L'église Saint-Médard est une église catholique paroissiale située à Villers-Saint-Frambourg, en France. Elle possède un petit clocher roman caractéristique du Valois, qui remonte vers 1170 / 1180 et représente sa partie la plus ancienne. Le chœur et ses deux chapelles latérales sont issus de trois campagnes de construction rapprochées, pouvant être situées pendant la seconde moitié du . C'est donc une œuvre de la période gothique rayonnante dont il garde l'empreinte, bien que des réparations au cours du aient apporté des simplifications. Le plan de l'église est irrégulier du fait de la présence de la base du clocher : la chapelle du sud est plus petite que celle du nord. La nef et ses bas-côtés ont été entièrement bâtis pendant le et affichent le style gothique flamboyant, sauf les grandes arcades du nord qui sont d'un style Renaissance tardif. Il en va de même de l'extérieur. Toute l'église a été construite avec soin, même si des moellons ont dû suffire pour la nef. C'est un édifice de qualité dont la richesse intérieure surprend en vue de l'austérité des façades, et qui donne un exemple de l'intérêt architectural qu'une petite église rurale d'apparence discrète peut avoir. Restaurée et bien entretenue, l'église Saint-Médard a encore accueilli une messe tous les jours de la semaine sauf le lundi et samedi jusqu'au mois de , fait assez rare pour être signalé. L'église est classée au titre des monuments historiques en totalité depuis 2004. Le chœur et le clocher avaient déjà été classés en 1913..
Localisation
L'église est située en France, en région Hauts-de-France, dans le département français de l'Oise et sa partie qui appartient au Valois, sur la commune de Villers-Saint-Frambourg au nord de Senlis. L'église marque le centre du village. Le chevet jouxte la rue de la croix Dupille, l'une des rues principales du village, tandis que la façade méridionale donne sur la place de la Mairie, qui se présente comme une pelouse avec des allées ombragées. La façade occidentale n'est que peu exposée aux regards. Elle donne sur un petit parvis, délimitée par le presbytère et la bibliothèque municipale, construites en enfilade avec la mairie, ainsi que par une propriété privée. L'on peut faire le tour de l'édifice grâce à l'étroit passage du Choléra, ancienne fosse commune qui longe l'élévation septentrionale et rejoint la rue de la croix Dupille. Avec un peu de recul, l'élévation septentrionale est également visible depuis la rue Vieille de PontCf. Étude urbaine de Villers-Saint-Frambourg, , ..
Historique thumb|left|Vue du chevet.
Sous l'Ancien Régime, la seigneurie et la cure de Villers-Saint-Frambourg appartiennent au chapitre de la collégiale Saint-Frambourg de Senlis, dont témoigne toujours le nom du village. Le patron de l'église est toutefois le premier évêque de Noyon et évangélisateur, saint Médard (456-545). La première église de style roman est bâtie au moment de l'érection du village en paroisse. N'en subsiste que son clocher, intégré dans les constructions ultérieures. La base du clocher devait se situer à l'intersection de la nef et du chœur, comme c'est le cas de la majeure partie des petites églises rurales de l'Oise et du Vexin français à la période romane. Cette disposition se reflète encore dans l'absence d'arcades dans les murs latéraux, au nord et au sud : il n'y avait pas de transept. Les auteurs s'accordent pour dire que le clocher date de la seconde moitié du . Dominique Vermand, qui fait autorité en le domaine, date l'étage de beffroi et la flèche en pierre clairement des années 1170 / 1180. Cette pyramide appartient à la grande famille de flèches octogonales flanquées de pyramidons d'angle du Valois, et dont l'exemple le plus ancien est celle de l'église Saint-Vaast de Saint-Vaast-de-Longmont, datant de 1120 environ..... thumb|upright|Colonnette à chapiteau au sud-ouest de la du chœur ; à remarquer la croix de consécration.
