vignette|218x218px|Les ultras de la Horda Frenetik de Metz célébrant leurs 25 ans.
Les Ultras forment une catégorie particulière des supporteurs assistant aux compétitions sportives, dont le but est de soutenir de manière fanatique son équipe de prédilection. Ce type de supporters est différent de celui des groupes Hooligans ou des Barra brava. Ils se retrouvent surtout dans le monde du football, mais existent également de manière sporadique en basket-ball, en handball, en volley-ball ou en hockey sur glace. Sébastien Louis définit les ultras comme étant les . Historique
L'origine du mouvement ultra est contestée. De nombreux groupes provenant de divers pays en réclament la création sur la base de leurs dates de fondation. Le niveau de conflit et la confusion sont facilités par une tendance contemporaine (principalement en Amérique latine et en Europe) pour classer tous les groupes de supporters ultras comme ouvertement fanatiques. Mais c'est bel et bien en Italie qu'apparaissent les premiers groupes de supporters qui se réclament du mouvement ultra à la fin des années 1960.
Les origines extra-européennes thumb|right|218px|Le Derby Paulista à São Paulo, en 1920. thumb|right|218px|Les supporters de Ferencváros TC au début du .
Les groupes de supporters d'une nature comparable à des ultras auraient existé en Hongrie en 1899 ; les Fradi-Szív de Ferencváros TC ont été fondés en . À la suite de l'annonce de la création d'un club de supporters, membres sont enregistrés en tant que supporters en trois heures, 1000 en deux jours, 4000 en un mois. Les membres, selon le type d'abonnement, payent un montant différent : les membres simples ont une carte blanche, les supporters une carte verte, sur laquelle est indiqué le nom du titulaire. [Bela Nagy, Hoppe László írásainak, National Library and Digital Archive for the use of microfilm, Budapest, Hungary].
Une forme de supportérisme similaire au mouvement ultra apparaît au Brésil en 1939 avec la création à São Paulo de la première Torcida organizada.. Ces groupes de supporters fanatiques n'ont rien à voir avec les organisations existant jusque-là au Brésil comme ailleurs. Ils utilisent des bâches à leurs noms, agitent des grands drapeaux et chantent durant tout le match.. Dans le cas des Torcida, puis des ultras, ces groupes ne sont pas liés directement aux clubs dont ils portent les couleurs, contrairement aux clubs officiels de supporters existant depuis la fin du en Europe comme en Amérique du Sud.
La fondation du mouvement en Europe thumb|La Torcida Split du Hajduk Split est le plus ancien groupe en Europe.
Cette forme de supportérisme se développe en Europe via la Yougoslavie. Les actualités cinématographiques yougoslaves diffusent des images de la Coupe du monde de football de 1950, avec de nombreux plans de foules exubérantes : les fameuses Torcida. Les supporters de l'Hajduk Split sont les premiers Européens à adopter cette attitude dès le à l'occasion d'un match contre l'Étoile rouge de Belgrade. Ce premier groupe prend pour nom Torcida. L'intensité de la partie face au grand rival et le but victorieux inscrit à la aide à la naissance du mouvement. Les supporters envahissent le terrain au coup de sifflet final, et portent en triomphe le buteur jusqu'au centre de la ville. Les « exploits » des fans de l'Hajduk Split marquent le football des années 1950 et années 1960 ..
L'Italie, berceau du mouvement Après la catastrophe aérienne de Superga, les dirigeants du Torino s'appuient sur leurs supporters fidèles qui se regroupent en sous le nom de associazione sostenitori dell'AC Torino. Puis, en , ils prennent le nom de Fedelissimi Granata.. Le but de cette association est de .. Cette structuration des tifosi donnent des idées à d'autres présidents de club, ainsi à l'Inter, est créé lInter Club Moschettieri ou les circolo biancoceleste pour la Lazio à Rome.
