Christine Lagarde, née Lallouette le à Paris, est une avocate d'affaires, femme politique et haute fonctionnaire française.
Avocate au barreau de Paris, elle fait carrière au sein du cabinet d'avocats d'affaires international américain Baker McKenzie.
Elle occupe ensuite la fonction de ministre déléguée au Commerce extérieur de 2005 à 2007, à la fin du second mandat présidentiel de Jacques Chirac. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle est ministre de l'Agriculture et de la Pêche pendant un mois en 2007, avant d’être nommée ministre de l'Économie, exerçant ses responsabilités dans le cadre de la crise bancaire et financière de l'automne 2008.
En 2011, à la suite des démêlés judiciaires de Dominique Strauss-Kahn, elle quitte le gouvernement français pour devenir directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), où elle est confrontée à la crise de la dette dans la zone euro, notamment en Grèce. En 2019, trois ans après avoir été reconduite à sa tête, elle démissionne du FMI pour devenir présidente de la Banque centrale européenne (BCE), succédant à Mario Draghi, où elle met en place la première revue stratégique de la banque centrale depuis 2003 et la conduit durant la crise économique liée à la Covid-19 et la crise inflationniste à partir de 2021.
Première femme à avoir été ministre de l’Économie dans un pays du G7, elle est également la première femme à avoir exercé les fonctions de directrice générale du Fonds monétaire international (hors périodes d'intérim) et de présidente de la Banque centrale européenne.
Situation personnelle
Famille Christine Lagarde est née Christine Madeleine Odette Lallouette le , dans le de Paris. Christine est l'aînée de quatre enfants, dont trois garçons.. et passe son enfance au HavreMarie Visot, « Une Française à Washington », Le Figaro, 29 juin 2011, . et à Hautot-le-Vatois.
Son père, Robert Lallouette (1931-1972), né d'une mère d'ascendance juive et d'un père non religieux, demande à recevoir le baptême catholique durant ses études à l'ENS. Il devient ensuite professeur d'anglais au lycée François- au Havre, en Seine-Maritime"Les Anciens". Admirateur de Mendès France et de Delors, il lui fait découvrir la littérature anglaise, et l'encourage à s'inscrire dans une université américaine.
Sa mère, Nicole Carre (1929-2007), de confession catholique et également enseignante, est agrégée de lettres classiques. Souffrant de la maladie de Charcot, son père meurt alors qu'elle est âgée de . Sa mère doit élever seule ses quatre enfants..
Lors d'une interview à la chaîne de télévision espagnole Antena 3, son frère, Luc Lallouette témoigne d'une vie familiale heureuse où les discussions politiques étaient présentes et décrit sa sœur ainée comme étant une adolescente studieuse et engagée.
Formation Christine Lagarde étudie au lycée François- puis au lycée Claude-Monet« Interview : Christine Lagarde, la face cachée d'une femme de pouvoir », La Tribune, octobre 2010. au Havre. Dotée d'un tempérament sportif, elle pratique la natation synchronisée au Club nautique havrais après avoir découvert la nageuse et actrice Esther Williams. Elle intègre l'équipe de France et remporte une médaille de bronze au championnat national à l'âge de Interview de Madame Christine Lagarde par Olivier van Beemen, article issu du magazine Elsevier, site de l'ambassade de France aux Pays-Bas.. Par la suite, elle intègre une équipe américaine et participe à des championnats en Amérique du Nord.. À l'âge adulte, elle continue de pratiquer la natation en soliste. et affirme que cette expérience sportive de haut-niveau continue à influencer sa vie professionnelle dont les directives de son entraîneur qui inspire le titre du livre « Christine Lagarde-Serre les dents et souris ». Elle déclare également que cette discipline lui a inculqué des valeurs dont .
Après son baccalauréat, obtenu en 1974, elle obtient une bourse et décide de partir une première fois pour un an aux États-Unis grâce à l'association American Field Service (AFS). Elle y suit des cours, est diplômée du lycée Holton-Arms School à Bethesda (Maryland), et effectue un stage au Capitole en tant qu'assistante parlementaire de William S. Cohen, représentant du Parti républicain du Maine, devenu ensuite secrétaire à la Défense de Bill Clinton.. Cette expérience outre-Atlantique la marque profondément lui permettant de forger son ambition et de faire le deuil de son père en déclarant .
De retour en France, elle est, en 1977, diplômée de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. (dont elle préside le conseil d'administration de 2010 à 2015)« Conseil d'administration de l'IEP », IEP d'Aix-en-Provence. Elle prépare ensuite le concours d'entrée à l'École nationale d'administration (ENA), auquel elle échoue deux fois. Elle obtient finalement deux maîtrises (anglais et droit des affaires) et un diplôme d'études supérieures spécialisées de droit social à l'université Paris -Nanterre.
Vie privée Divorcée de Wilfried Lagarde, elle est mère de deux enfants : Pierre-Henri Lagarde (né en 1986, entrepreneur dans la restauration) et Thomas Lagarde (né en 1988, architecte)Jean-Louis Beaucarnot, Le tout politique, Éditions L'Archipel, 2011, , .
Depuis 2006, son compagnon est Xavier Giocanti, homme d'affaires marseillais un temps proche de l'UMP locale« Xavier Giocanti, le mari de... Christine Lagarde », Paris Match, 26 juillet 2010.. Ils se sont mariés en 2020 à Bonifacio, en Corse-du-Sud.
