Saint-Gingolph (San Zhingueû en arpitan savoyard) est une commune française du Chablais savoyard, administrativement dans le département de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes et autrefois rattachée à l'ancien duché de Savoie.
Le village de Saint-Gingolph est séparé par la frontière entre la France et la Suisse, matérialisée par la rivière de la Morge. La commune suisse de Saint-Gingolph (Valais) constitue l'autre partie du village.
La mairie est située à d'altitude.
Géographie Localisation et description vignette|gauche|Le Léman depuis Saint-Gingolph en août 2014. Saint-Gingolph se situe sur la rive sud-est du Léman et sur le delta fluvial de la Morge dans le massif du Chablais à la frontière du canton du Valais.
La commune est située à à l'est d'Évian-les-Bains, à de Montreux, à de Monthey et à de Genève, ces trois dernières villes étant situées en Suisse. Saint-Gingolph est située à de Thonon-les-Bains et à d'Annecy, préfecture de la Haute-Savoie.
Le parvis de cathédrale Notre-Dame de Paris, dit aussi point zéro des routes de France, se situe à du poste de douane franco-suisse de Saint-GingolphSite de cartesfrance, page sur Saint-Gingolph..
Les communes françaises limitrophes de Saint-Gingolph sont Novel, Meillerie et Thollon-les-Mémises. L'unique commune limitrophe de la Suisse est Saint-Gingolph (Valais).
La commune est située à l'extrémité nord-orientale du département de la Haute-Savoie et du Chablais français, au bout de ce qui fut la route nationale 5 qui avait la particularité de traverser le canton de Genève, avant de terminer son parcours à Saint-Gingolph.
Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 372 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, ..
Climat Le climat y est de type montagnard en raison de la présence du massif alpin, mais tempérée par sa situation au bord du Léman.
En hiver, le lac restitue la chaleur mise en réserve durant l'été et adoucit les températures. En été, il rafraîchit tout son pourtour.
Cependant en hiver, lorsque certaines conditions climatiques particulières sont réunies — de l'air sec froid et stagnant en haute et moyenne altitude — l'humidité plus chaude qui s'élève des eaux du lac, stagne et se transforme en épais stratus qui s'accumule sur deux ou trois cents mètres de haut, pouvant stagner au-dessus du sol, durant deux à trois semaines. Cette mer de nuages de plus en plus épaisse déborde du bassin lémanique et envahit les vallées adjacentes jusqu'à une altitude de .
Températures (sous abri, maximales) °C J F M A M J J A S O N D Année 5,2 4,7 10,2 15.9 16,6 22,9 28,2 27 22,2 18,1 7,1 7,9 2013 2,9 5,9 11,5 17,5 17,9 23,7 28,3 23,9 21,3 16 9,3 3,2 2010 7,3 8,8 12,3 22 20,8 24,5 24,8 23,7 20,6 16,3 8,6 4,8 2007Sources : l'internaute.com
Hydrographie Cours d'eau La principale rivière traversant le village (mais longeant le territoire communal) est la Morge appelée parfois Morge de Saint-Gingolph pour éviter la confusion avec la Morge de Conthey. Son cours marque la frontière entre la France et la Suisse.
Elle prend sa source sur le versant nord de la dent du Vélan sur la commune de Novel puis coule vers le nord par le vallon de la Morge, passe à proximité du village de Novel puis se jette dans le Léman à Saint-Gingolph.
Deux autres petits ruisseaux traversent le territoire communal. Ces cours d'eau qui présentent des fluctuations saisonnières de type pluvial, fortement accentuées à la fin du printemps en raison de la fonte nivale se jettent tous les deux dans le Léman. Il s'agit (de l'est vers l'ouest) de : - le ruisseau de Chéniaz ; - le ruisseau de Locum.
Léman vignette|250px|Saint-Gingolph et le Léman depuis Montreux. La commune est bordée dans sa partie septentrionale par le plus grand lac d'Europe occidentale, le Léman..
Les eaux du Léman sont riches en substances dissoutes, notamment carbonates et sulfates de calcium et magnésium ; les matières en suspension sont décelables dans un milieu calme ; la quantité de ces matières arrivant au lac principalement par le Rhône se monte annuellement à 8 millions de tonnesÉvian lieu de santé, Professeur Léon Binet, Librairie Plon, publication 9244 trim 1966, ..
Il faut une douzaine d'années pour que les eaux du lac soient complètement brassées.
Sur la rive opposée en Suisse, sont visibles le vignoble de Lavaux et les villes de Vevey et Montreux sur la Riviera vaudoise. Les lignes de la Compagnie générale de navigation sur le lac Léman (CGN) au départ de l'embarcadère de Saint-Gingolph côté suisse permettent notamment de s'y rendre, ainsi qu'à Lausanne, Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains.
