L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Remy, dans l'Oise, en France. C'est un vaste édifice de style gothique flamboyant et Renaissance, qui se substitue à un édifice plus ancien du début du , dont certains éléments subsistent, notamment les murs d'extrémité de l'ancien transept. Assez marquant pour le paysage est le clocher-porche du haut de , dont les principaux éléments stylistiques, réseaux des baies de l'étage de beffroi, balustrade et flèche, sont des aménagements des années 1861-1873. Il y a, surtout à l'extérieur, une nette séparation entre nef des fidèles et chœur liturgique. Les murs gouttereaux des bas-côtés, un peu rustiques et de faible hauteur, sont en fort contraste avec l'élégance et la hauteur des parties orientales, et le raffinement de son décor Renaissance. À l'intérieur, le style flamboyant prévaut, et les différences entre nef et chœur sont moindres. Ils sont surtout de la même hauteur et de la même largeur. Cependant, les voûtes de la nef et de son bas-côté sud datent seulement du , et sont dénuées d'intérêt artistique. Seul le bas-côté nord conserve son beau plafond lambrissé du . Plus impressionnant est le double transept, qui forme un ensemble homogène avec l'abside à pans coupés, et est assez unique dans son genre en raison du type de piliers à huit ondulations et autant d'arêtes, et des frises Renaissance en guise de chapiteaux. Tout en puisant ses sources dans l'architecture antique, ils ne reproduisent pour autant aucun des ordres classiques. L'on peut seulement déplorer le manque de soin apporté à certains éléments de la modénature. Exceptionnelle pour une église rurale, qui n'a jamais été que simple église paroissiale, l'église Saint-Denis offre aussi un mobilier riche et varié, avec notamment un ensemble de vingt-six stalles du milieu du , et neuf verrières de l'abbé Deligny. Curé de Remy de 1863 à 1883, il s'était improvisé vitrailliste dès son premier ministère à Jonquières, et laisse une œuvre à la marge des conventions, préfigurant l'Art nouveau. L'église Saint-Denis a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Joseph de la plaine d'Estrées, et accueille des messes dominicales anticipées, certains samedis, à 18 h 30.
Localisation thumb|left|Vue générale depuis le sud-est.
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, non loin de Compiègne, dans la plaine d'Estrées, sur la commune de Remy. Elle est implantée à l'extrémité nord-est du village, rue de l'Église (RD 122), dans l'axe de la rue, que son haut clocher-porche domine largement. Ensuite, la rue de l'Église contourne l'édifice par le nord, tandis que la rue du Poncelet, qui commence au parvis de l'église, longe toute l'élévation méridionale, avant de dévier vers le sud. Une ruelle relie ces deux axes. Le monument est ainsi bien dégagé de toute construction mitoyenne, et l'on peut en faire le tour. L'on manque toutefois de recul pour apprécier le chevet dans son intégralité.
Historique thumb|upright|Contreforts nord-ouest de l'ancienne façade. thumb|upright|Vue dans le bas-côté nord. thumb|upright|Abside, côté nord-est.
La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Elle n'est pas attestée avant le , ce qui n'exclut pas des origines beaucoup plus anciennes. Son saint patron est en effet saint Denis, vocable renvoyant généralement vers les premières fondations. Il évoque également un lien avec la localité voisine d'Estrées-Saint-Denis, et par ce biais, avec l'abbaye de Saint-Denis. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Coudun, de l'archidiaconé de Breteuil, et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est l'évêque de Beauvais. Là aussi, l'on peut voir un indice de l'ancienneté de la paroisse, sachant que les paroisses fondées à partir du sont généralement contrôlées par un établissement religieux, chapitre, prieuré ou abbaye. Il y a dans l'église quatre chapelles qui constituent des bénéfices séparés. Elles sont dédiées à Saint-Jean, Saint-Jacques, Saint-Nicolas et Saint-Michel. Leurs chapelains sont également à la nomination de l'évêque diocésain. L'église actuelle ne conserve plus guère d'éléments antérieurs au .. Ce sont les contreforts à l'angle nord-ouest de l'ancienne façade, donnant sur l'intérieur de l'église ; les murs des bas-côtés en partie ; les murs hauts de la nef ; et les deux murs d'extrémité du transept. Ces parties sont datables du début du . L'étude de ces vestiges permet de conclure que l'église de cette époque ne possède probablement pas encore de clocher-porche, et comporte une nef basilicale non voûtée munie de petites fenêtres hautes (toujours conservées dans les combles), et un transept simple, d'une hauteur moindre que le transept actuel.. Tout le reste de l'église a été reconstruit à partir de la fin du , en commençant par le clocher, la nef et ses bas-côtés, qui sont de style gothique flamboyant, et en terminant par le chœur, qui est d'un style flamboyant tardif assimilant quelques influences de la Renaissance.
