vignette|Évolution du nombre annuel des décès liés au sida en Russie et en France|469x469px|alt=
Environ 1,5 million de personnes en Russie, soit 1 % des de citoyens russes, seraient infectées par le VIH, dont une partie sans le savoir.
Fin 2020, le nombre des cas d'infection officiellement dépistés parmi les citoyens russes depuis le début de l'épidémie s'élève à . d'entre elles sont décédées, et environ vivent avec le VIH. Parmi celles-ci, sont enregistrées et suivies par des établissements médicaux, et reçoivent une thérapie antivirale.
Le nombre des nouveaux cas dépistés chaque année a cessé de s'accroître, mais reste proche de , précisément de en 2020, en excluant les dépistages anonymes et les ressortissants étrangers. Un autre indicateur d'une situation très dégradée est l'augmentation du nombre de décès liés au sida, passé de en 2015 à en 2018, mais en baisse depuis (cf. graphique). La prévalence du VIH, calculée sur la base du nombre de cas dépistés, dépasse 1,5 % dans 17 régions russes, et dans trois d'entre elles (Kemerovo, Irkoutsk, Sverdlovsk) elle approche les 2 %.
La diffusion du VIH s'est accélérée dans les années 1990, principalement par la voie parentérale chez les toxicomanes, mais les relations sexuelles hétérosexuelles sont devenues la principale voie de transmission. Les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes sont, sur la base des statistiques publiées, relativement peu touchés.
Le gouvernement russe a adopté en une nouvelle stratégie fédérale pour prévenir et lutter contre l'infection par le VIH. Elle a le soutien de l'ONUSIDA et de l'OMS. Mais des obstacles importants doivent être levés pour qu'elle ait toute son efficacité : meilleure organisation du dépistage, en particulier dans le cas des groupes à risques, augmentation des taux de couverture par les thérapies antirétrovirales, effectivité des actions de prévention et de la prise en charge sanitaire des personnes appartenant aux groupes à risques, en particulier les utilisateurs de drogues injectables, pour lesquels de véritables démarches de réduction des risques ne sont pas encore engagées. La sortie de la maladie des groupes à risques, et sa diffusion dans l'ensemble de la population, soulève également des difficultés nouvelles.
Les associations et les organisations non gouvernementales contribuent significativement à la lutte contre le sida, et notamment à sa prévention. Leur action est cependant entravée par des moyens insuffisants, le manque d'appui des pouvoirs publics, et l'inscription de certaines d'entre elles sur une liste des agents de l'étranger les expose à des amendes et des sanctions administratives.
La lutte contre l'infection par le VIH bute également sur des groupes de pression privilégiant la défense des valeurs traditionnelles à la prévention du sida ou en déniant l'existence, sur des dispositions réglementaires qui font obstacle à l'action en direction des groupes à risques, et sur les discriminations à l'encontre des personnes séropositives, auxquelles la stratégie fédérale déclare vouloir s'attaquer.
Historique Pendant longtemps, la guerre froide empêchait les déplacements de personnes entrant ou sortant du bloc de l'Est, sauf rares exceptions, limitant ainsi la propagation du virus.
En 1986, le premier cas est rapporté, concernant un soldat revenant d'Afrique, qui contamine avec lesquels il a des relations sexuelles. D'autres cas d'infection par le VIH sont également constatés en 1987 en Ukraine, dans le port d'Odessa, ainsi qu'en Russie..
Les autorités ont une réaction de stigmatisation et associent le sida à un mode de vie occidental et corrompu. Dans le contexte d'instabilité politique de la perestroïka, l'homosexualité et les questions de santé reproductive ne peuvent être abordées dans une logique de prévention, et aucune campagne de prévention n'est engagée. En revanche des tests de dépistage massifs sont réalisés sans le consentement des personnes, et la recherche des contacts sexuels des personnes séropositives est faite de façon agressive..
Le principal vecteur de transmission du VIH est cependant dès le début de l'épidémie la voie parentérale, avec l'utilisation de matériel d'injection non stérilisé par les usagers de drogues injectables, principalement les héroïnomanes.
La prostitution, liée ou non à l'usage de drogue, qui se serait fortement développée dans la période d'effondrement économique des années 1990, est également un facteur de diffusion du VIH. Plus généralement, l'insuffisance de la prévention des maladies sexuellement transmissibles est attestée par leur niveau élevé (en 1995, selon les statistiques officielles, de cas de MST sont recensés en Russie).
Des contaminations se produisent également dans les établissements de soins, lors de transfusions sanguines, touchant notamment dans des hôpitaux en 1988 et 1999, dont la tragique vague de contaminations par le VIH d'Elista. Elles conduisent à la création d'un établissement hospitalier pour accueillir ces enfants à Saint-Pétersbourg..
Certaines régions sont plus fortement touchées et deviennent des foyers de diffusion du VIH, essentiellement en Sibérie, mais aussi dans l'Oural et la région de la Volga, en raison de connexions avec le trafic et l'usage de drogues injectables, conjuguées à de fortes mobilités des populations.
En 1995, les pouvoirs publics commencent à se préoccuper de la situation épidémiologique, et une loi fédérale est adoptée. Une centaine d'organismes gouvernementaux et non gouvernementaux développent des actions de terrain.
Cependant, l'incidence de l'infection par le VIH augmente brutalement à partir de 1999. Les usagers de drogues injectables représentent alors près de 70 % des personnes infectées par le VIH, mais le virus se diffuse de plus en plus par la voie des relations sexuelles hétérosexuelles, et cette voie de contamination devient pour la première fois majoritaire en 2018. Les femmes sont de plus en plus touchées par l'infection par le VIH.
