Richard Fosbury, dit Dick Fosbury, né le à Portland (Oregon) et mort le à Salt Lake City (Utah), est un athlète pratiquant le saut en hauteur.

Il est célèbre pour avoir popularisé le saut en rouleau dorsal (appelé également le « »), avec lequel il a remporté le titre olympique à Mexico en 1968. Depuis lors ce type de saut, dos à la barre, a totalement supplanté le traditionnel rouleau ventral.

Biographie

Enfance Richard Douglas Fosbury est né le dans l'Oregon à Portland, d'une mère secrétaire et d'un père cadre commercial. Pendant son enfance, il se rend compte qu'il est doué pour les mathématiques et les sciences. Il est par ailleurs membre de la chorale de son école. En sport, peu à l'aise au baseball, il se tourne vers le basket-ball en raison de sa grande taille. Il participe aux épreuves d'athlétisme mais ses résultats ne sont pas exceptionnels. À cette époque il voit déjà le sport comme un moyen de rencontrer de nouvelles personnes et non comme une compétition, page 49.

Carrière sportive

Des débuts hésitants thumb|La méthode du ciseau. Dès l'âge de , il pratique le saut en hauteur avec la méthode du ciseau, comme l’enseigne son professeur de sport Interview de Dick Fosbury pour ESPN SportsZone, sur le site speedendurance.com, consulté le 9 mai. À , il entre au lycée de Medford et continue la pratique de l'athlétisme. Rien ne le destine à devenir un grand athlète, mis à part sa grande taille (il atteindra à l’âge adulte). Il saute à l’âge de , toujours avec la technique du ciseau Dick Fosbury, le pionnier, article écrit par Vincent Spletinckx en juin 2008 issu du site dyligences, consulté le 8 mai 2009. Cette technique étant limitée par la nécessité d’un centre de gravité élevé, ses entraîneurs, Dean Benson et Fred Spiegelberg Fosbury will compete with no fear of flop, article écrit par Kerry Eggers le 12 août 1998 pour le site waterlootrackandfield, lui enseignent le rouleau ventral, mais il n'arrive pas à l’assimiler correctement et plafonne à pendant deux ans.

La découverte du « Fosbury flop » thumb|right|Saut ventral par Beilschmidt, technique de saut enseignée à Fosbury, après celle du « ciseau » qu’il a pratiquée initialement. À , Dick Fosbury ne se décourage pas, continuant à s'entraîner. Peu à peu, son saut évolue. Il a en effet remarqué que s'il se présente dos à la corde ou à la barre à franchir, et qu'il projette ses épaules vers l'arrière, son bassin peut monter plus haut que lorsqu’il utilise les méthodes traditionnelles : il passe ainsi la barre plus facilement. Il parvient alors à atteindre Article sur Dick Fosbury sur le site du CIO, consulté le 8 mai 2009.

En , à Grants Pass dans l'Oregon, il participe à une compétition lycéenne organisée par le Rotary et utilise la technique de franchissement sur le dos. Après de multiples vérifications les juges estiment cette technique conforme aux règles en vigueur Olympics: Four decades later, we're all still doing the Fosbury Flop de Simon Turnbull, le 27 juillet 2008 pour le journal The Independant, consulté le 9 mai 2009.

En 1965, peu avant de rejoindre l'université de Corvallis dans l'Oregon, il remporte un titre junior en franchissant avec cette méthode peu ordinaire. Berny Wagner, entraîneur à l'université d'État de l'Oregon, le repère et lui propose ses services comme entraîneur Dick Fosbury, le pionnier : l'évolution athlétique écrit en juin 2008 par Vincent Spletinckx sur le site dyligences, consulté le 8 mai 2009. Ensemble, ils essaient de reprendre la technique du saut ventral, seule technique en vigueur, mais Dick n'y arrive toujours pas, n'ayant pas, selon lui, le temps de remonter sa jambe d'appel : il se remet à plafonner à sa hauteur antérieure de . Toutefois, comme pour lui l'athlétisme constitue un passe-temps, lorsqu'il est seul Fosbury continue à expérimenter sa méthode du « ventral inversé » et à s'entraîner ainsi.

