LOffice national du film du Canada (ONF ; , NFB), est une agence culturelle fédérale canadienne, créée en 1939, qui relève de Patrimoine Canada. En tant que producteur et distributeur public d'œuvres audiovisuelles, l'ONF s'efforce de présenter un point de vue typiquement canadien au monde entier par l'entremise de documentaires à caractère social, d'animations d'auteur, de fictions alternatives ou encore par divers contenus numériques..
Son siège et ses studios sont situés à Montréal, avec des centres de production à Moncton, Halifax, Toronto, Winnipeg, Edmonton et Vancouver.
Depuis , le siège social est situé dans l'Îlot Balmoral, dans le Quartier des spectacles à Montréal.
Avant l'ONF Le potentiel éducatif et promotionnel du film fut remarqué par le gouvernement canadien dès le début du . Lors de la construction des chemins de fer, par exemple, il a appuyé d'emblée la compagnie Canadian Pacific Railway pour la production d'une série ayant pour titre Living Canada. Ces films avaient alors pour objectif de promouvoir l'immigration britannique ou de résidents des États-Unis vers les territoires du Nord-Ouest du pays.
Se servant du film pour la première fois en 1918, le Bureau des expositions et de la publicité, alors régi par le ministère de l'Industrie et du Commerce, a par la suite poursuivi dans cette voie en produisant des films et des photographies pour plusieurs ministères. Jusqu'en 1921, ce service a joui d'une expansion notable. La demande de services plus complets et précis étant de plus en plus grandissante, le Bureau des expositions et de la publicité a subi une restructuration et s'est muni de nouvelles installations. Dès lors, son nom est officiellement devenu le Bureau de cinématographie du gouvernement canadien.
Durant les années suivantes, le Canada s'est classé au premier rang parmi les pays de l'Empire britannique qui informent leur population par le cinéma. Le Bureau a ainsi disposé d'une importante réputation. Avec la crise économique, des restrictions budgétaires non négligeables ont cependant été imposées, poussant le Canada à délaisser quelque peu cette industrie. De fait, jusqu'en 1934, le Bureau de cinématographie du gouvernement canadien n'a produit aucun film avec piste sonore, et ses installations techniques ne se sont plus avérées aussi évoluées.
Création de l'ONF En 1938, Vincent Massey, haut-commissaire du Canada à Londres, ainsi que son secrétaire, Ross McLean, constatent que les productions du Bureau de cinématographie du gouvernement canadien gagneraient à être améliorées. En effet, leur rôle devrait être réorienté à des fins de la promotion du commerce et du tourisme au Canada et à l’étranger.
Le travail du documentariste britannique John Grierson impressionne McLean qui l'invite à venir étudier les activités cinématographiques gouvernementales. À la suite de son analyse, Grierson établit les deux principales faiblesses de cette activité : un manque de moyens et une absence de politique centralisée. Au mois de juin de la même année, il dépose un rapport encourageant la création d’un organisme de coordination de la production.
Le , une Commission nationale sur le cinématographe – connue ensuite sous le nom de l’Office national du film – est créée. Son activité vient compléter celle du Bureau de cinématographie du gouvernement canadien. À cette époque, le mandat défini est de veiller à Le siège social se trouve alors à Ottawa.
La Guerre Avec l'entrée en guerre du Canada, l’effort patriotique est mis en avant dans la production des films. Par conséquent, John Grierson s’avère un candidat de choix pour prendre la tête de l’ONF, étant alors reconnu comme un pionnier du documentaire, et également comme un spécialiste en psychologie de la propagande. Il est de ceux qui voient le film comme un outil de changement social. En octobre, Grierson entre en fonction, devenant ainsi le premier commissaire du gouvernement à la cinématographie On doit notamment à Grierson cette étiquette sociale qui correspond encore de nos jours aux films de l'ONF. En plus d'avoir influencé le mandat original de l'institution, ses idées politiques animant la première génération de cinéastes se sont également avérées déterminantes.
