Le musée d'art et d'histoire de Narbonne, principal musée de la ville, prend place au sein du palais des archevêques de Narbonne et présente des collections de beaux-arts et d'arts décoratifs. Il est particulièrement connu pour ses collections de faïence ancienne et son remarquable ensemble de peintures orientalistes.
Il est, avec le Musée archéologique de Narbonne, l'un des deux principaux musées de Narbonne.
Ses collections ne proviennent pas d’un fonds préexistant, mais ont été constituées à partir de 1833 par achats, dons, legs et dépôtsSuzanne Metche, La commission archéologique et littéraire de Narbonne et la formation d’un musée au (1835-1864), contribution à l’histoire culturelle de la Ville, maîtrise d’histoire de l’art et d’archéologie, Université Paul Valery – Montpellier, 1991..
Histoire et bâtiment
C’est à la Révolution qu’apparaît le projet de création d’un Musée public dans le Palais des Archevêques. Le peintre Jacques Gamelin propose en 1792 la création d’un Museum pour accueillir « les tableaux et autres objets d’arts dispersés en divers lieux lors de la confiscation des biens dits nationaux »Victor Mortet, « Les antiquités de Narbonne et le projet d’organisation du Museum de cette ville pendant la Révolution », Annales du Midi, 1889, 528-573.
Le musée voit le jour en 1833 grâce à l'action d'un érudit narbonnais du nom de Paul Tournal (1805–1872), et grâce à divers dons d'œuvres de la part de particuliers. Il est créé par arrêté du de la Commission archéologique et littéraire de Narbonne, dont la mission est « de rechercher, de conserver et de classer dans un dépôt public toutes les antiquités relatives à l'histoire du pays et de mettre obstacle à l'enlèvement de ces objets »Sur la naissance du musée et la création de la Commission archéologique de Narbonne, voir Commission archéologique de Narbonne, compte rendu des fêtes du centenaire, Toulouse, Éditions Privat, 1934 ; l’extrait de l’arrêté est cité p. XV.. Aux achats, dons et dépôts, viennent s’ajouter d’importants legs : Peyre (1859 : tableaux, objets d’art) ; Barathier (1867 : livres, dessins, tableaux, objets d’art) ; Bonnel (1889 : idem) ; source : Archives municipales de Narbonne. Puis legs Tiffy (1977 : objets d’art ; arts asiatiques). Les collections d'archéologie préhistorique et antique qui étaient à l’origine également présentées dans le musée d’art et d’histoire sont aujourd’hui exposées au Musée archéologique de Narbonne qui occupe la majeure partie du Palais-Vieux et qui sera transféré au musée régional de la Narbonne antique (MuRéNa) en 2019. Ces collections primitives se sont vues enrichies par les découvertes issues du site narbonnais du Clos de la Lombarde, en fouille depuis 1974.
Plusieurs salles conservent encore leur aspect original et leur décorations. Ce sont la chapelle de la Madeleine du , la salle du consistoire, la chapelle Saint Martial, la salle des Synodes et des États du Languedoc du , la salle d'audience des archevêques, la salle à manger des archevêques et son décor de stucs du , la salle des gardes avec sa cheminée monumentale et son plafond en grisaille et la chambre du Roi du , qui possède un plafond à caisson peint par les frères Rodières.
Restaurées en 2004, deux salles sont consacrées à l'exposition des œuvres orientalistes du musée.
