L’église Saint-Maclou est une église catholique paroissiale située à Conflans-Sainte-Honorine, en France. Ses parties les plus anciennes remontent au deuxième et troisième quart du . Une autre thèse avance une origine de la fin du , ce que corroborerait son vocable "Saint-Maclou" donné par l'évêque de Paris, suzerain du lieu. Ce sont la nef basilicale, la base du clocher central et certains éléments de la première travée du chœur. Ces parties sont de style roman tardif, comme le montrent les chapiteaux sculptés autour de la base du clocher notamment, ainsi que la voûte d'ogives archaïque de cette même travée. Cependant, les piles cantonnées de multiples colonnettes, la modénature évoluée, le recours aux voûtes d'ogives pour les parties orientales, et l'emploi systématique de l'arc brisé, annoncent déjà l'architecture gothique. Lors de la restauration de l'église à partir de 1995, les voûtes en plâtre et briquettes néo-gothiques de la nef et des bas-côtés ont été supprimées et les plafonds lambrissés en forme de voûte en berceau remis au jour, de sorte que l'église Saint-Maclou donne maintenant une bonne illustration de ce furent les églises de la période dite de transition. De cette période, de la seconde moitié du , date aussi le clocher avec sa flèche de pierre cantonnée de quatre lanternons ; il a dû être reconstruit à l'identique après avoir été endommagé par la foudre, en 1927. Après la création supposée de la paroisse de Conflans-Sainte-Honorine, au début du , l'église a été agrandie par l'adjonction de deux croisillons et de deux chapelles latérales au nord et au sud du clocher et du chœur. Elle a encore été prolongée vers l'est, et en partie reconstruite, après la guerre de Cent Ans, au début du notamment, dans le style gothique flamboyant. De part et d'autre d'une abside à cinq pans, on a ajouté des petites chapelles carrées, celle du sud étant dédiée à la Vierge Marie, et celle du nord, d'abord à Saint-Nicolas, patron des bateliers, puis, au début du , à Sainte-Honorine. Ce vocable vient du prieuré qui se situait, jusqu'à la Révolution française, à l'est de l'église, sur le terrain du Musée de la batellerie et qui possédait peut-être la première église chrétienne de l'agglomération. Longtemps négligée, l'église Saint-Maclou a été classée aux monuments historiques par arrêté du ., et bénéficié de plusieurs campagnes de restauration depuis, en particulier en 2000, 2005, 2010, 2021 (remise en place du mobilier déplacé durant les travaux, réfection d'estrades, remise de l'allée centrale de la nef...). L'actuelle municipalité élue en 2014 puis réélue en 2022, envisage de restaurer la base des vitraux éclairant le bas-côté sud ayant été cassés en par un V1 tombé dans l'île de Conflans, face à l'église.

L'église Saint-Maclou fait partie du secteur paroissial du Confluent, et des messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche matin.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le quai des martyrs de la Résistance.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, sur la commune de Conflans-Sainte-Honorine, au centre-ville, au sommet d'un coteau calcaire formé de couches superposées qui domine la Seine d'une quarantaine de mètres. Le fleuve coule à une soixantaine de mètres au sud. Selon Roselyne Bussière, le site favorise des . À l'ouest, à peine deux cents mètres plus loin, la tour Montjoie, tour carrée du dernier quart du ., marque la chute du plateau vers la place Fouillère, centre névralgique de la vieille ville, dont l'hémicycle s'ouvre sur la Seine. Plus proche encore, à l'est, le château du Prieuré, ancien logis abbatial., évoque le souvenir du prieuré Notre-Dame de Conflans- où résidèrent les Bénédictins issus de l'abbaye du Bec-Helluin- et de la sainte patronne de la ville, sainte Honorine. L'édifice accueille aujourd'hui le musée de la Batellerie. Avec ce voisinage, l'église est ainsi bien insérée dans le paysage monumental de la bourgade dont elle constitue l'élément le plus remarquable. Avec le presbytère au nord du chœur de l'église et son jardin clos de murs qui s'étend devant le chevet, elle forme un petit îlot urbain à elle seule. Le bas-côté nord, la façade occidentale et toute l'élévation sud donnent directement sur la voie publique. La place de l'Église, de dimensions généreuses, s'étale à l'ouest et au nord du bas-côté nord, où elle est agrémentée d'arbres et invite au repos. La place Jules-Gévelot, à l'est, s'insère entre le jardin du presbytère et la grille du château du Prieuré avec son parc. Des ruelles relient les deux places par le nord et par le sud, où la rue prend l'allure d'un chemin de ronde surmontant le dédale de ruelles qui descendent vers les quais, dont la rue de la Procession depuis la place Jules-Gévelot en direction du sud-est. Historique Les origines et le vocable thumb|upright|Statue de saint Maclou.(La crosse photographiée a encore été dérobée. Celle de 2018 est visible actuellement) . thumb|upright|Statue de sainte Honorine, 1866.