De son côté, son entraîneur commence à le voir plus comme triple sauteur que sauteur en hauteur, ne croyant plus en ses chances de réussir dans la discipline. Dick s'essaie même aux courses de haies, son entraîneur étant un spécialiste de cette discipline, mais sans succès. Son entraîneur change toutefois d’opinion lorsqu'au cours d'un entraînement il voit Fosbury utiliser sa méthode personnelle de rouleau dorsal et passer une barre d' avec une marge très importante, ce qui laisse présager une bonne progression. Ainsi peu convaincu, Wagner ne reprend pas confiance en son protégé, mais se demande tout de même si ce saut est bien autorisé dans les grandes compétitions, se rassurant en apprenant que c’est le cas. Toutefois, comme ce type de saut est encore inédit, il ne dispose que de peu de moyens pour le former et essaie donc de faire évoluer Dick en le filmant pendant ses entraînements, pour voir avec lui comment gagner de la hauteur. Dick pratique également des séances de musculation des membres inférieurs avec George Chaplin, ancien entraîneur de l'université de Washington et entraîneur olympique. Ses entraînements de saut sont toutefois entrecoupés par ses études qui lui prennent du tempsDon Holst, Marcia S. Popp, op. cit., page 50.

En 1967, Dick se propulse à lors du championnat universitaire des États-Unis, finissant . Il est alors le junior le plus régulier de la saison, dépassant toujours les . En il s'impose aussi aux championnats américains en salle, devenant le premier à atteindre une hauteur de Dick Fosbury, le pionnier : Tout reste à faire. écrit en juin 2008 par Vincent Spletinckx sur le site dyligences, consulté le 8 mai 2009. Lors des championnats nationaux NCAA de 1968 il s'impose avec une hauteur de , son nouveau record personnel Fiche IAAF de l'athlète. Lors des premières sélections américaines à Los Angeles il est sélectionné avec un bond à , meilleur saut mondial de l'année. Dick pensait sa place aux Jeux olympiques de Mexico assurée, mais le Comité olympique des États-Unis organisa des sélections supplémentaires en septembre. Il se rend donc à Echo Summit près de South Lake Tahoe (en Californie), sur un site spécialement choisi pour son altitude proche de celle de la ville d’accueil des Jeux, où il termine difficilement des sélections, derrière Ed Caruthers et Reynaldo Brown. Il acquiert néanmoins sa place dans la sélection des États-Unis aux Jeux olympiques Dick Fosbury : un sauteur pas sot. écrit par Walpole et issu du site sportvox, consulté le 9 mai 2009.

La révélation : les Jeux olympiques de Mexico Pour la première fois Fosbury quitte sa région natale pour se rendre aux Jeux olympiques de Mexico en 1968. Sa façon de sauter (création du saut fosbury portant son nom) enthousiasme le public présent. À chacun de ses sauts la foule scande « Olé » devant sa technique atypique et spectaculaire. Il passe les cinq barres proposées dès son premier essai : , , , et atteint . Le Soviétique Valentin Gavrilov, un des favoris, échoue à . Passant la barre, Dick reste donc en compétition avec son compatriote Ed Caruthers. À son troisième essai, il réussit là où Caruthers échoue : il franchit les et devient champion olympique le 20 octobre 1968. Il signe par la même occasion un nouveau record olympique et national Hall of Fame sur le site de l'USA Track and Field.

Dans un premier temps son saut est refusé, mais les juges l'acceptent après avoir vérifié que rien dans le règlement n'interdit une telle technique : la seule obligation est en effet de ne prendre l'appel que sur un seul pied Richard Fosbury : la révolution du saut en hauteur ! sur le site olympic.org, consulté le 8 mai 2009, p391-392. La liesse engendrée dans le public est telle que les premiers marathoniens qui arrivent dans le stade sont même ignorés.

Fosbury poursuit dans cette voie, remportant à nouveau le titre de champion universitaire NCAA des États-Unis en 1969, lors de sa dernière année d'études en Oregon, puis en finissant deuxième de l'UAA la même année.

