La punition ou la sanction scolaire, également appelée sanction disciplinaire, est, au sens courant, une mesure disciplinaire appliqué à un élève pour un acte répréhensible, mais qui ne constitue pas un délit. Les sanctions plus graves peuvent prendre la forme de sanctions administratives : elles sont alors prononcées par le chef d'établissement ou/et le conseil de discipline , au lieu d'être simplement prononcées par le professeur, et peuvent mener à l'exclusion administrative.

Certains pédagogues préfèrent cependant revenir au sens propre du mot « sanction », et considèrent alors qu'il peut y avoir sanction positive tout autant que négative. Ils définissent alors la sanction comme « une conséquence prévisible des actes de l'élève, appliquée par l'enseignant », pouvant prendre aussi bien la forme d'une récompense que d'une punition.

Le rôle des sanctions (négatives) est un thème discuté en pédagogie ainsi que par les parents d'élèves et la société en général. Certaines formes de sanctions, notamment les châtiments corporels (allant de la fessée à la règle sur les doigts ou à d'autres vexations plus dangereuses), sont sujettes à d'intenses controverses, et sont parfois illégales. Les critiques pédagogiques contre les sanctions peuvent s'étendre à la critique des « heures de colle » ou du redoublement (certains affirment cependant que celui-ci ne constitue pas une sanction, puisqu'il ne concerne pas nécessairement un écart disciplinaire). À l'inverse, ceux qui prônent une plus grande sévérité, qu'ils considèrent comme faisant partie de l'essence même de l'éducation, peuvent soutenir, par exemple, certaines formes de châtiment corporel comme la fessée.

Différence entre punition et sanction disciplinaire vignette|Coups de canne sur la plante des pieds (dits falaka) dans une école musulmane, Turkestan, 1872 Punition et sanction disciplinaire se distinguent par leur formalité.

La punition scolaire est une réponse immédiate exercée sur l’élève dans le but de réduire, voire de supprimer, le comportement jugé comme néfaste par le personnel de l’établissement. Les punitions scolaires sont données par le personnel éducatif, elles ont un caractère informel et ne sont pas consignées dans le dossier scolaire. Elles suivent une démarche éducative partagée par l'ensemble de la communauté éducative et prescrit dans le règlement intérieur de l'établissementhttps://cache.media.eduscol.education.fr/file/Sanctions_disciplinaires/84/2/01-les-punitions-scolaires-et-les-sanctions-disciplinaires_197842.pdf.

Les sanctions disciplinaires, en revanche, ne peuvent être prononcées que par le chef d'établissement ou le conseil de discipline qui est convoqué par lui. Ces mesures, en particulier l'exclusion, ont un caractère répressif et administratif. Elles sont comparables aux sanctions disciplinaires applicables aux salariés d'une entreprise (avertissement, mise à pied ou licenciement) : en effet, il s'agit plutôt d'écarter les élèves les plus turbulents ou n'exécutant aucun travail ni effort, a fortiori en cas d'exclusion définitive.

Punition scolaire Mesures vexatoires Il s'agit de mesures ayant pour but de faire honte à l'élève (face à ses camarades de classe ou à ses parents), ou de le faire réfléchir quant à son comportement fautif, afin de le dissuader de recommencer. La punition de ce type la plus répandue est la « mise au coin ». Cette punition utilisée surtout à l'école primaire.

Les punitions du type port d'un bonnet d'âne ou « mise au piquet » avec un devoir accroché dans le dos sont désormais interdites car assimilées à de la maltraitance.

Devoirs supplémentaires Punition consistant à donner un travail supplémentaire, généralement écrit à un élève en plus de son travail qu'il doit normalement réaliser. Cela peut prendre la forme d'exercices supplémentaires à faire dans la discipline concernée, de conjugaisons, d'une rédaction, d'un exposé ou d'une dissertation sur un thème précis (par exemple, bavardages, bruit…). Les devoirs supplémentaires doivent être réalisés, soit à l'école, soit à la maison. La signature des parents peut éventuellement être requise. Le travail supplémentaire sera corrigé par le professeur qui l'a prescrit (avec éventuellement une notation).

À noter qu'en France, les lignes de punitions sont proscrites.. Toutefois, certains professeurs et même certains parents d'élèves prônent encore largement les lignes de punition, aux exercices supplémentaires par exemple. Ils considèrent en effet qu'une punition doit simplement être désagréable et que les devoirs écrits doivent uniquement être donnés à l'élève dans le but de lui faire apprendre et appliquer les notions du cours et que par conséquent, ils ne doivent jamais être réduits au rang de punition.

Retenue (ou colle) Pratique scolaire utilisée pour réprimer un élève en l'obligeant à revenir ou à rester au sein de son établissement scolaire en dehors des heures de classe (par exemple, pendant les permanences ou encore le mercredi ou le samedi). Pendant la retenue, ou colle l'élève doit très souvent exécuter un devoir supplémentaire écrit donné par le professeur qui le corrigera (avec éventuellement une notation).

Le professeur peut également retenir un élève pour lui faire réaliser un devoir ou un exercice non fait. L'élève peut être également être retenu afin de réaliser une corvée (nettoyer ce qui a été sali par exemple). La durée d'une colle est généralement comprise entre une et quatre heures.

En France, la colle est le plus souvent utilisée dans les établissements d'enseignement secondaire (collège et lycée), quasiment jamais dans les autres types d'établissement. Elle est même interdite à l'école primaire où le maître qui retient un enfant en dehors des heures de classe engage sa responsabilité.

La colle est parfois appelé consigne.

N.B. : ne pas confondre avec le terme khôlle (aussi noté colle ou encore khôle), qui désigne une interrogation orale en classes préparatoires en France, et qui ne constitue pas une punition.

