L'église Saint-Caprais est une église catholique paroissiale située à Grisy-les-Plâtres, dans le Parc naturel régional du Vexin français en France. C'est une modeste église rurale de style gothique primitive. Construite au début du dans une seule campagne de construction, elle n'a jamais subi d'extensions ou de transformations affectant sa structure. Elle a survécu quasiment indemne à toutes les guerres et notamment à la guerre de Cent Ans pendant laquelle la plupart des églises de la région a été partiellement détruite. L'intérieur se distingue davantage par sa homogénéité et par la régularité du plan que par la recherche de son architecture, qui est de bon goût mais d'une grande simplicité comparée à d'autres églises de la région de la même époque. L'extérieur est dominé par l'élégant clocher, qui semble d'une grande légèreté et marque l'apogée de l'art gothique dans le Vexin. Au et au , les bas-côtés et le croisillon sud ont été en grande partie rebâtis sans bien sûr respecter le style d'origine, mais les voûtes ont néanmoins été conservées dans leur intégralité. L'église est classée monument historique par arrêté du . et a été presque entièrement restaurée depuis cette date.
Localisation L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Grisy-les-Plâtres, place de l'Église. La façade occidentale donne sur la place de l'Église, qui est engazonnée et bordée d'arbres. C'est le lieu central du village. À l'ouest, la place de forme triangulaire est délimitée par la rue de la Sablonnière, et au sud, par la rue Robert Machy, où se situe la mairie. L'on ne peut pas faire le tour de l'église, mais toutes les élévations sont visibles depuis de différents endroits. L'ancien presbytère occupe l'emplacement de l'élévation sud. Ici, il faut prendre du recul pour apprécier la silhouette de l'église. L'élévation nord est visible depuis un terrain arboré (accès PMR à l’église) de la rue du Vexin (RD 64), et le chevet depuis la rue Saint-Caprais, où une propriété privée s'interpose.
Historique L'église Saint-Caprais a été édifiée dans une seule campagne pendant le premier quart du dans le style gothique primitif. Certains éléments, comme des oculi entourés de cordons en pointe-de-diamant, rappellent même la fin du . Des doutes subsistent à propos de l'intérieur du chœur, où les chapiteaux évoquent plutôt le . Cas plutôt rare dans le Vexin, l'église conserve entièrement son plan d'origine et n'a pas fait l'objet d'adjonctions ultérieures. Cependant, elle a subi une reconstruction partielle pendant la première moitié du , pendant laquelle les murs extérieurs du bas-côté sud et du croisillon sud du transept ont été entièrement remplacés. Au nord, les fenêtres latérales ont été repercées. Une autre campagne de réparations aux conséquences moins visibles est intervenue au .. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du .
Sous tout l'Ancien Régime, Grisy-les-Plâtres appartient à l'archidiaconé du Vexin français sis à Pontoise et à l'archidiocèse de Rouen. Après la Révolution française, la paroisse est rattachée au nouveau diocèse de Versailles puis est intégrée dans le diocèse de Pontoise en 1966, dans le contexte de la création du nouveau département du Val-d'Oise. Il n'y a depuis longtemps plus de prêtre résident à Grisy-les-Plâtres, et l'église n'accueille de célébrations eucharistiques qu'irrégulièrement. Elle fait aujourd'hui partie de la paroisse de Marines, qui totalise trente-trois villages.
Description Aperçu général vignette|Plan de l'église.
Orientée légèrement vers le sud-est du côté du chevet, l'église suit un plan cruciforme très régulier et parfaitement symétrique. Elle se compose d'une nef de quatre travées légèrement barlongues accompagnée de deux bas-côtés ; d'un grand transept largement saillant ; d'un clocher en bâtière central se dressant au-dessus de la croisée du transept ; et d'un petit chœur d'une seule travée au chevet à pans coupés. Les travées des bas-côtés sont carrées, tout comme celles du transept, moitié plus large que les bas-côtés. L'ensemble de l'église est voûté sur croisées d'ogives simples. Le portail occidental constitue son unique accès. La structure des toitures est très simple : la nef et le transept sont couverts de toits à deux rampants avec des pignons au sud, à l'ouest et au nord, et le chœur possède un toit à croupes conformément au plan de l'abside. Des toits en appentis s'appuyant contre les murs de la nef recouvrent les bas-côtés. En raison des remaniements multiples qu'ont subi la plupart des églises vexinoises, des plans d'une telle régularité sont devenus rares dans la région. On les trouve par exemple à Berville et Bréançon, dans ce dernier cas associé à un chevet plat.
Extérieur Façade occidentale vignette|redresse|Vue d'ensemble depuis le sud-ouest.
