Jean-Joseph-Victor Genissieu, né le à Chabeuil (généralité de Grenoble, actuel département de la Drôme), mort le 16 vendémiaire an XIII () à Paris (ancien 10e arrondissement), est un avocat et un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Sous l'Ancien régime Son père, Joseph Genissieu, est notaire royal à Chabeuil. Son frère cadet, André Aymé Ferdinand Génissieu, né en 1756 à Chabeuil, mort en 1835 à Jegun (département du Gers), est nommé commissaire des guerres le 23 germinal an III (le ).

Sous l'Ancien régime, Jean-Joseph-Victor Genissieu est avocat au parlement du Dauphiné.

Mandat à la Convention vignette|Rapport fait par Genissieu, sur la réclamation de Léger-Félicité Sonthonax.

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jean-Joseph-Victor Genissieu, alors juge près le tribunal de Grenoble, est élu député du département de l'Isère, le neuvième et dernier, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Plaine. Le , il est élu membre suppléant du Comité de sûreté générale ; le renouvellement du Comité, composé à majorité de Girondins, provoque la colère des députés de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, rejette l'appel au peuple mais se prononce en faveur du sursis à l'exécution de la peine : D'après la déclaration que Louis est coupable de conspiration contre la liberté et d'attentats contre la sûreté générale de l’État, je cherche dans les lois quelle est la peine qui doit lui être infligée, et je lis dans le Code pénal la mort. [...] j'écarte toutes les objections de la prétendue inviolabilité ; je me demande ensuite si, selon les règles de la justice, il a mérité la peine de mort, et ai la conviction intime. Je vote, en conséquence, pour la mort mais avec la restriction de Mailhe.Le , alors que Genissieu intervient à la tribune sur un projet d'organisation de l'armée, une violente altercation l'oppose à Jean-Paul Marat. Le , il s'abstient de voter lors du scrutin sur la mise en accusation de Marat :Citoyens, vous n'avez pas oublié la scène malheureusement scandaleuse à laquelle Marat donna dernièrement lieu à la tribune, et où je fus acteur. Depuis, il m'a injurié dans une de ses feuilles. Je n'en ai pas de ressentiment contre lui, parce que je ne l'estime pas. Je sens donc que je pourrais voter avec impartialité ; mais je ne veux pas lui fournir une arme. [...] je m'abstiens de voter. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze.

Le 18 vendémiaire an III (le ), il est envoyé en mission dans les départements de l'Orne et de la Sarthe. Le 17 fructidor (le ), il appuie les décrets qui rayent de la liste des émigrés le général Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac et Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

Le 16 vendémiaire an IV (le ), Genissieu est élu président de la Convention et ses secrétaires sont Claude Gleizal (député de l'Ardèche), Philippe-Laurent Pons (député de la Meuse) et Alexandre Villetard (député de l'Yonne). Le 4 brumaire (), il préside la Convention lors de la séance de clôture : Je déclare la séance levée. Union, Amitié, Concorde entre tous les Français, c'est le moyen de sauver la République. [...] La Convention nationale déclare que sa mission est remplie, et que la session est terminée.

Mandat au Cinq-Cents Sous le Directoire, Jean-Joseph-Victor Genissieu est réélu député de l'Isère et siège au Conseil des Cinq-Cents. Le 29 et le 30 frimaire an IV (le 20 et le ), aux côtés de Charles Goupilleau (député de Vendée), il dénonce Jean-Jacques Aymé (député de la Drôme) qu'il accuse d'être l'un des meneurs des compagnies de Jéhu.

Le 15 nivôse an IV (le ), il est désigné ministre de la Justice. Il est remplacé le 12 germinal (le ) par Philippe-Antoine Merlin.

Lors des élections législatives de 1798, Genissieu est réélu député au Conseil des Cinq-Cents et son élection est confirmée par la loi du 22 floréal an VI ().

Le messidor an VII (le ), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Pierre Augereau (député de Haute-Garonne), Joseph Jouye de Grandmaison (député de la Gironde), François Lamarque (député de la Dordogne), Louis Pouret-Roqueries (député de la Manche).

Sous le Consulat À l'issue du coup d’État du 18 brumaire (), Genissieu est nommé juge au tribunal d'appel de la Seine. Il meurt le 16 vendémiaire an XIII () à Paris.

Odonymie Une place porte le nom de Genissieu à Chabeuil, sa ville natale, ainsi qu'à Grenoble et qu'à Valence.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des députés de l'Isère Histoire de l'Isère

Liens externes

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