L'église Saint-Aquilin est une église catholique paroissiale située à Fontenay-en-Parisis, en France. C'est l'une des églises les plus imposantes de tout le pays de France, mesurant de long dans son axe, et atteignant au sommet de sa flèche. Le mur méridional du bas-côté sud provient encore d'un édifice précédent de la fin du , et la base et le premier étage du clocher du second quart du sont également romans. La nef a été reconstruite peu de temps après au troisième quart du . Ses grandes arcades non moulurées, mais néanmoins en tiers-point, paraissent encore assez archaïques, alors que la sculpture des chapiteaux appartient déjà au style gothique primitif. La charpente unique de la seconde moitié du obstrue malheureusement toutes les fenêtres hautes sauf une. Le chœur à déambulatoire a été bâti par étapes successives entre 1200 et 1260 environ. Ses travées droites présentent des voûtes d'ogives sexpartites et une élévation sur trois niveaux, mais de simples baies remplacent le triforium. Curieusement, les grandes arcades sont différentes au nord et au sud. L'abside à pans coupés ne comporte pas de parties droites, et est entourée d'un déambulatoire de seulement trois travées, sans chapelles rayonnantes : c'est dans son ensemble une disposition sans équivalent dans sa région. La Renaissance a seulement apporté un édicule au nord-ouest de l'église, prévu comme chapelle baptismale, et la reconstruction extérieure du déambulatoire et des fenêtres hautes de l'abside. L'édifice est classé monument historique depuis 1886.. Il n'a été restauré qu'extérieurement.

Localisation L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Fontenay-en-Parisis, au sommet de la butte au centre du village. Grâce à sa position privilégiée sur un promontoire et sa flèche culminant à , l'église de Fontenay est visible de loin et marque fortement le paysage urbain du village. L'on se rapproche de l'église le plus couramment par le chevet et par la rue de l'Église, qui remonte depuis la rue principale du village, la rue Ambroise-Jacquin, et passe devant l'élévation sud de l'église. La façade occidentale donne sur la place Stalingrad qui, au nord de l'église, est aménagée en jardin public. La rue de Sevy permet de faire le tour en reliant la place de Stalingrad à la rue de l'Église. Bien que l'église soit entièrement dégagée d'autres constructions, il est impossible de contempler son élévation méridionale avec suffisamment de recul, ce qu'interdit l'étroitesse de la rue.

Historique Les origines vignette|upright|gauche|Vue depuis la place du gué aux Chevaux.

Le plus ancien titre mentionnant Fontenay est un partage des biens de l'abbaye Saint-Denis en 832, confirmé en 862. La première mention concrète d'une église à Fontenay ne remonte toutefois qu'au début du ; il s'agit d'une charte confirmant sa donation par l'évêque de Paris au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris. Bien que cette donation soit confirmée par trois bulles pontificales de 1119, 1142 et 1147, le nom de son saint patron n'est mentionné nulle part ; l'abbé Lebeuf doute par ailleurs que ces bulles fassent allusion au Fontenay en question. Une dédicace de l'église de 1451 atteste en tout cas qu'elle est placée sous le double patronage de saint Vincent, patron des vignerons, et de saint Aquilin, vocable peu commun. Le premier patron de l'église aurait été saint Vincent, et saint Aquilin s'ajoute entre 909 et 926, quand ses reliques sont données à l'église. Le prieuré de Saint-Martin-des-Champs les avait reçues du prieuré de Gigny. Au , elles étaient conservées dans un reliquaire de la Renaissance, sous la forme d'un ange en argent doré qui tient une petite figure ronde, qui était censé contenir une prunelle de l'évêque d'Évreux. L'on suppose que la translation des reliques eut lieu un , qui devient la fête patronale. Saint Louis a également offert un fragment de la Vraie Croix. Il était inséré dans une croix en or, qui a disparu à la Révolution française. L'abbé Lebeuf a établi que la Vraie Croix était arrivée directement de Jérusalem au début du , et qu'elle a dû rester un certain temps à Fontenay avant son transfert à Saint-Cloud, puis à la cathédrale Notre-Dame de Paris : c'est ce qui explique la donation de la relique quelques années plus tard. Elle était exposée le , jour d'Exaltation de la Vraie Croix, et attirait des foules. Des reliques d'un tel prestige favorisent généralement les offrandes, ce qui explique l'envergure considérable de l'église au milieu d'un modeste village....

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Façade occidentale. vignette|upright|Nef, vue vers le chœur.

En l'absence de documents d'archives évoquant la construction de l'église, il faut se contenter de son analyse archéologique pour reconstituer l'histoire de l'édifice. Les plus anciens vestiges compris dans l'église actuelle datent de la fin du . Il s'agit de la partie inférieure du mur gouttereau du bas-côté sud, conservant deux étroites baies plein cintre. La base du clocher et son premier étage sont légèrement plus récents et datables du second quart du . Cet édifice roman est de petites dimensions et ne représente guère plus que l'actuel bas-côté, hors la première travée qui se commence par un mur biais.

