vignette|Tombe de F.-J. Barrias au cimetière de Passy (Paris). Félix-Joseph Barrias, né le à Paris où il est mort dans le 9 arrondissement le , est un peintre et illustrateur français.

Biographie Félix-Joseph Barrias est le fils du peintre homonyme Félix-Joseph Barrias (mort à Paris en 1875), peintre sur porcelaine, et le frère du sculpteur Louis-Ernest Barrias. Il étudie à l'École des beaux-arts de Paris où il suit l'enseignement de Léon Cogniet. Il présente plusieurs portraits au Salon de 1840, mais la critique l'ignore. Il s'oriente alors vers la peinture d'histoire et les sujets religieux.

Il fraternise avec le peintre Eugène-Ernest Hillemacher qu'il rencontre dans l'atelier de Léon Coignet. Ils postulent ensemble plusieurs fois pour concourir au Prix de Rome. Barrias est admis en 1844 et Hillemacher, moins chanceux, l'accompagne sur ses propres deniers. En 1846, Barrias peint le portrait de son ami, la tradition de le Villa Médicis voulant que les élèves se portraiturent entre euxNotice sur le portrait de Hillemacher par Barrias sur le site Lanouvelleathenes.fr..

En 1844, il remporte le prix de Rome pour son Cincinnatus recevant les ambassadeurs au sénat, et est alors reconnu. Il est pensionné par la villa Médicis et séjourne à Rome de 1845 à 1849. Il remporte une médaille de au Salon de 1845 pour Sappho, une médaille de au Salon de 1851 pour Les Exilés de TibèreNotice de l'œuvre sur le site du musée d'Orsay., une médaille de à l'Exposition universelle de 1855 pour Le Jubilé de 1300. En 1864, il participe à la première exposition de la Société Nationale des Beaux Arts, avec Il Saltarello (souvenir de Capri).

Entre 1866 et 1874 il réalise les peintures du salon ouest du foyer de l'opéra de Paris au palais Garnier. Dans les lunettes latérales y sont représentées La Musique champêtre et La Musique amoureuse, et dans la lunette centrale et la voûte, La Musique dramatique et La Glorification de l’Harmonie.

Il remporte une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur en 1897.

Il meurt en 1907 à ParisArchives de Paris, acte de décès n°96 dressé le 25/01/1907, vue 13 / 31.

Distinctions

Élèves Barrias forme de nombreux élèves dans son atelier privé, parmi lesquels on compte :

François-Barthélemy-Marius Abel (1832-1870), vers 1853 ; Étienne-Prosper Berne-Bellecour (1838-1910) ; Adhémar-Louis de Clermont-Gallerande ; Louise Courbot de Liniers ; Edgar Degas (1834-1917) ; Hippolyte Pierre Delanoy (1849-1899) ; Émile de Specht (1843-1909) ; Alfred Didier (1840-1892) ; Gustave Guillaumet (1840-1884) ; Émilie Guillaumot-Adan (1855-1929) ; Alexandre-Louis Leloir (1843 - 1884) ; Marie Lucas-Robiquet (1858-1959) ; Hélène Mosticker-Lavergne (1866-1949) ; Fernand Pelez (1848-1913) ; Henri Pille (1844-1897) ; Gustave Nicolas Pinel Jean-Jacques Scherrer (1855-1916) ; Winnaretta Singer (1865-1943) ; Jean-Georges Vibert (1840-1902).

Œuvres dans les collections publiques

Peinture Antoine offre le bandeau royal à César, 1841, École nationale supérieure des beaux-arts, ParisNotice sur la base Cat'Zarts L'Onction de David par Saül, 1842, Petit Palais, Paris Figure peinte, 1843, École nationale supérieure des beaux-arts, ParisNotice sur la base Cat'Zarts Festa dell'inflorenta, 1846, musée des beaux-arts de Nantes Sapho d'Erèse Cincinnatus recevant les députés du Sénat, 1844, École nationale supérieure des beaux-arts, ParisNotice sur la base Cat'Zarts Un Gaulois et sa fille emprisonnés à Rome, 1847, musée Rolin, Autun Notice sur bridgemanart.com, en dépôt au musée d'art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand Portrait de Jules Cavelier, devant ses oeuvres Pénélope, et La Vérité,1847 Les Exilés de Tibère, 1850, musée d'Orsay, Paris Portrait de Olga Pitray de Ségur, 1859 Le débarquement de l'armée française à Oldport, 1859, Chateau de Versailles et du Trianon La Tentation du Christ, 1860, Philbrook Museum of Art Portrait de Jacques Ignace Hittorff, 1869, musée Wallraf Richartz, à Cologne La Mort de Chopin, 1885, musée national de Cracovie Notice sur kalejdoskop-chopin.pl Femme recevant l'eucharistie, aquarelle, Walters Art Museum, Baltimore Danseuse grecque au tambourin, 1872, Musée municipal de La Roche-sur-Yon Hélène se réfugiant à l'Hôtel de Vesta, 1873, Musée du Puy-en-Velay Le Bain de Vapeur, 1882, Collection privée Camille Desmoulins au Palais Royal, 1886, musée de Châlons-sur-Marne Femme au Hennin, 1890, musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Paris Esther se rendant chez Assuérus, 1894 Portrait d'Antonin Marmontel, 1901, musée de la Musique, Paris

