Le Bureau des Affaires étrangères du Tibet () était un bureau, puis, à partir de 1942, un ministère du gouvernement tibétain chargé des relations diplomatiques du Tibet entre 1909 et 1952. Il était situé à Lhassa, à proximité du Jokhang Thomas Laird, Into Tibet: The CIA's First Atomic Spy and His Secret Expedition to Lhasa, Grove Press, 2003, , p. 223.. En 1953, il fusionna avec le Bureau chinois des Affaires étrangères à Lhassa et fut placé sous la direction d'un responsable chinois The Statesman's year-book, New York, 1960, p. 1426 : .

Histoire

Selon Roland Barraux, le treizième dalaï lama, après son retour à Lhassa le comprenant que le Tibet ne pouvait lutter seul contre les prétentions chinoises, établit le Bureau des Affaires étrangères du Tibet. Ce bureau fut chargé des relations extérieures, limitées dans un premier temps au Népal, à la Mongolie et au gouvernement britannique des IndesRoland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Edition Albin Michel 1993. Réédité en 2002, , p. 280, 282, 318.

En 1942, du fait de la réactivation des interactions avec le monde extérieur, le gouvernement tibétain étendit les attributions et les effectifs de ce bureau, en faisant un ministèreChina's Internationalization: the Republican era of foreign relations, version anglaise du site chinois “hi138.com” : . En raison de son importance, deux hauts responsables, un ecclésiastique et un laïc ayant le titre de Dzasa en avait la chargeHugh Richardson, Tibet and its history, Shambhala, 1984 , p 21-22 : .. Les représentations népalaise et britannique acceptèrent de passer par ce canal. Les Chinois manifestèrent leur mauvaise volonté.

Le Bureau, qui a été dirigé par Dsazak Surkhang (zurpa), Surkhang Wangchen Tseten et Ta Lama Kunchok Jungnas, a entretenu des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Népal, l’Inde indépendante et la Chine. Le Népal a établi une légation à Lhassa en 1856, faisant suite à la Mission diplomatique népalaise ouverte en 1792. La Chine ouvrit une mission en 1934 et la Grande-Bretagne en 1936.

En 1942 que le Gouvernement américain établit les premiers contacts avec le gouvernement tibétain. Pour approvisionner les troupes chinoises, les Américains décidèrent de construire une route reliant l'Inde au Tibet. La Chine proposa, au nom des États-Unis, au gouvernement tibétain de construire cette route, mais le Tibet s'y opposa par respect de sa neutralitéStatement by Westerners who visited Tibet before 1949.. Franklin Roosevelt et l'Office of Strategic Services (OSS)Agence de renseignement du gouvernement américain créée après son entrée dans la Seconde Guerre mondiale, elle précéda la CIA. envoyèrent deux agents secrets, Ilia Tolstoï (petit-fils de Léon Tolstoï) et Brooke Dolan II, pour enquêter sur place. Pour accéder au Tibet, ils demandèrent des visas à la Chine via le ministère chinois des Affaires étrangères qui essuya un refus de Lhassa. Ce fut finalement le bureau des affaires coloniales britanniques qui permit aux deux agents de se rendre à Lhassa. Ces deux envoyés de Franklin Roosevelt remirent une lettre et des cadeaux au jeune dalaï-lamaOrphans of the Cold War America and the Tibetan Struggle for Survival par John Kenneth Knaus. au cours d'une audience sans aucun échange verbal comme l'exigeait la tradition. Il discutèrent avec le ministre des Affaires étrangères du Tibet, Surkhang Dzasa World Governments Recognize Tibet: The Tibetan Perspective The Tibetan Foreign Office conducted talks with President Franklin D. Roosevelt when he sent representatives to Lhasa to discuss the allied war effort against Japan during World War II. Thomas Laird, The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama.. Selon la Commission internationale de juristes, Lhassa, ayant reçu des assurances que ni la Chine ni la Grande-Bretagne n'exercerait de juridiction au Tibet par l'intermédiaire des ayants droit à la libre circulation, autorisa finalement l'ouverture temporaire de cette voie de communicationCommission internationale de juristes, La question du Tibet et la primauté du droit, Genève, 1959, pp. 103-104 (référence au Ministère des affaires étrangères des États-Unis : Foreign Relations of the United States, 1942, China (Washington, 1956), p. 145).. Finalement, les agents conclurent à l'impossibilité de construire une route à cette époqueLaird, Thomas, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Une histoire du Tibet : Conversations avec le dalaï lama, Plon, 2007, .. Des relations commerciales furent établies pour permettre des importations de laine américaine au Tibet, et des équipements radios furent livrés aux Tibétains. Un quota d'importation de laine fut accordé à Padatsang, un marchand tibétain du Kham qui avait facilité la mission.

