L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en ou L'Émancipation des Noirs ou Proclamation de la liberté des Noirs aux colonies ou Proclamation de la libération des Noirs aux Antilles est un tableau du peintre français François-Auguste Biard réalisé en .
Cette huile sur toile de grande taille est conservée au château de Versailles.
Elle représente une société coloniale dans laquelle vient d'être proclamé le décret du qui abolit l'esclavage dans l'Empire français. On assiste à la scène de l'émancipation du peuple esclave. La scène est centrée sur deux esclaves noirs qui s'enlacent, avec des chaînes brisées, image de leur liberté nouvellement acquise.
Histoire vignette|gauche|Premier tableau de Biard sur la traite des esclaves en , évoqué par Guimbaud.
Biard, habitué des commandes passées par le roi , se trouve dépourvu lorsque la Révolution de fait tomber le roi et voit l'instauration de la Deuxième République... Toutefois, selon , cité par et ., il s'adapte rapidement :
La correspondance de Lamartine ne mentionne pas ce tableau, mais il pourrait tout de même en avoir recommandé l'achat, cité par et .. Pour d'autres auteurs, il s'agit d'une commande de la direction des Beaux-Arts du ministère de l'Intérieur, cité par et ., ce qui est contesté dans le sens où il s'agirait d'une commande.
Il est en tous cas établi que le tableau est présenté au Salon de ()., puis acquis par l'État le pour , citée par et .. Il est envoyé à Clermont-Ferrand le ..
Le tableau est aujourd'hui conservé au musée de l'Histoire de France, au château de Versailles.
On le retrouve sous différents titres : L'Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises en ; L'Émancipation des Noirs ; Proclamation de la liberté des Noirs aux colonies. ; Proclamation de la libération des Noirs aux Antilles..
Il est exposé à la Bibliothèque nationale en pour le centenaire de la révolution de , puis dans l'exposition pour le bicentenaire des États-Unis à la National Gallery of Art de Washington (), au Museum of Art de Cleveland () et au Grand Palais à Paris () et ...
Il est prêté à plusieurs reprises en pour le de la deuxième abolition, notamment au palais de l'Élysée pour la réception présidée par Jacques Chirac, président de la République.., ainsi qu'à la Martinique et au Musée national des Arts et Traditions populaires (MNATP).
Il fait partie des œuvres présentées en lors de l'exposition Le Modèle noir, de Géricault à Matisse au musée d'Orsay.
Description
Le tableau est une huile sur toile de ..
Le lieu dans lequel se déroule l'action n'est pas précisé, mais il s'agit vraisemblablement d'une île colonisée, compte tenu du paysage et de la végétation, composée notamment de palmiers..
Les personnages représentés sur le tableau se répartissent en plusieurs groupes..
À gauche, sur une estrade, des troupes de marine brandissent le drapeau de la France derrière le délégué du gouvernement venu proclamer le décret. Celui-ci, une écharpe tricolore nouée autour de la taille, lève son chapeau de son bras gauche pour montrer le drapeau, tandis qu'il tient le décret dans sa main droite.
Le reste du tableau est occupé par la société coloniale à qui le décret est proclamé. Au centre, un couple d'esclaves libérés émerge, les yeux tournés vers le ciel : la femme enlace l'homme, qui brandit ses chaînes brisées, symbole de la liberté qu'ils viennent d'obtenir. Autour d'eux, des planteurs et leur famille assistent à la scène, tandis que des esclaves assis ou agenouillés se prosternent au pied du délégué du gouvernement ou, pour l'une d'elles, devant deux femmes vêtues de blanc, ses anciennes propriétaires, qui lui adressent un geste protecteur. Les esclaves sont pour la plupart torse nu ou seins nus. On distingue aussi dans la foule des gens de couleur libres.
vignette|Le Droit de visite, lithographie d'après le tableau de Biard exposé au Salon de 1846.
La composition générale et certains détails, comme celui du couple avec l'homme soulevant ses chaînes brisées, sont des reprises d'un autre tableau de Biard, Le Droit de visite, exposé au Salon de 1846.
Analyse
Avec ce tableau, Biard passe pour un abolitionniste, mais il est plus probablement attiré dans la représentation de cet événement par une recherche de l'exotisme et de la peinture d'histoire.
Selon Nelly Schmidt, la composition du tableau, où , .
Lilian Thuram et Pascal Blanchard, dans la postface Corps noir, regard blanc du catalogue de l'exposition Le Modèle noir au musée d'Orsay en , en livrent la critique suivante.. :
Pap Ndiaye souligne également le manque de réalité historique du tableau, car au moment de l'abolition, les esclaves avaient déjà obtenu de facto leur libération de par leur propre lutte ; l'historien met en exergue la dimension politique du tableau et sa volonté d'écrire l'histoire officielle.. De même, Françoise Vergès déplore que le tableau mette en scène et ..
Postérité
Ce tableau est très utilisé pour illustrer l'abolition de , notamment dans les manuels scolaires.. et la littérature jeunesse..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes François-Auguste Biard Décret d'abolition de l'esclavage du L'Émancipation à La Réunion, tableau similaire
Liens externes
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