L'église Saint-André d'Évol (en catalan : ) est une église catholique de style roman située dans le hameau d’Évol, sur la commune d'Olette, dans le département français des Pyrénées-Orientales et la région Occitanie.

Construite au , l'église Saint-André a été agrandie au . Elle est, à partir de 1577, siège d'une compagnie du rosaire active pendant plusieurs siècles, ce qui conserve au lieu une activité cultuelle malgré la perte de son statut d'église paroissiale au début du . L'ensemble de l'édifice est classé monument historique en 1943.

Son plan en croix latine est formé d'une nef prolongée à l'est par une abside semi-circulaire, d'une grande chapelle du rosaire au nord et d'un clocher-tour au sud. L'abside et le clocher sont décorés d'arcatures lombardes. L'intérieur de l'abside est original de par deux absidioles semi-circulaires situées en creux dans les murs, son extérieur par la largeur de ses lésènes séparant les arcatures.

Un conjurador, placé devant l'église, était utilisé par le prêtre pour repousser le mauvais sort et en particulier les forts orages, fréquents dans la région, attribués aux sorcières réputées nombreuses dans la haute vallée de la ribera d'Èvol située en amont.

Des retables, tabernacles, statues, tableaux et pièces d'orfèvrerie en argent (calices, gobelet de quête, croix) sont conservés dans cette église. Plusieurs de ces objets, datés du au , ont été classés monuments historiques depuis le .

Localisation

Dans l'est des Pyrénées, les bassins versants des torrents ribera d'Èvol et ribera de Cabrils forment les Garrotxes, une région pauvre et dépeuplée. Le petit village d'Évol se trouve au bord de la rivière du même nom, à environ d'altitude. L'église Saint-André est située au nord et en amont de ce village, qui dépend administrativement du département français des Pyrénées-Orientales et de la commune d'Olette.

Évol et son église Saint-André sont accessibles par une route départementale d'environ trois kilomètres depuis la route nationale 116 qui relie la plaine du Roussillon à la Cerdagne, légèrement en amont du village chef-lieu de la commune d’Olette. Il est également possible de relier Railleu et Ayguatébia-Talau, plus à l'ouest, par une départementale de montagne qui suit le cours de la ribera de Cabrils. Le village voisin d'Oreilla peut être atteint à pied par un sentier balisé.

Bâtie sur un terrain en forte pente, dans le cimetière d’Évol, l'église Saint-André est accessible depuis ce village par un long escalier.

Historique L'église Saint-André est construite au début du suivant le plan traditionnel des églises romanes de la région : une nef unique orientée ouest-est prolongée à l'est par une abside semi-circulaire, le tout accessible par une porte dans le mur méridional de la nef. Un clocher-tour carré est accolé à la nef, près de l'abside côté sud, probablement dans le dernier quart de ce siècle..

Le premier texte mentionnant l'église ne date que de 1347., lorsqu'un marchand de Villefranche-de-Conflent lui lègue cinq sous..

Une compagnie du rosaire est créée à Saint-André d’Évol en 1577. À cette occasion, un grand retable est exécuté. et l'église agrandie d'une chapelle du rosaire.. En ce , le village d’Olette devient plus peuplé et plus riche que celui d’Évol, sans pour autant avoir droit au statut de paroisse. En 1559, le curé d’Évol demande à son évêque la permission de baptiser les nouveau-nés dans les églises d’Oreilla et d’Olette, mais les habitants d’Olette trouvent cette demande insuffisante et accusent le curé d'incapacité. Celui-ci est acquitté en 1568. L'église Sainte-Marie d'Olette est pour la première fois mentionnée comme paroissiale en 1597.. Saint-André d’Évol perd son statut d'église paroissiale en 1603 au profit de l'église Sainte-Marie d’Olette (qui prend le nom d'église Saint-André) dont elle devient suffragante..