Une gloire inévitable et embarrassante Depuis 1956, aucun athlète américain n'avait décroché de médaille au saut en hauteur Dick Fosbury, le pionnier : Une gloire envahissante écrit par Vincent Spletinckx en juin 2008 pour le site dyligences, consulté le 9 mai 2009. Fosbury est donc fêté en héros à son retour sur le sol national. Il est invité à des conférences, sur des plateaux de télévision, rencontre des stars. En outre, ce saut crée à l'époque un véritable engouement dans le pays, les jeunes voulant l'imiter et réclamant l’enseignement de cette technique à leurs professeurs Transposition didactique et savoirs de référence : illustration dans l’enseignement d’une pratique particulière de saut, le Fosbury-flop, article de Y. Léziart sur le site cairn.info. D'un autre côté, les entraîneurs, encore hésitants, attendent avant de l'apprendre aux athlètes. Les premiers à se lancer dans ce nouveau style sont les athlètes féminines, et notamment Debbie Brill, utilisant cette technique, le Brill Bend, dès 1965High jump history rewritten, cette dernière étant victorieuse grâce à cette méthode lors des Jeux du Commonwealth à Edimbourg en 1970 Résultats sur le site de la Fédération organisatrice des Jeux du Commonwealth. Le Brill Bend aurait également inspiré Fosbury pour l’amélioration de sa propre technique.

Fosbury, peu patriote à l'époque, surtout en raison de la politique américaine pendant la guerre du Viêt Nam, a peu aimé être mis sur un piédestal ou vu comme un héros. Il dit avoir détesté être un symbole, même s'il était fier de sa réussite, page 18.

Fin de carrière Fosbury échoue aux sélections américaines pour les Jeux olympiques de Munich en franchissant seulement . L'obtention de son diplôme d'ingénieur marque la fin de sa carrière d'athlète, qui pour lui s’apparentait plus à un loisir.

Par la suite on découvrit que la première personne à utiliser la technique du rouleau dorsal était l'athlète Bruce Quande à partir de 1959, ce qui est confirmé par une photographie prise en 1963 High jump history rewritten, article de Jon Hendershott sur le site Track and Field News, consulté le 8 mai 2009. Cependant, Fosbury a été le premier à l'avoir utilisée en compétition internationale lors des Jeux olympiques de Mexico, c’est pourquoi cette technique de saut a été surnommée le Fosbury-flop.

Récompenses thumb|Yelena Slesarenko faisant un Fosbury-flop en 2007. Pour avoir révolutionné le saut en hauteur, il fut introduit au Temple de la renommée de l'athlétisme des États-Unis en 1981 et au U.S. Olympic Hall of Fame en 1992 Class of 1992, sur le site teamusa.org.

Grâce à lui, le saut en hauteur passa de (record à l'époque détenu par le Soviétique Valeriy Brumel) à (Javier Sotomayor) Dick Fosbury, article du figaro.fr, daté du août 2008, consulté le 8 mai 2009. Ce saut marqua un avènement dans le monde du saut en hauteur. Il est encore l'unique référence de nos jours, alors que le rouleau ventral a disparu.

Technique

Cette technique a principalement été permise par la présence de matelas qui ont remplacé les bacs à sable. En effet, le sauteur retombe littéralement en arrière, ce qui aurait pu s'avérer dangereux s'il n'y avait pas eu ce changement notable.

Fosbury s'approche donc de la barre en décrivant une courbe, puis s'élance et, avec une allure « qui fait penser à un chameau à deux pattes » selon les termes utilisés par un journaliste de l'époque, il effectue un mouvement brusque vers la droite, fait une rotation avec son pied d'appel pour tourner le dos à la barre. Il regarde ensuite la barre durant le temps de suspension, à l'image « d’un homme quelque peu inquiet allongé dans un transat trop petit pour lui » , relève les jambes et se laisse tomber dans le matelas Dick Fosbury, le pionnier : Un nouveau départ écrit en juin 2008 par Vincent Spletinckx sur le site dyligences, consulté le 9 mai 2009.

Une des grandes différences avec le saut ventral est qu'au lieu d'utiliser le pied intérieur Fosbury utilise le pied extérieur comme pied d'appel, un geste que lui-même désigne comme plus naturel.