L'église Saint-Laurent est une église catholique située sur la commune de Béard, dans le département de la Nièvre, en France.

Présentation L'église est située sur le promontoire qui surplombe la Loire sur sa rive droite. Elle est ouverte toute l'année de 9h à 18h et est illuminée en été et à l'occasion des principales fêtes religieuses.

Historique

Général L'église de Béard apparaît en 1287 sous le nom de Beardum dans un registre de l'évêché de NeversAuguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèse de Nevers, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1904, p. 490.. Dans le pouillé diocésain du début du , on apprend que le collateur de la cura de Beardo est le prieur de Lurcy-le-BourgAuguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèse de Nevers, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1904, p. 535..

L’église connaît une histoire mouvementée mais cependant mal documentée : elle est probablement brûlée et en partie détruite pendant la Guerre de Cent Ans, abandonnée à la Révolution, puis transformée en grange agricole au et enfin sauvée de la destruction et restaurée avec la création de l’Association des Amis de l’église de Béard en 1967.

Controverse historique Contrairement à ce qui peut être présenté dans certains articles ou dans certains écrits, l'église de Béard n'a jamais été, durant les périodes médiévales et modernes, le siège d'un prieuré et n'a jamais accueilli une dizaine de moines en provenance de Lurcy ou de La Charité-sur-Loire.

Certes, une seule mention moderne emploie le mot « prieuré » en 1659 et certes, le bâtiment ancien situé à côté de l'église peut faire penser à un logis prieuralADN : 1 B 377.. Cependant, la documentation clunisienne médiévale n'évoque jamais Béard comme prioratus ou monasterium ; aucun compte rendu de visite ou procès-verbal de chapitre n'évoquent Béard ; et la documentation locale, pouillés ou actes disponibles aux archives départementales non plus.

Béard, son bourg et sa paroisse, constituaient probablement un domus relevant du prieuré de Lurcy-le-Bourg. Mal connu et souvent mal utilisé, le terme de domus est ambigu ; Philippe Racinet le définit ainsi : « à la limite entre le prieuré, la simple église et la ferme, se trouve toute une série d'établissements que les textes désignent volontiers sous le terme de domus ». Il s'agit donc d'un grand domaine parfois administré par un moine avec lieu de culte et des bâtiments agricoles. Un acte de 1652 évoque notamment « messire Jean Guynet, prieur commendataire du prieuré de Lurcy-le-Bourg, avec Saint-Père-à-Ville et Béard, membres dépendant dudit prieuré »ADN : 1 B 7..

La présence clunisienne est complexe mais bien documentée. Lorsqu'une communauté d'une dizaine de moines est présente quelque part, les sources sont nombreuses. À Béard, ce n'est pas le cas et il semble que cette présence ait été entretenue et fantasmée pendant longtemps sans aucune remise en question historiographique.

Architecture Du début du , l'église conserve principalement son transept et son clocher, construits en moyen appareil régulier. La croisée est voûtée par une coupole sur trompes, portée par des arcs en plein cintre et par des piliers à colonnes engagées. Les chapiteaux sont épannelés et le décor roman est réduit aux traces de fresques géométriques sous la coupole. Les croisillons sous charpente ont perdu leurs voûtes en berceau et les passages berrichons qui communiquaient avec la nef ont été murés. L’absidiole du croisillon sud a été conservée et restaurée et celle au nord a été dernièrement reconstruite en 2008-2009.

À l’extérieur, on remarque les pignons du transept, avec baie et corniche, et le clocher avec ses multiples baies géminées et ses traces de couleur rouge. Les modillons en haut du clocher évoquent des décors géométriques, végétaux et animaliers. Le linteau en bâtière du portail nord présente une belle rosace. L’abside rectangulaire du a remplacé l’abside romane, et la courte nef charpentée a été construite au , à l’emplacement d’une nef romane plus large et plus longue à l’origine.

Protection L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 19 juin 1972.

Curés (liste non exhaustive)

1656 : Aré BourgeoisADN : 1 B 189. ; Mentionné entre 1668 et 1675 : Jacques RoussetACN : GG. 132. ; Mentionné entre 1681 et 1692 : CassiatADN : 4 E 25/1. ; Mentionné entre 1693 et 1709 : Antoine VaillantADN : 1 B 545 et 4 E 25/1. ; Mentionné entre 1726 et 1729 : Decolons ; Mentionné entre 1729 et 1731 : Passot ; Mentionné entre 1734 et 1743 : Hugues Decertaine ; Mentionné entre 1772 et 1792 : Pierre DucheminADN : 4 E 25/1 et Jules Charrier, Histoire religieuse du département de la Nièvre pendant la Révolution, tome II (1795-1803), Paris, Guitard, 1926, p. 225..

Notes et références

Annexes Bibliographie Archives communales de la ville de Nevers : GG. 132. Archives départementales de la Nièvre : séries 1 B, 12 G 25, 1 Q 536, 4 E 25/1. Chantal Arnaud, L'église Saint-Laurent de Béard, dans : Dossiers d'Archéologie, , juillet-, . Jules Charrier, Histoire religieuse du département de la Nièvre pendant la Révolution, tome II (1795-1803), Paris, Guitard, 1926. Auguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèse de Nevers, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1904.

Articles connexes Liste des monuments historiques de la Nièvre Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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Liens externes

Église Saint-Laurent de Béard Plan de l'église primitive et plan de l'église actuelle Description architecturale de l'église Saint-Laurent de Béard et son histoire

Béard Béard Catégorie:Monument historique classé en 1972