En , Ringang devint l'assistant du bureau des Affaires étrangères du Tibet. Il mourut plus tard brève description physique et des photographies, site Tibet Album, British photography in Central Tibet 1920-1950.

Dans les années 1940, Kyibug Wangdue Norbu devint un interprète permanent du Bureau des Affaires étrangères du Tibet et du Bureau du Kashag. Il a voyagé lors de visites officielles du gouvernement tibétain à l'étranger, notamment en 1947 Tibet Album, British photography in Central Tibet 1920-1950, une brève description physique et des photographies, quand il fut l'un des trois délégués du Bureau, avec Teiji Tsewang Rigzing Sampho et Khenchung Lobsang Wangyal, qui représentèrent le Tibet lors de la conférence des relations asiatiques qui s’est tenu en IndeCTA's Response to Chinese Government Allegations: Part Four, 19 July 2008Jamyang Norbu, Independent Tibet – The Facts, 4 mars 2010.

En 1947, le ministère des affaires étrangères tibétain planifia la visite d’une délégation commerciale en Inde, en Chine, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Des démarches furent faites auprès de l'ambassade des États-Unis en Inde en vue de rencontrer le Président Truman et d’autres responsables américains pour des discussions commerciales. Cette demande fut envoyée à Washington, mais le Département d'État des États-Unis ne souhaitait rencontrer les Tibétains que de façon non officielle. La délégation comprenait , Tsepon W.D. Shakabpa, ministre des finances du Tibet, Padatsang, et deux autres Tibétains dont un moineJohn Kenneth Knaus, Orphans of the Cold War: America and the Tibetan Struggle for Survival, Perseus, 1999, hardcover, 398 pages, ; trade paperback, Perseus, 2000, . p. 27 et 28.

Liushar Thubten Tharpa fut le dernier ministre des Affaires étrangères du TibetJohn F. Avedon, In exile from the land of snows: the Dalai Lama and Tibet since the Chinese conquest, Harper Perennial, 1994, , p. 164.

Le L'armée populaire de libération entre au Tibet. Le , l'armée tibétaine se rend. Fin octobre, le gouvernement tibétain demande l'aide diplomatique de l'Inde par l'intermédiaire du chef de la Mission de l'Inde à Lhassa Tibetan troops in retreat, The Mercury, 31 octobre 1951.. Le , le gouvernement du Tibet envoie un appel aux Nations unies sur l'invasion du Tibet par la Chine. Dans cette période, seul le Salvador accepte de soutenir le TibetClaude Arpi, Tibet, le pays sacrifié.. En raison de l'ajournement de l'Appel du Tibet aux Nations unies, Surkhang Wangchen Tseten et Khendrung Chöpel Tupten sont envoyés à Delhi pour discuter avec l'ambassadeur de la République populaire de Chine. Celui-ci propose que les discussions se tiennent à Pékin, où est signé l'Accord en W. D. Shakabpa, Derek F. Maher, One Hundred Thousand Moons: An Advanced Political History of Tibet, volume 1 : ..

En , Jigmé Taring est nommé assistant du Bureau. En 1953, Phuntsok Tashi Takla en est le secrétaire.

En 1952 ou 1953, après intervention militaire de la République populaire de Chine, le bureau tibétain fusionne avec le bureau des Affaires étrangères du résident du gouvernement chinoisMinistère de l'information, France. Direction de la documentation, Notes et études documentaires, numéros 2555 à 2585, La Documentation Française, 1959, p. 55..

Notes et références

Affaires étrangères Tibet Catégorie:Histoire diplomatique du Tibet Catégorie:1909 au Tibet Catégorie:1953 au Tibet