Carrière professionnelle En 1981, après ses études, elle est avocate au barreau de Paris, et rejoint le département de droit social du bureau parisien du cabinet d'avocats d'affaires Baker McKenzie, un des premiers cabinets d'avocats mondiaux ( dans ), dont elle gravit tous les échelons en de carrière : associée du bureau parisien en 1987, associée-gérante en 1991, membre du comité exécutif mondial à Chicago en 1995 et enfin présidente de ce comité en 1999. Première femme et première personnalité non américaine à ce posteHervé Gattegno, « Les 50 Français les plus influents du monde », Vanity Fair, , décembre 2014, pages 102-113., elle est alors à la tête d'un des plus grands cabinets du monde et est classée, en 2002, d'affaires européenne par le Wall Street Journal Europe Christine Lagarde ranked most successful business woman in Europe, communiqué de presse du cabinet Baker & McKenzie du .. Sous sa présidence, de 1999 à 2005, Baker & McKenzie augmente son chiffre d'affaires de 50 % pour clore l'exercice 2004 à de dollars. De 2004 à 2005, elle est présidente du comité stratégique mondial de Baker & McKenzie« Christine Lagarde : biographie », nouvelobs interactif, 18 mai 2007..
Parallèlement, de 1995 à 2002, elle est membre du cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle copréside avec Zbigniew Brzeziński la commission Action États-Unis-UE-Pologne et suit plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense États-Unis-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais.. Jacques Chirac, président de la République, la nomme au grade de chevalier de la Légion d'honneur en . Elle devient, trois ans plus tard, membre de la Commission pour l'élargissement de la communauté euro-atlantique.. Elle entre ensuite, en , au conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING, une institution financière internationale de bancassurance Biographie de Christine Lagarde sur le site d'ING « Christine Lagarde to resign as member Supervisory Board ING Group », communiqué de presse d'ING du .Site d'ING, page consacrée à Christine Lagarde.
Elle est décrite comme une femme de réseaux et une habituée du forum de Davos, comptant notamment parmi ses proches Ivanka Trump, Alan Greenspan, Lakshmi Mittal, ou encore l'homme d'affaires David Rubenstein. Son amie Anne Lauvergeon évoque un « sens du réseau très peu courant en France, encore moins chez les femmes : décomplexé, à l’américaine »..
Parcours politique et international Approchée par Jean-Pierre Raffarin, Christine Lagarde quitte les États-Unis en 2005 pour entamer une carrière politique en France.
Ministre déléguée au Commerce extérieur Alors peu connue de l'opinion publique, elle est nommée ministre déléguée au Commerce extérieur du gouvernement Villepin le . Deux jours après sa nomination, elle déclare qu'il est nécessaire de réformer le Code du travail français, selon elle « compliqué, lourd et constituant un frein à l'embauche », ce qui lui vaut un rappel à l'ordre du Premier ministre Dominique de Villepin« Christine Lagarde, ministre de l'Agriculture et de la Pêche », La Tribune, 18 mai 2007.. Elle avait tenu ces propos sur la base de son expérience d'avocate puisque c'est elle qui a créé et développé le département de droit social de son cabinet d'avocats à Paris..
Ministre de l'Agriculture et de la Pêche Du au , à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, elle est ministre de l'Agriculture et de la Pêche du premier gouvernement Fillon. Depuis la fondation de la , Christine Lagarde est la seconde femme, après Édith Cresson, à avoir été nommée à ce poste, qu'elle ne conserve pas après le second tour des élections législatives.
Lors du conseil des ministres de l'Agriculture des membres de l'UE, elle autorise d'accorder un label européen aux produits biologiques contenant des traces d'OGM à hauteur de 0,9 %. Cette mesure suscite l'indignation de plusieurs associations écologistes..
Ministre de l'Économie
vignette|redresse|Christine Lagarde, ministre de l'Économie, le à Paris. Lors du changement de gouvernement qui fait suite aux élections législatives, elle est nommée, le , ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi. Elle remplace à ce poste Jean-Louis Borloo qui, après l'échec d'Alain Juppé aux législatives, devient ministre d'État, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables. Christine Lagarde est la première femme à occuper ce poste ministériel, aussi bien en France que dans tous les pays du G8. Deux secrétaires d'État sont alors rattachés à ce ministère : Luc Chatel (Tourisme), et Hervé Novelli (Entreprises et Commerce extérieur). Lors du remaniement du , ces derniers voient leurs responsabilités modifiées et sont remplacés par deux autres secrétaires d'État, Laurent Wauquiez (Emploi) et Anne-Marie Idrac (Commerce extérieur), ancienne présidente de la SNCF ; le titre officiel du ministère est également modifié à l'occasion de ce remaniement, devenant le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi.
Elle fait notamment voter deux lois majeures du quinquennat : la loi TEPA, qui défiscalise les heures supplémentaires et allège les droits de succession, et la loi de modernisation de l'économie (LME), qui vise à encourager les entrepreneurs tout au long de leur parcours, à relancer la concurrence, à renforcer l'attractivité du territoire et à améliorer le financement de l'économie. Christine Lagarde défend également le projet de loi fusionnant l'ANPE et les Assédic au sein de Pôle emploi. Elle mène par ailleurs à bien la réforme du crédit à la consommation dans le but de limiter le surendettement des ménages.
Les médias relèvent quelques « gaffes » à ses débuts à Bercy. Le , juste avant le début de la crise des subprimes et un an avant la faillite de Lehman Brothers, elle déclare penser « que le gros de la crise est derrière nous ». Son annonce d'un « plan de rigueur », quelques jours plus tard, contraint François Fillon à intervenir pour clore la polémique. Face à la montée des prix de l'essence, elle préconise, en , de changer les comportements et modes de consommation en utilisant par exemple le vélo, ce qui lui vaudra quelques critiquesChristine Lagarde ou l'art des phrases qui fâchent, Le Figaro, 28/5/2012Les quatre bourdes politiques de Christine Lagarde, Challenges, 13/6/2011.