Espaces Situé dans les anciens appartements des archevêques, le musée permet d'admirer d'importants décors mis en œuvre lors des grandes étapes de l'évolution de l'édifice, du aux grandes restaurations du . Le grand escalier Armoiries de Pierre de Bonzi Buste de l'historien vénitien Andrea Morosini Armoiries de Claude de Rebé
Salle des audiences plafond peint à la française (1634) cheminée ornée de mascarons ; au-dessus de la cheminée, Saint Joseph portant l’enfant Jésus (1632) de Vicente Carducho (1578-1638), artiste italien, peintre des rois Philippe III et Philippe IV d’Espagne, et peu représenté dans les collections françaises. quatre grands formats représentent les Consuls de Narbonne de 1596, 1600, 1603 et 1607. Les Consuls, élus pour un an, étaient habituellement au nombre de six et administraient la ville et son territoire. Issus de différents corps de métiers, ils représentaient la communauté des habitants. À l’instar des Capitouls à Toulouse, les Consuls se faisaient portraiturer en groupe, généralement autour d’une figure religieuse. un Buste de Louis XIV en marbre par Antoine Coysevox Portrait équestre de Louis XIV au siège de Maastricht d’après Pierre Mignard Diane et Endymion par René-Antoine Houasse Deux huiles, sur panneau de bois, d'un auteur anonyme du représentant un cheval avec écuyer, ayant servi d'enseigne. parmi les éléments de mobilier un bargueño, coffre espagnol du début du
Chambre du Roi Elle fut décorée pour accueillir le roi Louis XIII, qui faisait la guerre au Roussillon. Le plafond à l’Italienne, composé de quarante-neuf caissons peints dédiés au thème des neuf muses, fut réalisé en 1633 par les trois frères Rodière, peintres et doreurs narbonnaisLéonce Favatier, La vie municipale à Narbonne au , deuxième partie, 1903, , Caillard (Narbonne).. Les armes de l’archevêque commanditaire, Claude de Rebé (1587-1659), apparaissent dans différents tableaux. Des boiseries polychromes et dorées, ainsi que des peintures murales accompagnent ce plafond. Au sol est insérée une mosaïque gallo-romaine à labyrinthe, découverte en 1857 au pied des fortifications de la ville.
Parmi les œuvres accrochées, L’Adoration des bergers de Philippe de Champaigne (1602-1674) ; Zorobabel devant Darius de Nicolaes Knupfer (c 1603-1655) ; L’Adoration des bergers de Francesco Solimena (1657-1747) ; La famille de Darius devant Alexandre, attribué à Jacob Jordaens (1593-1678) ; le portrait d’un consul de Narbonne, peint en 1662.
Grande galerie plafonds peints néo-gothiques à motifs géométriques et écussons, réalisés dans les années 1850 par Alexandre Denuelle, d’après des dessins de Viollet-le-DucSur les travaux de Viollet-le-Duc à Narbonne, voir Henri Pradalier, « Viollet-le-Duc et l’Hôtel de Ville de Narbonne », Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, 39, 1977. ; les parties hautes de cette continuation de l’Hôtel de Ville, ont été décorées dans le style troubadour ; sur la frise, on retrouve les armoiries de la ville et des communes environnantes rattachées au diocèse de Narbonne. trois imposants meubles présentent 180 pots à pharmacie (fin du , début du ) classés monuments historiques, qui sont des dépôts du Bureau de bienfaisance et de l’Hôtel-Dieu de Narbonne ; on y distingue des albarelli, des piluliers, des chevrettes, des pots canons, etc. sur lesquels figurent le nom des plantes médicinales : chicorée, bourrache, rose, etc. sur les murs, Danse de Noce (1620) de Brueghel (1525/30-1569) ; Diane et ses nymphes surprises au bain par Actéon du peintre toulousain Antoine Rivalz (1667-1735) ; Alexandre le Grand devant le tombeau d’Achille de Giovanni Panini (1691-1765) ; Le Martyre de Sainte-Cécile, fresque de la villa de la Magliana (Rome) attribuée à Raphaël (1483-1520). du mobilier, des miniatures (bénitiers, montres, boîtes, etc.) et des émaux complètent les collections présentées dans la galerie.
Oratoire Dans l’ancienne chapelle privée de l’Archevêque, à noter le triptyque figurant L’Adoration des bergers, attribué à Jan de Beer (1475-ap. 1520). À la croisée de la voûte, le blason de Pierre de La Jugie, grand bâtisseur et mécène, archevêque de Narbonne de 1347 à 1345.
