Cet article traite des conventions et des usages de lodonymie en France.

Histoire thumb|Angle de la rue de Turenne, dans le de Paris : la plaque mentionne le nom actuel de la voie, tandis que son ancien nom — rue de Boucherat — est toujours visible, gravé dans la pierre de l'immeuble. Il est possible de distinguer plusieurs époques où l'on observe une typologie similaire des noms de rue sur le territoire français : Moyen Âge : à la fin du , avec l'extension et le peuplement des villes comme Paris, la nécessité se fait sentir de distinguer les maisons les unes des autres.. Les dénominations répondent à cette époque à une logique fonctionnelle. Le nom de la voie est celui du lieu qu'elle dessert, ce lieu étant religieux (« place de l'Église », « ») ou civil (« place du marché », « », noms souvent en référence aux métiers qui sont regroupés dans une rue qui en prend le nom ou des « maisons où pend l'enseigne »), etc. À partir de 1600, sur une idée du duc de Sully, les rues adoptent des noms n'ayant pas de rapport direct avec le lieu désigné, alors que leur dénomination devient progressivement un monopole public et royal : d'après le chercheur Dominique Badariotti, ce dernier . ; Révolution française : la débaptisation est relativement courante, les instances révolutionnaires ne changeant pas seulement les noms des rues mais aussi des villes. Des « rues de la Liberté », « » ou des « places de la Nation » apparaissent dans la plupart des cités, et de nombreuses rues royales sont renommées en rues nationales ; Premier Empire : déjà sous le Directoire, la débaptisation s'essouffle. Sous l'Empire le phénomène s'inverse et les « » ou « » sont réintroduites. C'est aussi l'époque de l'apparition des noms de généraux et de victoires militaires dans les villes françaises : « rue de Wagram », « rue Ney », etc. ; Fin du : la guerre franco-prussienne de 1870 et l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par l'Allemagne, incitent de nombreuses communes à créer des boulevards et rues de , , d', etc. : l'éclectisme domine. Les courants principaux sont les personnages célèbres — majoritairement masculins —, les régions géographiques et les pays (« », « rue du Japon », « rue de Brest », etc.) et enfin les références à la nature (« », « rue des Alouettes », etc.).

Statistiques En 2016 en France, les quinze odonymes suivants sont les plus fréquemment cités sur les plans des rues... Ces données sont tirées du fichier FANTOIR, produit et utilisé par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) pour l'édition et l'émission des feuilles d'impôts. Sa mise à jour est trimestrielle.. + Odonymes les plus courants en France en 2009 Voie Occurrences 1 2 Place de l'Église 3 4 Rue du Moulin 5 Place de la Mairie 6 7 8 Rue de la Gare 9 Rue de la Mairie 10 11 Rue du Stade 12 13 Louis Pasteur est donc la personnalité possédant le plus de rues à son nom, devant Victor Hugo. 14 15

En 2016, la liste des 200 noms de personnalités les plus donnés aux voies françaises (rues, boulevards, avenues, etc.)200 noms propres de personnalités les plus présents sur les plaques de rues françaises montre qu'il s'agit essentiellement des hommes de littérature et du monde politique, loin devant ceux du monde scientifique et du monde militaire. Cette liste comprend en premier le général de Gaulle (incarnation de l’homme providentiel, héros de la Résistance, libérateur du pays et figure tutélaire de la République) avec plus de dont et 21 quais ; Louis Pasteur (archétype du savant qui contribue au progrès humain) avec ; Victor Hugo (incarnation de l’écrivain total et engagé) avec ; Jean Jaurès avec et Jean Moulin avec . Si l'on excepte la mention « Notre-Dame », Marie Curie est la première femme à apparaître dans la liste, en position, avec 999 occurrences. Au total, sont présentes, soit 7,5 % de l’effectif total.

Plusieurs odonymes rappelant des dates importantes de l'histoire de France approchent ou dépassent également le millier d'occurrences, si on cumule les types de voies et les variantes orthographiques ; entre autres :

Types de voie Les villes françaises utilisent plusieurs noms, définissant plus ou moins le type de voie qu'ils désignent ; en incluant les langues régionales, il en existe plusieurs centaines.

On peut citer :

Mais aussi :

La plupart de ces noms de voies peuvent être complétés d'adjectifs qui créent autant de variantes. Ces adjectifs sont par exemple :

Grand(e)- : rue, place, boulevard, parvis, voie, route, etc. Grand'rue Ancien(ne)- : route, chemin, voie, place, etc. Nouveau (nouvelle)- : rue, chemin, voie, etc. Long(ue)- : rue, etc.

Les dénominations suivantes s'appliquent à des voies qui ne sont pas des rues, soit parce qu'elles ne se trouvent pas en zone urbaine, soit qu'elles en sont complètement isolées. Ces voies ne remplissent donc qu'une fonction de circulation exclusivement :

Autoroute f. Bretelle f.

On peut également citer comme voies au nom particulier : le Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II, la Canebière, ainsi que le Petit-Pont-Cardinal-Lustiger (officiellement Pont Petit Pont-Cardinal Lustiger selon le plan du cadastre de la ville de Paris).

Curiosité Dans les parties du territoire qui avaient pour langue courante une langue autre que le français, il arrive parfois que certains odonymes soient en réalité des répétitions, reprenant la désignation du lieu en langue locale.

Les exemples ci-après se situent dans les pays de langue d'oc : Place du Plan, à Sumène Rue de la Carrière à Agde Ruelle le Carrerot à Bordes Chemin du Caminet à Lauris Allée du Balouard à Saverdun Promenade Passéjade de la Séoube, à Bernadets-Dessus Impasse de l'Androne à Saint-Étienne-des-Sorts

Dans l'est du territoire roman, l'odonymie francophone subit l'influence des langues germaniques, dans lesquelles le déterminant précède normalement le déterminé. On trouve ainsi à Metz une Fournirue, une Nexirue, une Chaplerue ou encore une JurueDe même que l'on trouve en Belgique une Bergerue (à Liège) et une Crapaurue (à Verviers), mais aussi Féronstrée (Rue des Ferronniers, à Liège), où strée provient du wallon, issu du latin (via) strata (cf. l'ancien français estrée ou l'allemand Straße).. Ces odonymes s'emploient avec la proposition « en » : par exemple, « l'hôtel de Gargan est situé en Nexirue », et non « rue Nexirue ».

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

et sur France-Culture, en , rediff. en décembre 2023.

Articles connexes

Listes de voies par ville

Autres articles Odonymie Fichier Annuaire Topographique Initialisé Réduit Vingt-Quatre-Avril (odonyme) Dictionnaire historique des rues de Paris

Liens externes Dénomination et changement de nom de rue : enjeu politique, enjeux de mémoire Liste des monographies odonymiques communales publiées jusqu’en 2016 pour l'ensemble de la France, sur le site du Centre d'onomastique des Archives nationales.

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