Rosalie Gautier, Rose Féart à la scène, est une cantatrice (soprano) et professeur de chant franco-suisse, née à Saint-Riquier le et décédée à Genève le .
Biographie Le père de Rose Féart était un industriel sucrier. Peu de temps après la naissance de sa fille, il revient dans sa ville natale d'Argenton-sur-Creuse, où Rose Féart passera toute son enfance. Elle est initiée à la musique par l'organiste de l'église Saint-Sauveur, Anselme Picardeau, qui détecte les qualités vocales de l'enfant. Envoyée à Paris pour poursuivre ses études musicales, elle suit l'enseignement d'Edmond Duvernoy et obtient le , à 24 ans, le premier prix du Conservatoire de Musique en déclamation lyrique.
Sa voix de soprane est remarquée par l'Opéra de Paris qui l'engage aussitôtMlle Rose Féart, de l'Opéra, donne aussitôt son premier concert public à Argenton-sur-Creuse le ().. Rose Féart deviendra une des plus importantes cantatrices de l'Opéra pour le grand répertoire, notamment dans les rôles wagnériens, et travaillera avec les compositeurs de son temps, Massenet, Fauré, Debussy, César Franck, André Caplet. Sa carrière se développe très vite, sur les scènes d'opéra et en concerts : elle chante ainsi à Paris, mais aussi à Londres, Munich, et en Russie à Saint-Pétersbourg, où elle est engagée pendant trois ans à l'opéra impérial. En 1918, elle s'installe à Genève et elle y restera toute sa vie, prenant la nationalité suisse et enseignant au conservatoire de la ville.
Prises de rôles
1902 : Don Giovanni, Mozart (Donna Anna), Opéra de Paris 1903 : Les Huguenots, Meyerbeer (Valentine), Opéra de Paris ; Tannhäuser, Wagner (Elisabeth), Opéra de Paris ; Le Prophète, Meyerbeer (Berthe), Opéra de Paris 1904 : Il trovatore, Verdi (Leonora), Opéra de Paris 1904/1905 : Tristan und Isolde, Wagner (Brangäne), création scénique à l'Opéra de Paris 1905 : Armide, Gluck (La Haine), Opéra de Paris ; Ariane, Massenet (Phèdre), Opéra de Paris 1906 : La Gloire de Corneille (cantate), Saint-Saëns ; Armide (La Haine), Messager directeur, à Covent Garden ; Lohengrin, Wagner (Ortrude), Opéra de Paris ; Die Walküre, Wagner (Brünhilde), Opéra de Paris 1908 : Prométhée, Fauré (Bia), direction du compositeur, création à Paris à l'hippodrome de Paris puis Opéra de Paris ; Aïda, Verdi, Opéra de Paris ; Rédemption, César Franck, (L'Ange), direction Messager, Conservatoire de Paris 1908/1909 : Götterdämmerung, Wagner (Gutrune), direction Messager, création scénique à l'Opéra de Paris ; Lohengrin (Elsa), Opéra de Paris 1909 : Pelléas et Mélisande, Debussy (Mélisande), création à Covent GardenLe critique Rosenthal écrivit : the soprano was an facinating, delicate and fragile Mélisande, et Claude Debussy émit successivement deux jugements contradictoires (comme d'ailleurs pour Dame Maggie Teyte) : j'ai entendu Mlle Féart, dont la voix et la musicalité me plaisent (lettre à X, ; elle est indiciblement laide, manque de poésie et je continue à regretter la gentille Miss Teyte. Évidemment, elle chante ce qu'il y a mais il n'y a rien derrière. Entre nous, c'est une désillusion (lettre à J. Durand, ). ; septuor pour quatuor à cordes et trois voix féminines, André Caplet, création, Criquebeuf-en-Caux 1910 : La Damoiselle Élue, Debussy, direction Messager 1911 : Rose Féart est choisie par Debussy pour créer au Théâtre du Châtelet son Martyre de Saint Sébastien (La Vierge Érigone) mais, au dernier moment, elle abandonne la production qui provoque des polémiques à caractère religieux, et est remplacée par sa doublure, une soprano lyrique débutante repérée par Debussy, Ninon Vallin, qui connait le succès à la première et débute ainsi sa grande carrière internationale, ce que voyant, Rose Féart reprend son rôle ; Lohengrin (Elsa) 1913 : Der Freischutz, Weber, direction Felix Weingartner, Théâtre des Champs-Élysées ; Boris Godounov, Moussorgski, direction Inghelbrecht, Théâtre des Champs-Élysées ; Poèmes Indous pour soprano et dix instruments, Maurice Delage, création 1914 : Le Vieux Coffret, pour voix et piano, André Caplet, création, Yport 1914/1918 : Rose Féart multiplie pendant la guerre les récitals patriotiques, y compris à Argenton-sur-Creuse où elle séjourne dans sa famille. En elle chante devant la famille royale de Belgique au Havre. En 1917, à Châteauroux, lors d'un service aux morts pour la patrie, elle interprète La Croix douloureuse, prière des âmes en deuil d'André Caplet. 1916 : Mélodie pour harpe, André Caplet, création, Les Éparges 1918 : Détresse, pour voix et piano, André Caplet, création. Appelée par Albert Paychère à faire au Grand Théâtre de Genève un remplacement pour l'Alceste de Gluck, elle y remporte un triomphe et conquiert l'admiration et l'affection du public. 1919/1920 : Pelléas et Mélisande (Mélisande) et Don Giovanni (Donna Anna) à Genève Armide, Lohengrin et Iphigénie en Tauride de Gluck, les trois à Genève 1921 : concerts avec des airs d'Armide et un cycle de chansons de Maurice Emmanuel dont Odelettes Anacréoniques, Conservatoire de Paris 1921/1922 : dernière saison au Grand Théâtre de Genève. La soprano a alors 44 ans. 1922 : Iphigénie en Tauride, Chorégies d'Orange 1923 : Le Martyre de Saint Sébastien, Grand Théâtre de Genève ; Armide, Chorégies d'Orange.
Rose Féart se consacre ensuite à une carrière de professeur de chant au Conservatoire de musique de Genève où elle enseigne jusqu'à son décès à l'âge de 76 ans. La mezzo-soprano Hélène Morath figure parmi ses élèves et succède au poste professoral de Rose Féart à la Haute École de musique de Genève de 1960 à 1984 .
Iconographie De nombreuses photographies de Rose Féart en tenue de scène ont été conservées.
Hommage Jean Cocteau, six poésies dédiées à Rose Féart, 1920, mises en musique par Arthur Honegger, salle Pleyel, Paris, 1926
Bibliographie
Rose Féart, Christophe Delhoume Histoire du Grand Théâtre de Genève, Roger de Candolle "Rose Féart, une diva , in Personnages ayant marqué la ville d'Argenton-sur-Creuse et sa région, Jean Anatole, 171 p., Le Trépan, Argenton-sur-Creuse, 2007 "Rose Féart" in Argentonnais connus et méconnus, Cercle d'histoire d'Argenton-sur-Creuse, Argenton, 2010 Encyclopédie Larousse, article sur Maurice Delage "Rose Féart", Pierre Brunaud, , dans Argenton de A à Z en 44 rubriques historiques, 175 p., Imprimerie Bonnamour, Argenton-sur-Creuse, 2013 .
Notes et références
Liens externes
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