La retenue a été le sujet du film The Breakfast Club, réalisé par John Hughes, en 1985 ainsi que le film La Colle réalisé par Alexandre Castagnetti, en 2017.

Châtiment corporel vignette|La letra con sangre entra, Goya, 1780-85 L'usage des châtiments corporels a longtemps fait partie des punitions scolaires. Dans certains pays, il est admis dans les limites du raisonnable, et même autorisé dans les écoles publiques. Dans d'autres, on considère qu'il s'agit d'une forme de maltraitance.

La Convention internationale des droits de l'enfant de 1990 précise que la discipline scolaire doit respecter la dignité de l'enfantTexte de la convention des droits de l'enfant, article 28.2 : « Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit appliquée d'une manière compatible avec la dignité de l'enfant en tant être humain et conformément à la présente Convention. ».

Toute forme de châtiment corporel est interdite dans 18 pays européens (en 2008) et 23 à travers le mondeListe des pays abolitionnistes.

Les châtiments corporels et leur nocivité sont de plus en plus dénoncés même par des instances officielles dans de nombreux pays et par le conseil de l'EuropeCampagne du conseil de l'Europe contre les châtiments corporels, ainsi que leur inefficacité à long terme.. Olivier Maurel a écrit un livre relativement connu en France sur ce sujet : La fessée, questions sur la violence éducative (2004) qui reprend des données issues d'études scientifiquesLivre d'Olivier Maurel: "La Fessée: questions sur la violence éducative", La Plage, 2004, préface par Alice Miller.

France Tout type de châtiments corporels est rigoureusement interdit en France Article 222-13 du Code Pénal, § 1, 2. Au-dessus de , l'article R 624-1 du Code Pénal s'appliquent. Aux sanctions pénales s'ajoutent les éventuelles sanctions administratives ou réparations civiles.Circulaire n°2000-105 du 11-7-2000 "Les punitions infligées doivent respecter la personne de l'élève et sa dignité : sont proscrites en conséquence toutes les formes de violence physique ou verbale, toute attitude humiliante, vexatoire ou dégradante à l'égard des élèves." Circulaire no 91-124 du 6 juin 1991 Tout châtiment corporel est strictement interdit..

États-Unis

Aux États-Unis d'Amérique, le « paddle » (« rame » en anglais) est un mot employé pour désigner un instrument traditionnellement utilisé pour donner la fessée et encore utilisé de nos jours dans ce but dans les écoles de certains États. Il s'agit d'une planche de bois munie d'une poignée, et éventuellement trouée. interdisent les châtiments corporels dans les écoles publiques (dans le New Jersey, qui les a interdit dès 1867, et en Iowa, ils sont également interdits dans les écoles privées).

Après le New Jersey (1867), le Massachusetts, en 1971, fut le deuxième État à interdire ces châtiments. La même décennie voit naître la problématique de la maltraitance sur mineur (child abuse), mise à l'ordre du jour à la suite d'un congrès de l'American Medical Association de 1961 ; cette problématique est distincte de la cruauté envers les enfants, laquelle fit l'objet de mobilisations bien antérieures, avec par exemple la création de la New York Society for the Prevention of Cruelty to Children en 1874 Ian Hacking (1999), Entre science et réalité. La construction sociale de quoi?, Chap. V, « La fabrication d'un genre: le cas de l'enfance maltraitée », La Découverte, Paris, 2008. Six ans après la loi du Massachusetts, la Cour suprême jugeait, dans Ingraham v. Wright (1977), que la législation de la Floride autorisant les châtiments corporels à l'école ne violait pas l'amendement concernant les traitements inhumains et dégradants, au motif essentiel que cet amendement concernait le droit pénal et visait à protéger les suspects et détenus, et non les élèves qui bénéficiaient d'autres types de protection et étaient, après tout, toujours « libres » de quitter l'école.

Malgré diverses tentatives d'interdire, au niveau fédéral, toute forme de châtiment corporel à l'école, ceux-ci demeurent autorisés selon la législation des États. Cependant, depuis les vingt dernières années, ils se font de plus en plus rares, et sont en général restreints dans des écoles privées (souvent, mais pas exclusivement, fondamentalistes ou évangéliques), dans des États du Sud. De plus en plus, les écoles qui continuent à autoriser la fessée par paddle donne le choix à l'enfant : s'il refuse, il est soumis à une autre punition.

Sanctions et punitions réprouvées en France Certaines des punitions suivantes sont strictement interdites, d'autres ne font l'objet d'aucune interdiction officielle mais sont fortement déconseillées : Châtiments corporels. Exclusion d'un élève d'un cours sans surveillance. La privation d'une récréation complète à l'école primaire (la privation partielle d'une récréation à l'école primaire reste autorisée à condition qu'elle ne dépasse pas la moitié de la durée de celle-ci) La retenue à l'école primaire. Le port du bonnet d'âne. Il est aujourd'hui assimilé à de la maltraitance dans de nombreux pays au même titre que les châtiments corporels. Les lignes de punition (le BO spécial du le proscrit dans son article 2.2 du chapitre « Organisation des procédures disciplinaires dans les Collèges, Lycées et Établissements régionaux d'enseignement adaptés », sans toutefois l'interdire formellement). La note « zéro » entrant dans la moyenne pour motif exclusivement disciplinaire. Toutefois, l'attribution de la note zéro pour un devoir nul, un devoir non rendu à temps ou pour fraude (antisèche par exemple) reste parfaitement licite. La diminution de la note d'un devoir pour des motifs exclusivement disciplinaires (sauf en cas de fraude ou si le devoir n'a pas été rendu à temps). La diminution de la moyenne trimestrielle.