L'église Sainte-Marie-Madeleine est une église catholique paroissiale située au Bellay-en-Vexin, en France. De plan cruciforme, elle se compose d'une nef-grange d'origine romane, mais maintes fois remaniée ; d'une base du clocher dont les quatre arcs-doubleaux conservent d'intéressants chapiteaux romans provenant de deux campagnes de construction différentes, alors que la voûte et ses colonnettes à chapiteaux datent seulement de la fin du ; d'un croisillon sud gothique rayonnant ; d'une chapelle gothique flamboyante au nord ; et d'un petit chœur carré de la Renaissance. L'aspect extérieur, sobre et sévère, ne révèle pas la multiplicité des campagnes de construction, qui n'ont du reste que peu modifié le plan primitif. Par les deux portails, dont l'un est bouché, et par son clocher en bâtière richement décoré, l'église Sainte-Marie-Madeleine paraît avant tout comme un édifice de la période rayonnante, et les rares éléments romans ne sont visibles que depuis l'intérieur. Ils forment son principal intérêt, mais le croisillon sud, anciennement chapelle de la Vierge, séduit aussi par son élégance, et l'on oublie l'absence de caractère du chœur grâce à la présence d'un somptueux retable baroque. L'église est classée monument historique depuis 1965., et se présente aujourd'hui en bon état. En revanche, elle est affiliée à une paroisse très étendue, celle de Magny-en-Vexin, et les célébrations se font aujourd'hui rares.

Localisation thumb|left|Vue depuis la Grande-Rue.

L'église est localisée en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le parc naturel régional du Vexin français, près de la limite avec le Oise, sur la commune du Bellay-en-Vexin, au centre du village, place de l'Église. Cette place se présente d'abord comme une courte rue reliant la Grande-Rue, soit l'ancien tracé de la RD 43, au parvis de l'église. La place proprement dite se situe au nord-ouest de l'église. Trois rues se terminant en impasse y prennent leur origine, dont la rue de la Mairie. La façade occidentale, en réalité tournée vers le nord-ouest, et l'élévation septentrionale de l'église donnent sur la place et sont bien dégagées. À l'est et au sud, des propriétés privées se rapprochent de près de l'église, tout en laissant libre un passage. L'on peut donc faire le tour de l'édifice, mais l'élévation méridionale ne peut s'apprécier en prenant du recul. — Le terrain qui entoure l'église est l'ancien cimetière, où les dernières inhumations ont eu lieu en 1878. À présent, toutes les sépultures ont disparu. Reste l'ancienne croix de cimetière, qui est en pierre, et mesure de hauteur. Sur son socle, sont gravés le millésime de 1643 et les initiales P.L. et M.R.. — L'exploitation agricole au sud est la ferme de l'hôtel-Dieu, qui comporte un manoir avec pigeonnier des et s, et est classée monument historique depuis 1913/. L'église et la ferme forment un ensemble architectural remarquable, devenu rare aujourd'hui, et pouvant se comparer à l'ensemble que forment à Moussy l'église Saint-André et l'ancien prieuré.

Historique thumb|left|Approche du village par l'est. thumb|left|Vue depuis le nord.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue avec certitude. L'abbé Vital Jean Gautier la situe vers 1160. L'église est dédiée à sainte Marie-Madeleine. Sous l'Ancien Régime, Le Bellay-en-Vexin relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. À la fin de l'époque carolingienne, la famille de Gisors s'était inféodé le village et la dîme du Bellay, à l'instar de ce que de très nombreux autres seigneurs pratiquent à la même époque. La réforme grégorienne enclenche un mouvement de restitution sous la forme de donations. Avant 1177, Guillaume du Bellay, fils de Pierre du Bellay et d'Asceline, donne un tiers de la dîme à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise (il paraît que la famille du Bellay soit une branche de la famille de Gisors). Du fait de sa proximité géographique et de sa forte présence dans le Vexin, la puissante abbaye pontoisienne revendique assez tôt la collation de la cure. Elle lui est accordée par Thibault II de Gisors, avant qu'il ne soit élu abbé de Saint-Martin. Cependant, les descendants de Guillaumme du Bellay réclament pour eux la propriété de l'église pendant tout un siècle. Peut-être souhaitent-ils protéger ainsi la paroisse et le diocèse de Rouen de nouvelles spoliations, car selon Léon Plancouard, les évêques de Beauvais et de Paris convoitent l'archidiaconé du Vexin. En 1199, Guillaume de Bellay ratifie à Pierre I, dixième abbé de Saint-Martin, la vente de la dîme du Bellay dépendant de son fief...

