est un film japonais réalisé par Mikio Naruse et sorti en 1951. Le film est une adaptation d'un roman homonyme de Yasunari Kawabata publié en feuilleton dans l'Asahi shimbun, de décembre 1950 à mars 1951, puis en volume la même annéeLe livre est publié en feuilleton dans le quotidien l'Asahi shimbun en 109 épisodes, du 12 décembre 1950 au 31 mars 1951, puis publié en volume le 15 juillet 1951 par le même journal..

Synopsis Dans le Japon d'après-guerre, la famille Yagi, installée à Kamakura, traverse une crise qui menace son existence. Namiko, ancienne danseuse classique devenue directrice d'une école de ballet, est liée depuis vingt ans à Takehara par un attachement amoureux secret. Elle doit également composer avec les avances de Numata, son manager. Son mari, le professeur Motoo Yagi, sait qu'elle continue de voir Takehara ; lors d'un dîner familial, il expose la situation devant leurs deux enfants, provoquant une rupture ouverte. Leur fils Takao prend la défense de sa mère et révèle que son père dissimule un compte bancaire secret alors qu’il vit aux crochets de sa femme dans la résidence d’été de la famille de celle-ci. Leur fille Shinako, danseuse prometteuse, refuse un prétendant en expliquant qu'elle craint le mariage, de peur de connaître le même sort que sa mère. Elle n’abandonne pas la danse et se produit dans Le Lac des cygnes, tandis que Takehara fait savoir à Namiko qu'il l'attend à la gare de Tokyo ; Namiko choisit finalement de retourner auprès de son mari.

Fiche technique Titre original : Titre français : La Danseuse Titre anglais : The Dancing Girl Réalisation : Mikio Naruse Scénario : Kaneto Shindō, d'après un roman de Yasunari Kawabata Photographie : Asakazu Nakai Direction artistique : Musique : Ichirō Saitō Production : Société de production : Tōhō Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc — 1,37:1 — 35 mm — son mono Genre : drame Durée : Date de sortie : Japon :

Distribution Mieko Takamine : Namiko Sō Yamamura : Motoo Yagi, son mari Mariko Okada : Shinako Yagi, leur fille : Takao Yagi, leur fils : Takehara, l’amoureux de Namiko : Numata, le manager de Namiko Isao Kimura : Nozu, un danseur ami de Shinako Reiko Ōtani : Tomoko, une danseuse amie de Shinako Heihachirō Ōkawa : Kayama, ancien professeur de danse de Shinako et ancien partenaire de Namiko, blessé à la guerre Sadako Sawamura : Mitsue : Matsuzaka : danseuse et chorégraphe pour la Extraits des ballets dansés : « Les Sylphides », « La Fantaisie de Paganini Sans doute la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov.», « Le Lac des cygnes »

Analyse Pour Catherine Russell dans , La Danseuse constitue un « film de transition important » dans l'œuvre de Naruse, qui y redéploie certains procédés mélodramatiques flamboyants hérités de ses films des années 1930 au sein d'un récit typiquement d'après-guerre ; elle relève toutefois que les mouvements de caméra élaborés, réservés aux scènes de tension impliquant Namiko et Shinako, tendent à « nuire au poids émotionnel du drame » en se substituant au jeu des actrices dans l'expression des états psychologiques. Elle reproche au scénario de Kaneto Shindō de rester prisonnier de la structure romanesque à personnages multiples du roman de Kawabata, au point que l'intrigue centrale — la désagrégation du couple — s'y « perd », et observe que Naruse transforme le récit en un drame bourgeois traité de façon « quelque peu histrionique », se complaisant dans « la décadence de la mode et le kitsch architectural », le mobilier occidental massif paraissant « maladroit » dans les petites maisons japonaises. Elle note que Mieko Takamine, alors l'une des grandes stars du cinéma japonais, semble avoir été pensée comme un vecteur pour sa propre image, son visage impassible étant « en réalité aussi inexpressif que celui d'une poupée » ; Russell rattache ce personnage au thème qu'elle désigne comme « la malédiction de la liberté », les platitudes nostalgiques prêtées à Kawabata dans les dialogues traduisant selon elle une critique voilée de l'idéologie de l'occupation, l'adultère n'étant plus présenté comme une simple transgression mais comme le symptôme d'une société aux prises avec des libertés jugées débilitantes. Enfin, s'appuyant sur la thèse de David Pollack concernant l'esthétique de la résignation chez Kawabata — où les personnages masculins sont des « centres inactifs de galaxies narratives autour desquels des femmes étincelantes gravitent éternellement » —, elle interprète le choix final de Namiko de retourner auprès de son mari, jugé « plutôt arbitraire », comme la confirmation que l'héroïne demeure l'élément instable de l'édifice familial, la mise en scène stylisée de sa capitulation « tendant à annuler son intériorité » au profit d'un geste quasi transcendantal, en cohérence avec la résolution en deus ex machina du film.

Notes et références

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