Le Fonds mondial de lutte contre le SIDA commence à financer en 2004 des programmes de soins en Russie, à l'attention notamment des migrants qui ne peuvent bénéficier des financements russes. Un plan d'action commun est élaboré avec l'OMS, avec également le soutien de la Banque mondiale.. À la suite de la deuxième Conférence d'Europe de l'Est et d'Asie centrale sur le sida (EECAAC II) organisée à Moscou en 2008., le fonds élargit son soutien, notamment à des programmes de réduction des risques en direction des usagers de drogues injectables.. Après des débats tendus sur le recours à la méthadone., ces programmes sont interrompus ou reconfigurés., et si le fonds mondial continue d'intervenir en Russie jusqu'en 2016., son action perd son caractère structurant.
Après un léger ralentissement en 2008 et 2009, la hausse du nombre de nouvelles infections dépistées chaque année continue. Face à la dégradation de la situation sanitaire, le président du conseil des ministres de la fédération de Russie, Dmitri Medvedev préside une réunion interministérielle le et donne à la ministre de la santé, Veronika Skvortsova, un délai de pour élaborer une nouvelle stratégie fédérale de prévention et de lutte contre l'infection par le VIH.. Elle sera adoptée le ..
Fin 2019, depuis le début de l'épidémie personnes ont vu dépistée une infection par le VIH. sont mortes et vivent avec le VIH, soit 0,73 % de la population. nouveaux cas d'infection ont été dépistés en 2019, chiffre pour la seconde fois depuis en baisse par rapport à l'année précédente.
Ces chiffres ne comprennent pas les personnes ne connaissant pas leur séropositivité, et le nombre des personnes des personnes infectées par le VIH est généralement estimé à 1,5 million, proche du seuil de 1 % de la population considéré par les autorités russes comme celui d'une épidémie.
Selon l'ONUSIDA, la Russie est l'un des pays où le nombre de personnes infectées par le VIH a la plus forte augmentation. C'est en Europe de l'Est et en Asie centrale que le nombre de nouveaux cas a explosé (+57 %) ces cinq dernières années et 80 % d'entre eux ont été signalés en Russie (10 % en Ukraine)..
Statistiques Remarques générales
Principales sources statistiques Il n'y a pas en Russie d'outils de modélisation épidémiologique analogues à ceux utilisés, par exemple, par l'OMS, pour calculer le nombre de personnes séropositives. Les données disponibles sont des données observées, collationnées pour la plupart par les centres régionaux de prévention et de lutte contre le sida constitués dans les différents sujets de la Fédération. Elles sont parfois incomplètes, en cas de remontées partielles d'un ou plusieurs centres. Surtout, elles ne comprennent pas, par construction, les personnes infectées par le VIH non dépistées, et pour une partie des statistiques, celles non enregistrées dans un établissement de soin.
Les données sur le nombre de personnes dépistées séropositives, avec des ventilations par mode de contamination, par sexe, par âge et par région, ont été publiées régulièrement par le Centre fédéral de prévention et de lutte contre le sida ( Федеральный научно-методический центр по профилактике и борьбе со СПИДом)., qui est rattaché au Service fédéral de surveillance des droits des consommateurs et du bien-être humain, ou Rospotrebnadzor ( Роспотребнадзор). Le dernier bulletin détaillé de ce centre porte sur l'année 2019.
Le service fédéral des statistiques publie également des statistiques sur la morbidité et la mortalité liées au sida issues du ministère fédéral de la santé.. Le ministère de la santé a rendu publiques, notamment dans la stratégie fédérale adoptée le , des données supplémentaires sur la prise en charge des personnes séropositives et la couverture par les traitements antirétroviraux. Elle apparaissent également dans les rapports du Centre fédéral de prévention et de lutte contre le sida, publiés plusieurs fois dans l'année.
Sauf exception, ces statistiques ne portent que sur les citoyens de la fédération de Russie, et n'intègrent pas les personnes étrangères présentes sur le territoire fédéral. Elles comprennent en revanche depuis 2013 les habitants de la Crimée, dont le rattachement à la fédération de Russie n'est pas reconnu par la communauté internationale..
Écart avec la communication du ministère fédéral de la santé En 2016, le ministère fédéral de la santé a commencé à communiquer sur d'autres chiffres que ceux du Centre fédéral de prévention et de lutte contre le sida. Il a ainsi fait état en de chiffres différents... Ils montraientt une baisse brutale du nombre de personnes pour lesquelles une infection par le VIH a été dépistée entre 2016 et 2017, de à . Le second de ces chiffres correspondait à celui des personnes enregistrées dans un établissement de soins, qui est en 2016 de ., et il n'a jamais approché ou dépassé les (sa valeur est de en 2015.). La méthode consistant à comparer des données issues de deux séries différentes est critiquable et critiquée.
Depuis, la confusion a continué à être entretenue dans les déclarations politiques sur l'évolution du nombre des personnes infectées par le VIH et du nombre des nouveaux cas dépistés, notamment en 2020. L'explication de l'écart donnée par le ministère de la santé est qu'un même cas de séropositivité peut avoir été dépisté plusieurs fois., ce qui n'est pas démontré, alors que l'essentiel de l'écart correspond à des personnes infectées par le VIH, mais qui ne sont pas enregistrées (sans domicile fixe, migrants internes à la fédération de Russie, ....).
Infection par le VIH
Situation à la fin 2020
En 2020, le sida en Russie a été détecté dans 940856 cas (% de l'Europe de l'ONU) dont 59598 nouveaux cas en 2020 (% de l'Europe de l'ONU). Le taux de détection de 54,9 par 100 000 en 2019 en baisse reste le plus haut des pays européen devant l'Ukraine (38,8).