L'église Saint-Martin-de-Vertou est une église catholique située dans la commune du Lion-d'Angers, dans le département de Maine-et-Loire, en France. Elle présente deux intérêt majeurs : l'association d'une nef romane du , une des plus anciennes du département avec un chœur néogothique du et la présence de peintures murales du début du en lien avec le roi René.
Localisation et vocable L'église est située sur la commune du Lion-d'Angers, dans le département de Maine-et-Loire, en France. Elle est connue dès le sous le vocable de Martin de Vertou. Né à Nantes (-), évangélisateur du Pays nantais, ordonné par saint Felix, il est possible qu'il ait lui-même évangélisé le nord du Maine-et-Loire dont plusieurs paroisses anciennes portent ..
Historique La paroisse est ancienne et date, selon l'hypothèse de l'abbé Cochard, de l'évangélisation de la région par Martin de Vertou. Alors qu'elle vient d'être reconstruite, elle est donnée par le trésorier de la Cathédrale Saint-Maurice d'Angers Guy Aubry entre et aux moines bénédictins de l'abbaye Saint-Aubin; cet acte a pour témoins Foulques Nerra comte d'Anjou, l'évêque d'Angers Hubert de Vendôme et les seigneurs de Craon suzerains du Lion. Un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye Saint-Aubin est fondé et se construit contigu à la priorale.
Aucun élément ne permet de savoir si l'incendie de la ville en par Foulques le Réchin a des conséquences sur le prieuré. Au le transept sud est ouvert par une grande verrière gothique éclairant le chœur et une chapelle baptismale est accolée au flanc sud de la nef. À la fin du et au début du sous l'influence du Roi René duc d'Anjou et de l'abbaye Saint-Aubin dont dépend le prieuré se développe un programme pictural qui concerne non seulement le Lion d'Angers mais aussi l'église Saint-Aubin des Ponts-de-Cé et deux châteaux de proches du duc d'Anjou. À cette époque la nef est couverte de peintures murales redécouvertes en 1852; celles du mur sud ne sont pas préservées et l'ancien chœur détruit en n'a pas fait l'objet de recherches.
Si le Lion d'Angers n'est pas resté à l'écart des combats des guerres de Religion et des attaques de la Ligue, il ne semble pas que l'église en ait été directement affectée. Il en est de même pour la période révolutionnaire et la guerre de Vendée.
Le avec l'accroissement de la population de la ville (1712 h. en , 2732 h. en ) et la fièvre bâtisseuse religieuse post révolutionnaire est riche en décisions, investissements et constructions. Dès les années la décision est prise d’agrandir l'église, l'autorisation est signée par Mgr Freppel, évêque d'Angers, en et les travaux commencent aussitôt selon les plans de Duchoussay en style néogothique. Dans le même temps une chaire, des stalles avec boiseries murales, le ciborium au-dessus de l'autel, les confessionnaux et le buffet de l'orgue de chœur sont réalisées par les ateliers Moisseron d'Angers toujours en style néogothique; une partie de ce mobilier est démonté en . Deux orgues, un en tribune (Aristide Cavaillé-Coll) l'autre dans le chœur (Louis Debierre) sont installés en . Les vitraux sont confiés à René Victor Livache qui a déjà collaboré avec Diot pour la restauration des peintures murales et à son fils.
Dans la nuit du le clocher est foudroyé et la flèche détruite par un incendie, les cloches sont préservées, une statue de sainte Barbe dans la nef commémore cet événement. La flèche est reconstruite en .
En l'église et ses peintures murales sont classés monuments historiques à l'exclusion du chœur et des transepts néogothiques qui eux sont inscrits. La partie instrumentale de l'orgue de tribune est également classée au titre d'objet en .
Description Extérieur L'édifice est caractérisé par le contraste entre la nef romane en petit appareil de grès roussard et autres pierres porphyroïdes du début du voir plus ancienne et l'imposant chœur néogothique en grandes pierres de tuffeau et de calcaire blanc datant de . L'église est orientée , légèrement inclinée sur un axe nord-ouest - sud-est et forme un ensemble de de long et de large au niveau du chœur, non compris la sacristie, qui a la même largeur que le transeptLes mesures sont relevées sur le site GEOPORTAIL. L'ancien prieuré, très remanié, qui communiquait autrefois avec la priorale, est encore contiguë avec le transept nord. La romane, nef, clocher et transepts
D'aspect sévère, les hauts murs sans contrefort de la nef sont percés en hauteur de petites ouvertures en plein cintre ébrasées vers l'intérieur, quatre sur le mur nord , deux sur le pignon occidental, une sur le mur sud au départ de la nef. La hauteur de ces murs évoque une nef couverte de charpente jamais voûtée, fréquente au début de l'art roman comme à Jumièges ou à Aime. Si aucune sculpture extérieure n'orne la nef, le portail occidental sans tympan est surmonté d'une archivolte constituée de claveaux en tuffeau dont les joints ocre dessinent une succession de formes géométriques. Ce curieux et rare décor existerait sur d'autres portails du début de l'âge roman, l'abbaye Saint-Maur de Glanfeuil, l'église Saint Martin de Roiffé.
