L'église Saint-Beauzire est une église catholique située à Trizac, dans le département français du Cantal en région Auvergne-Rhône-Alpes. La paroisse de Trizac est une des paroisses primitives de l'Auvergne, sa création remonte à l'époque mérovingienne (). Elle fait partie, depuis le , de la nouvelle paroisse Saint-Luc du Nord-Cantal qui regroupe 21 anciennes paroisses.
D'après un polyptyque recensant les biens en Haute-Auvergne de l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens auquel appartenait le monastère de Mauriac, Trizac avait, au début du Siècle, trois églises dédiées respectivement à Notre-Dame, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Beauzire. Actuellement subsiste une seule église dédiée à N-D de l'Assomption, mais placée sous le vocable de St Beauzire. Trois retables de 1742 dédiés à la Vierge, à St Jean-Baptiste et à St Beauzire rappellent les trois anciennes églises.
Au , suivant un pouillé (registre des biens et des bénéfices ecclésiastiques) de l'abbaye de La Chaise Dieu fondée en 1043 par Robert de Turlande, l'église de Trizac était un prieuré, déjà sous le vocable de St Beauzire, annexe du prieuré de Vignonnet dépendant de cette abbaye. Le curé de Trizac était jusqu'à la Révolution à la nomination du prieuré de Vignonnet.
La commune de Trizac, comme la plupart des communes rurales du Cantal, a vu, depuis la fin du , fondre sa population : de en 1891 sa population est passée à en 1946, en 1954, en 2016 et à moins de aujourd'huiArchives paroissiales- Archives communales - Echo Paroissial de Trizac et Lachassagne (1954-1986).
Historique
L'église, de style roman, date de la fin du -début du , elle a été remaniée au (voûte du transept, grand porche) et plusieurs opérations ont modifié au cours du temps son aspect extérieur et son environnement :
1854 : transfert du cimetière attenant à l'église à la sortie du bourg à son emplacement actuel route de Mauriac 1865 : agrandissement des deux chapelles existantes et construction de deux nouvelles chapelles attenantes, construction de la sacristie contiguë à l'abside et reconstruction du clocher au-dessus du grand porche 1903 - 1904 : remplacement de la toiture en lauze de la nef et du transept par une toiture en ardoise avec charpente, d'où un décrochement avec les toitures demeurées en lauze des chapelles latérales 1956 : suppression du clocheton en fer forgé élevé au-dessus du transept en 1903 pour disposer d'une cloche pour sonner les messes en semaine et le catéchisme, suppression de la remise du corbillard adossée à l'église 1980 : remplacement de la grande croix en bois en mauvais état située près de la petite porte d'entrée de l'église par une croix en pierre de Volvic. La partie supérieure représentant le Bon Pasteur provient de la tombe des abbés Hugues Dumas (né en 1834 à Saignes Monteil, commune de Trizac) et Guillaume Chadefaux, curé de Trizac de 1828 à 1868 1991 : réfection de la toiture du clocher et restauration du grand escalier semi-circulaire, composé de 17 marches, et du perron du grand porche 1998 : transfert, après modernisation, de l'horloge installée en 1925-1926 dans la baie sud du clocher à l'emplacement qui lui était destiné au-dessus du grand porche ; réfection des toitures des chapelles latérales et des abat-sons du clocher 2001 : réfection de la toiture de la sacristie 2004 : réalisation de sondages archéologiques à l'emplacement de l'ancien cimetière qui ont mis en évidence les restes de 10 inhumations dont 6 attribuables à la période médiévale 2014 : éclairage extérieur de l'église et de la fontaine de la place 2019 : éclairage du clocher L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1969.
