L'église Saint-Pierre de Prades est l'église paroissiale catholique de Prades, dans le département des Pyrénées-Orientales, en France. D'origine romane, comme l'atteste son clocher , l'église est reconstruite aux . Elle doit sa renommée au retable de saint Pierre réputé le plus grand retable baroque de France et à la richesse de son trésor.

Localisation L'église est située au cœur de l'ancienne région du Conflent dans le département français des Pyrénées-Orientales, au centre des vieux quartiers de la sous-préfecture de Prades. Elle s'inscrit avec son parvis et la place de la République, dans un ilot arrondiVoir sur google map et google earth. vignette|centre|L'église se situe au cœur du Conflent, sous le pic du Canigou.

Historique

Entre et le marquis de Gothie Sunifred donne sa villa de Prades (Prata) qu'il tient de Charles le Chauve à l'Abbaye de Lagrasse nouvellement fondée. Le cœur de la ville et l'église en son centre restent une dépendance de l'abbaye jusqu'à la révolution. Dès un document évoque Prades et ses églises, un faux de datant probablement de cite l'église Saint Pierre. Elle est de nouveau mentionnée dans une bulle du pape de . S'il ne reste rien de l'église du Haut Moyen Âge, sa reconstruction est entreprise au , le noyau initial de l'habitat de Prades se constitue dans le périmètre autour de l'église probablement entouré de fortificationsCet espace protégé sacré prend le nom de sagrers venant de sacraria en Catalogne ou de celleres dans le Roussillon, le cadastre actuel est le fossile de ce village ecclésial initial. thumb|Saint Pierre et le cœur de la ville, cadastre napoléonien (1807)

Probablement reconstruite au avec son clocher de type lombard qui seul subsiste de cette époque avec une partie du mur sud et du chevet, elle voit au le haut de son clocher démantelé avec les fortifications de l'enclos en représailles de la compromission de la ville, en la reconstruction est autorisée. Au elle est considérée comme un prieuré.

L'augmentation de la population rend l'édifice trop exigu à la fin du et dès ce moment des celliers sont repris et détruits par la communauté urbaine. En l'emplacement de la nouvelle église est délimité par l'évêque d'Elne et les travaux commencent en (date de la première pierre) pour s'achever par la façade occidentale, la porte est datée de . Le grand retable est commandé par les consuls de la ville et réalisé en trois ans de à . Au deux chapelles prolongent la croisée de chaque côté en et , une pierre mentionne cette date dans le transept nordAlbert Cazes (abbé), Saint-Pierre de Prada, Guide Touristique Conflent, pages 3-4.

La façade occidentale est ornée au début du d'une série d'arcades provenant du cloître de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa toute proche offertes par l'artiste George Grey Barnard en sous la condition qu'elles soient installées là. Il achète et collectionne de nombreux éléments architecturaux de Saint-Michel de Cuxa et de trois autres monastères Saint-Guilhem-le-Désert, Bonnefont-en-Comminges, Trie-en-Bigorre sur place ou déjà dispersés chez différents propriétaires; la majorité de sa collecte malgré la protection récente des monuments historiques part pour New-York où elle constituera le noyau de la collection du musée The Cloisters du Metropolitan Museum of Art. Dans les années cinquante le cloître de Saint-Michel de Cuxa est reconstruit avec les éléments qui ont pu être récupérés..

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1948.

Description L'édifice actuel, de style gothique malgré son époque de construction, est de dimensions imposantes : de long pour de large et de haut. D'aspect austère et massif avec peu d'ouvertures son apparence contraste avec la richesse et les dorures du décor et du mobilier à l'intérieur. L'église est orientée, elle est formée d'une nef unique à cinq travées flanquée entre chaque contrefort de chapelles latérales, d'un transept court prolongé au de chaque côté par une chapelle et d'un chœur carré, un peu plus étroit que la nef à une travée et à chevet droit. Le clocher carré roman flanque le mur sud de la nef.

Extérieur La façade occidentale sans décor ni ornement et le parvis donnent sur la vaste place de la République avec sa fontaine, seul grand espace restant de l'ilot ecclésial. La porte est surmontée d'une statue de saint Pierre dans une niche et plus haut d'un oculus. Sur le côté sud s'élève le clocher, de style roman, du Sur une pierre du parement de l'angle sud-ouest figure en caractère arabe 535 pouvant signifier en date de l'hégire, gravée par des artisans arabes ou Mozarabes, à l'année ., d'environ de haut. La tour est divisée en cinq niveaux séparés par des arcatures et des lésènes. Seuls les trois derniers niveaux sont percés de baies géminées, les deux niveaux inférieurs ayant à soutenir le poids de la tour. Le sommet surmonté d'une flèche en pyramide tronquée à huit pans, est daté de , la différence d'appareil contraste avec les pierres soigneusement appareillées de l'époque romane. Surmonté d'un campanile, le clocher bénéficie de restaurations importantes qui se terminent en avec la nouvelle pose de la grosse cloche de , , réparé par Bodet campanaire.L'église de Prades (66) et son clocher, un film produit par la ville de Prades, 2022, sur www.youtube.com.. Le mur méridional des travées entre la façade occidentale et le clocher possède encore deux baies romanes en plein cintre, l'une étant obstruée; cette construction datée du peut correspondre à un reste du mur méridional de la nef romane. L'accès à la visite du trésor de l'église se fait par une porte au niveau du clocher. Au sud du chevet une chapelle carrée se terminant par une abside arrondie a son pendant côté nord, elle intègre une ancienne tour des remparts..

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Intérieur Le retable monumental qui occupe tout le fond du chœur fait la célébrité de l'église. La richesse du mobilier, les nombreux retables des chapelles latérales, la statuaire et les nombreux reliquaires de la salle du trésor, résultent non seulement de la richesse de la ville aux , mais aussi de l'apport du trésor et du mobilier de Saint-Michel de Cuxa et d'autres chapelles détruites au .

