Philippe-Auguste de Sainte-Foy, chevalier d'Arcq (ou d'Arc), dit le « comte de Sainte-Foy », né à Paris le , mort à Paris le , est un militaire et homme de lettres français du .
Après une courte mais brillante carrière militaire dans la cavalerie, ce petit-fils de Louis XIV a mené une vie brillante de littérateur, notamment pour ses essais abordant plusieurs aspects de la société de la fin du . Exilé par Louis XVI à Montauban, il rejoint Paris durant la Révolution et correspond avec plusieurs protagonistes de la Convention. Sa correspondance et le témoignage des Conventionnels le sauvent du tribunal révolutionnaire.
Biographie Naissance et jeunesse Philippe-Auguste de Sainte-Foy est le fils naturel de Louis-Alexandre de Bourbon, Comte de Toulouse et Amiral de France, lui-même fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan. Sa mère est Madeleine Aumont, une femme d'origine modeste. Philippe-Auguste de Sainte-Foy est donc un petit-fils du Roi-Soleil. Son acte de baptême (du en la paroisse Saint-Eustache, à Paris) le donne pour fils de Louis-Alexandre de Sainte-Foy, officier de marine (nom et fonction d'emprunt du père)Edouard Forestié Neveu, Le comte de Sainte Foy chevalier d'Arcq Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne VI 1878 page 9.. Il est élevé dans l'entourage paternel et reçoit une éducation très soignée. Par testament, il reçoit une rente annuelle de Edouard Forestié Neveu, op. cit. Jean Duma, Les Bourbon-Penthièvre (1678-179 - Une nébuleuse aristocratique au , Publications de la Sorbonne, Paris, 1995, ..
Carrière militaire du chevalier d'Arcq Il entre dans la première compagnie de mousquetaires du roi, sous le nom de chevalier d'Arcq (une terre relevant du Duché-Pairie de Château-Villain, en Champagne). Puis, il reçoit le brevet de capitaine d'une compagnie de cavalerie.
Il participe à la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), en tant que capitaine au régiment Royal-Cravates cavalerieJean-Pierre Brancourt, article "Un théoricien de la société au XVIII e siècle : le chevalier d'Arcq", Revue historique, T. 250, Fasc. 2 (508) (OCTOBRE-DÉCEMBRE 1973), . Il prend ainsi part, lors de ce conflit, à la bataille de Dettingen () puis à celle de Fontenoy (), avant d'être remarqué en accomplissant une périlleuse action d'éclat durant la bataille de Lauffeld (). Il quitte la carrière militaire après le traité d'Aix-la-Chapelle (1748)Edouard Forestié Neveu, op.cit, .
Vie littéraire et mondaine du chevalier d'Arcq Dans les années suivantes, le chevalier d'Arcq se consacre à l'écriture (romans et essais). Son travail le plus important est intitulé La Noblesse militaire ou le Patriote français de 1756, écrit en réplique au livre La Noblesse commerçante, de l’abbé Coyer. Le chevalier d'Arcq est partisan d'instaurer l'exclusivité de la vocation militaire de la noblesse, contrairement aux suggestions de l'abbé. Il est également favorable à l'établissement d'une concordance entre le titre nobiliaire et le mérite militaire. Il propose enfin que les citoyens roturiers accèdent à la noblesse personnelle selon leurs états de service. Cet essai fait grand bruit à sa publication. De 1756 à 1758, il participe au Journal étrangerVoir le site du Centre International d'Étude du et l'article sur le Journal étranger à l'adresse : http://c18.net/dp/dp.php?no=732..
En parallèle à ses activités littéraires, il mène une vie luxueuse et galante très dispendieuse. Il est également l'amant et le protégé de Marie-Madeleine de Cusacque, comtesse de Langeac, à l'époque où celle-ci est également la maîtresse officielle du comte Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, ministre d'État de Louis XV. Le chevalier d'Arcq organise des fêtes très coûteuses. Celle du est restée célèbre pour le récit attribué à Bachaumont dans les Mémoires secretsLouis Petit de Bachaumont (attribué à) Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des Lettres en France depuis 1762 jusqu'à nos jours, vol. III, . L'extrait en question est aisément consultable sur Internet à l'adresse suivante : http://homes.chass.utoronto.ca/~trott/societe/notes/Arcq.htm.
À la fin de son règne, le roi Louis XV attribue au comte de Sainte-Foy une nouvelle pension de Edouard Forestié Neveu, op.cit. .. Le comte de Provence (le futur Louis XVIII) le nomme "Premier Fauconnier" de sa Maison.
