La République houtsoule est un État ukrainien d'une durée de six mois, formé en 1919 dans l'actuel oblast de Transcarpatie. Par métonymie, on a aussi donné ce nom à lUkraine carpatique proclamée à nouveau en Ruthénie le , mais qui n'a duré qu'une journée. Ce nom fait référence aux Houtsoules, habitants ukrainiens de cette partie des Carpates (Houtsoulie) et des piémonts avoisinants, également appelés Rusyns ou Ruthènes. left|thumb|En rose, la Ruthénie parmi les « pays de la Couronne de saint Étienne » dans l'Autriche-Hongrie. left|thumb|La Tchécoslovaquie de 1919 à 1938, avec la Transcarpatie à l'extrémité orientale.
Histoire antérieure
Les Slaves arrivent en Ruthénie subcarpathique au : leur histoire ancienne est celle de la Marmatie et du royaume de Hongrie. À partir de 1699, c'est celle de la monarchie de Habsbourg et, à partir de 1867, celle de l'Autriche-Hongrie.
Première indépendance thumb|left|Rouge : la république des conseils de Hongrie. Ocre : Körösvidék perdu en avril 1919 face à l'Armée française de Hongrie et aux troupes roumaines.Rose : territoire repris en mai 1919 aux Tchécoslovaques.Bleu-vert : territoires sous contrôle de l'armée franco-serbe commandée par Louis Franchet d'Espèrey. À la fin de la Première Guerre mondiale, la République houtsoule (en , Houtsoul‘ska respublika) était censée regrouper l'ensemble des régions de langue ukrainienne de la Hongrie austro-hongroise, après l'échec du plan d'unification avec la république populaire d'Ukraine occidentale. Mais en fait, elle n'a pu effectivement administrer que la partie du pays à l'est de la rivière , à savoir les arrondissements de Tiachiv, Teresve et Rachiv. La partie du pays située à l'ouest de la Teresva resta sous administration de la république démocratique hongroise Le mouvement de libération nationale en Transcarpathie en 1918-1919., Ukrayinska Pravda (21 november 2018).. Proclamée le par le président , la République houtsoule fut dirigée par le général Stepan Klotchourak, bientôt élu Premier ministre. Ce dernier parvient à organiser une petite armée, composée d'environ , recrutés dans la population localeStepan Klochurak, Do Voli (« Mémoires »), The Carpathian Alliance 1978, New York, OCLC 17608529..
Le , l'armée de la Hongrie communiste entre dans la région et met fin à l'indépendance de la république, jugée « bourgeoise ».. Par le traité de Saint-Germain de , la région est rattachée à la Tchécoslovaquie..., ce que la Hongrie est contrainte de reconnaître au traité de Trianon...
Seconde indépendance
Le , lors du démantèlement de la Tchécoslovaquie consécutif aux accords de Munich, l'histoire se répète : un État ukrainien, l'« Ukraine carpatique » (en , Karpats‘ka Ukraïna), est à nouveau proclamé en Ruthénie, cette fois par Augustin Volochyne, un prêtre gréco-catholique qui représentait la région au parlement de Prague. Cette république est envahie le lendemain par le royaume de Hongrie de l'amiral Horthy qui l'annexe officiellement le , tout en lui octroyant une autonomie factice à travers la « région autonome subcarpatique » (Kárpátaljai kormányzói biztosság) divisée en trois districts administrés, d'Ouest en Est, par les comitats d'Ung, Bereg et Máramaros que la Hongrie avait récupérés au deuxième arbitrage de Vienne.
Plus de s'enfuirent vers l'URSS (qui venait d'annexer la Galicie orientale voisine à la faveur du pacte germano-soviétique) pour s'engager dans l'Armée rouge, mais seuls furent jugés assez fiables par le NKVD : les furent déportés vers le Goulag. Enfin, environ quittèrent la région et s'engagèrent dans l'armée tchécoslovaque , Ukrinform, 15 mars 2019..
N'étant pas soumise à la loi civile des comitats d'Ung, Bereg et Maramaros, mais administrée par l'armée hongroise, la « région autonome subcarpatique » devint un mouroir pour sa population juive qui y fut d'abord regroupée en ghettos à Moukatchevo, Oujhorod et Khoust, puis massacrée sur place par les militaires (« Shoah par balles », Miklós Molnar, Histoire de la Hongrie, Perrin 2004, , ).Alya Aglan (dir.) et Robert Frank (dir.), 1937-1947 : La guerre-monde I, Gallimard 2015, ., auxquelles il faut ajouter les .).
Rattachement à l'URSS thumb|L'oblast de Transcarpatie en rose au sein de l'Ukraine actuelle. À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le traité soviéto-tchécoslovaque du (« Traité au sujet de l'Ukraine subcarpatique » et « Protocole annexé au traité conclu entre l'URSS et la République tchécoslovaque au sujet de l’Ukraine subcarpatique ») force la Tchécoslovaquie à céder la Ruthénie subcarpatique à l'Union soviétique. La population locale n'est pas consultée, l'URSS affirmant qu'une « libération du peuple ruthène travailleur des chaînes du régime capitaliste » (qui était encore celui de la Tchécoslovaquie à ce moment) et la « réunion de tout le peuple ukrainien au sein de l'Ukraine soviétique » ne pouvaient susciter qu'une joie unanime, dont les manifestations sont organisées à Oujhorod le . Le , le traité de Paris annule officiellement le premier arbitrage de Vienne, qui avait attribué ce territoire à la Hongrie, et entérine l'annexion soviétique que la nouvelle Tchécoslovaquie, entre-temps passée sous influence soviétique, ne peut pas refuserFirst Congress of People's Committees of Zakarpattia Ukraine (ПЕРШИЙ З'ЇЗД НАРОДНИХ КОМІТЕТІВ ЗАКАРПАТСЬКОЇ УКРАЇНИ). En URSS, la Ruthénie forme l'oblast de Transcarpatie faisant, depuis la dislocation de l'URSS en 1991, partie de l'Ukraine indépendante.
Sources
Article connexe Houtsoules
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