Galerie Barathier ou salle des faïences Mathieu Barathier (1784-1867), peintre et graveur né à Narbonne, légua toute sa collection d’œuvres et objets d'art au musée. La salle qui porte son nom présente un remarquable ensemble de faïences du : Marseille (soupières en forme de chou-fleur ou de chou-pommé), Montpellier (coffret de mariage de 1730, plat à barbe), Moustiers (bouquetier), Nevers (porte-perruque) et Rouen (plat de grand feu) y sont bien représentées ; mais on trouve également des pièces venant d’Ardus, Cognac, La Tour d’Aigues, Montauban, Sainte-Foy, Toulouse et VaragesChantal Caillard Pech de Laclauze, Catalogue des faïences méridionales du musée d’art et d’histoire de Narbonne , 1986.. plafonds peints néo-gothiques à motifs géométriques et écussons, réalisés dans les années 1850 par Alexandre Denuelle, d’après des dessins de Viollet-le-Duc. Le Portrait de la femme de l’artiste de George-Daniel de Monfreid (1856-1929) et la Baigneuse surprise en marbre blanc sculptée pour le musée par Alexandre Falguière (1831-1900) complètent l’exposition de cette salle.
Salle à manger
décor de stucs du , représentant des trophées de chasse et de pêche, en lien avec la fonction de cette pièce ; on remarque également une figure de lion, allusion possible aux armoiries du dernier archevêque de Narbonne, Arthur Richard Dillon, qui fit décorer cette pièce. dans les vitrines de l’ancienne salle à manger des archevêques sont exposées des faïences de Marseille, notamment une amusante terrine de la seconde moitié du , dont le couvercle est en forme de canard.
Grand salon salle de plus de de long, restaurée en 2005 afin de lui redonner son style Second Empire. parmi les pièces exposées, La Vierge à l’enfant avec saint Bonaventure, saint François, saint Louis et saint Antoine de Padoue, attribuée à Tintoret (1518-1594), tableau dans lequel le donateur Francesco Gherardini est représenté au premier plan F. Salomon – The Remains of Piety: Veronese’s Petrobelli Altarpiece, in Paolo Veronese The Petrobelli Altarpiece, janvier 2009, 88-91. ; le Saint André de Jusepe di Ribera (1591-1652) ; le Portrait de Bartolomio Manganoni par Fra Vittore Ghislandi (1655-1743) ; un Paysage de François Boucher (1703-1770) ; l’impressionnant Mendiant « recroquevillé » de Gaspare Traversi (1722-1770) ; un Autoportrait de Hyacinthe Rigaud, natif de Perpignan (1659-1743) ; un Portrait de femme par Donatien Nonotte (1708-1785) ; le Portrait de Charles Le Goux de la Berchère, archevêque de Narbonne de 1703 à 1719 issu de l’entourage de Bon Boullogne (1649-1717) en arrière-plan duquel on aperçoit une vue de Narbonne au .
Salles orientalistes thumb|left|Salle du palais maghrébin. thumb|Salle de la mosquée de Cordoue.
Dès la seconde moitié du , le musée a constitué un fonds orientaliste avec les œuvres de Benjamin-Constant (1845-1902), Vincent Courdouan (1810-1893), ou encore les Narbonnais Mathieu Barathier (1784-1867) et Hippolyte Lazerges (1817-1887). Le fonds a été considérablement enrichi à la fin des années 1990Jean Lepage, L’Orient fantasmé, Ville de Narbonne, mars 2011.. Deux salles ont été spécialement aménagées pour la présentation entre autres de Rêverie d’Hippolyte Lazerges (1883) ; Le Caïd marocain Tahami et Odalisque de Jean-Joseph Benjamin-Constant ; Le Harem, scène des Mille et Une Nuits de Fernand Cormon (1854-1927) ; Jeune fille arabe de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) ; Bords du Nil à Marg, effet du soir Émile Bernard (1868-1941) ; Les toits de Tunis ou Devant la mosquée Albert Aublet (1851-1938) ; La Casbah de Tinghir de Jacques Majorelle (1884-1962). Une partie de l’accrochage est consacré aux artistes pensionnaires de la Villa Abd-el-Tif d’Alger (1907-1962). On y voit la grande peinture Les désenchantées de Roger Bezombes.
Collections Beaux-Arts Les collections de beaux-arts comprennent des fonds de peintures, sculptures, dessins, estampes et affiches.