Un réseau FTTH (de l', ce qui signifie « fibre optique jusqu'au domicile ») est un type de réseau de télécommunications physique qui permet notamment l'accès à internet à très haut débit et dans lequel la fibre optique se termine au domicile de l'abonné.
Développés dans divers pays au cours des années 2000 puis 2010, ces réseaux terrestres remplacent progressivement ceux ayant historiquement servi à la distribution du téléphone ou encore de la télévision par câble. En 2018, les réseaux FTTH commerciaux peuvent atteindre jusqu'à , contre un maximum de en ADSL 2+ et 100 à en VDSL2. Ils permettent également une meilleure latence, l'absence de sensibilité aux perturbations électromagnétiques, et un débit stable pour des lignes jusqu'à environ de longueur. La technologie FTTH qui exige l’installation d’un point de terminaison optique chez chaque abonné est néanmoins nettement plus coûteuse que des solutions alternatives comme la fibre jusqu’au sous-répartiteur ou jusqu’à l’immeuble, avec une terminaison VDSL ou G.fast sur le câblage cuivre existant.
Dans les déploiements grand public, les zones urbanisées sont généralement privilégiées par les opérateurs privés, la couverture d'un plus grand nombre d'abonnés étant facilitée par la densité de population. Ces choix ne sont pas forcément en adéquation avec les besoins des habitants en matière de débit, la qualité de l'accès à Internet par le réseau téléphonique historique dépendant fortement de la distance aux centraux. En France, diverses collectivités territoriales ont commencé le déploiement de leurs propres réseaux d'initiative publique au cours des années 2010, afin de pallier les disparités de couverture du territoire.
Terminologie
Le FTTH étant une solution dans laquelle la fibre optique est utilisée de bout en bout entre le nœud de raccordement optique et l'abonnéARCEP - Qu’est-ce que le FttH ? arcep.fr, consulté en décembre 2017, on peut parler de « boucle locale optique ». On trouve également le sigle FTTO (, soit « fibre optique jusqu'au bureau ») pour différencier les offres grand public de celles destinées aux entreprises, qui utilisent généralement des réseaux distincts.
La commission générale de terminologie et de néologie française recommande l'usage du terme « desserte par fibre de l'abonné », avec comme forme abrégée « DFA » et comme synonyme en langage professionnel « fibre jusqu'à l'abonné ». La DFA ne distingue pas les réseaux FTTH des réseaux FTTO et FTTP (« Fiber To The Premises »)..
Historique
En 2024, la situation a considérablement évolué. En Asie du Sud-Est, les pays comme Singapour, la Corée du Sud et le Japon sont devenus des leaders mondiaux en termes de pénétration du FTTH, avec des taux d'adoption très élevés grâce à des politiques gouvernementales proactives et des investissements massifs dans les infrastructures. Aux États-Unis, de nombreuses villes disposent désormais de réseaux FTTH, bien que la couverture varie encore largement selon les régions. En Europe, la France a réalisé d'importants progrès avec des opérateurs comme Orange et SFR déployant des réseaux FTTH à grande échelle, couvrant désormais une grande partie du territoire, y compris les zones rurales. Le projet de Paris et des Hauts-de-Seine est maintenant complété, et de nombreuses autres villes et départements ont également développé leurs propres réseaux. Au Maroc, les déploiements de FTTH se sont accélérés, avec des entreprises comme Maroc Telecom et Inwi offrant des services à haute vitesse dans les principales villes et de plus en plus de zones rurales. En Suisse, le Projet Vario de Sierre Energie a été achevé avec succès, et d'autres opérateurs suisses ont suivi, permettant une couverture nationale très avancée en FTTH.
Technologies Architectures
Il existe plusieurs architectures possibles pour aller depuis le point d'accès technique de l'opérateur (point de présence ou NRO) jusqu'à l'abonné (FTT« ») :
P2P : Point à Point passif… à ne pas confondre avec le protocole PPP ou le modèle de réseau pair-à-pair.
