Le castillan ancien, ou vieil espagnol, est la variante de l'espagnol parlée dans la péninsule Ibérique durant le Moyen Âge, entre le et le environ, jusqu'à ce que se produise un réajustement dans le système consonantique qui marque le passage vers l'espagnol moderne. La plus ancienne œuvre consistante de la littérature en castillan médiéval est le Cantar de mio Cid, écrit entre la fin du et le début du par un auteur anonyme.

Phonologie Consonnes Le système phonologique du castillan ancien était plus proche de celui des autres langues romanes que le système actuel. Le plus ancien inventaire consonantique qu'il est possible de reconstituer avec une certitude relative s'est maintenu à grands traits depuis les origines jusqu'au remaniement des fricatives autour du . Il se caractérise notamment par la présence de trois paires (consonne sourde et consonne sonore) de fricatives : Deux affriquées alvéolaires, sourde et sonore : /t͡s/ et /d͡z/, représentées à l'écrit par ç devant a, o et u, c devant e, i et z ; Deux fricatives apico-alvéolaires sourde et sonore : /s/ (transcrite par s en fin ou début de mot et ss entre deux voyelles) et /z/ (représenté par s entre deux voyelles) ; Deux fricatives post-alvéolaires, sourde et sonore : /ʃ/ et /ʒ/ représentées par x pour la sourde et, pour la sonore, par j ou par g devant e et i.

Le castillan médiéval ne connaissait ni la fricative vélaire sourde [x] (j ou g devant e et i dans la langue moderne) ni l'interdentale fricative sourde [θ] (z ou c devant e et i dans la graphie actuelle).

Le v était toujours prononcé comme un son fricatif, mais on ignore si sa réalisation exacte était bilabiale ou labio-dentale. Le graphème f pouvait représenter aussi bien sa valeur phonétique actuelle qu'un h aspiré à l'initiale, qui disparaîtrait plus tard de la prononciation mais resterait représenté par un h étymologique : fasta (« hasta »), fablar (« hablar »). Ce h est encore prononcé aspiré dans certaines régions d'Espagne et d'Amérique.

Le système consonantique du castillan ancien peut être schématisé comme dans le tableau ci-dessousRalph Penny, 1993, : TypeLabialeDentaleAlvéolairePalataleVélaire Occlusive sourde Occlusive sonore Fricative sourde Fricative sonore Nasale Vibrante , Latérale

Voyelles Type Antérieure Centrale Postérieure Fermée Mi-fermée Mi-ouverte Ouverte

Morphosyntaxe L'usage était étendu de l’enclise des pronoms personnels : Direvos (diré + vos) au lieu du moderne os diré, « je vous dirai » (mio Cid) ;

Le futur du subjonctif était à forte valeur hypothétique. Construit par analogie avec l’imparfait du subjonctif en -ra, avec des terminaisons en -re (-are/-iere, -ares/-ieres, -are/-iere, -áremos/iéremos, -areis/-iereis, -aren/-ieren), il n’est maintenu dans la langue moderne que dans certaines expressions lexicalisées (proverbes, jargon juridique, etc.).

Apocope Un phénomène caractéristique de certaines périodes du castillan médiéval a été qualifié d'apocope extrême. Il consiste en une chute de la voyelle finale derrière des consonnes différentes de celles de l'apocope ancienne habituelle du castillan : NOCTE>noche>noch, NOVE>nueve>nuef, INFANTE>infante>infant. Ce phénomène est survenu autour de la fin du et le début du et observe, à partir de la fin du , une tendance à la récupération de ces voyelles dans les textes.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Manuel Alvar (dir.), Manual de dialectología hispánica. El Español de España, Ariel, coll. « Ariel Lingüística », Barcelone, 1996/2007. Rafael Cano (dir.), Historia de la lengua española, Ariel Lingüística, Barcelone, 2005.

Gargallo Gil, José Enrique et María Reina Bastardas (dir.), Manual de lingüística románica, Ariel Lingüística, Barcelone, 2007. Ralph Penny, Gramática histórica del español, Ariel, Barcelona, 1995

Articles connexes Dialectologie de la langue espagnole Histoire de la langue espagnole

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