Mais c'est dans la seconde partie des années 1960 que se développe le mouvement ultra. En effet, la société italienne traverse de profonds changement. Dans les stades, ce modèle se reproduit et les plus jeunes supporters, qui sont souvent les plus fervents, quittent les clubs traditionnels pour fonder leurs propres groupes. Ils se regroupent dans les tribunes où l'accès est le moins cher, souvent derrière les buts.
D'après le journaliste Mickaël Correia : « Apparus à partir de 1968 dans une Italie en pleine agitation sociale, les ultras sont alors de jeunes manifestants issus des cortèges d’extrême gauche qui importent dans les tribunes des pratiques propres aux organisations politiques radicales : indépendance à l’égard des institutions, culture de l’anonymat, solidarité entre membres et autofinancement. Les premiers ultras italiens allèrent jusqu’à s’inspirer des dénominations des organisations armées d’extrême gauche de l’époque, telles les Brigades rouge et noir de l’AC Milan ou les Tupamaros (en référence au mouvement uruguayen du même nom) à l’AS Roma.. »
Lors de la saison 1968-1969, voit le jour au Milan AC la Fossa dei Leoni qui est le premier groupe à se revendiquer ultra. Elle est née sous l'impulsion d'adolescents qui se retrouvaient près de la rampa 18 de la partie sud du stade San Siro. Puis, c'est chez le voisin de l'Inter de Milan qu'apparaissent les Boys San 1969 ainsi que les Ultrà Tito Cucchiaroni, de la Sampdoria de Gênes du nom d'un joueur populaire auprès des jeunes supporters de la SampdoriaSup mag , octobre 1993. C'est le premier groupe à porter le nom d' ultra. Ce terme a été choisi en référence aux ultraroyalistes qui faisaient aboutir leurs idées par la violence. Le mouvement devient incontournable en Italie durant les années 1970 ., pendant lesquelles la culture « ultra » prend véritablement corps.
L'essaimage dans le reste de l'Europe
Cette forme de supportérisme atteint la péninsule ibérique à la fin des années 1970 et au début des années 1980, particulièrement à la suite de la coupe du monde de 1982 : Biris Norte du Séville FC en 1975, Raça Benfiquista du Benfica Lisbonne dans les années 1970 puis Ultras Sur (1980) au Real Madrid, Boixos Nois (1981) au FC Barcelone et Ultra Yomus au Valence CF (1983) ; Juventude Leonina en 1976 au Sporting Portugal puis Diabos Vermelhos du Benfica Lisbonne en 1982. Puis le mouvement ultra atteint la France au milieu des années 1980. Le premier groupe ultra en France est le Commando Ultra de l'Olympique de Marseille fondé en 1984Commando Ultra 84, Ultras Marseille, l’histoire depuis 1984, suivi des Boulogne Boys du Paris Saint-Germain Football Club et la Brigade Sud Nice de l'OGC Nice, tous deux fondés en 1985. Cette vague ultra donnera aussi naissance a des groupes de supporteurs actifs ne se revendiquant pas du mouvement ultras et ayant des codes sensiblement différents comme les Yankee Nord, les South Winners 87 puis les Fanatics à Marseille, les Bad Gones à Lyon, les Ultramarines à Bordeaux et la Brigade Ultra 88 à Mulhouse en 1988.
Cette forme de supporters laisse froid les pays de culture anglo-saxonne comme l'Angleterre, la Belgique ou les Pays-Bas dont les supporters préfèrent nourrir une relation directe et personnelle avec « leur » club plutôt que de passer par un groupe de supporters. C'est la base même de l'antagonisme qui oppose ultras (l'école dite italienne) et hooligans (l'école dite britannique). Toutefois, des ultras apparaissent dans ces pays dans le milieu des années 1990 : les Ultras Inferno du Standard de Liège en 1996 (qui sont une émanation du groupe hooligan Hell-Side..). Au début des années 2000, des groupes se montent au Royaume-Uni, les Red Ultras d'Aberdeen puis la Green Brigade en 2006 au Celtic de Glasgow. En Angleterre les Holmesdale Fanatics du Crystal Palace FC sont créés en 2005.