Le P2P est une architecture point à point dans laquelle il existe au moins une fibre continue et non partagée entre le NRO et l'utilisateur. C'est sur ce modèle, avec des liens en cuivre, qu'a été construite la boucle locale du réseau téléphonique en France.. En France seul l'opérateur Free utilise cette architecture P2PFree a fait le choix pour son réseau de desserte d'abonnés en fibre optique d'une architecture point à point (P2P) ftth.free.fr, consulté en août 2017.
PON : ou Point à Multipoint passif.
Le PON est une architecture FTTH utilisant un système de couplage passif (appelé coupleur optique en français ou splitter en anglais) installé dans le réseau d'accès, grâce auquel jusqu'à 128 utilisateurs peuvent être regroupés sur une seule fibre arrivant au NRO. Cette architecture est la plus utilisée en France et en Europe. Les différents protocoles normalisés pour le PON sont :
EPON : Ethernet PON, un protocole PON basé sur Ethernet APON : ATM PON : Un protocole PON basé sur ATM, très peu utilisé BPON : : Une évolution du protocole APON précédent GPON : WDM-PON : : une évolution des protocoles PON précédents basée sur le longueurs d'onde de plusieurs abonnés sur une même fibre.
AON : ou Point à Multipoint Actif, aussi appelé « Double Étoile Active » en français. Cette architecture est très peu utilisée.
L'AON est une architecture point à multipoint utilisant un équipement actif (c'est-à-dire alimenté en électricité) installé dans le réseau d'accès, par lequel jusqu'à 128 utilisateurs peuvent être regroupés sur une fibre arrivant au NRO.
Rappel technique La dorsale (ou backbone) est un réseau longue distance de fibres optiques reliant les différentes villes d'un pays et les pays entre eux. Lorsqu'un océan ou une mer fait obstacle, la fibre est alors déroulée et déposée au fond de l'eau. Le réseau Internet est constitué par les liens entre cette dorsale et les réseaux d'accès des différentes villes au niveau de points de présence. Si le point est équipé pour desservir en fibre optique les clients, il est aussi appelé nœud de raccordement optique.
À la suite du vote de la loi de modernisation de l'économie en France en , la partie finale du réseau (dans un immeuble ou un quartier) doit être mutualisée, c'est-à-dire que le premier opérateur ayant installé la fibre optique (l'opérateur d'immeuble) doit permettre aux autres (les opérateurs commerciaux) de venir s'y raccorder au travers d'un point de mutualisation. Il doit se situer entre le pied de l'immeuble et le NRO. Dans les communes des « zones très dense » ( urbains de définis par l'Arcep), ce point de mutualisation peut être situé à l'intérieur des immeubles de plus de ou à l'intérieur des immeubles (quelle que soit leur taille) des communes disposant d'égouts visitables (comme à Paris). Ailleurs, ce point de mutualisation permet d'atteindre environ (selon la consultation de l'Arcep datant de ). En 2013, l'ARCEP envisage de modifier la classification des en « zone très dense » (ZTD).
Le génie civil appartient à des collectivités ou à des opérateurs comme Numericable-SFR ou France Télécom. Ce dernier loue le passage des gaines de câblage aux autres FAI à raison de / mètre-linéaire / centimètre carré de section / an. Cela vaut à Free d'attaquer France Télécom devant le conseil de la concurrence en . En , Orange et Free enterrent la hache de guerre..
Infrastructures vignette|upright|Câble 144FO généralement utilisé pour le fibrage horizontal. Fibrage horizontal : Raccordement de la fibre optique du NRO jusqu'au point de mutualisation et du point de mutualisation jusqu'aux boîtiers d'entrée d'immeuble. Dans le cas des « zones très denses », le boîtier d'entrée d'immeuble et le point de mutualisations peuvent être confondus. Fibrage vertical : Raccordement de la fibre optique du boîtier d'entrée d'immeuble jusque chez le résident de l'immeuble.