Conflans-Sainte-Honorine est au Moyen Âge un "poste d'observation" confié par l'évêque aux comtes de Beaumont qui y édifient un premier château de bois. Sa population est longtemps très modeste (en 1470, après la guerre de Cent Ans, on ne compte que quarante habitants, sachant que la contrée d'alentour de Pontoise avait été désertée par ses habitants du fait des proches combats).. L'on ignore tout sur les origines de la paroisse.. Le premier édifice de culte qui laisse des traces écrites dans les archives est en tout cas une chapelle dédiée à Notre-Dame des Ardents, qui précède l'église du prieuré. Elle existe du temps du règne de Charles III le Simple (898-922), et reçoit alors, probablement en 876, les reliques de sainte Honorine en provenance de Graville. Au - voire en fin du Xe selon certains - les comtes de Beaumont, seigneurs de Conflans-Sainte-Honorine, font édifier une église plus spacieuse, et invitent par une charte de 1080 des moines de l'abbaye du Bec à s'y installer : c'est la fondation des bâtiments du prieuré et de son église, que l'on peut dater autour de 1082. En 1086 ou 87, les reliques de sainte Honorine sont en effet transférées dans la nouvelle église, en la présence de l'abbé Anselme du Bec, futur archevêque de Cantorbéry et élevé ensuite sur les autels et Geoffroy de Boulogne, évêque de Paris. L'église priorale est dédiée à sainte Honorine et ses reliques font l'objet d'une forte dévotion populaire pendant des siècles.. Il est probable, même si les sources ne fournissent pas de renseignements sur le sujet, que le service paroissial est assuré par l'un des religieux du prieuré dès sa fondation. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas confondre l'église Sainte-Honorine avec l'église paroissiale Saint-Maclou actuelle, qui comporte au nord du chœur une chapelle Sainte-Honorine (anciennement dédiée à saint Nicolas). La première se situait à l'est de la dernière, sur le domaine de l'actuel parc du prieuré, et a été démolie en 1751 car menaçant ruine. Elle a été remplacée dès l'année suivante par une autre église implantée un peu plus au nord..

