Louis Stien, né le à Lys-lez-Lannoy (Nord) et mort le à Louveciennes (Yvelines)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un officier français, chef de bataillon honoraire, Grand Officier de la Légion d'honneur, trois fois blessé au combat. Il a participé à trois conflits : la Guerre mondiale (dans la Résistance et la Armée), la guerre d'Indochine (bataille de la RC4 suivie de 4 ans de camps) et la guerre d'Algérie.
Formation
En 1939 Louis Stien entre à l'École Normale d'instituteurs du Nord (promotion 1939-1942).
Parcours militaire Seconde Guerre mondiale
En 1943, il entre dans la Résistance au sein du MLN, et participe à des combats dans le Nord. Puis il intègre la Armée de de Lattre de Tassigny.
En 1945 il intègre l'école de Coëtquidan (promotion "Victoire"), puis l'EAI (École de l'infanterie|École d'Application de l'Infanterie) à Auvours, dont il sort sous-lieutenant en . Son classement lui permet de choisir la Légion étrangère et aussi de se porter volontaire pour passer le brevet parachutiste, à Pau, en (brevet ).
Légion étrangère et Indochine
Il est d'abord affecté au GPLEM (Groupement Porté de la Légion Étrangère au Maroc) dont le PC est à Agadir. Lui-même est affecté à la compagnie basée à Tiznit. En 1948, il est volontaire pour le BEP ( Bataillon Étranger Parachutiste), qui deviendra par la suite le REP) en formation et fait partie des éléments fondateurs, en tant que chef de section dans la Compagnie du capitaine Bouyssou.
Le BEP arrive en Indochine en . De à , la est envoyée sur la RC4, en remplacement de la compagnie parachutiste du Étranger du lieutenant Morin, qui intègre le BEP et le rejoint à Hanoï. La sert de réserve d'intervention sur la zone frontière (de la Chine), pour renforcer des postes isolés ou escorter les convois : passant au milieu des calcaires et de la jungle, longeant la frontière de la Chine qui soutient le Viet-Minh depuis l'arrivée de Mao au pouvoir en 1949, la RC4 est déjà surnommée "la route du sang" tant les attaques de convois par le Viet-Minh y sont nombreuses et meurtrières. En mai 49, la rejoint le reste du bataillon, à Hanoï. Le lieutenant Stien participe notamment aux opérations d'Hoa Binh, du col de Lung Vaï, de Vinh Yen, de ThatKhé, de Dong Khé.
Blessé lors de l'opération de Thai Binh, en , le lieutenant Stien devient - le temps de redevenir apte à la marche - adjoint du lieutenant Faulques, à qui est confiée la formation du Peloton d'Élevés Gradés (PEG) du bataillon. Il est instructeur en tir et armement. En , il devient Officier de Renseignement du Bataillon, succédant au Lieutenant Morin.
En , c'est l'évacuation de Cao Bang et la bataille de la RC4. Le BEP fait partie de la colonne Le Page, qui est censée se porter au secours de la colonne Charton. Le BEP est presque totalement anéanti, dans « une des batailles parmi les plus violentes de la guerre d’Indochine, la plus cruelle peut-être. Des chocs frontaux d’une violence inouïe, suivis d’innombrables combats entre groupes isolés, noyés dans l’obscurité et l’éternité de la jungle, luttant farouchement, au corps à corps, à l’arme blanche, dans une mêlée apocalyptique, les silences alternant dans la nuit avec les clameurs des combattants, les cris de rage et de douleur, le vacarme des armes répercuté à l’infini par les parois verticales des calcaires. L’angoisse, la souffrance, la détresse, le sursaut, le courage, la mort. » (Hélie de Saint-Marc, préface des « Soldats Oubliés »).
Le lieutenant Stien est fait prisonnier le et reste prisonnier est détenu pendant 4 ans au camp 1 (camp ‘itinérant’, réservé aux officiers). Libéré en 1954, il fait partie des 30 % de prisonniers qui ont survécu à la captivité.
Algérie
En , il est affecté comme capitaine au RIPC, régiment d'appelés, basé à Pau. Le chef de corps en est à ce moment le colonel Ducournau. Le RIPC est le premier régiment d'appelés à prendre part aux opérations de ce qu'on n'appelle pas encore "la guerre d'Algérie". C'est donc en Algérie que le capitaine Stien rejoint son régiment en tant qu'OR. En , il retourne à Pau pour le commandement d'une compagnie au Centre d'Instruction, au camp d'Idron.
Le il est muté au (Bureau d'Action Psychologique) à Alger, pour travailler au sein d'une nouvelle section, créée par le commandant Dadillon : la section des "officiers itinérants". Le capitaine Stien accepte ce poste pour un an. En , il retrouve le RIPC, devenu entretemps le RCP. Il est OR (Officier de Renseignement) pendant 6 mois, puis commande une compagnie de combat, la . Le régiment mène des actions dans les Aurès et près du barrage de la frontière tunisienne.
En , il est affecté à l'ETAP à Pau : il est responsable du Bureau, puis commandant de la compagnie de commandement et des services (CCS). Son supérieur immédiat est le commandant Guiraud, adjoint au commandant de l'ETAP, et ancien chef de corps du BEP à Dien Bien Phu. Fin 1960, sentant un décalage croissant entre les objectifs demandés aux officiers sur le terrain et le discours politique, il demande sa mise en disponibilité de l'Armée, qui lui est accordée en .
Carrière civile En 1961, il commence une deuxième carrière dans l'industrie : d'abord chef du personnel chez Breguet à Douai, puis, en 1966, directeur du personnel chez Corona à Valenciennes. Il prend sa retraite en 1980.
Ouvrage Dans son livre de témoignage sur les camps vietmins Les soldats oubliés, (prix Raymond Poincaré 1993), préfacé par Hélie Denoix de Saint-Marc, Louis Stien fait le récit de la bataille de la RC4 et de ses quatre années de captivité.
Bibliographie Jean Pouget, Le manifeste du camp , Fayard, 1969
Revues et publications d'associations Revue Horizon, Face à la mort : les témoignages des anciens prisonniers de Hô Chi Minh, ECPAD en partenariat avec l'ANAPI Les prisonniers oubliés - recueil de témoignages édité par l'ANAPI La RC4, témoignages, édité par l'AALP
Références
Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la guerre d'Indochine Catégorie:Militaire français de la guerre d'Algérie Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance en janvier 1923 Catégorie:Naissance dans le département du Nord Catégorie:Officier de Légion étrangère Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Décès à Louveciennes Catégorie:Décès en mai 2011