Architecture
Extérieur de l'église À l'extérieur de l'église, on aperçoit : le grand porche, surmonté d'un clocher rectangulaire doté d'une horloge et percé de trois baies, ouvert par un arc brisé reposant à chaque extrémité sur une tête humaine. Au fond se trouve un portail composé d'une archivolte reposant sur deux visages et des voussures qui reposent sur des chapiteaux décorés alternativement de boules et de têtes ; la porte en chêne, très ancienne, classée Monument Historique ; à sa gauche, la porte aujourd'hui murée donnait accès à la tour d'angle (démolie en 1865) qui abritait l'escalier permettant d'accéder de l'extérieur au clocher ; les pierres ont probablement été utilisées pour la construction des chapelles latérales la même année ; les modillons sur le côté sud de la nef sont des modillons modernes en pierre de Volvic (visages humains et têtes d'animaux), ceux du chevet sont tous identiques (modillons à copeaux), ceux du transept, au-delà de la sacristie, sont des modillons sculptés dont l'un représente un chat tenant dans sa gueule une tête humaine ; le cadran canonial semi-circulaire à quatre secteurs gravé sur le mur sud du transept (à droite du vitrail et au niveau de sa base). Ce cadran canonial dont manque le style (tige perpendiculaire au mur) indiquait, par l'ombre portée, les heures des cinq prières du lever du soleil jusqu'à la fin de l'après-midi.
Sur la place de la Mairie transformée entièrement en 2010 par la construction de murets, la pose de dalles et l'aménagement d'un espace vert à la place de l'ancien cimetièreRapport INRAP. Antenne Rhône-Alpes/Auvergne Trizac (Cantal) "église" Sébastien Gaime du 12 au 28 janvier 2004, la fontaine en pierre de Volvic, au thème des quatre saisons, construite en 1873, mérite aussi l'attention.
Intérieur de l'église L'église est particulièrement intéressante par sa nef centrale en tuf de Broc (Menet) de couleur marron fauve composée de quatre travées voutées en berceau brisé, aux piliers à colonnes engagées précédant le transept et par ses chapiteaux, retables, vitraux et le trésor.
Chapiteaux L'église Saint-Beauzire est ornée de chapiteaux dont la blancheur tranche sur les maçonneries et colonne en pierre brune. Les chapiteaux romans de la nef à décor de feuilles, de têtes, ou à forme géométrique sont d'une grande simplicité. Ceux du transept, en trachyte de Menet, sont plus ouvragés et valorisent cet espace : chapiteau historié avec deux personnages agenouillés symétriquement de part et d'autre d'une colonne avec la main divine bénissant cette scène évoquant une donation ou la fondation de l'église ; chapiteaux à décor à larges feuilles d'eau ; chapiteau à décor d'animaux : griffons (animal fabuleux à corps de lion, à tête et ailes d'aigle) buvant dans un calice ; chapiteau à palmettes : ; les petits chapiteaux à tête humaine sur lesquels reposent les arêtes de la voûte du transept attirent aussi l'attention de même que dans le chœur, à gauche du retable, un chapiteau décoré d'un visage de femme et un autre de sirènes pourvues d'une double queue.
Un de ces chapiteaux représente : c'est une .
Un autre chapiteau représente deux griffons buvant dans un calice, tandis que d'autres sont ornés de feuilles d'eau ou de feuilles d'acanthe.
Retables
Les retables de style baroque (1742) du maître-autel et des autels du transept sont classés Monuments Historiques. Nombreux en Haute-Auvergne,
Ces retables, aux couleurs prédominantes bleu et or, agrémentés de fleurs rouge rubis se caractérisent comme suit : maître-autel : retable à colonnes cannelées, à chapiteaux ornés à la base de pampres et de raisins, symbole de l'Eucharistie, avec au centre une toile représentant saint Beauzire, le visage élevé vers le ciel où volettent au-dessus deux angelots dont l'un tient une couronne et l'autre la palme du martyr. De chaque côté les statues de N-D de l'Assomption et de saint Beauzire en diacre. Au-dessus, le Père Eternel à la barbe abondante bénit de la main droite et tient dans la main gauche un globe terrestre. L'agneau pascal, sur le livre de l'Apocalypse marqué des sept sceaux orne le devant de l'autel. transept droit : retable à colonnes torses ornées de ramages de vignes avec au centre la statue de St Jean-Baptiste et, au-dessus, une Pietà et mention de la date de 1742 (restauration réalisée en 2006). transept gauche : retable à colonnes cannelées ornées à la base de têtes d'anges réunies par de larges guirlandes de fleurs avec au centre une Vierge à l'Enfant en bois du avec une polychromie du ; sur la corniche, deux paniers de fleurs encadrent la statuette d'un saint personnage (restauration réalisée en 2007).