Au troisième quart du Entre 1140 et 1150 selon Charles Huet, ce qui cadre mal avec le style gothique primitif des chapiteaux de la nef., cette église est entièrement remplacée par un nouvel édifice, en l'occurrence la nef actuelle avec ses deux bas-côtés. Ils n'ont jamais été voûtés. Il est impossible de savoir comment le chœur de cette église se présentait ; en tout cas, les travaux pour l'édification du chœur actuel sont entamés dès le début du . Ils commencent par les quatre travées du collatéral nord, mais traînent en longueur et ne s'achèvent que pendant la seconde moitié de ce même siècle. Le clocher reçoit un second étage à la même occasion. Dès la fin du , l'église est déjà très proche de sa configuration actuelle. Le , elle est consacrée très tardivement par l'évêque de Paris, Guillaume Chartier, comme le montre encore une inscription sur une colonne.

L'on suppose que le chevet de l'église est endommagé par l'une des bandes de mercenaires qui ravagent la contrée après la Bataille de Saint-Denis en 1567. Le déambulatoire est ainsi partiellement reconstruit, et ses murs extérieurs sont entièrement rebâtis. Des écussons sur les clés de voûte indiquaient l'identité du commanditaire des travaux. Il devait s'agir du seigneur de Fontenay, Tristan du Val (mort en 1578), ou plutôt François du Val (mort en 1603), dont le cœur a été enterré dans le sanctuaire. Les toitures du chœur et des collatéraux sont refaits. Au également, les murs des bas-côtés sont exhaussés, et bas-côtés et nef sont couverts ensemble par une nouvelle charpente en carène renversée, ce qui entraîne l'obturation des baies hautes de la nef. Finalement, en 1583, l'ajout d'une chapelle baptismale au nord de la première travée du bas-côté nord marque la dernière extension en date de l'église. Elle est commandée par le curé Germain Pluyette au maître-maçon Nicolas de Saint-Michel de Luzarches, dont ce fut l'une des dernières réalisations. (il meurt peu de temps après 1590)..

La dalle funéraire d'un autre Germain Pluyette (1582-1660), fils de Gilles, curé à partir de 1618, renseigne que la famille Pluyette donne des curés depuis deux siècles, soit depuis la fin du . L'on trouve parmi eux de nombreux bacheliers et docteurs en théologie, et Germain Pluyette a été le principal de la faculté de Théologie de Paris. Son successeur comme curé de Fontenay est Gilles Pluyette, mort en 1964 ; sa plaque de fondation visible dans l'église l'identifie comme bienfaiteur de la paroisse..

Les évolutions depuis le

Au , la plupart des baies des bas-côtés sont repercées. Seulement deux des baies romanes sont conservées, dans le bas-côté sud. Une sacristie est placée devant le chevet. En 1778, le sol est exhaussé de à . Dix-huit stalles sont acquises auprès de l'abbaye Saint-Victor de Paris l'année suivante ; il en restent quinze.. En 1838, le curé fait badigeonner l'église et peindre les colonnes de chevrons et de fleurettes, et les faisceaux de colonnettes en faux marbre. Si le badigeonnage est effectivement fâcheuse, comme le souligne Gaston Brière, son jugement sévère porté sur le décor de chevrons des colonnettes n'est plus partagé par tous les contemporains. Charles Huet juge l'effet obtenu intéressant. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté . Le clocher est restauré sobrement par Gabriel Ruprich-Robert en 1906, qui fait supprimer les quatre pyramidons d'angle flanquant la flèche.. L'extérieur a bénéficié d'une restauration complète achevée en 2013, alors que l'intérieur demeure inchangé depuis le milieu du et accuse pleinement son âge.

Sous tout l'Ancien Régime, Fontenay fait partie de l'archidiocèse de Paris, et le prieur de Saint-Martin-des-Champs nomme à la cure.. Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Fontenay-en-Parisis en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La paroisse de Fontenay n'est plus indépendante, et est desservie par le curé de Goussainville. Des messes dominicales anticipées y sont célébrées tous les samedis.

Description Aperçu général vignette|Plan de l'église.

L'église Saint-Aquilin est de dimensions généreuses pour un petit bourg rural, et avec une longueur de et une largeur de , elle n'est dépassée dans le pays de France que par l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Gonesse. À titre de comparaison, la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise est seulement plus longue, mais presque deux fois plus large. Orientée un peu irrégulièrement sud-nord-ouest - nord-sud-est, l'édifice se compose d'une nef de cinq travées accompagnée de bas-côtés ; d'une chapelle baptismale devant la première travée du bas-côté nord ; d'un chœur de cinq travées dont la dernière correspond à l'abside à pans coupés ; de deux collatéraux du chœur ; d'un déambulatoire sans chapelles rayonnantes ; d'un clocher se dressant au-dessus de la première et partiellement la seconde travée du collatéral sud du chœur ; et d'une grande sacristie devant le chevet.. Il n'y a pas de transept. Seulement le chœur, les collatéraux et le déambulatoire sont voûtés d'ogives. La distinction entre la nef et le chœur est très nette avec une différence de hauteur des toits assez marquée, des fenêtres hautes et des arcs-boutants existant du côté du chœur, mais pas du côté de la nef.

Extérieur vignette|upright|Vue depuis l'est. vignette|upright|Déambulatoire, côté sud.