Le Grand-Quevilly, dit aussi Grand-Quevilly, est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie.
Géographie
Localisation
Le Grand-Quevilly est située en Normandie dans le département de Seine-Maritime. Voisine de Rouen, elle est la la plus peuplée du département avec et commune de l'agglomération rouennaise derrière Rouen, Sotteville-lès-Rouen et Saint-Étienne-du-Rouvray. Le Grand-Quevilly s'étend sur . La commune est voisine du Petit-Couronne, de Saint-Étienne-du-Rouvray, de Le Petit-Quevilly et de Rouen. Elle se situe sur la rive gauche d'un méandre de la Seine.. L'altitude dans la commune varie entre et .
La ville contient notamment de nombreux commerces et espaces verts Elle fait partie des villes de France ayant le plus de logements sociaux. En effet, le pourcentage de logements sociaux de la ville est actuellement de 67 %..
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Seine..
La Seine, qui prend sa source à Source-Seine, en Côte-d'Or, sur le plateau de Langres, traverse le département avec de larges méandres sur son flanc sud et se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du Grand-QuevillyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rouen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme
Typologie Au , Le Grand-Quevilly est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de RouenUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Rouen comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rouen, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (88,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (81,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (45,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (39,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (4,4 %), forêts (3,9 %), zones agricoles hétérogènes (3,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Le Grand-Quevilly est desservie par le tramway de Rouen dit « métro de Rouen », depuis l'inauguration de celui-ci en 1994. La branche « Georges-Braque » de la ligne traverse la ville du nord au sud avec cinq stations, à une fréquence d'une rame toutes les six minutes en heure de pointe. Le tramway permet de rejoindre le centre-ville de Rouen en une vingtaine de minutes (en correspondance avec les principales lignes de l'agglomération) et Le Petit-Quevilly en quelques minutes.
Des lignes de bus (T4, F6, F9, 27 et 42) offrent la possibilité de rejoindre des communes non desservies directement par le métro telles que Saint-Etienne-du-Rouvray, Sotteville-lès-Rouen Petit et Grand-Couronne.
Le Grand-Quevilly est traversée par la Sud III (RN 338) qui donne accès à l'autoroute A13.
Le bac permet le passage vers Dieppedalle.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Chevillei vers 1027 ; Cavilleium (en latin médiéval) au début du .. Puis Quevilly le Grand à la fin du .
Il s'agit d'une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine en -(i)acum, suffixe d'origine gauloise marquant la localisation ou la propriété. Généralement, il a abouti à la terminaison -(a)y ou -(e)y dans la plupart des régions de Normandie, comme dans la région parisienne, en Picardie et les régions du centre nord de la France.
Le premier élément Quevil(l)- représente sans doute un anthroponyme selon le cas général. François de Beaurepaire propose deux noms de personnes différents, soit le nom d'homme gaulois Cabillus (mentionné dans une inscription de Lyon, CIL XIII, 382), soit le nom de personne latin Capellus (porté par un autochtone). D'où le sens global de « domaine rural, propriété de Cabillus ou Capellus ».
Un début de palatalisation a affecté la voyelle initiale /a/ > /e/ suivi d'une régression, ainsi Quevilly conserve le [k-] initial (graphié qu-) caractéristique du normand septentrional et du picard au nord de la ligne Joret.
Le même nom d'homme se rencontre dans Quevillon (Seine-Maritime) et Cavillon (Somme), suivi du suffixe -o / -on(em). Homonymie avec les Chevilly et Chevillé (Sarthe, Caviliaco ) du Centre et de l'Ouest de la France.
Les toponymes en -acum ne prennent jamais l'article puisque ce ne sont pas des formations médiévales, mais gauloises ou gallo-romanes. En effet, l'article défini le / la, issu du latin ille / illa, n'a été utilisé pour créer des toponymes qu'à partir du en Normandie, alors que Quevilly est une formation toponymique antérieure au . Aussi l'usage conforte-t-il cette règle, puisqu'on dit souvent Grand-Quevilly et Petit-Quevilly au lieu de Le Grand-Quevilly et Le Petit-Quevilly, formes officielles récentes. En outre, les communes contiguës de Grand-Couronne et de Petit-Couronne issues également d'une scission médiévale de la même époque (vers le ) ne prennent pas l'article.
Histoire
Origines En 1154, le Grand-Quevilly est acquis par le seigneur Charles de Becdelièvre, alors maître du grenier à sel de Rouen. En 1195, le domaine du Grand Aulnay (en bordure de la Seine) au sud de la commune par Richard Cœur de Lion est donné aux Hospices de Rouen. En 1554, le fief du Grand Quevilly est acquis par un seigneur, Charles De Becdelièvre, sieur de Sazilly (près de Chinon), maître du grenier à sel de Rouen. XVIe siècle En 1599, le prêche établi quelques mois plus tôt à Dieppedalle le est transféré sur le territoire du Grand-Quevilly, conséquence de l’édit de Nantes de 1598. Le Grand Temple des Réformés est édifié. XVIIIe siècle En 1793, la vie communale s'organise autour d'un conseil général communal bientôt transformé en conseil de la commune révolutionnaire du Grand-Quevilly. En 1794, une équipe est choisie pour le destin de la commune. Elle est dirigée par André Boutigny, qui prendra en 1800 le titre de « maire provisoire », avant l'arrivée de Germain Delamare, premier maire de la commune et qui le resta jusqu'en 1814. À la fin du , le château du Grand-Quevilly est construit par le marquis Pierre-Jacques-Louis de Becdelièvre (1718-1771). Il fut couramment appelé le château de Montmorency, du nom de Anne Louis Christian de Montmorency ( - Neuilly † - Munich), comte de Tancarville, prince de Robech (1812), marquis de Seignelay, marié, le à Henriette de Becdeliévre de Cany ( - Paris † ), fille d'Anne Louis Roger de Becdelièvre ( † ), marquis de Quevilly, seigneur de Cany, dit le « marquis de Cany », lieutenant-général des armées du Roi, chevalier de Saint-Louis. Sa bibliothèque et certains meubles furent vendus aux enchères en 1941. XIXe siècle En 1870, les Prussiens envahissent la commune. Des soldats sont enfermés dans le château du Grand-Quevilly, où était installé un quartier général prussien. De 1882 à 1899, des plaques indicatives de rues et de maisons sont installées ; une école pour garçons est construite ; en 1894, s'ouvre un chantier naval. En 1886, le boulevard de l'Industrie est créé, au long duquel vont pousser les usines. Le bourg du Grand-Quevilly compte alors . En 1893, à la limite nord de la commune du Grand-Quevilly, des Ateliers et Chantiers Laporte et s'implantent. ; l'un de ses plus célèbres bateaux est le pétrolier baptisé Quevilly. En 1899, la filature Dieusy s'installe et la première poste locale est ouverte. XXe siècle En 1914, plusieurs camps de militaires britanniques s'installent dans la commune. Une nécropole nationale en perpétue le souvenir. En 1919, déjà amorcée avant-guerre, l'industrialisation se poursuit au bord de la Seine, surtout grâce à l'installation de la Centrale Électrique (qui fonctionne au charbon) pour fournir l'énergie aux usines. La population avoisine les , et passera à à la veille de la guerre 39-45.
En 1935, les élections municipales ont lieu. La liste du « Progrès social », conduite par le docteur Prat et Tony Larue, arrive en tête. Le programme de réalisations comprend la construction de deux écoles maternelles, d'un établissement de bains-douches, d'une école de garçons, d'un foyer communal doté d'une salle de spectacle et d'une nouvelle mairie.