Alain Lacoursière ( à Saint-Casimir, Québec, Canada) est un policier canadien (québécois) qui s'est spécialisé dans les au Canada en quatrième de couverture. Il est surnommé , car il utilise des méthodes inhabituelles pour résoudre certaines affaires criminelles, dont le recours aux médias.. Son insubordination régulière et son intérêt affirmé pour l'art, tous deux peu communs parmi les policiers, lui ont valu d'être régulièrement traité en paria par ses collègues, même s'il a connu un succès notable dans ses enquêtes. Il a pris sa retraite de la police en 2010 et continue à s'intéresser aux œuvres d'art.

Biographie Jeunesse Alain Lacoursière, l'aîné d'une famille de trois enfants, naît le à Saint-Casimir, Québec au Canada. Sa mère tient la maison, alors que son père est propriétaire d'un magasin d'appareils électroniques et de meubles. À l'âge de 13 ans, Alain travaille pour le compte de son père : il est vendeur, transporte de la marchandise par camion et s'occupe de monter des systèmes audio utilisés lors de discours ou de conférences.

À l'école, il rejette l'autorité et se bagarre régulièrement, ce qui lui vaut plusieurs punitions. Pendant sa troisième secondaire, il apprend les rudiments de la peinture, choisissant des thèmes qui choquent le religieux qui lui enseigne. Plus tard, Lacoursière fonde un club de motards près de chez lui et fréquente les bars même s'il est mineur. À cause des activités à son club, il est en contact avec les gangs de motards criminalisés de la région et consomme de la drogue. À la fin des années 1970, plusieurs de ses amis suivent une formation dans le but de devenir policiers, sa famille est liée à quelques policiers et lui est attiré par les enquêtes et les criminels, raisons qui l'incitent à suivre une formation pour devenir policier. En , la police de Montréal l'embauche.

À l'emploi de la police de Montréal , il est affecté aux escouades spéciales du centre-ville. Il est agent double pendant deux ans, recueillant des preuves contre des criminels en fréquentant les Québécisme pour désigner les bars...

Habitué à s'opposer à l'autorité, Lacoursière prend régulièrement des initiatives qui importunent ses supérieurs. Par exemple, en 1991, des bagarres se déclenchent régulièrement sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal au moment où les bars ferment à 3 heures du matin. Pour calmer les esprits, Lacoursière propose d'interdire la circulation automobile sur cette rue pendant une heure. Un supérieur s'oppose, car . Lacoursière reçoit suffisamment d'appuis pour faire appliquer son idée. et les policiers cessent de fermer la rue. En , il est superviseur à l'escouade de la moralité de la police de Montréal, qui intervient aussi à Saint-Léonard. À cette époque, plusieurs bars clandestins y prospèrent, car . Après un échange verbal avec un mafioso au palais de justice de Montréal, il déclare à un journaliste de TQS que la mafia locale contrôle la vie politique de Saint-Léonard. Le maire de l'époque, Frank Zampino, menace de poursuivre la police de Montréal pour diffamation. Lacoursière refusant de s'excuser, c'est l'un de ses supérieurs qui le fera.

En 1989, il visite d', dont le musée Rodin à trois reprises. De retour à Montréal, il suit des cours sur l'art à l'Université de Montréal : .

En 1991, Lacoursière fréquente régulièrement Paolo Cotroni, fils du parrain de la mafia montréalaise Frank Cotroni. Ses collègues n'apprécient pas, mais Lacoursière maintient ce genre de relations, car il . En , profitant de son passage près de la résidence de Paolo Cotroni, Lacoursière demande à visiter la maison. Alors qu'il est sur place, il reçoit un message sur téléavertisseur de rappeler une policière. Utilisant le téléphone de Cotroni, il apprend en langage codé qu'une opération de descente sera lancée dans la nuit contre l'un des bars contrôlés par Frank Cotroni. Cet appel lui apportera plusieurs soucis, car la police de Montréal a mis sur écoute la ligne téléphonique de Paolo Cotroni. Après un an de procédures internes, elle le suspend de ses fonctions pendant une journée. Pour Lacoursière, et il ne veut plus travailler à l'escouade de la moralité. À la fin 1992, il est muté à sa demande au quartier Côte-des-Neiges, près de l'Université de Montréal où il veut continuer à étudier l'art. Après neuf ans d'études, il obtient son baccalauréat en histoire de l'art en 1998.

thumb|left|Le Penseur d'Auguste Rodin. Photographie prise au musée Rodin en février 2005

En 1993, il téléphone à la journaliste Nathalie Petrowski, alors à l'emploi de La Presse à Montréal, et se présente sous le nom d'Antoine. Il dénonce (1) la du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), (2) la réaction de ses supérieurs lors de sa sortie publique contre les élus de Saint-Léonard en et (3) les petites arrestations qui permettent aux policiers d'accumuler des heures supplémentaires. Petrowski le qualifie de . Le SPVM lance une enquête interne pour prouver qu'il est Antoine, mais elle n'aboutit pas.

En 1993, il devient l'ami de Serge Lemoyne, peintre qui choque par ses habillements et ses comportements. Lemoyne se plaint que son propriétaire lui a volé des peintures, ce qui est en partie vrai, car il avait offert de payer son loyer avec des peintures, mais le propriétaire en avait emportés plus qu'entendu. Malgré les démarches de Lacoursière, les toiles ne seront jamais retournées. Par la suite, il aidera Lemoyne pendant plusieurs années, jusqu'à ce que l'artiste décède d'un cancer en 1998.

