qui a coûté environ . Un emprunt de , en obligations, est voté par l'assemblée générale du , pour subvenir aux frais d'acquisition des terrains du chemin de fer. Le chemin de fer est construit par la Compagnie des chemins de fer du Nord, sur des terrains acquis par la Société de la Lys, et moyennant le remboursement par annuités, du capital et intérêts, des dépenses d'établissement.