L'église Saint-Germain-de-Paris est une église catholique paroissiale, située à Hardricourt, dans les Yvelines, en France. C'est un édifice de dimensions restreintes, qui s'organise autour d'un noyau de deux travées de style roman tardif du second quart du , non visibles depuis l'extérieur. L'une est la base du clocher, l'autre la première travée du chœur. Elles possèdent deux parmi les voûtes d'ogives les plus anciennes du Vexin français, qui affichent déjà un tracé en tiers-point assez prononcé. Les deux chapelles latérales et l'abside au chevet en hémicycle ont perdu tout caractère depuis leur reconstruction à l'époque moderne. La nef unique est également de faible intérêt, mais possède néanmoins une belle charpente lambrissée, et quatre grandes arcades bouchées au nord, qui datent également du second quart du , et constituent les derniers vestiges de l'ancien bas-côté nord. Leur valeur archéologique réside dans le fait qu'elles représentent l'une des premières occurrences de grandes arcades retombant sur des piliers monocylindriques isolés, qui deviendront caractéristiques de très nombreuses églises gothiques de la région. L'élément le plus remarquable de l'église est toutefois son clocher roman, qui est une construction élégante et soignée, coiffée d'une flèche de pierre élancée un peu plus tardif. Seul le clocher a été classé monument historique par liste de 1875.. Hardricourt est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h.
Localisation thumb|left|Vue sur l'église depuis les abords de l'église de Meulan, à travers la vallée de la Montcient.
L'église Saint-Germain-de-Paris est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le Vexin français, près de la rive droite de la Seine et à la fin de la vallée de la Montcient, sur la commune de Hardricourt. Elle est implantée au milieu du bourg ancien, composé de quelques maisons seulement, sur le coteau qui descend, depuis le plateau du Vexin, vers la vallée de la Montcient, en direction de l'est. De cette manière, l'église fait directement face à l'église Saint-Nicolas de Meulan, qui est implantée de manière analogue sur le coteau opposé, et éloignée d'un kilomètre seulement à vol d'oiseau. Devant la façade occidentale de l'église, qui est précédée d'un petit parvis, la rue de la Chesnaye arrive depuis l'ouest, puis se divise en deux branches, dont l'une passe derrière l'église au nord, nommée rue Émile-Drouville, et dont l'autre passe devant l'élévation méridionale, nommée rue Guillaume-de-Beaumont. En passant directement devant le chevet, la très courte rue Saint-Germain relie entre elles les deux rues qui prennent l'église en fourchette. L'édifice est ainsi entièrement dégagée de toute construction mitoyenne, et l'on peut en faire le tour, mais du fait de l'étroitesse des voies, seule la façade occidentale est bien dégagée.
Historique thumb|left|Vue depuis le nord-est.
Sous l'Ancien Régime, Hardricourt relève de l'archidiocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et du doyenné de Magny-en-Vexin. Le collateur de la cure est l'abbaye Notre-Dame du Bec. L'on ignore la date de fondation de la paroisse, dont l'église est placée sous le vocable de saint Germain de Paris. Ses caractéristiques architecturaux permettent une datation du second quart du de ses parties les plus anciennes, à savoir les quatre grandes arcades bouchées au nord de la nef ; la base du clocher ; la première travée du chœur ; et le clocher jusqu'à l'étage de beffroi. Ces parties sont de style roman tardif, mais annoncent déjà le gothique par les piliers cylindriques isolés des grandes arcades et les voûtes d'ogives des parties orientales.. De quelques décennies plus récente est la flèche de pierre du clocher, que l'on peut rattacher à la première période gothique. thumb|Vue depuis le sud-est. thumb|Clocher, étage de beffroi.
Par la suite, l'église est agrandie par l'adjonction de deux chapelles de deux travées au nord et au sud de la base du clocher et de la première travée du chœur. La forme en tiers-point des arcades qui établissent l'intercommunication indique la période gothique, mais leur caractère rustique ne fournit aucun renseignement précis sur leur date. Dans l'angle sud-ouest de la première travée de la chapelle du nord, le départ d'ogive, dont le profil accuse un filet entre deux tores, indique la première période gothique. À l'extérieur, les deux contreforts à ressauts à l'angle nord-est sont également typiques de la première période gothique. Sauf pour les clochers, les contreforts plats règnent à la période romane. L'existence des contreforts prouve par ailleurs qu'au moins la chapelle du nord comptait d'emblée deux travées. Eugène Lefèvre-Pontalis pense que la chapelle du sud soit bien postérieure, car . C'est incontestable, mais ne s'oppose pas à l'idée que les deux chapelles soient contemporaines, si l'on admettait qu'elles ont été ajoutées après coup toutes les deux. Pour la datation de la chapelle du sud dans son état primitif, l'auteur se fie à une inscription qu'il a relevée sur une pierre encastrée dans un mur, . Aucune autre trace visible en élévation ne subsiste de cette chapelle..