La façade sud est flanquée à son extrémité orientale contre le transept d'un clocher roman de base carrée de dont l'appareil est plus gros. Il est de construction plus tardive que la nef dont il obstrue une ouverture. Sa haute flèche est foudroyée et détruite par un incendie le , ce sinistre est commémoré par une statue de sainte Barbe dans l'église. Les quatre cloches fondues en 1899 par les fonderies Bollée du Mans sont préservéesAlix-Thérèse-Anatole Tierce majeure, fa dièse; Marceline-Jeanne-Étienne Seconde majeure, mi; Marie Thérèse-Charlotte-Amédée Tonique, ré; Marie-Claude-Joséphine Bourdon mineur, si..
Contre la façade sud, jouxtant le clocher une construction plus basse correspond à la chapelle baptismale gothique. De l'autre côté du clocher le pignon du transept sud pourtant contemporain de la nef est ouvert par une grande verrière du .
Le chœur néogothique
Dès la moitié du , devant l'accroissement de la population, 1712 en , 2750 en et dans la fièvre de reconstruction religieuse du , la décision d’agrandir l'église est arrêtée, les transformations sont confiées à l'architecte Duchoussay : supprimer le chœur et l'abside romans "sans intérêt" d'après Célestin Port et édifier en belles pierres blanches calcaires un grand, haut et large chœur néogothique. Les travaux commencent le , l'église passe d'une largeur de hors transept à et en long de , si on intègre le chœur et l'abside détruits, à . La nouvelle construction intègre deux nouveaux transepts, un nouveau chœur flanqué de deux chapelles latérales et de deux sacristies.
Restaurations
Le clocher foudroyé en est restitué avec sa flêche en , la partie romane est restaurée en et et de à un chantier de rénovation et d’entretien de la partie néogothique est entrepris concernant surtout la couverture et les corniches..
intérieur Statuaire Orgues L'orgue de tribune, construit par les ateliers d'Aristide Cavaillé-Coll en La partie instrumentale est classée MH à titre d'objet en ., est offert par la vicomtesse de Tredern, Jeanne-Marie Say Trédern artiste lyrique qui en joue elle-mêmeLa vicomtesse de Tredern n'aurait pas pu jouer de l'orgue qu'elle offrait s'il avait été installé dans le chœur en raison de son interdiction d'accès pour les femmes à cette époque. Une tribune a donc été construite pour lui. (anecdote citée par le curé Pierre Cochard dans son livre). L'installation de l'orgue masque la peinture murale des péchés capitaux du . Une plaque commémorative sur l'orgue au comte Marcel de Trédern, son petit-fils, est fixée sur la console"A la mémoire du Comte Marcel de Trédern mort pour la France en captivité le 20 mars 1941 à l'âge de 26 ans. Grand musicien il fit vibrer ces orgues avec son âme d'artiste." (plaque commémorative au revers de la console).. Il est doté de 17 jeux, 2 claviers/pédalier:
clavier grand orgue 56 notes (Bourdon 16', Flûte Harmonique 8’, Montre 8’, Prestant 4’) , clavier Récit expressif 56 notes (Bourdon 8', Gambe 8’, Voix céleste 8’, Flûte octaviante 4’, Trompette 8’, Basson-Hautbois 8’, Tremblant fort)
C’est l’un des rares instruments restés absolument intacts par rapport à son état d’origine.
L'orgue de chœur construit par Louis Debierre en , 14 jeux, 2 claviers/pédalier avec un buffet réalisé par les ateliers Moisseron et André est installé dans l'abside en harmonie avec les stalles de même facture..
Les vitraux Les vingt deux verrières illustrent le renouveau du vitrail en Anjou et dans les pays de Loire au ., ils sont réalisés par Thierry, Mercier, Clamens et Livache père et fils, entre 1911 et 1920, d'après les cartons de René Victor Livache. et de son fils Victor René Livache. Les vitraux du chœur et des chapelles sont de Livache père, l'un d'eux au sud évoque Martin de Vertou patron et probable fondateur de l'église; ceux de la nef de Livache fils représentent Saint Louis, Saint Jacques et Saint Pierre et de l'autre côté Jérémie le prophète, Sainte Marcelle et Saint Paul sur le chemin de Damas.
Peintures murales En 1852 des peintures murales datées pour la plupart du sont redécouvertes: un programme probablement du début du est déroulé entre le mur occidental et le mur nord, un ensemble un peu plus tardif, le retable de la passion, sur le même mur empiétant sur le programme précédent et une litre seigneuriale du surmonte l'ensemble sur la nef et les transepts.
Les litres seigneuriales Datées de la fin du ou du , restaurées au , elles font le tour de la nef et des deux transepts.. La principale dans la nef et les deux transept est celle de la famille Girard de Chanarcé, seigneur du Lion à partir de 1711, elle surmonte celle de la famille Champagné au niveau du transept nord et de la famille Raccapé pour le transept sud.
Les peintures murales du