En 1993, Lacoursière crée une sur les crimes liés à l'art. La même année, grâce à sa banque de données, il découvre un tapis persan mis en vente aux enchères à Montréal qui appartient à un marchand de tapis de New York. Le jour de l'arrestation des voleurs, Lacoursière remet, de façon illégale, le tapis au gérant du magasin new-yorkais. Il sait de façon quasi certaine que les criminels seront remis en liberté, car le marchand de tapis de New York ne veut pas témoigner en personne à Montréal. Il sait également que les deux criminels, des Polonais, ne sont pas citoyens canadiens et ont foulé illégalement le sol américain pour réaliser leur vol. Il est donc très peu probable qu'ils se plaignent.

Dans les années 1990, le SPVM met en place un escouade pour lutter contre les crimes liés à l'art. À cette époque, plusieurs résidences luxueuses de Westmount et d'Outremont sont en effet le théâtre de vols d'œuvres d'art. Par exemple, sur l'avenue Maplewood à Outremont en , des voleurs s'emparent d'une peinture de Corot valant , de , qui ne seront jamais retrouvés. En , un enquêteur de l'escouade demande à Lacoursière de l'aider à évaluer et identifier les objets volés par Tamas Pikethy, un natif d'Europe centrale. Après plusieurs années de travail, l'escouade parvient à faire condamner Pikethy pour certains vols, mais en 2010, elle ignore toujours où se trouve la plupart des objets volés par Pikethy et ses complices.

Dans les années 1990, le marché de l'art est peu réglementé au Québec, ce qui permet la réalisation de différentes fraudes. Par exemple, en , des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) font plusieurs perquisitions, dont une au domicile de la chanteuse Michèle Richard. Son conjoint, Yves Demers, et deux autres hommes sont en effet impliqués dans une . Le trio sollicite des professionnels à la recherche d'abris fiscaux. Le trio propose à chacun d'acheter des tableaux d'artistes canadiens, dont une partie de la valeur est déductible d'impôt. Quelque temps après que la vente est réalisée, le trio relance chaque acheteur pour lui dire qu'il peut réaliser un profit , car un acheteur potentiel s'est manifesté. Souvent, le premier acheteur accepte, heureux de réaliser aussi rapidement un profit. Le trio lui propose alors d'acheter un tableau de plus grande valeur avec l'argent de la vente. Ces achats et ventes multiples entre plusieurs acheteurs qui ne se connaissent pas permettent au trio de faire augmenter de façon graduelle le prix d'un même tableau. Lorsqu'un acheteur demande d'avoir la toile en mains propres, le trio peut invoquer qu'elle est exposée ou qu'elle est lithographiée. Après quelques mois, le trio coupe les communications avec l'acheteur, qui perd son argent. Pour évaluer l'ampleur de la fraude, mise à jour dans la région de la ville de Québec, la SQ fait appel aux services de Lacoursière, qui travaille à Montréal. La fraude aurait touché et le trio aurait « jonglé » avec .

En , pour défendre son chat et son chien, Lacoursière tire deux balles de son revolver de service en direction d'un raton laveur. Il subit à nouveau une enquête interne du SPVM, qui le suspend pendant une semaine. Le ministère de l'Environnement du Québec lance aussi une enquête pour déterminer si Lacoursière a contrevenu à la loi sur les animaux sauvages, mais abandonne après une semaine de travaux. Le service des enquêtes internes du SPVM tente de faire accuser criminellement Lacoursière, mais les avocats de la Couronne affirment que les preuves sont insuffisantes pour le faire condamner. Ces expériences .

En , Lacoursière est muté au centre d'enquêtes du centre-ville. Son patron, Denis Bergeron, lui demande de s'occuper des crimes liés à l'art, ce qui rend Lacoursière . Cependant, au printemps 1998, un nouveau patron l'oblige à procéder à une évaluation de chaque affaire avant de lancer une enquête et celui-ci ne considère pas les crimes liés à l'art comme importants. Malgré l'opposition de son supérieur, Lacoursière mène plusieurs enquêtes sur ces crimes. Au printemps 1999, Serge Randez, , demande à Lacoursière de se joindre à son équipe. Randez détient une importante collection d'armes blanches, visite régulièrement les musées et n'est pas effrayé par les policiers insubordonnés, du moment qu'ils obtiennent des résultats.

En , Lacoursière reçoit un appel d'un galeriste qui se plaint de deux hommes qui lui proposent plusieurs tableaux. Il intervient à la galerie d'art et met des toiles dans le coffre de son automobile. Poursuivi par les deux hommes, le policier leur tend un piège, ce qui mène à leur arrestation. Toutefois, Lacoursière ne peut prouver qu'il y a recel ou vol, car il ne peut identifier le propriétaire des tableaux qu'il a en main. Le lendemain soir, il apprend qu'ils appartiennent au musée du Collège de Lévis. Les tableaux ont été volés quatre mois plus tôt lors d'une exposition temporaire. En fouillant dans le passé des deux hommes emprisonnés, Lacoursière déduit que les deux ont perpétré un vol de tableaux en . Après s'être entendus avec les deux, le policier les fait libérer et ils lui remettront quelques semaines plus tard les toiles volées.