Aucun document ne renseigne sur la construction de l'église. Léon Plancouard affirme que son plan primitif comporte une nef, une base de clocher et un chœur, comme toujours à et au Perchay, et jadis à Arthies et Nucourt. Selon le même auteur, les arcades en plein cintre à l'ouest et à l'est de la base du clocher, ainsi que leurs colonnettes à chapiteaux, pourraient remonter à la fin du , ou au début du . Bernard Duhamel a étudié assez sommairement l'église du Bellay, et n'établit pas sa propre datation des parties romanes de l'église : il dit seulement qu'. Duhamel ne différencie pas les chapiteaux des deux arcades citées de ceux des doubleaux latéraux ouvrant sur les croisillons, qui sont en arc brisé, et ne tient pas compte des arcades elles-mêmes. Il affirme à tort que toutes les arcades soient à double rouleau, ce qui est seulement le cas des doubleaux vers les croisillons.. Les quatre arcades autour du clocher ne sont donc pas homogènes, ce qui échappe aux deux auteurs. Pourtant, les chapiteaux des doubleaux latéraux sont d'un style plus avancé que ceux d'Arronville, Arthies ou de Cormeilles-en-Vexin, qui remontent à cette époque et s'apparentent à ceux de Chars. Les chapiteaux historiés, dont l'église Sainte-Marie-Madeleine renferme un exemplaire (dans une acception très large du terme), n'apparaissent dans la région qu'à la fin des années 1130, dans la crypte de la basilique Saint-Denis, puis à Cergy et Deuil-la-Barre. En même temps, il convient de tenir compte de l'évolution de l'architecture dans le diocèse de Beauvais tout proche, où la période romane tardive a laissé beaucoup d'églises remarquables, comme à Bury, Foulangues et Lavilletertre. Ces églises ont été plus soigneusement étudiées, et le rapprochement avec les doubleaux latéraux de la base du clocher du Bellay s'impose. En outre, la datation ne saura s'appuyer uniquement sur les chapiteaux. Dominique Vermand a établi que l'arc brisé fait son apparition dans la région après 1125, à Morienval, Rieux et Villers-Saint-Paul. C'est donc vers 1140 que la base du clocher devient la croisée du transept avec l'adjonction de deux croisillons ; p. 139.. Bernard Duhamel dit que . Depuis sa restauration, on peut répondre par l'affirmatif, car des fenêtres en plein cintre bouchées subsistent de cette époque, entre la deuxième et la troisième fenêtres du premier niveau, au nord et au sud. thumb|upright|Ancienne croix de cimetière. thumb|upright|Portail latéral nord.