La façade occidentale est subdivisée en trois segments par des contreforts larges, strictement verticaux et modérément saillants. Ils sont scandés par un court glacis intermédiaire formant larmier et se terminent par un long glacis fortement incliné. Le contrefort de droite n'est toutefois qu'une imitation destinée à dissimuler, le mieux que possible, la tourelle d'escalier encastrée dans le mur du bas-côté sud. L'édifice s'ouvre par un beau portail en tiers-point, dont la triple archivolte torique est surmontée d'une frise de feuillages, et sommée d'une tête sculptée sur la clé de voûte supérieure. L'archivolte repose sur les chapiteaux essentiellement sculptés en feuilles d'acanthe de deux groupes de trois colonnettes refaites. Le tympan ajouré d'un quatre-feuilles, le linteau et les piédroits sont également modernes, tandis que les deux vantaux en bois remontent à la période classique. Au-dessus du portail, une fenêtre gothique flamboyant au remplage de deux lancettes aux têtes tréflées surmontées d'un soufflet éclaire la nef. À gauche, la façade du bas-côté nord est percée d'un oculus dont l'ébrasement est cerné d'un cordon en pointe-de-diamant. Bien qu'apparemment refait, il s'agit d'une disposition d'origine et les fenêtres hautes de la nef devaient avoir la même forme. Les demi-pignons des bas-côtés, moins inclinés que les rampants du toit de la nef, montent jusqu'en dessous des gouttières de cette dernière. Par son ordonnancement général qui est régi par des critères purement fonctionnels, et par sa décoration très parcimonieuse qui se réduit au portail et aux ouvertures, la façade de l'église Saint-Caprais se range dans le grand groupe des façades gothiques primitifs du Vexin et du sud de l'Oise. Parfois des corniches ou des bandeaux supplémentaires peuvent rompre un peu l'austérité comme sur l'église voisine Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Santeuil. Mais globalement, l'étroitesse du mur occidental de la nef ne laisse pas une grande marge de créativité à l'architecte. Les nefs étroits résultent de la tradition régionale d'édifier le clocher au-dessus de la croisée du transept, et les murs de la nef peuvent ainsi contrebuter le clocher. Les clochers centraux existent dès la période romane, mais les nefs-grange d'alors sont plus larges car dépourvues de bas-côtés, et leurs murs ne sont pas assez forts pour contrebuter de hauts clochers. Dans sa configuration actuelle, la façade de Grisy-les-Plâtres évoquent celles de Livilliers ou d'Hérouville.
Élévations latérales et chevet vignette|redresse|Vue depuis l'est. vignette|redresse|Clocher, côté sud-ouest.
La nef, assez haute, n'a pas toujours été aveugle latéralement. Elle était effectivement munie de baies hautes sous la forme d'oculi, qui ont été bouchés au moment que les toits en appentis des bas-côtés ont été rehaussés. Ces oculi restent visibles tant à l'intérieur de la nef, que dans les combles des bas-côtés. Du temps de la construction de la nef, les arcs-boutants proprement dits n'étaient pas encore connus, et les murs gouttereaux de la nef se sont écartés sous l'effet de la poussée des voûtes. C'est peut-être pour dissimuler les nouveaux contreforts internes que les toits des bas-côtés ont été rehaussés au , mais indépendamment de ce fait, un très grand nombre d'églises a subi le même type de modification à la même époque, et perdu ainsi les fenêtres hautes. Les nefs construites à la période flamboyante sont généralement dépourvues d'emblée de fenêtres hautes, car l'on privilégiait une ambiance sombre dans les hauteurs de l'église pour faire méditer les fidèles sur les incertitudes pesant sur l'au-delà. Quoi qu'il en soit, cette modification a été dommageable à l'esthétique de l'édifice. La façade du bas-côté sud avec ses contreforts recouverts de chaperons et ses baies plein cintre témoigne de la reconstruction de cette partie pendant la seconde moitié du . Sans doute en raison des contraintes économiques, le maître d'œuvre a renoncé à appliquer une décoration Renaissance, si bien qu'une rupture de style trop frappante a été évitée. Le bas-côté nord conserve quant à lui ses contreforts d'origine et une corniche de modillons cubiques, que l'on retrouve également sur le mur occidental du croisillon nord. Une seconde tourelle d'escalier occupe l'angle du croisillon nord du transept et du bas-côté nord. Elle est de forme octogonale et coiffée d'une flèche en pierre, ajourée d'une arcature et de deux oculi par face.
Le chœur se présente comme une entité homogène sans rupture entre la partie droite et le chevet à pans coupés. En effet, comme le montrera l'examen intérieur, l'ensemble constitue une travée unique avec une fenêtre au nord, deux fenêtres sur les murs biais du chevet encadrant la baie d'axe et une fenêtre au sud. Ces fenêtres s'ouvrent sous des archivoltes non décorées en arc brisé, mais leurs arcs se rapprochent davantage du plein cintre. Ce sont des lancettes simples sans remplage, dénotant le style gothique primitif. Elles ne sont pas très élevées et s'arrêtent curieusement nettement en dessous du sommet des murs, ce qui frappe également à l'intérieur. Les contreforts du chevet sont tous obliques pour diviser en deux les angles entre les deux pans de mur voisins. Elles sont scandées par un court glacis intermédiaire et se terminent par un glacis plus long. Strictement verticaux et pas très saillants, ils ressemblent aux contreforts de la façade occidentale, mais les glacis ne forment pas larmier. La décoration est entièrement absente, mais les deux rangs d'assises supérieurs sont refaits, et une corniche moulurée a pu exister au préalable. Ce chœur très simple répond aux besoins d'une église qui n'a toujours été que paroissiale, aucun prieuré n'y était associé. Les chœurs à pans coupés ne sont pas très fréquents dans le Vexin français. Ceux qui s'en rapprochent le plus sont ceux de l'église Saint-Denis de Berville, où les fenêtres sont encore plus basses ; de l'église Saint-Clair d'Hérouville qui a toutefois été remanié, ou, à la fin de l'époque romane, celui de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Auvers-sur-Oise également remanié. En dehors du Vexin mais dans la même région de l'Île-de-France historique, l'on peut citer le chœur de l'église Saint-Léger de Vauciennes, avec toutefois des fenêtres plus élancées et des contreforts refaits.
Clocher