Contrairement à ce que l'on observe quasi systématiquement dans les paroisses qui comportent un prieuré ou une abbaye, le collateur de la cure n'est en l'occurrence pas l'abbé du Bec (qui aurait sinon été le curé primitif de Conflans). Cette particularité s'explique certainement par l'important domaine que les évêques de Paris possèdent à Conflans, et qu'ils tiennent, selon l'abbé Lebeuf, de Charles le Simple ou Charles le Chauve. Conflans-Sainte-Honorine appartient ainsi au diocèse puis archidiocèse de Paris, à l'archidiaconé de Paris et au doyenné de Montmorency. (c'est au lendemain de la Révolution française qu'intervient le rattachement au nouveau diocèse de Versailles, correspondant alors au département de Seine-et-Oise). La cure est à la nomination du chancelier de l'évêque de Paris, et non à l'évêque lui-même, ce qui est également une particularité. L'abbé Lebeuf n'a pas pu identifier l'évêque qui fut à l'origine de ce privilège pour son dignitaire. Il précise en revanche que le chancelier devait rendre foi et hommage à son évêque pour les revenus qu'il avait à Conflans, faute de quoi l'évêque pouvait saisir ces revenus, comme il arriva le .. L'abbé Vital Jean Gautier situe la création de la paroisse au Gautier 1876, , p. 247.. En l'absence de sources écrites, il se fie certainement à la datation de l'église, dont la base du clocher et la première travée du chœur peuvent être datées du deuxième quart du . Roselyne Bussière, en 2005, situe également la fondation de la paroisse au . Cependant, comme le précise le dossier d'Inventaire, la nef de l'église pourrait remonter à la fin du -voire un siècle plus tôt- comme le prouveraient les piles rectangulaires des grandes arcades et les modillons romans cachés dans les combles des bas-côtés, p. 1..Notons toutefois que l'église primitive ne comprenait que la nef dont les murs sud et nord ont été surélevés lors de la création ultérieure des bas-côtés. Les "piliers" ne sont donc que les restes de ces anciens murs excavés. Curieusement, et à cause du désaxement à partir de l'arc occidental soutenant le clocher, les "piliers" sud sont progressivement décalés vers l'est (environ pour les deux derniers) — Le patron de la paroisse est saint MaclouGautier 1876, , p. 106.. Sainte Honorine est vénérée en l'église Saint-Maclou depuis la fin des troubles révolutionnaires, quand le prieuré fut supprimé et les reliques cachées pour éviter leur profanation ; elles furent ensuite remises à la paroisseGautier 1876, , p. 146. au tout début du XIXe siècle.

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest ; au plan, le rempart.

Étant donné la proximité de l'église du prieuré Saint-Honorine, qui est en même temps liée au pouvoir féodal par les libéralités des comtes de Beaumont, il est à peu près certain que l'église Saint-Maclou, à usage exclusivement paroissial, soit le premier édifice du culte à l'endroit actuel. La substance de l'église primitive est donc en bonne partie conservée. Cependant, les agrandissements successifs des parties orientales et les remaniements imputables aux dommages subis pendant la guerre de Cent Ans ont fait évoluer son aspect, ainsi qu'en dernier lieu, l'élargissement des bas-côtés. Selon le dossier d'Inventaire, la nef aurait été pourvue de bas-côtés dès le départ, ce qui est sous-entendu par la mention des piles rectangulaires. En se basant sur ces piles ainsi que sur les modillons de la corniche, Roselyne Bussière, rédactrice de la notice d'Inventaire en 2002, suggère une construction à la fin du , datation qu'elle maintient trois ans plus tard. Le dossier d'Inventaire ne contient aucune photographie des modillons romans -photographiés cependant lors des travaux de démolition des fausses voûtes. Quant aux piles, elles sont munies de tailloirs moulurés et supportent des grandes arcades en tiers-point, qui ne font leur apparition qu'au second quart du ; p. 139. : à la fin du , toutes les arcades sont en plein cintre. Puisque la base du clocher et la première travée du chœur datent justement du second quart du , il serait judicieux de vérifier la datation des modillons. Sinon, les tailloirs et arcades devraient être considérés comme le résultat d'une reprise en sous-œuvre, et il faudra se poser la question d'un sanctuaire primitif à l'emplacement de la base du clocher roman. Probablement, les tailloirs et le tracé en tiers-point des arcades ont échappé aux auteurs de la notice d'Inventaire. Quoi qu'il en soit, il faut rejeter l'hypothèse de l'adjonction postérieure de bas-côtés avec formulée dans une notice diffusée localement. Dans le cadre de la description dans le chapitre ci-dessous, il sera possible de rapprocher la nef avec des constructions similaires du .