Henry André Castaing, né le à Lannemezan et mort le à Paris Base Léonore, est un artiste et un commissaire de police. Résistant, il poursuivit une carrière dans l'administration préfectorale et la haute administration après la guerre.

Biographie

Fils de policier (son père est contrôleur général de la police des chemins de fer), Henry Castaing se destine d'abord aux arts. Il est élève de l'École des beaux arts de Paris et expose au Salon des indépendants des aquarelles et des dessins de 1927 à 1929René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ; il illustre des ouvrages entre autres pour Gedalge. Cette disposition artistique lui permettra même d'échapper à l'arrestation pendant la guerre. Après avoir participé comme volontaire à la Première Guerre mondiale, il entre malgré tout dans la police en 1920.

Policier

La carrière de policier d'Henry Castaing débutée en 1920 se prolonge jusqu'en 1944 : 1920 : Inspecteur stagiaire à la brigade mobile (Police judiciaire) de Lyon 1921 : Inspecteur à la brigade mobile de Montpellier 1922 : Élève commissaire 1923 : Commissaire de Classe à Orléans 1923 : Commissaire à Frontignan 1923 - 1925 : Commissaire à Commercy 1925 : Commissaire à Cahors 1925 - 1934 : Commissaire à la Direction de la Sûreté générale (Paris) 1934 - 1936 : Commissaire à Saint-Germain-en-Laye 1936 : Chef de la Sureté à Versailles 1937 : Mis à la disposition du Préfet des Pyrénées-Orientales 1938 - 1941 : Affecté au contrôle technique (Écoutes téléphoniques) 1941 - 1943 : Commissaire à Lons-le-Saulnier 1943 : Chef des Renseignements généraux à Guéret (Commissaire principal) : Révoqué par le régime de Vichy (entrée dans la clandestinité) : Radié des cadres de la Sûreté générale (nommé préfet de la Creuse) Du au : Directeur de la Police judiciaire (Direction générale de la Sûreté nationale)

Résistant 400px|thumb|Découpage de la France après l'Armistice

Les réseaux d'évasion

Henry Castaing entre en résistance très tôt. Il est immatriculé comme agent de la France libre en Notice biographique sur le site historique de la Police nationale. Commissaire à Lons-le-Saulnier en 1941, il organise, en liaison avec le bureau maintenu en zone libre, un réseau d'évasion de prisonniers belges et luxembourgeois vers l'Espagne. Il réussit à obtenir les renseignements nécessaires sur les patrouilles surveillant la ligne de démarcation, grâce à un officier allemand qu'il soudoie.

Parallèlement, il met en place un réseau de soutien et d'évasion de familles juives vers la Suisse et l'Espagne. Selon son témoignageArchives nationales, 72AJ/117; Limore Yagil, Chrétiens et Juifs sous Vichy: sauvetage et désobéissance civile, Cerf, 2005, p. 439; Limore Yagil, La France terre de refuge et de désobéissance civile 1936-1944: sauvetage des Juifs, Cerf, 2010, t. II, p. 59-60; 243-244; Limore Yagil, Désobéir. Des policiers et des gendarmes sous l'Occupation, Nouveau Monde 2019; recueilli en , juives sont sauvées par son réseau entre 1941 et 1943.

Ses activités ayant été repérées, il est arrêté par la Gestapo début 1943. Libéré faute de preuves, il doit quitter rapidement son affectation. Grâce à ses relations, il se fait nommer Commissaire spécial des renseignements généraux à Guéret en .

Kaolin et le réseau Ajax

Dès son arrivée dans sa nouvelle affectation, il met en place, sous le pseudonyme de Kaolin, un réseau régional affilié au réseau AJAX d'Achille Peretti. Son réseau noyaute rapidement son service des renseignements généraux, le commissariat de Guéret, la gendarmerie, la préfecture et plusieurs services dont les PTT. Il prend les premiers contacts avec l'École de la Garde et le réseau Alliance. Son action complétée par le service NAP des MUR, dirigé successivement par Émile Labetoule, puis Albert Fossey-François et d'autres groupes de résistants, permet la mise en place d'une véritable administration parallèle dans le département. Cette organisation permet d'éviter de nombreuses arrestations de Résistants ou de Juifs réfugiés en Creuse.