Réseaux routiers et transports Réseau routier Le réseau routier de la commune comprend quatre voies de circulation : l'ancienne route nationale déclassée en route départementale 1005 (RD 1005) (ex RN 5) depuis Thonon-les-Bains et Évian-les-Bains ; la route départementale 30 depuis Novel (RD 30) ; la route principale 21 (H 21) depuis Monthey (Suisse) ; l'accès à l'A 9 suisse est à (Villeneuve) en direction de Lausanne et à (Saint-Triphon) en direction de Sion.
Transport ferroviaire vignette|redresse=1.1|Viaduc de la Morge sur la ligne du Tonkin, la partie entretenue est en Suisse, la partie abandonnée en France. Ligne ferroviaire SNCF (Évian-les-Bains - Saint-Gingolph), dite Ligne du Tonkin. Fermée depuis 1998, un projet de réouverture est en cours, prévoyant la poursuite des trains régionaux valaisans jusqu'à Évian-les-Bains, avec 15 allers-retours par jour. Ligne ferroviaire CFF St-Gingolph–Bouveret–Monthey–St-Maurice (Suisse).
Transports locaux Ligne périurbaine 131 (Thonon-les-Bains—Saint-Gingolph) des transports en commun d'Évian-les-Bains (ÉVA'D). Ligne lacustre CGN (Lausanne/Vevey-Saint-Gingolph). Réseau de CarPostal, lignes Aigle/Monthey—Saint-Gingolph (Suisse).
Transport aérien L'aéroport international le plus proche est l'aéroport international de Genève, situé à . Il existe un aéroport local, l'aérodrome d'Annemasse situé à de Saint-Gingolph.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Gingolph est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le Léman, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (89,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (89,9 %), zones urbanisées (5,7 %), mines, décharges et chantiers (4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,3 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Morphologie urbaine La commune est composée d'un bourg principal. Le village historique se trouve partagé par la frontière franco-suisse. Cependant, pour des raisons de proximité, les habitants français et suisses vivent au sein du village sans se soucier de cette situation frontalière.
La commune possède plusieurs hameaux dont Bret, qui se situe à à l'ouest du bourg.
Plus haut, et accessibles seulement à pied, on trouve les hameaux de l'Homme Fort et du Plan de Bret.
Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 549, alors qu'il était de 481 en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..
Parmi ces logements, 67,0 % étaient des résidences principales, 25,1 % des résidences secondaires et 7,8 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 37,0 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 62,5 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 50,5 %, peu différente de 1999 (50,9 %). La part de logements HLM loués nus (logements sociaux) était 8,2 % comme en 1999LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..
Projets d'aménagements
Toponyme Le toponyme de la commune provient du saint Gangolf d'Avallon....
Le village est mentionné en 1153 avec , puis en 1204 , vers 1230, en 1348 et au milieu du P.-H. Liard, H. Chevalley, A. Huber, B. Gross, Glossaire des Patois de la Suisse Romande, Librairie Droz, tome VIII, fascicule 116 (pages 1065-1120): frònyi-fuser, Genève, 2002, , article « Gingolphe, 2° Noms de lieux »..
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit San Zhingueû (graphie de Conflans) ou Sent-Gingolf : Gingœlf (ORB)..
Histoire vignette|redresse=1.2|Vieille barque sur le bord du Léman à Saint-Gingolph. Préhistoire et Antiquité
Le Moyen Âge En 515 : le premier village sur le territoire de Saint-Gingolph est Bresti (Brêt aujourd'hui). Puis, en l'an 640, à la suite d'un éboulement gigantesque à la hauteur de Bret (actuellement côté français), fixe la construction d'une nouvelle église à l'emplacement du bâtiment actuel, et lui donne le nom dEcclésia Sant Gendoulfo. Cette appellation de Sant Gendoulfo sera par la suite étendue à l'ensemble du village, pour devenir au fil des siècles l'actuel nom que l'on connaît de nos jours, à savoir Saint-Gingolph.
Du au Le : le traité de Thonon fixe la frontière entre la Savoie et le Valais à la Morge. Saint-Gingolph est ainsi coupé en deux villages distincts.
Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de , dont 167 pour la commune.. Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »..
Le Les se déroule la tragédie de Saint-Gingolph, la partie française est incendiée par les occupants allemands à la suite d'une attaque des maquisards. La majorité de la population se réfugie côté suisse. Six otages sont également fusillés, ce qui entraîne un accrochage avec un groupe de soldats des troupes de montagnes de l'Armée suisse, qui étaient de passage dans le village. Quelques échanges de tir entre les troupes de la Waffen-SS et les troupes suisses font deux blessés du côté des Allemands.
Politique et administration Situation administrative La commune de Saint-Gingolph appartient au canton d'Évian-les-Bains, qui compte selon le redécoupage cantonal de 2014 ..
La commune est membre de la communauté de communes Pays d'Évian Vallée d'Abondance.
Saint-Gingolph relève de l'arrondissement de Thonon-les-Bains et de la cinquième circonscription de la Haute-Savoie.
Administration municipale