Au le haut du clocher est remanié. Il s'agit peut-être d'une restauration après que le clocher ait été abîmé. La chapelle du rosaire est agrandie en 1723 et bénie le . Une nouvelle sacristie est bâtie en 1751 pour remplacer l'ancienne qui, nichée dans un mur du clocher, est bénie en tant que chapelle du Christ en 1727. Un texte de 1772 acte la rénovation de la compagnie du rosaire et précise les modalités du culte pratiqué par cette compagnie.

La cure de l'église possède durant l'ancien régime une grande maison en contrebas du lieu de culte qui sert de presbytère, ainsi que des dépendances à usage agricole, le terrain entourant le cimetière et deux champs irrigués. En 1791, ces terres sont vendues pour une somme très faible, inférieure à celle d'un devis d'importantes réparations du presbytère daté de 1781. Les dépendances sont occupées sans autorisation par une famille.. En 1791 également, le conseil municipal de la nouvelle commune d’Évol se réunit dans la cuisine du presbytère. À cette occasion, la porte reliant cette pièce au reste du bâtiment est murée.. En 1827, la commune d’Évol est rattachée à Olette mais la cuisine du presbytère continue à être utilisée comme salle de réunion par les habitants du village, le reste du bâtiment restant occupé par des prêtres.

De 1938 à 1945, le curé de la paroisse d’Olette, Évol et des Garrotxes est Jacques Llopet. Sous son impulsion, l'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1943. Les restes du conjurador situé sur le perron de l'église sont restaurés en 1950. L'abbé Llopet publie dans les années 1960 deux monographies consacrées aux Garrotxes dans lesquelles il laisse une large place à l'église Saint-André et ..

Au cours du , plusieurs objets de l'église sont inscrits ou classés monuments historiques.

À partir de 2009, la municipalité d’Olette décide d'acheter l'ancien presbytère.. En 2015, une souscription est lancée avec l'aide de la Fondation du patrimoine pour le réhabiliter.. Les travaux prévus consistent à sécuriser les abords, traiter les façades et ouvertures et refaire la toiture en lauzes..

Architecture thumb|Plan du site.1. Cimetière2. Nef.3. Abside.4. Chapelle du Rosaire.5. Clocher.6. Sacristie.7. Ancien presbytère.8. Conjurador.9. Route. L'église Saint-André est un édifice de l'art roman à nef unique (dimensions intérieures : de long pour de large) suivant un axe est-ouest prolongé à l'est par une abside semi-circulaire. La porte est située dans le mur sud. À ce plan typiquement roman s'ajoute au sud, contre l'église, une tour de clocher rectangulaire près de l'abside. Dans l'angle formé par l'abside et le clocher se trouve une sacristie. Le plan de l'église est en forme de croix, le bras sud de la croix étant formé par le clocher en face duquel une grande chapelle carrée, dite chapelle du rosaire, forme le bras nord.

L'abside présente la particularité d'avoir deux absidioles semi-circulaire en creux dans les murs, côté intérieur. Cette caractéristique archaïsante semblable à certaines églises du est peut-être une évocation de la Trinité. L'extérieur est décoré d'arcatures lombardes et de lésènes ce qui est habituel dans les églises du premier art roman, mais là aussi avec originalité : la largeur exceptionnelle des lésènes.

Le clocher Le clocher a un plan carré de de côté et mesure de haut. Il comporte trois étages..

Le rez-de-chaussée est une petite pièce rectangulaire sans éclairage, de de haut, qui relie le clocher à la nef de l'église. Le premier étage, haut de , également rectangulaire, possède une fenêtre à double ébrasement en plein cintre dans le milieu du mur sud. Le deuxième étage a une forme carrée, une hauteur de et trois anciennes grandes baies en arcs brisés aujourd'hui murées. Le troisième étage possède une baie dans chacune des faces, à l'exception de la face nord. Les dimensions intérieures variées des étages s'expliquent par l'épaisseur différente des murs.

La tour est couverte d'un toit incliné vers l'ouest, le mur nord étant prolongé vers le haut par un clocher à deux baies semblables aux baies du troisième étage. Les deux angles du mur sud sont surmontés chacun d'un pignon rectangulaire surmonté d'une pyramide.

