L'Artois est un ancien pays d'états puis gouvernement général et militaire en France, héritier du comté du même nom, et ayant pour capitale Arras, aujourd’hui principalement inclus dans le département du Pas-de-Calais. Les habitants de la province étaient les Artésiens.

La province s'est formée artificiellement à partir d'une notable portion des États de Philippe d'Alsaceet fut comprise de 863 à 1237 dans le comté de Flandre.

Contrairement à de nombreuses régions comme la Bretagne, la Normandie ou la Champagne, l'Artois ne correspond pas à une région culturelle moderne, en l'absence de langue régionale et d'unitéle patois artésien n'étant parlé uniquement autour d'Arras.

La province d'Artois ne correspond pas au pays d'Artois, ou Artois propre, associé aux alentours d'Arras et de Houdain.

Étymologie Le nom Artois viendrait du peuple celtique des Atrebates. Leur nom est probablement issu du celtique *Adtrebates de *Ad-treba-ti peut-être « ceux qui habitent » ou « ceux qui possèdent des villages » (cf. vieil irlandais ad-treba « il habite, il cultive », verbe dérivé de treb « habitation », cognat du breton tre- « village » cf. trève, gallois tref « habitation »), latinisé en Atrebates.

Ils vivaient en Atrébatie correspondant approximativement à l'Artois, dont l'étymologie s'explique par leur nom. Leur oppidum Nemetocenna (ou Nemetacon « le pays, le terrain appartenant au sanctuaire » cf. nemeto- et suffixe -āko.) est connu à partir de la période du Bas-Empire romain sous le nom Arras (Athrebate ) qui conserve également cet ethnonyme selon un processus fréquemment observé en Gaule.

Héraldique

brise les armes paternelles « de France ancien » (semé de fleurs de lys) par un lambel chargé de neuf châteaux. Cette surcharge fait référence à la fois aux neuf châtellenies d'Artois (Guînes, Tournehem, Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys, Béthune, Hesdin, Bapaume, Lens…) et aux armes de la maison de sa mère, Blanche de Castille (« de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur »). Blanche de Castille possédait les châtellenies de Hesdin, Bapaume et Lens avant 1237 comme douaireGérard Sivéry, Les Capétiens et l'argent au siècle de Saint Louis, Presses universitaires du Septentrion, Paris, 1995, ..

Géographie Étendue géographique En 1789, juste avant l'abolition des gouvernements généraux, l'Artois avait une superficie d'environ Les différentes sources ne nous permettent pas d'établir un consensus sur la superficie de la province, car certaines communes actuelles étaient divisées entre la Picardie et l'Artois, ou entre les Flandres et l'Artois sans préciser le tracé de ces divisions (excepté pour les communes traversées par l'Authie). Le village de Verchocq fait par exemple partie de ces villages dont certaines terres relevaient de la province d'Artois. Au , vivaient sur ce territoire de , soit une densité de population de 226 /km, deux fois la densité moyenne de la France.