Dans un contexte de guerre où on assistait à une transformation du monde de l’information, John Grierson en arriva à l’idée de constitution de pôles de pouvoirs institutionnels pouvant orienter les décisions engageant l’État. De sa conception philosophique selon laquelle l’éducation devrait servir d’instrument actif à la pensée démocratique, il en est parvenu à une vision de l’Office national du film du Canada en tant qu’un ministère de l’Éducation plus qu’autre chose. Ainsi, disait « au nom de la propagande, le gouvernement et l’industrie ont maintenant pris en charge l’essentiel du processus éducatif. Nous pouvons dire que nous avons enlevé l’éducation des mains de l’Église pour la remettre entre celles des bureaucrates de l’entreprise publique et privée ». En lien avec cette conception de l’éducation et de la propagande, il trouve que son devoir est de préparer les gens à accepter le fait que l’effort commun des citoyens et l’initiative du gouvernement deviennent une réalité permanente de la vie du . Il privilège un dialogue entre les élites politiques et les citoyens en faisant en sorte que la persuasion dans l’acte de s’engager dans la guerre passe par l’éducation citoyenne. De ce fait, il s’oppose à Walter Lippmann qui croyait que l’élite devait penser pour le peuple parce que, par manque de temps et d’information adéquate, celui-ci était incapable d’émettre une opinion bien fondée La conception de John Grierson consistant sur le rôle de l’Office national du film du Canada en collaboration avec le gouvernement pour répondre aux nombreuses difficultés qui ont entouré l’entrée en guerre du Canada en termes de sensibilisation de la population à une telle mesure. Il y a lieu aussi de préciser que le Québec n’a pas été traité de façon différente du reste du pays par l’ONF et que cette insensibilité a pu en partie contribuer au résultat du vote de 1942, « un référendum mené par le gouvernement canadien le où la population se montra en faveur en votant à 66% pour la conscription, sauf exception de la province de Québec qui vota massivement contre à 72%)»
La propagande pour encourager l’enrôlement n’ayant pas atteint ses buts au Québec. Deux buts sont poursuivis par l’ONF. D’une part, il s’agit de développer l’unité nationale et d’autre part de décrire les activités de guerre et les sujets qui s’y rattachent. Conformément à la conception éducative de l’institution, la propagande de guerre de l’ONF va mettre de l’avant à travers les films un ensemble de mythes qui sont associés à l’image du soldat. Vue au rôle qu’est appelé à jouer les différents acteurs en contexte de guerre, Catherine Saouter pense qu’il fallait valoriser et même, magnifier l’engagement des citoyens. Accentuant tantôt l’un, tantôt l’autre, tous les films produits mettent en scène ces quatre volets, déclinant à l’envi une fructueuse analogie entre le civil au travail et le soldat au combat, exprimée par des formules comme « Home Front/Front domestique », qui inspirent fréquemment les titres des films, tels Les ouvriers de la victoire/Labour Front. Cette approche répond à la définition qui veut que la communication politique, c’est d’abord la recherche d’un dialogue avec l’opinion publique, d’un échange permettant d’établir avec elle un contrat fondé sur la confiance.
Malgré une récente existence jusqu’alors, l’ONF commence à produire dès 1939 et accomplit sa tâche très efficacement. Sous la houlette de John Grierson, la propagande a montré la guerre comme un choix de tout le peuple, devienne dominante. Cette perception nous permet de voir l'idéologie souhaitée derrière la propagande canadienne au cours de la guerre, en comprenant donc les rouages de l'ONF et la coordination avec le gouvernement. La propagande cinématographique a joué un rôle primaire pour unifier le Canada diversifié et peu peuplé à ce moment de guerre, l’ONF s'est appliqué à donner le sens de l'identité canadienne à la population.
Au début, il n’y avait pas une production de film canadien mais un montage du sens des images tirées des actualités allemandes afin de servir le message des Alliés. Par exemple, le premier film de l’ONF à utiliser cette technique est Front d’acier. Il est sorti en , insistant sur la mécanisation de l’armée allemande et sur la contribution des travailleurs d’usine du Canada à la modernisation de l’armée canadienne. À partir de 1942, le cinéma propagandiste a pris son essor avec la réalisation des séries de documentaires comme « Partout au monde » et « The World in Action » qui rejoignent des millions de spectateurs. Grierson a réalisé aussi des films sur les minorités ethniques, les autochtones, les problèmes sociaux et l'art canadien. En somme, la propagande cinématographique a fait l’état d’atteindre les principaux objectifs suivants ;
A. En vue d'augmenter l'efficacité du système gouvernementale de cinématographique et de fournir une information générale;
B. De faire de la publicité commerciale;
C. De fournir de l'information départementale;
D. De hausser le prestige national.
Le travail se fait à Ottawa, en anglais. Avec le temps, une certaine part de la production sera traduite pour le Québec. Il n'y a alors de production originale en français que de façon exceptionnelle. En effet, c'est seulement vers la fin de la guerre, dans le contexte de la délicate promesse faite autour de la conscription, que des films francophones sont produits.
L'après-Guerre Après la guerre, son nouveau mandat, tel qu’il est défini dans la Loi sur le cinéma de 1950, est de Ainsi, la campagne de promotion du Canada, débutée dans le contexte de la guerre, sera maintenue, et deviendra l’une des principales causes de la formidable vague d’immigration européenne de l’après-Guerre.
La diffusion des films C’est le Bureau de cinématographe du gouvernement canadien qui était chargé de la distribution de ses propres films jusqu’en 1939. Toutefois, un service central de distribution fut établi lorsque la Loi créant la Commission nationale sur le cinématographe (plus tard, l’ONF) entre en vigueur. Ce sont désormais les deux organismes qui assurent la grande majorité de la distribution de l’ensemble des films du gouvernement canadien.
Toucher le plus large public possible est, dès le départ, l’objectif de l’ONF, et c’est d’ailleurs pourquoi une entente est conclue avec l’une des plus importantes maisons américaines de production d’actualités, The March of Time, pour la distribution de ses films aux États-Unis. Hebdomadairement, 20 millions de personnes voient ces actualités. Après négociations, Famous Players du Canada autorise également la diffusion de ses films dans 800 salles.
L'ONF à Montréal et ailleurs Après son installation à Ottawa, l’institution déménage à Montréal en 1956,, berceau historique de l’industrie canadienne du cinéma. Pour se donner une idée de l’esprit documentaire qui règne alors, il suffit de dire que les plans des studios de l’ONF, qui sont à ce moment construits à Montréal, reproduisent en tous points (grille d’éclairage, ventilation passive, structure) ceux du modèle, les majors hollywoodiens : seule la taille aura été réduite par quatre.
thumb|La CinéRobothèque, désormais fermée