Raimbaud de Reillanne dit Raimbaud d'Arles (né vers 990 et mort le ) est un religieux français qui fut archevêque d'Arles de mai 1030 à sa mort.

Raimbaud de Reillanne est l’un des plus actifs promoteurs de la Paix de Dieu et de la réforme ecclésiastique en Provence.

Biographie Formation De la famille des vicomtes de Reillanne, il serait l'un des fils de Boniface (960 - 1030). Il appartient au monde de l'aristocratie et sa conception du monde en reste marquée.

Il a reçu à l'abbaye Saint-Victor de Marseille, une éducation monastique marquée par la rénovation clunisienne et il en a tiré la volonté d'assurer le rayonnement spirituel de l'Église. Il est fort vraisemblablement issu du rang des oblats, formés par l'abbé Isarn, à moins qu'il ne soit devenu moine après avoir été prévôt du chapitre cathédral d'Arles Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet : .

Il est soutenu par les Porcelet, seigneurs arlésiens.

Chef de l'épiscopat provençal

Organisateur du diocèse d'Arles En , il est nommé archevêque d’Arles. Il intervient dans tous les secteurs de l'organisation ecclésiastique du diocèse. .

Il fonde et dote de nombreux lieux de culte en présence de ses suffragants : en 1056 à Trets, en présence des évêques d'Aix et de Toulon, dedicatio de la Sainte‑Trinité de Trets, ...

Les moines de Montmajour doivent reconnaître son autorité lorsqu'il intervient dans les conflits de cette abbaye. Il enjoint également aux archevêques d’Aix qui auraient pu contester sa prééminence, de venir se faire consacrer par lui et de souscrire une promesse d’obéissance, comme lors de la consécration de l'archevêque d'Aix Rostaing de Fos en 1056.

Il organise la vie régulière pour les douze chanoines de sa cathédrale (chapitre de la Cathédrale). En 1060, il établit les premiers statuts de cette communauté et la dote dès 1061 de revenus suffisants pour vivre en cédant notamment les droits épiscopaux sur les églises de Notre Dame de Ratis et de Saint-Martin, toutes deux en Camargue.

Promoteur de la réforme grégorienne

II se comporte surtout en véritable chef de l'épiscopat provençal. Il est le seul prélat arlésien du qui affirme encore la primauté de son siège sur les autres diocèses provençaux et s'impose comme promoteur actif de la Paix de Dieu et de la réforme grégorienne en Provence. Il adhère aux convictions des milieux réformateurs du premier âge qui accordent une importance au monachisme et un rôle important à l'empereur, dans une espèce de tradition neo-carolingienne où les princes et l'Église sont très liés.

En 1032, le royaume de Bourgogne est rattaché à l'Empire et Raimbaud va agir en prélat du Saint‑Empire. En 1046, il participe au synode de Sutri et assiste à Rome, au couronnement de l'empereur Henri III qu'il rencontre personnellement.

II organise et préside des synodes qui se tiennent à Arles ou dans ses environs : 1037-1041, concile d’Arles sur la Paix de Dieu, le (ou 1044), .

Légat du Pape En 1055, le pape Victor II nomme Raimbaud légat perpétuel.

Lutte contre la simonie À partir de 1040, tout en veillant d'un œil attentif sur son diocèse, il s'engage dans le combat contre la simonie avec le soutien de toute une génération cléricale dont Estève d'Agde (1010-1046), évêque d'Apt, et (1037-1047), évêque d'Avignon et fondateur de la collégiale de Saint-Ruf.

II participe à des assemblées d'évêques languedociens et catalans. En 1056, il préside ainsi le concile de Toulouse favorable à la réforme (célibat de prêtres, interdiction de la simonie, …) et se rend à Barcelone deux ans plus tard (1058) pour assister à la dédicace de l’Église Cathédrale de cette Ville.

Lien entre la papauté et les grandes familles provençales En dépit de cette orientation, l'archevêque Raimbaud ménage jusqu'à sa mort les familles aristocratiques de Provence et s'efforce de jouer un rôle d'intermédiaire entre elles et les légats qui représentent une puissance pontificale qui s'affirme. Ainsi, lorsqu’il impose en 1057 le choix du pape sur l’évêché d’Embrun, il prend soin d’associer à sa démarche, les comtes de Die et de Provence. Dans les diocèses de Marseille, Aix, Apt, Toulon, Avignon et Riez, les évêques issus des plus grandes familles ne sont pas inquiétés par les conciles. De plus, la collaboration entre grands laïcs et prélats semble perdurer en dépit du nouveau discours réformateur. Les conflits des années 1055-1060 – déposition de plusieurs évêques – ne concernent que les diocèses alpins (Gap, Embrun et Sisteron).

Avec le nouveau pape Alexandre II (1061-1073), les convictions réformatrices du saint-siège évoluent car ce dernier, comme Rambaud partage la conviction traditionnelle que les progrès de la réforme ne peuvent se perpétuer que sur la base d’une collaboration avec les plus grandes autorités laïques.

Il meurt le ou 1070, cf. problème lié au calendrier faisant commencer au Moyen Âge, les années vers le avril.

Notes

Voir aussi Bibliographie . . .

Articles connexes Abbaye Saint-Victor de Marseille Histoire d'Arles à l'époque médiévale Archevêché d'Arles Liste des archevêques d'Arles

Liens externes

Reillanne, Raimbaud de Raimbaud de Reillanne Raimbaud de Reillanne Catégorie:Date de naissance incertaine (Xe siècle) Raimbaud de Reillanne