Par une sentence de l'official de Paris, rendue en 1286, Renaud du Bellay, clerc et écuyer, est forcé de rendre à l'abbaye Saint-Martin l'église et la dîme. Léon Plancouard met en rapport avec cette restitution la construction de la chapelle de la Vierge, qui se substitue au croisillon sud roman (aujourd'hui, elle ne contient aucune statue de la Vierge, mais une statue de sainte Marie-Madeleine). Elle est effectivement de style gothique rayonnant tardif, ce qui concorde tout à fait avec cette hypothèse. C'est vraisemblablement à l'occasion de la construction de la chapelle que la base du clocher est revoûtée dans le même style, et que des faisceaux de trois colonnettes à chapiteaux sont logés dans ses angles. Bien que ces chapiteaux et le profil des ogives soient analogues à ceux de la chapelle, Bernard Duhamel estime que la voûte soit contemporaine des étages du clocher. Quoi qu'il en soit, il ne reste plus de vestiges de la voûte primitive du clocher, qui était peut-être en berceau ou d'arêtes, comme à Arthies et Condécourt. Toujours d'après Léon Plancouard, le clocher actuel est élevé près d'un siècle plus tard, en 1376. Ici, l'auteur n'indique pas sa source, mais Bernard Duhamel reprend la même date, alors que le style rendrait plausible une construction à la même époque que la chapelle de la Vierge, voire avant, puisque les chapiteaux à crochets et les frises de feuillages sont d'un style gothique très « classique », et les tailloirs sont carrés, et non octogonaux, comme dans la chapelle et dans la croisée du transept. D'autre part, le contexte politique de la guerre de Cent Ans ne semble pas propice à des constructions prodigieuses en milieu rural, et dans le Vexin, cette époque ne laisse guère que quelques travées isolées, et surtout des statues. Ainsi, Plancouard écrit quelques pages plus tard que le clocher date du début du , ce qui est plus convaincant, bien qu'en contradiction avec sa première affirmation.. En tout cas, le clocher n'est pas achevé comme prévu. Des trompes dans les angles de l'étage de beffroi témoignent du projet de la construction d'une flèche octogonale. On se contente finalement d'un toit en bâtière.

Les travaux à la période rayonnante ne se limitent pas au croisillon sud, à la voûte du clocher et au clocher lui-même : la nef est également pourvue de nouveaux portails à l'ouest et au nord. Le portail occidental est fortement mutilé et a perdu ses piédroits et son linteau, tandis que celui du nord, plus modeste, est bien conservé, mais bouché. La première fenêtre au sud et la deuxième fenêtre au nord de la nef pourraient remonter à la même époque, mais tout aussi bien être plus tardives. Ensuite l'église reste inchangée jusqu'au début du , quand le croisillon nord est remplacé par un complexe gothique flamboyant de deux travées comprenant une chapelle latérale au nord du chœur, qui est utilisée comme sacristie depuis l'installation des boiseries du retable actuel (Léon Plancouard parle à tort de la chapelle méridionale). Le chœur lui-même est rebâti plus tard, vers le milieu du , pratiquement sans style, mais porte l'empreinte de l'architecture de la Renaissance. Vers 1720, le plafond de la nef qui menace ruine et le chœur sont réparés pour la somme de livres. En 1750, le curé fait percer deux passages berrichons reliant la nef aux croisillons. Ils entament les contreforts du clocher et compromettent sa solidité. Des travaux importants sont effectués en 1857 : la sacristie est réaménagée (avec une petite fenêtre basse à l'est), et les vitraux sont refaits. Pour 1867, Léon Plancouard évoque une balustrade, sans doute la clôture du chœur, qui n'existe plus. Il ne mentionne pas l'exhaussement de la nef, qu'il décrit comme très basse. : cette mesure ne date donc peut-être que du . — L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . Depuis 1966, la paroisse du Bellay est affiliée au diocèse de Pontoise, dont l'érection va de pair avec la refonte des départements d'Île-de-France et la création du département du Val-d'Oise. Le village n'a depuis longtemps plus de prêtre résident et la paroisse est desservie par le curé de Magny-en-Vexin ou son vicaire, dans le cadre du secteur pastoral du Vexin ouest. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Sainte-Marie-Madeleine irrégulièrement, environ deux fois par an.. Par ailleurs, depuis le mois d'août 2012, une communauté religieuse a élu domicile au Bellay. Il s'agit de la communauté Mère du Divin Amour, qui est composé de personnes mariées, de laïcs consacrés et de clercs..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.