Ces retables ont failli être enlevés au milieu du , à la suite des instructions de de Marguery, évêque de Saint-Flour (1837-1851) qui voulait voir les églises du Cantal retrouver la pureté du style roman; mais, dans certaines paroisses comme Trizac, par ses instructions ne furent pas suivies.
Le Nouvel autel mis en place en 1973 pour répondre à la prescription du Concile Vatican II (1962-1973) de célébrer les offices face aux fidèles est en bronze avec un dessus en marbre. Ses lignes rappellent celles de l'ancien autel du chœur. Il a pour motif décoratif un triangle entouré de rayons symbolisant la Trinité. De cet autel on remarque, en regardant la nef, que certains piliers sont légèrement obliques, sans que l'on en connaisse la raison.
Vitraux
Les vitraux du transept et du chœur sont composés de panneaux et fragments de la fin du - début du disposés par le maître verrier Alain Makaraviez, assisté d'Edwige Walmé, sur dans des encadrements adaptés de sa fabrication.
Ces panneaux et fragments ont été retrouvés en 1978 au dépôt des Monuments Historiques de Champs sur Marne (Seine et Marne) lors de l'inventaire dressé par le maître verrier Jean-Jacques Gruber. Sur la foi de la lecture erronée d'une étiquette (Trizac au lieu de Priziac, commune du Morbihan) ils ont été attribués à l'église de Trizac.
Classés Monuments Historiques en 1984, ces panneaux et fragments frappent par la fraîcheur des couleurs, la finesse du trait, l'expression des visages et l'originalité des thèmes traités : deux légendes de saint Nicolas.
Le vitrail du bras droit du transept posé en 1991 se rapporte à la légende de la cane de Montfort-sur-Meu autrefois Montfort-la-Cane, petite ville à de Rennes, que François-René de Chateaubriand résume comme suit dans les Mémoires d'outre-tombe :
La scène du vitrail correspond bien à la légende : en présence de fidèles, une cane vole devant l'autel dédié à saint Nicolas représenté en évêque et y dépose en offrande un caneton, sous le regard de trois autres canetons figurés au bas du panneau.
L'inscription placée sous la scène : COMA(N)T UNG CANA(RD)SOUVAIGE ON SE PETIS/VIENT FAIRE HOM(M)A(GE )A LA CHAPELLE S(AINT)NICHO(LAS).
Le vitrail du bras gauche du transept posé aussi en 1991 se rapporte à une autre légende de Saint Nicolas relatée dans La Légende dorée de Jacques de Voragine, connue sous le nom de la Charité de saint Nicolas.
Sur le vitrail sont représentés le père et ses trois filles, le maître verrier a fait figurer sur la bordure droite du vitrail la date « 10-2-91 » qui marque la finition des vitraux du transept.
L'inscription dans la partie supérieure sur un phylactère : CAMA(N)T UNG GENTIL HOME AVOIT TROIS/FILLES ET NAVOIT PAS DU BIEN POUR LES MARIER/ET LEUR FIT ALLER CHERCHER LEUR AVANTURE.
Le vitrail du chœur posé en 1993 se compose de trois parties :
la partie supérieure poursuit le récit de la légende de saint Nicolas comme le mentionne l'inscription au bas de la scène : COMA(N)TS GETE PLEI(NE) UNG BORSE/DOR QUA(N)TIL POUR MARIER LES TROIS FILLE(S) ; la bourse d'or de couleur rouge est bien visible au pied du lit des jeunes filles ; la partie médiane correspond au fragment d'une scène de l'Adoration des mages avec deux bergers en spectateurs ; la partie inférieure représente l'agneau pascal reposant sur l'Evangile entouré de plusieurs anges.
Les vitraux des chapelles et des bas-côtés, offerts par différentes familles, sont de 1926 et l'œuvre du clermontois.