Le gouvernement d'Artois était composée de : toutes les communes de l'actuel arrondissement d'Arras, à l'exception de : Étaing et Tortequesne (qui appartenaient à la Flandre française), Boiry-Notre-Dame et Dury (qui appartenaient au Cambrésis), Nédonchel, Ytres, Halloy, la partie de la commune de Beauvoir-Wavans située rive sud de l'Authie (c'est-à-dire l'ancienne commune de Beauvoir-Rivière) et la moitié d'Auxi-le-Château située rive sud de l'Authie (qui appartenaient toutes cinq à la Picardie) ; toutes les communes de l'actuel arrondissement de Lens, à l'exception de : Rouvroy, Pont-à-Vendin et Estevelles (qui appartenaient à la Flandre française) ; toutes les communes de l'actuel arrondissement de Béthune ; toutes les communes de l'actuel arrondissement de Saint-Omer, à l'exception de : Thiembronne, qui appartenait au Boulonnais, en Picardie ; Surques, Rebergues, Haut-Loquin, Alquines, Bouvelinghem, Bonningues-lès-Ardres, Zouafques, Nielles-lès-Ardres, Autingues, Louches, Landrethun-lès-Ardres, Rodelinghem, Brêmes et Ardres, qui appartenaient à l'Ardrésis, en Picardie ; Balinghem, Guemps, Offekerque, Nouvelle-Église, Vieille-Église et Oye-Plage, qui appartenaient au Calaisis, en Picardie ; toutes les communes des cantons de Hesdin, du Parcq et de Fruges ; toutes les communes du canton de Campagne-lès-Hesdin à l'exception de : Sempy et Marles-sur-Canche, qui faisaient partie du Boulonnais, en Picardie ; Boisjean, Buire-le-Sec, Maintenay et Roussent, qui faisaient partie de la Picardie ; les communes de Humbert et Campagne-lès-Boulonnais dans l'arrondissement de Montreuil ; les communes de Hocquinghen et Herbinghen dans l'arrondissement de Calais ; dix-huit communes de l'actuel département du Nord : Saint-Momelin (dans l'arrondissement de Dunkerque), Sainghin-en-Weppes (dans l'arrondissement de Lille), Roost-Warendin, Auby, Flers-en-Escrebieux, Lauwin-Planque, Esquerchin, Cuincy, Lambres-lez-Douai, Courchelettes et Gœulzin (toutes les neuf dans l'arrondissement de Douai), Aubencheul-au-Bac, Sailly-lez-Cambrai, Boursies, Flesquières, Noyelles-sur-Escaut, Villers-Plouich et Gouzeaucourt (toutes les sept dans l'arrondissement de Cambrai) ; quatre communes de l'actuel département de la Somme : Mézerolles, Terramesnil, Lesbœufs et Combles (mais pas l'ancienne commune de Fregicourt, fusionnée avec Combles en 1834, qui appartenait à la Picardie). alt=Carte de la province d'Artois en 1787|centré|vignette|499x499px|Carte des 600 communes de l'Artois. Source de cette section : État par ordre alphabétique des Villes, Bourgs, Villages & hameaux de la Généralité de Flandres & d'Artois.

Composition Selon Alexis-Marie Gochet, l'Artois peut se subdiviser en plusieurs parties, il décrit en premier lieu un Artois roman, comprenant l'Artois propre autour d'Arras, il y met aussi l'Ostrevant avec pour capitale Bouchain dans le Nord, il y rajoute le Ternois avec pour chef-lieu Saint-Pol-sur-Ternoise, et enfin l'Escrebieu autour de Lens, Béthune et Hénin-Liétard, subdivisée en deux pays naturels : la Gohelle et le Bas-Pays de Béthune. D'autres sources indiquent au sud-ouest le bailliage d'Hesdin. Briand écrit au sujet d'Hesdin, On peut y rajouter l'Audomarois, que Gochet mentionne indirectement sous le nom d'Artois flamingant, qui a pour capitale Saint-Omer, et jadis Thérouanne.

Cependant, la constitution de l'Artois peut différer d'un document à l'autre, et des historiens tels que Paul Roger ne confondent pas Ostrevent et Artois. centré|vignette|415x415px|Ancienne province d'Artois, divisée en pays, dont ceux au nord de la province forment l'Artois flamingant.

Les bailliages sont parfois repris des anciens diocèses ou des anciens pagus. Le gouvernement général regroupe de nombreux pays traditionnels picards ou flamands, compris entièrement ou non dans les limites de la province d'Artois : vignette|Pays traditionnels picards et flamands au sein du gouvernement militaire. Artois picard

l'Amiénois (Amplier, Couin, Orville, Sarton, Terramesnil, Thièvres) l'Artois propre (bailliage de l'Arrageois sauf Sailly-en-Ostrevent, parties des bailliages du Bapalmois, de Gohelle et du Ternois) le Boulonnais (Hénoville, hameau de Herly) le Cambrésis (partie du bailliage du Bapalmois) la Gohelle (partie des bailliages de Gohelle et du Béthunois) l'Ostrevent (partie du bailliage de Gohelle + Sailly-en-Ostrevent) la Pévèle (Roost-Warendin) le Ponthieu (Brimeux, Mézerolles) le Ternois (bailliage de l'Hesdinois sauf Brimeux, Hénoville et Mézerolles + partie du bailliage du Ternois) le Vermandois (Combles et Morval) Artois flamand ou Flandres artésiennes

l'Airois (bailliage de l'Airois, partie du bailliage du Lillerois)

l'Audomarois (bailliage de l'Audomarois)

le Calaisis (Audrehem, Audruicq, Clerques, Escœuilles, Herbinghen, Hocquinghen, Journy, Polincove, Saint-Omer-Capelle et Zutkerque) le Mélantois (Carvin, Libercourt et Meurchin)

le Bas-Pays de Béthune (partie du bailliage du Béthunois et du Lillerois) les Weppes (Sainghin-en-Weppes)

Géologie Le sud de l'Artois est marqué par les collines de l'Artois, qui correspondent à une zone de soulèvement le long de nombreuses lignes de failles parallèlesM. Everaerts & J.-L. Mansy, « Le filtrage des anomalies gravimétriques ; une clé pour la compréhension des structures tectoniques du Boulonnais et de l’Artois », France, 2001, Bulletin de la Société Géologique de France, , p. 267-274..