Chicanes, procès et vieillesse En 1772, il épouse une roturière, ancienne comédienne, Anne-Marie Richard, qui est déjà la mère de sa fille, Marie-Louise-Sophie de Sainte-Foy (née le et décédée le )Le 11 février 1772 en l'église Saint-Roch.. Dès lors, il est abandonné par son demi-frère, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, ainsi que par la Cour. En , il est contraint d'engager la pension qu'il tenait de son père pour apaiser les créanciersÉdouard Forestié Neveu, , .. Dans les années qui suivent, le chevalier d'Arcq produit onze mémoires de réclamations contre son frère. En , celui-ci obtient du roi Louis XVI une mesure d'exil contre le remuant comte de Sainte-Foy, d'abord à Tulle, puis, pour des raisons de santé, à MontaubanDans son article de 1878, Forestié contredit formellement la légende d'un exil à Tulle des 1779, comme sa mort à cette date et dans cette ville, rapportée par Louis-Mayeul Chaudon Dictionnaire universel… 1779. Cette invention aura encore cours au (voir l'édition de Chaudon de 1810)..
De 1787 à 1790, le comte de Sainte-Foy publie de nombreux essais sur les maux de la société du , les solutions qu'il propose, les avertissements qu'il prodigue sur l'évolution des événements. Nous connaissons ses tristes conditions de vie grâce à ses démêlés avec l'administration fiscale et à des reconnaissances de dette.
Fin 1792, il est de nouveau à Paris, où il doit comparaître devant le Tribunal criminel, accusé « d'avoir trempé dans les conspirations de la cour »L'expression est d'Edouard Forestié.. Sa correspondance avec le général Dumouriez, citée de mémoire par Bertrand Barère, Président en fonction de la Convention, l'innocente complètementEdouard Forestié Neveu, , .. Sur les deux années qui suivent, nous ignorons tout, sauf qu'il habite avec sa fille à Paris, 181, faubourg du RouleLeur adresse figure sur leurs actes de décès : Acte -11088 et 1025100172789-11088, répertoriés par La France généalogique CEGF..
Il meurt douze jours après sa filleVoir les actes référencés ci-dessus et consultables sur le site Généanet.La trame de cet article est principalement extraite de deux textes : l'article de wikipedia en allemand et la notice bibliographique d'Edouard Forestié de 1878..
Œuvres du chevalier d'Arcq
Lettres d'Osman. 1753 Le Roman du jour, pour servir à l'histoire du siècle, Londres. 1754 Le Palais du Silence. 1754 Mes Loisirs. 1755 Apologie du genre humain. 1756 La Noblesse militaire, ou le Patriote français opposé à la noblesse commerçante. 1756 Histoire générale des guerres (deux tomes parus). 1756 Histoire du commerce et de la navigation des Anciens et des Modernes. 1758 Essais sur l'Administration. 1787 Invitation à ma Patrie en faveur de l'Humanité souffrante. 1789 De la convocation des États Généraux. 1789 Prospectus ou Idée sommaire (sur la rente). 1789 Projet d'une Contribution nationale. 1789 Mémoire présenté à l'Assemblée nationale. 1789 Observations (sur le nouvel ordre des choses). 1789 Mémoire à consulter et Consultation (sur les démêlés avec le duc de Penthièvre). 1790
Fiction
Le chevalier d'Arcq est l'un des protagonistes du roman de Mary Lafon, La Bande mystérieuse, Paris 1863.
Notes et références
Références sur le chevalier d'Arcq Article Arc in Louis-Mayeul Chaudon Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, 1779 et 1810 J.P. Brancourt, Un théoricien de la société au siècle : le chevalier d'Arcq, 1973 Édouard Forestié, Le comte de Sainte Foy Chevalier d'Arcq. Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne VI 1878, pages 9 à 28, Édouard Forestié, Histoire de l'Imprimerie… à Montauban 1894 et 2008, notes et . Maurice Souleil, Le comte de Sainte-Foy à Montauban, Recueil de l'Académie de Montauban, tome 33, années 1926-1927-1928, à 177. Michelle Nahon, Maurice Friot, Philippe-Auguste de Sainte Foy, chevalier d'Arc, oncle du roi à la mode de Bretagne, Bulletin de la Société Martinès de Pasqually 2003. Marie-Rose Labriolle, Philippe de Sainte-Foy d'Arcq - Dictionnaire des journalistes
Liens externes
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