Autre pays ayant sa propre tradition de supportérisme, l'Allemagne et ses fan-clubs remontant au début des années 1960.. Quelques groupes se montent au milieu des années 1980 comme les Fortuna Eagles du Fortuna Cologne et les Mad Boys de Leverkusen. Mais c'est dans le milieu des années 1990 que le mouvement prend de l'ampleur dans les tribunes allemandes. En 1994, le premier groupe avec le nom « ultra » est créé au 1. FC Nuremberg, les Prosillos Ultras de Fribourg en 1996, les Ultras Francfort en 1997. Ces groupes mettent du temps à s'implanter dans les « Kurve » (virages) car les fan-clubs y sont présents depuis des décennies.
Mouvement ultras en Afrique
Le mouvement ultras en Afrique émerge dans les années 1990 en Afrique du Nord plus précisément en Tunisie (du fait de sa proximité géographique et de ses liens historiques avec l’Italie), chez les deux grands clubs du pays, l’Espérance de Tunis et le Club africain. Les African Winners fondées en 1995 qui soutiennent le club africain sont les pionniers du mouvements ultra en Afrique, considérer comme étant le premier groupes ultra en Afrique et notamment du monde arabe, même si cette affirmation reste contesté.Il faudra ensuite attendre presque 10 ans pour voir d'autres groupes apparaitre comme les Ultras Askary Rabat 05 au Maroc, soutenant l'AS FAR de Rabat et considérés comme le premier réel groupe Ultra Marocain (avec le premier bâchage du mouvement marocain le 22 Octobre 2005). D'ailleurs le mouvement au Maroc est devenu une référence dans le monde entier adoptant un style italien, plusieurs autres groupes sont donc apparus comme les greens boys du Raja Club Athlétique, les Ultras Winners du Wydad Athletique Club… les derbys au Maroc sont devenus un spectacle de Tifo et de banderole.
Les stades de football en Afrique sont devenus un moyen pour les jeunes d'exprimer et de critiquer leurs gouvernemenrs, ils expriment leur mécontentement de leur avenir, de la situation politique du pays, du malaise social dans les quartiers populaires. Plusieurs chansons publiées sur les réseaux sociaux dénoncent cela, comme la chanson des Ultras Eagles 06 au Maroc "F'bladi delmouni!" ("Opprimé dans mon pays!") qui a fait plus de 9 millions de vues sur YouTube, on peut citer plusieurs autres chansons comme la chanson "Ya Hyetna" ("Oh notre vie") des African Winners95 qui a fait plus de 11 millions de vues sur YouTube ou encore "Liyam ya Liyam" ("Ces temps Oh ces temps") des Ultras Black Army''' 06. Elles évoquent la corruption, la drogue et également la mort de supporters comme Omar Laabidi pour les AW95 du Club Africain, mort noyé dans le oued Meliane.
En Égypte, les groupes ultras ont joué un rôle historique central et tragique dans l'histoire moderne du pays. Les groupes phares sont fondé en 2007 Ahlawy (Al Ahly) et White Knights (Zamalek). En 2011, ces groupes ont été le fer de lance de la révolution de la place Tahrir, protégeant les manifestants grâce à leur expérience des affrontements avec la police. Après le massacre du stade de Port-Saïd en 2012 (qui a coûté la vie à 74 supporters d'Al Ahly), l'État égyptien a classé les groupes ultras comme "organisations terroristes" en 2015, entraînant leur dissolution officielle et une interdiction stricte d'accès aux stades.
Les ultras algériens se distinguent par une culture musicale extrêmement riche. Les groupes phares : Les ultras de l'USM Alger (Ouled el Bahdja), du MC Alger, du CR Belouizdad et de la JS Kabylie. Le groupe de supporters Ouled el Bahdja a composé la chanson « La Casa del Mouradia » devenue l'hymne officiel du grand mouvement de protestation politique populaire (le Hirak) en 2019.
En Afrique subsaharienne, le mouvement ultra est peu présent à part au RD Congo et en Afrique du Sud.
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