Dans la nef, les grandes arcades sont retaillées, comme à Clermont, mais les piliers sont entièrement refaits à neuf grâce à une reprise en sous-œuvre rendue possible par un étaiement. Cette opération complexe est apparemment moins onéreuse que la construction d'une nouvelle nef de toutes pièces, et offre la possibilité de conserver la charpente et la toiture, et d'assurer la continuité de la célébration du culte. Le transept du est en revanche totalement évidé, comme la base de clocher de Litz et le croisillon sud de Verberie, et les parties orientales sont reconstruites en s'affranchissant des contraintes imposées par les limites de l'édifice médiéval, en augmentant sa hauteur et en le prolongeant vers l'est, avec un dédoublement du transept. Le millésime de 1564 gravé sur un mur extérieur, accompagnée de la signature d'un maçon nommée de Sains, est considéré par Louis Graves et Eugène Müller comme date de début de la reconstruction du chœur. Ce dernier auteur en déduit un achèvement vers 1568.. Or, contrairement aux apparences, l'achèvement complet se fait probablement encore attendre. Le testament d'Abraham Ravaud, dit Remy (1600-1648), cité d'après Louis Graves, réserve en effet . Abraham Remy avait dans l'église Saint-Denis un mausolée de marbre démoli à la Révolution française. L'apport des différentes campagnes de construction est difficile à apprécier en raison de la grande homogénéité stylistique des parties orientales de l'église, et n'a pas encore fait l'objet d'une étude. Des doutes pèsent même sur la date des voûtes du bas-côté sud de la nef, qui sont en tout cas bien postérieures à la reconstruction flamboyante, et affichent des profils propres à la Renaissance. Mais leur régularité trop parfaite, leur sécheresse et leur absence de tout décor sculpté sont symptomatiques d'une réalisation tardive du . Des voûtes de la haute-nef, l'on sait avec exactitude qu'elles ont été réalisées en matériaux légers au , sous le ministère de l'abbé Théodore-Cyrille Deligny, qui débute le .
Venu de Jonquières, il remplace son confrère l'abbé Beaufils, dont l'état de santé est fragile, et qui meurt le de la même année. Comme auparavant à Jonquières, l'abbé Deligny se lance dans la restauration de l'église, et ne se laisse pas dissuader par le manque de moyens. En accord avec le conseil de fabrique et le conseil municipal, il entreprend une restauration intérieure, qu'il paie entièrement sur ses propres deniers (), et extérieure, qui porte notamment sur l'amélioration de l'aspect du clocher, et est partagée entre la commune () et la fabrique (). Depuis sa destruction par un ouragan en 1725, le clocher n'avait plus de flèche. Elle reçoit maintenant une flèche octogonale en charpente, recouverte d'ardoise, et une balustrade autour de la plate-forme à son sommet. Les baies de l'étage de beffroi sont agrémentés de réseaux d'inspiration gothique rayonnante, et une rosace est percée au-dessus du portail. En outre, quatre fenêtres sont bouchées dans les murs des bas-côtés, car jugées mal placées, et sept nouvelles fenêtres sont percées. Mais ce que l'on retient surtout de l'abbé Deligny, sont les huit verrières du transept et de l'abside, réalisées par ses propres soins, et totalisant de surface vitrée. Elles sont facturées trente francs le mètre carré. Malgré sa faible participation, la fabrique doit se déclarer insolvable au début de l'année 1873. L'abbé Deligny continue de desservir la paroisse jusqu'à quelques mois après ses soixante-quinze ans. En septembre 1883, il devient aumônier du Carmel de Compiègne, ce qui revient à une prise de retraite. Il laisse le presbytère, construit sur ses propres deniers, à son successeur. Quatre ans plus tard, il meurt, et laisse par son testament pour les pauvres de Remy, un ostensoir en vermeil d'une valeur de , et le presbytère. Mais avec l'acceptation du presbytère, la commune doit s'engager à l'utiliser exclusivement à titre de presbytère, et engager annuellement la somme de pour le bureau de bienfaisance, un prix de vertu et vingt-six messes basses. L'indemnité de logement à verser à un curé n'étant que de , le préfet ordonne de décliner ce legs. Le presbytère devient ainsi la propriété du diocèse, qui le vend rapidement à la commune pour le prix de ..
Sous la Première Guerre mondiale, Remy se trouvant près du front, l'église est touchée par des obus en 1914 et 1918.. Afin de tenir compte du besoin de travaux de réparation et de permettre leur prise en charge par l'État, l'église Saint-Denis est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle constitue, au-delà, un édifice remarquable pour ses dimensions exceptionnellement généreuses, et pour le style original de ses parties orientales. Sous la Seconde Guerre mondiale, l'église est une nouvelle fois endommagée par des obus en juin 1940, et des restaurations d'urgence sont entreprises à l'instigation de l'architecte en chef des monuments historiques, Jean-Pierre Paquet. Mais le , une explosion occasionne des dégâts encore plus lourds, et plusieurs verrières sont soufflées. Elles sont restaurées au cours des années 1950. Depuis cette date, l'église Saint-Denis a bénéficié d'une restauration presque intégrale. Remy n'est plus une paroisse indépendante. Si la paroisse (ou succursale selon la terminologie officielle de l'Empire) de Remy intègre la paroisse voisine dès le , elle se trouve maintenant à son tour affiliée à celle d'Estrées-Saint-Denis, qui a pour vocable Saint-Joseph, et s'étend sur quatorze communes. Des messes dominicales anticipées sont célébrées à Remy certains samedis à 18 h 30..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.