Son action ne passe pas inaperçue. Les services de la Milice, qui le surveillent et lui sont systématiquement hostiles, tentent d'infiltrer son service. À la suite d'une opération d'interception de miliciens, menée conjointement par son service et des éléments de l'AS, il est contraint d'entrée en clandestinité en . Il est révoque par le gouvernement de Vichy le . thumb|300px|left|Carte détaillée du département de la Creuse avec ses réseaux routier et hydrologique principaux

Dans le maquis, il réorganise le service de renseignement des MUR. Parallèlement, il poursuit son action dans le réseau AJAX. Son réseau s'étend en de l'Indre au nord de la France. Grâce à son talent de dessinateur, il échappe à l'arrestation à Vieilleville en . En effet, il justifie sa présence en ce lieu par son activité supposée de dessinateur. Il fait à cette occasion le portrait du chef du groupe de la Gestapo qui est venu de Limoges procéder aux interpellations.

Après son retour à Guéret, lors de la première libération de la ville le , il reprend le maquis et se réfugie dans la région de FresselinesMémoires du préfet Clément Vasserot, Archives départementales de la Creuse, 104J et Arch. Nat. 72AJ/621 jusqu'au , jour de la Libération officielle du département.

Haut fonctionnaire

Les troupes d'occupations et les miliciens ayant quitté définitivement Guéret dans la nuit du 24 au , les troupes du maquis et de l'école de la Garde investissent la ville dès le lever du jour. Le chef départemental des FFI de la Creuse, le lieutenant-colonel Albert Fossey-François investit la préfecture à 8h30 et remet les pouvoirs aux autorités civiles à 10h30. Henry Castaing devient le nouveau préfet de la CreuseLes cadets de la garde dans la tourmente, éd. du Beffroi, 2001.

Cette nomination entraîne une violente polémique avec l'ancien préfet VasserotMémoires du préfet Vasserot ibid.. L'éviction de l'ancien préfet, pourtant membre du réseau AJAX et préfet résistant le , est officiellement due à son manque de combativité au cours des mois de répression. La nomination de Castaing est apparemment validée par Claude Bouchinet-SerreullesArchives départementales de la Haute-Vienne, 9J3 Fonds Boursicot, chargé pour la Délégation générale de la France Libre de la mise en place des nouvelles autorités dans la zone sud. Il est confirmé dans cette fonction par le commissaire de la République Pierre Boursicot lors de sa visite officielle à Guéret le .

Henry Castaing va donc s'atteler, avec l'aide du CDL, aux urgences du moment. Le ravitaillement est à organiser. Il faut également remettre en état de fonctionnement les pouvoirs publics et les communications. Enfin, il faut mener a bien l'épuration nécessaire pour sanctionner les collaborateurs tout en préservant les formes de la Justice. C'est un savant équilibre que doit maintenir le nouveau préfet, en intégrant les différentes revendications, parfois divergentes, qui sont exprimées en cette période troublée. Entre autres difficultés, le préfet doit veiller à la bonne administration de deux camps d'internement : La Pigue et Granchet.

Il exerce la fonction de préfet de la Creuse jusqu'au , date de sa mutation dans l'Allier. Il retrouve ensuite les services du ministère de l'intérieur en 1952, en tant que Directeur de la Police Judiciaire. Il est conseiller technique au cabinet des Présidents du Conseil d'avril à . Revenu au ministère de l'Intérieur, il demande à être mis en disponibilité pour être candidat SFIO dans la circonscription (Vichy) de l'Allier lors des élections législatives de novembre. Il n'est pas éluLe maire de Vichy, Pierre Coulon (CNIP) est élu au second tour. Au premier tour, il recueille contre à Guillaumin (PCF), à Péronnet (Radical), à Castaing (SFIO), à Tardif (UNR) et à Faure (DVD). Il prend sa retraite le , et s'adonne à sa passion pour la peinture et l'illustration jusqu'à la fin de sa vie.

Décorations

Personnalités

Albert Fossey-François, alias François, chef départemental des FFI de la Creuse. Roger Cerclier, alias Jean-Pierre, chef départemental des MUR de la Creuse. Président du CDL en 1944). Député SFIO de la Creuse (1945 - 1950) Pierre Boursicot alias Corme, commissaire de la République (préfet de région) de la région R5 à la Libération.

Évènements

Libération de Guéret Massacre du bois du Thouraud Massacre de Combeauvert Massacre d'Argenton-sur-Creuse Évènements de Saint-Amand-Montrond (Rubrique histoire de la ville)

Notes et références

Liens externes

Notice biographique sur le site de l'histoire de la Police

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