Peinture décorative dans les églises La chapelle de la Vierge de l'église Notre-Dame de Clignancourt à Paris est ornée de peintures de Félix-Joseph Barrias, représentant cinq scènes de la vie de la vierge: L'annonciation, La visitation, La glorification de Marie, Le calvaire et L'assomptionpatrimoine-histoire.fr Sainte Geneviève distribuant des vivres, église de la Sainte-Trinité, Parispatrimoine-histoire.fr La Foule priant devant le tombeau de sainte Geneviève, église de la Sainte-Trinité, Paris L'arc central Chœur de la Trinité, église de la Sainte-Trinité La Chapelle Saint-Louis, église Saint-Eustache.

Monuments publics La glorification de l'harmonie, plafond de l'Opéra de ParisInsecula La musique amoureuse pendentif pour le grand foyer de l'Opéra de ParisInsecula Le débarquement des troupes à old port (guerre de Crimée ), pour la salle de Crimée au château de Versailles en 1859. La Fondation Eugène Napoleon (252 rue du Faubourg Saint Antoine, Paris XIIème). Peinte en 1856, la fresque du choeur de la Chapelle, évoque le don d'Eugénie à son mariage avec Napoléon III en 1853, d'une parure de Diamant offerte par la Ville de Paris, à La Vierge Marie, en échange de la fondation d'un orphelinat de jeunes filles. La Chapelle évoque cette scène, avec un autoportrait de Félix Barrias en 2ème plan.

Illustrations thumb|La Mort d'Ophélie, illustration d'après Barrias pour les Œuvres complètes de Shakespeare, Librairie de la Sorbonne, 1856. Œuvres complètes de Frédéric SouliéNotice sur le catalogue Gallica, 1852-1855. Barrias réalise conjointement avec A. Belin un ensemble de gravures sur boisSur les vignettes sur bois, voir Champfleury, Les vignettes romantiques, 1825-1840, Histoire de la littérature et de l’art, suivi d'un catalogue complet des romans, drames, poésies ornés de vignettes, de 1825 à 1840, Paris, E. Dentu, 1883. pour cette édition en quatre volumes publiée par la Librairie théâtrale. Ces compositions seront gravées par Léopold-Joseph Deghouy. Les illustrations de cette œuvre complète ont pour originalité de figurer sur le centre de la page, et sont encadrées de tous côtés par le texte. Ces illustrations ont en effet été réalisées selon la technique de la gravure sur bois de bout, procédé introduit en France au début du , parallèlement à l’essor de l’édition romantique. Cette innovation présentait l’avantage d’imprimer l’image en même temps que les caractères typographiques, permettant un gain de temps et d’argent considérable.

Barrias reprend ainsi les codes de la vignette romantique dans ses illustrations : le texte et l’image se partagent l’espace de la page, et les délimitations de ses vignettes adoptent un aspect évanescent et instable, les contours émergeant tels un songe ou une apparition sur le papierSur la forme de la vignette romantique, voir Henri Zerner et Charles Rosen : Romantism and realism. The Mythology of the Nineteenth-Century Art, . Cette étude est un essai revu et corrigé, publié à l’origine dans la New-York Review of books en 1976.. L’artiste se démarque par une ligne épurée et des traits simplifiés, un dessin stylisé rappelant les gravures de Tony Johannot. Œuvres complètes d'Horace (Quinti Horati Flacci Opera), 1855Notice sur le catalogue de la BNF. Cette édition parue chez Ambroise-Firmin Didot est illustrée d'un titre gravé, d'un frontispice et de onze bandeaux gravés par Étienne Huyot d'après les dessins de Félix-Joseph Barrias. Œuvres complètes de Shakespeare, 1856Notice sur le catalogue de la BNF.

L'édition, publiée par la Librairie de la Sorbonne, parait en deux volumes, et sera rééditée en 1875. Les dessins de Barrias seront de nouveau gravés sur bois de bout par Léopold-Joseph Deghouy. Cette œuvre complète est ornée de 218 images. Le grand nombre d’illustrations figurant dans cette édition témoigne ainsi de la prolifération de l’image dans le livre à l’issue du . Il s’agit de la première œuvre complète de Shakespeare intégralement illustrée d’après un artiste français.