Le conjurador Devant l'église se trouvent les restes d'un conjurador, formés de deux arcades en pierre.

Les conjuradors sont des petits bâtiments ouverts aux quatre points cardinaux qui permettaient au curé de l'église de conjurer le mauvais sort et de repousser les sorcières, réputées nombreuses à Évol et dans la haute vallée de la ribera d'Èvol. Il pouvait notamment, avec l'aide du tocsin du clocher voisin, écarter les fortes pluies, fréquentes dans la région (épisodes méditerranéens, orages) et attribuées aux forces du Mal.. Selon la journaliste et exploratrice Gabrielle Vassal dans la vallée croyait à ces légendes et maléfices en 1934.

Le presbytère En contrebas de l'église se trouve une grande maison carrée avec étage et grenier : le presbytère. Selon Jacques Llopet, elle date du .. Pour la Fondation du patrimoine, il s'agit plutôt d'une bâtisse du . La maison contient notamment une pièce carrée d'environ de côté avec entrée indépendante : il s'agit de l'ancienne cuisine, réutilisée après la Révolution française comme salle de réunion par les villageois, où se réunissaient les conseils municipaux lorsqu'Évol était une commune. Une ancienne porte, murée, permettait de joindre cette pièce au reste du presbytère.. C'est également dans cette pièce qu'étaient conservées des archives de la commune d’Évol..

Mobilier Le sanctuaire conserve un important trésor d'église, dont de nombreux éléments sont protégés aux titres des monuments historiques, ce qui témoigne du maintien d'un culte vivace au cours des siècles.

Tabernacle et pièces d'orfèvrerie Parmi ces objets se trouvent un tabernacle composé de panneaux de bois peints représentant respectivement la Vierge, saint Jean et un calice surmonté d'une hostie daté de 1553 et classé le ..

Plusieurs pièces d'orfèvrerie sont conservées dans l'église : Une croix-reliquaire en orfèvrerie de la fin du munie d'un pied du (hauteur : , sans le pied, largeur : , classée monument historique le ).. Un calice, dit « Calice du Rosaire », sans patène, du , en argent repoussé, ciselé et gravé, sans doute fabriqué à Perpignan. Sur le pied, une Vierge à l'Enfant du rosaire est gravée. La base mentionne le nom du donateur. L'ensemble mesure . Le diamètre est de pour la coupe et de à la base. Classé le .. Un autre calice, avec sa patène, en argent doré, repoussé et gravé. Ce calice est décoré de motifs floraux, il mesure de hauteur. Son diamètre est de au niveau de la coupe, et de à la base. La patène a la forme d'une assiette circulaire de de diamètre. L'ensemble, sans doute fabriqué à Perpignan, date du et est classé monument historique depuis le .. Un gobelet de quête du Rosaire en argent repoussé. Il prend la forme d'un tronc de cône de de haut, de de diamètre à l'ouverture pour à la base. Le gobelet est muni de deux anses qui lui donnent une largeur de . Il est décoré d'une Vierge à l'Enfant d'un côté et d'un saint à l'opposé. Le fond porte le point du maître orfèvre Jean Albar, celui de la ville de Perpignan ainsi que la lettre R indiquant la date (1772-1773). Il a été confectionné en 1772 et classé monument historique le ..

Statue de Vierge et sa L'église possède une statue de Vierge à l'Enfant romane de de haut pour de large et ..

Cette sculpture faite dans une bille de bois de pin montre la Vierge Marie assise. Le visage de la Vierge montre la polychromie d'origine, alors que ses vêtements ont été repeints. Les pieds de la Vierge ont été coupés et l'Enfant Jésus est manquant.. Elle se présente dans une , c'est-à-dire un dais de procession, constitué d'un support rectangulaire et de quatre colonnes en bois portant un dôme décoré d'une galerie à balustres. L'ensemble est peint et doré et mesure de hauteur, de largeur et de profondeur..

La statue date du dernier quart du , la du .