L'obscurité de l'église, due à son manque d'ouvertures, contraste avec les dorures du retable principal et des chapelles latérales.

Les cinq travées de la nef sont voûtées en croisée d'ogive séparées par des arcs en anse de panier, des arcs en plein cintre ouvrent sur les chapelles latérales voutées d'ogives avec liernes et formerets, une clé de voûte figurative caractérise chaque chapelle. Le mur de l'étage supérieur, au-dessus des arcs en plein cintre, légèrement en retrait permet à une passerelle de faire le tour de la nef et du chevet..

La nef et les chapelles latérales sont recouvertes de décors et de peintures murales de Léo Polge qui signe son œuvre en . Ces peintures sont restaurées en . La principale peinture murale occupe le mur occidental au-dessus de l'orgue : L'exaltation de Pierre avec saint Pierre accompagné de groupes d'anges en ascension et plus bas de chaque côté les 13 apôtres..

Retable monumental Le grand retable du maître-autel aussi appelé Le triomphe de saint Pierre est une commande des consuls de la ville en à un jeune catalan de né à Manresa., Joseph Sunyer, le contrat stipule qu'il doit être construit en trois ans pour Le notaire et consul de la ville devant qui est signé l'acte s'appelle également Josep Sunyer et sa famille est originaire de Barcelone, il le termine en avec trois mois d'avance. En bois sculpté peint et doré il est constitué d'un triptyque s'élevant jusqu'en haut de la voûte et occupant toute la largeur du fond du chœur, environ de haut sur de large; il est considéré comme étant le plus grand retable baroque de France. L'importance inhabituelle de la statue centrale colossale de saint Pierre, plus de trois mètres de haut et deux mètres de large, présenté avec tous les signes de la papauté est à l'origine d'un proverbe catalan caractérisant une personne orgueilleuse :" grand comme le Saint Pierre de Prades ". Le style baroque catalan et la référence appuyée à la papauté sont à l'origine de la polémique entre les consuls de Prades et l'évêque d'Elne-Perpignan, Jean-Hervé Bazan de Flamanville proche du Classicisme en vogue à la cour et du gallicanisme de l'église de FranceDans les délibérations de la ville de il est noté que l'évêque demande à l'occasion de sa visite « que la présente ville tire le banc du consulat du lieu et place où depuis toujours il a été. Comme aussi de tirer l’image de Saint-Pierre du grand autel de l’église de la présente ville et a interdit le dit autel. Il a ordonné plusieurs autres choses qui n’est pas possible. » . Classé en il est restauré en .

Description

La partie médiane est occupée par la grande statue du premier pape saint Pierre bénissant assis; au-dessus de lui les armoiries de la papauté surmontées de l'Assomption de Marie, au-dessus, Dieu le Père et l'Esprit-Saint. Au registre inférieur, au centre, une peinture du Bon Pasteur datée de .

Sur les parties latérales de gauche à droite les tableaux sculptés représentent : registre inférieur la vocation de Pierre et Pierre marchant sur les eaux inspirés d'illustrations de Nicolas Poussin deuxième registre la remise des clés du royaume des cieux et la guérison du boiteux à la porte du templeCe panneau évoque également Saint Pierre et saint Jean guérissant le boiteux de Nicolas Poussin registre supérieur la libération de PierreLe casque du gardien a une curieuse forme de masque et la crucifixion de PierreCrucifié la tête en bas selon la tradition.

Les statues des onze autres apôtresDe haut en bas et de gauche à droite : saint Thomas, saint Simon, saint Jude, saint Barthélémy, saint Jacques le mineur, saint Philippe, saint Matthieu, saint Jacques le Majeur, saint Paul, saint André, saint Jean (sans Judas Iscariote mais avec Paul de Tarse). et en plus petit des quatre pères latinssaint Jérome, saint Augustin, saint Grégoire le Grand, saint Ambroise. figurent avec leurs attributsdescription interactive du retable .. Des anges musiciens annoncent le royaume des cieux.. putti, têtes d'angelots et dorures éclairent le retable.

Chœur Le sol et la clôture du chœur, datée de , sont en marbre rose marbré de blanc. L'ancien maître autel également en marbre était utilisé avant le concile lorsque le prêtre célébrait la messe dos aux fidèles. Un tabernacle en marbre noir et blanc porte une représentation de la Trinité.

Quatorze chapelles Du chœur à la porte occidentale au sud : La chapelle du Christ ou du Saint Sacrement. Elle est construite en sur la demande de Bertran notaire à Prades sur le flanc sud du chœur en intégrant une tour des remparts. Au-dessus de l'autel en marbre un retable de avec quatre colonnes torses ornées de pampres et d'angelots encadre un Christ d'inspiration espagnole. Le tabernacle et ses deux tableaux latéraux L'adoration des bergers et L'adoration des mages sont attribués à Joseph Sunyer. Quatre tableaux , la Flagellation, le Couronnement d’épines, Jésus dépouillé de ses vêtements, la rencontre de Jésus et de Marie sur le chemin du Calvaire ornent les murs décorés des peintures de Léo Polge ()..

La chapelle Saint Benoît. Elle est construite en à l'extrémité sud du transept et est intégrée dans le circuit de la visite du trésor. Son retable en bois doré de la fin du provient du maître autel de l'abbaye Saint-Michel de Cuxa. Autour de saint Benoît dans la niche centrale huit grands tableaux illustrent la vie du saint. Dans la chapelle une Vierge à l'Enfant dans une cadireta (petite chaise) de procession est exposée, elle est attribuée à l'atelier de Joseph Sunyer..