La collégiale Saint-Maurice d'Oiron est une église située à Oiron, en France, consultée le 4 novembre 2012..

Localisation L'église est située dans le département français des Deux-Sèvres, à Oiron, commune de Plaine-et-Vallées, c'est une ancienne collégiale accolée au parc du château d'Oiron.

Historique La première église connue à Oiron apparait dès 955-956, mais cette dernière est détruite par une fort séisme à la fin des années 1010.

De la simple église à la collégiale : la nécropole familiale de la famille Gouffier Si c'est Guillaume Gouffier qui reçoit la terre d'Oiron le par don de Charles VII, c'est véritablement son fils Artus Gouffier via un acte du (autorisée le par une bulle pontificale), qui transforme l'église actuelle en collégiale (édifice possédant un chapitre de sept chanoines). Il a l'intention de la rebâtir totalement car elle tombait en ruine mais également d'en faire la nécropole familiale.

Il décède deux mois plus tard mais sa veuve, Hélène de Hangest, s'attachera jusqu'à sa mort à réaliser ce vœu. La collégiale fut consacrée par l'évêque de Poitiers, Gabriel de Gramont, le . Un chapitre composé d'un doyen, de sept chanoines et de quatre enfants de chœur y célébraient perpétuellement l'office pour les défunts de la famille.

À la mort d'Hélène de Hangest le , leur fils Claude Gouffier continua les travaux de la collégiale qui est définitivement achevée vers 1550.

Le , François , accorde la permission à Claude Gouffier « de faire conduire de Marseille à Oiron en Poitou quatorze ou quinze blocs de marbre taillés destinés aux tombeaux de son père, et de sa mère », ils sont sculptés par Giovanni de Giusto Betti.

En 1540, les corps d'Artus et de sa mère Philippe de Montmorency, tandis qu'il faut attendre 1558 pour que soit installés ceux de Claude et de son oncle Guillaume. Leurs gisants sont sculptés par Giovanni de Giusto Betti.

Les tombeaux seront gravement endommagés par les protestants après leur défaite lors de la bataille de Moncontour en 1569.

Ces différentes fonctions se lisent parfaitement dans la distribution des accès à l'édifice, le décor sculpté et la présence des tombeaux : l'entrée ouest était réservée aux villageois qui s'assemblaient dans la nef, alors que l'entrée nord du transept, ouvrant vers le château permettait au seigneur et à sa famille d'accéder aux deux petites chapelles encadrant le chœur afin d'y suivre l'office.

La collégiale aujourd'hui L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1840, lors de la première liste de ce type. alt=|vignette|Dessin provenant de la collection de François Roger de Gaigières représentant la collégiale en 1699.

Description À l'extérieur, la nef est rythmée par des contreforts étroits et peu saillants encadrant des fenêtres aux remplages flamboyants. Le clocher consiste en une tour massive percée de fenêtres étroites et hautes. Le plan de l'édifice est composé d'une nef unique à trois travées voûtées d'ogives, d'un transept et d'un chœur formé d'une travée droite, et d'une abside à trois pans.

Au sud de la première travée, la base du clocher forme une chapelle. Un texte nous apprend qu'on enfermera la vieille église "au-dedans de la neuve sans y toucher jusqu'à ce que ladite vieille église fût en tel état qu'on y put faire le service, et alors fut rasée ladite vieille".

Décors et sculptures Le décor sculpté de ces chapelles et le revers du portail du transept sont d'une virtuosité et d'une richesse remarquables : outre des ornements appartenant au vocabulaire de la Renaissance (coquilles, candélabres, arabesques, pilastres, volutes), on remarque l'abondance de l'héraldique. Ce détail révèle qu'Hélène de Hangest porta un intérêt personnel à la construction de la collégiale.

On note également la présence des écussons et monogrammes ainsi que la devise de Claude Gouffier, le fils d'Artus, et de sa première femme Jacqueline de La Trémoille, qui n'ornent cependant que les parties les plus tardives du décor.

Un grand retable, placé derrière le maître-autel, sépare le chœur de l'abside. Le buffet d'orgue et sa tribune du XVIIe siècle, primitivement placés au revers de la façade occidentale, ont été transportés dans le croisillon sud. Seuls subsistent quatre grands tombeaux arrachés au moment de la Révolution à leur emplacement d'origine, dans le chœur et le transept, alors que jadis des pierres tombales et des inscriptions gravées sur des plaques de cuivre rappelaient le souvenir des autres morts.

La collégiale, abrite également en son sein un crocodile, même si son origine et sa datation nous sont inconnues, l'explication la plus logique est qu'il pourrait provenir d'un cabinet de curiosités, que Claude Gouffier possédait au sein du château.

Collection Au cours du , la collégiale a abritée de très nombreuses peintures la plupart proviennent de la collection de Claude Gouffier qui était un grand collectionneur d'art. C'est notamment le cas du Saint Jean Baptiste au désert peint par Raphaël, qui est aujourd'hui conservé au musée du Louvre et dont une reproduction est encore visible dans l'église.

On peut retrouver également d'autres tableaux comme un portrait de Claude Gouffier à genoux, présenté par son patron, ainsi que celui de sa épouse Françoise de Brosse-Penthièvre, baronne de Palluau, présentée par Saint François d'Assise, son pendant, mais aussi un Saint Jérôme dans le désert, tableau du d'un auteur inconnu, une Résurrection (école anversoise, ), une copie française d'une Vierge à l'Enfant de Pierre Paul Rubens (1577-1640) dont l'original est perdu, des Baubrun et une série d'œuvres de Jacques Blanchard (1600-1638).

Galerie

Notes et références

Annexes Sources et bibliographie

Étienne Fournial, Monsieur de Boisy. Grand maître de France sous François , Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996, 152 p. Jean Guillaume, « Oiron au XVIe siècle : le château et l'église », Congrès Archéologique de France, 159e session, Deux-Sèvres, Société française d'archéologie, 2004, . Julien Noblet, En perpétuelle mémoire. Collégiales castrales et saintes-chapelles à vocation funéraire en France (1450-1560), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, 320 p.,. Grégory Vouhé, « Tombeaux de marbre des La Trémoïlle et des Gouffier », L’Actualité Poitou-Charentes n° 107, hiver 2015.

Articles connexes Liste des monuments historiques des Deux-Sèvres Château d'Oiron Famille Gouffier

Liens externes Généalogie de la famille Gouffier Orgue d'Oiron, Collégiale Saint-Maurice - L'orgue dans la Région Aquitaine Collégiale Saint-Maurice - Base des collégiales séculières de France (816-1563)*L'église Saint-Maurice d'Oiron Paroisse Saint-Théophane Vénard en Thouarsais - Messe.info

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