Tranchées La technique des micro-tranchées, qui sont des tranchées très peu profondes, permet d'accélérer le déploiement de la fibre dans l'espace public, comme en Italie..
Débits En 2015, le débit descendant disponible pour l'abonné varie de à , et de dans le sens montant. Cependant, la fibre optique autorise le transport d'un débit bien supérieur, ce qui en fait un support évolutif, c'est-à-dire que les fournisseurs d'accès peuvent segmenter leurs offres afin de pouvoir proposer différentes gammes de débit. Au Japon, il existe des offres à en FTTH depuis 2006. En France, il existe des offres à en FTTH depuis 2013 et qui atteignent même 8 Gbit/s depuis 2018.
Ce débit théorique atteignable est à mettre en regard avec la bande passante disponible pour relier le réseau d'accès à la dorsale et les capacités de la dorsale elle-même.
Une des caractéristiques de la fibre est la faible latence (entre vers le premier saut).
Comparaison du PON et du P2P
En France, le GPON est la technologie utilisée par Orange, SFR, Bouygues Telecom et la majorité des réseaux d'initiative publique. Le P2P est la technologie utilisée par Free.
La société Numericable-SFR ne commercialise pas systématiquement du FTTH, mais commercialise majoritairement du très haut débit par câble (hybride fibre coaxial) appelé aussi FTTLA.
PON Le déploiement de la fibre se compose : du fibrage horizontal : chaque opérateur pose une fibre pour, au maximum 64, voire 128 clients. du fibrage vertical : il faut poser une fibre par logement dans les étages des immeubles. une zone de transition : La transition entre les fibres de l'opérateur résidant (et des FAI concurrents) et les fibres des différents abonnés s'effectue au moyen de coupleurs optiques passifsFibre optique : technologies et offres disponibles - Frédéric Cuvelier, Clubic, 10 juillet 2007..
Les réseaux PON et GPON ont les avantages suivants : le système permet de regrouper jusqu'à sur une seule fibre optique via du multiplexage, une fibre unique arrivant chez chaque résident. le coût de déploiement est réduit (investissement initial plus faible) : la réduction du diamètre et du nombre de câbles limite le coût du génie civil. la réduction du nombre de fibres sur le tronc commun réduit le nombre de terminaisons optiques nécessaires dans le NRO. la rapidité du déploiement. le déploiement peut couvrir une plus grande zone géographique pour un même coût. le retour sur investissements est plus rapide.
Les principaux inconvénients des réseaux passif multipoint sont : la maintenance d'une fibre peut concerner plusieurs abonnés. le dégroupage est plus complexe (répartition par pose d'un coupleur, nouvelle fibre, nouveau fourreau) sauf à dégrouper au niveau Ethernet. la bande passante d'une fibre est partagée entre les abonnés d'un même coupleur, sauf à évoluer vers des technologies telles que le WDM-PON. la sécurité des échanges : ce système nécessite la présence d'un chiffrement afin de garantir la confidentialité des données des utilisateurs empruntant une même fibre. Ce chiffrement est pris en charge par l'équipement de terminaison, dit ONT ou ONU. Les flux télévisés sont parfois multidiffusés vers tous les utilisateurs cibles, la réduction au périmètre effectif étant assurée par un système de multiplexage temporel et de chiffrement pouvant poser des problèmes de confidentialité en cas de présence d'ONT compromis sur l'arbre.
P2P Le déploiement d'un réseau FTTH P2P (point-à-point) se fait en utilisant une seule fibre optique par abonné et par FAI. Chaque abonné dispose d'une fibre optique bidirectionnelle qui lui est propre le reliant directement au nœud de raccordement optique de l'opérateur.
Le fibrage horizontal (dans les rues) et le fibrage vertical (dans l'immeuble) impliquent, au minimum, la pose d'une fibre pour chaque logement.
Avantages : meilleure sécurité (confidentialité) des échanges sans imposer le chiffrement des données.