Quoi qu'il en soit, la nouvelle dédicace du marque sans aucun doute la fin des travaux de reconstruction après la période trouble de la guerre de Cent Ans. Dans ce contexte, l'arc-doubleau à l'intersection des deux travées voûtées d'ogives est refait, et les supports dans les angles de la première travée du chœur sont consolidés sans égards pour l'architecture d'origine. Plusieurs colonnettes à chapiteaux disparaissent ainsi. Une piscine liturgique est aménagée dans la face nord-ouest du pilier de l'entrée de l'abside, à droite. Selon Lefèvre-Pontalis, son style indique le . Hormis cette piscine, cette campagne de travaux n'a laissé aucun vestige bien caractérisé visible en élévation. La raison est une seconde campagne de reconstruction de grande envergure, que l'on peut situer au , voire au début du , par les fenêtres en anse de panier de la nef et de l'abside, et les moulures qui ornent le plafond plat de la chapelle du nord. Concrètement, la chapelle du sud et la nef sont démolies et remplacées par des constructions sans caractère, en ne préservant que l'élévation nord de la nef. Sa charpente apparente a été dissimulée sous un plafond plat. La chapelle du nord et l'abside potentiellement romane perdent tout caractère. Le clocher conserve tout son intérêt. En tant que (Eugène Lefèvre-Pontalis)., il est classé monument historique par liste de 1875. Depuis, l'église a été restaurée, et la charpente lambrissée de la nef a été rendue de nouveau visible. Rattachée au diocèse de Versailles depuis la Révolution française, Hardricourt est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h..
Description thumb|Plan de l'église. Aperçu général
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan presque symétrique assez simple. Elle se compose d'une nef unique recouverte d'une charpente lambrissée ; d'une base de clocher et d'une travée de chœur voûtées d'ogives ; d'une abside simplement plafonnée terminée par un chevet en hémicycle ; et de deux chapelles rectangulaires de deux travées accompagnant les deux travées voûtées. Les deux sont à plafond plat. Celle du sud est plus étroite. Sa première travée abrite la sacristie, et est séparée du reste de l'église par des cloisons en bois. L'on accède à l'église par le portail occidental, ou par le portail latéral sud de la nef. Les trois vaisseaux de l'église sont munies d'une toiture commune à deux rampants, qui n'épargne que l'abside, et l'extrémité occidentale de la chapelle du nord, qui est pourvue d'un toit à croupes. Le clocher est coiffé d'une flèche de pierre sur plan octogonal.
Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est.
La nef est une simple salle rectangulaire, qui séduit néanmoins par la vue dans le sanctuaire qu'elle offre du côté est, et par sa belle charpente en carène renversée lambrissée, de sorte à former une voûte en berceau en cintre surbaissé. De tels lambris se trouvent également à Bailleval, Frouville, Gonesse, Labbeville, Mogneville. Tout sauf rares au , ils deviennent souvent les victimes du changement des goûts par la suite, et sont recouverts de plâtre pour suggérer des voûtes en pierre à la période classique, ou remplacés par des voûtes néo-gothiques au . Seuls les trois entraits avec leurs poinçons sont visibles de la charpente proprement dite. Assez discrètes se font les grandes arcades bouchées au nord, mais elles sont toujours bien visibles et parfaitement conservées. L'on peut conjecturer qu'elles avaient leurs pendants au sud, mais dans les églises gothiques non voûtées dans le milieu rural, la symétrie n'est pas non plus systématique, comme le montrent Bailleval, Le Perchay, Ronquerolles. Ce n'est pas rare non plus qu'un bas-côté soit démoli en raison de son délabrement, notamment aux , comme à Breuil-le-Vert, Clairoix, Cramoisy, Heilles, Mogneville, Rieux. Les arcades ne sont pas moulurées. Elles retombent sur des tailloirs carrés profilés d'une plate-bande, d'un listel, d'un tore et d'un cavet en forme de doucine. Ceux-ci sont engagés dans le mur au début et à la fin des arcades, et forment corps avec des chapiteaux sculptés de feuilles d'eau à l'intersection des travées. Ces chapiteaux évoquent la nef de Tessancourt-sur-Aubette et le rond-point de l'abside de Meulan. Les fûts de colonnette de ces chapiteaux sont assez minces, et non monolithiques comme on pourrait le penser, mais appareillés. Les bases affichent un petit et un gros tore aplatis, et sont flanquées de griffes aux angles. Eugène Lefèvre-Pontalis souligne qu'il doit s'agir de l'un des tout premiers emplois des piliers cylindriques isolés pour les grandes arcades, qui retombent généralement sur des piliers rectangulaires, cruciformes ou cantonnés de colonnettes à l'époque de construction. À peine plus jeunes sont les arcades semblables de Tessancourt. Aujourd'hui, les murs qui bouchent la première et la troisième arcade sont ajourés d'une fenêtre en anse de panier, et des fenêtres semblables leur font face au sud, de part et d'autre de l'ébrasement rectangulaire du portail latéral en plein cintre situé dans la deuxième travée.
Base du clocher thumb|upright|Base du clocher, vue vers l'est dans le sanctuaire.