Le pendage des couches argileuses et des couches poreuses explique le phénomène connu sous le nom de puits artésiens.

Principales villes Au recensement de 1806, les dix plus grandes villes de l'Artois étaient : Saint-Omer : Arras : Aire-sur-la-Lys : Béthune : Carvin : Lillers : Laventie : Hesdin : Saint-Pol-sur-Ternoise : Lestrem :

En 2020, les villes les plus peuplées de l'ancienne province sont : Arras : Lens : Liévin : Hénin-Beaumont : Béthune : Bruay-la-Buissière : Avion : Carvin : Saint-Omer : Harnes :

Histoire Les contours de l'Artois ont varié au cours des siècles, en fonction des aléas de l'Histoire et des rattachements ou séparations d'avec les comtés voisins (comté de Boulogne, comté de Flandre…). Au cours du , Barthélémy l'Anglais inclut même les cités importantes du comté d'Artois comme Arras et Thérouanne en Picardie, dans son encyclopédie De proprietatibus rerum. Dans les versions en moyen français publiées de 1480 à 1500, Jean Corbichon, qui réalise la traduction la plus célèbre de cet ouvrage, rajoute également Béthune, Lens et Saint-Omer parmi ces places fortes, cependant, ces villes sont également dites flamandes dans de nombreuses sourcesLouis Dussieux et d'autres, voir page Artois flamingant.

Préhistoire

Les Atrébates

L'Artois reprend une partie du pays de la tribu gauloise des Atrébates., dont la capitale Nemetocenna est devenue Arras. Les Romains intégrèrent ce pays dans la province romaine de Belgique. vignette|261x261px|Localisation du pagus.

Le pagus Atrebatensis

Le pagus fut conquis au par les Francs et donné en 863 par Charles le Chauve à Judith, sa fille, qui épousa Baudouin Bras-de-Fer, comte de Flandre. L'Artois devient ainsi flamand.

Après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, il fut réuni à la couronne en 1180. Le comte de Flandre Philippe d'Alsace engagea l'Artois à titre de dot pour le mariage de sa nièce Isabelle, fille de Marguerite et de Baudouin V de Hainaut avec Philippe Auguste.

Le comté d'Artois

La future province s'est formée artificiellement à partir d'une notable portion des États de Philippe d'Alsace dont le pagus Atrebatensis, qui résulte du mariage d'Isabelle, fille de sa sœur Marguerite, à Philippe Auguste en 1180. Le comté d'Artois comporte outre l'Artois proprement dit, les pays du Ternois, de la Gohelle mais aussi une portion notable des Flandres dont l'Audomarois et la région de Béthune, qui ne font pas partie de l'Artois traditionnel.

donna l'Artois en 1237, avec titre de comté, à Robert, son frère puîné.

Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l'Artois est rattaché au domaine royal à la mort de Charles le Téméraire, le . Le traité de Senlis l'attribue à l'Empereur . La souveraineté en est perdue par le roi de France au traité de Cambrai, et il passe par héritage aux Habsbourg d'Espagne. Il fut annexé définitivement par la France plus tard, après la guerre de Trente Ans, le , aux termes du traité des Pyrénées, sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer (l'Artois réservé). Le comté fut alors divisé en Artois français et en Artois espagnol, cette dernière section ne revint à la France qu'en 1678. Le comté d'Artois est réuni au Gouvernement Général militaire de Picardie à partir de 1640, il y reste pendant plus d'un siècle, jusqu'en 1765, date à laquelle il devient un Gouvernement militaire indépendant pendant une vingtaine d'années jusqu'à l'abolition des gouvernements généraux et particuliers lors de la Révolution française, en 1789.

Gouvernement militaire (1765-1789)

L'Artois devient un gouvernement militaire en 1765.