À partir du milieu du , le chœur est reconstruit successivement selon un plan plus vaste, comportant deux travées et deux chapelles latérales d'également deux travées. La première partie construite est le vaisseau central, composé d'une partie droite au nord de la base du clocher et d'une abside : ce vaisseau a pu coexister pendant quelques décennies avec le chœur primitif au sud. Toujours dans la seconde moitié du , une grande chapelle de deux travées est élevée au nord du vaisseau central, dont elle atteint pratiquement la même longueur. Pour Jean-Pierre Trombetta et Dominique Vermand, cette chapelle appartient encore au , alors que pour Raymond Poussard, le chœur serait dans son ensemble une œuvre du . Son étude est effectivement compliquée par les réparations du , quand tous les doubleaux (sauf un) et une partie des voûtes sont refaites, ainsi que par la grande homogénéité du chevet et du remplage des fenêtres. Comme le souligne Dominique Vermand, des ruptures sont toutefois visibles dans l'appareil et prouvent que tout n'a pas été bâti en même temps. La sculpture de l'un des chapiteaux de la chapelle nord fait preuve d'une évolution stylistique par rapport au vaisseau central, avec abandon du motif des feuilles recourbées en crochets ou de feuilles de chêne simplifiées (celui à gauche du chevet), alors qu'un autre chapiteau est la réplique d'un chapiteau de l'abside. Comme l'indique J.P. Glaçon qui a rédigé une notice sur l'église (s.l., s.d.), le profil des nervures des voûtes parle ici en faveur du début du , mais il pourrait s'agir d'une réfection. Dans une troisième campagne à la limite du et du , ou au selon les auteurs, le chœur roman est remplacé à son tour par une chapelle de deux petites travées, à l'angle entre la base du clocher à l'ouest et le nouveau chœur au nord. Son architecture est particulièrement élégante. Les meneaux de sa fenêtre orientale, la seule à posséder un remplage, sont prismatiques et dépourvus de chapiteaux, ce qui indique normalement une construction plus tardive comme l'observe Dominique Vermand. Or, la baie voisine de l'abside présente les mêmes caractéristiques, ce qui permet également de penser que les deux baies ont été refaites en même temps, bien après la date de construction. Seulement deux chapiteaux subsistent dans la chapelle sud, et sachant que les voûtes ont été partiellement refaites au , les éléments permettant une datation y sont bien minces.
La nef a été entièrement reconstruite au , période pendant laquelle des réparations modifiant la modénature mais pas la structure sont apportées aux parties orientales, comme déjà signalé. Les anciennes arcades et doubleaux sont tous remplacés par des arcades très simples, sans chapiteaux ni moulures, qui se composent d'un rang de claveaux aux arêtes chanfreinées. La voûte de la première travée du chœur est remplacée par une nouvelle voûte du même type que celles de la nef. Les autres voûtes sont partiellement reprises mais ne changent guère d'apparence. Une grande partie des colonnettes à chapiteaux recevant la retombée des ogives sont conservées (et même toutes sauf une dans le vaisseau central), et le remplage d'origine des fenêtres est également conservé. Si le style gothique flamboyant de la première moitié du n'a donc pas laissé son empreinte dans les parties orientales, il en va autrement dans la nef, dont les grandes arcades du sud montrent un profil prismatique et pénètrent dans les piliers ondulés. Les clés de voûte des bas-côtés sont petites, mais pendantes. Les grandes arcades du nord affichent curieusement un style Renaissance, ce qui peut s'expliquer par une période de construction à cheval entre les deux périodes stylistiques, car Dominique Vermand n'évoque pas une reprise en sous-œuvre ultérieure. Les deux portails montrent une sculpture de faible relief et fortement stylisée, propre au Classicisme, et les enroulements de part et d'autre des niches au-dessus du portail méridional sont d'influence baroque ; ils ont dû être aménagés postérieurement à l'achèvement de la nef, au début du . Depuis le début du , l'église n'a plus fait l'objet de remaniements ou modifications, exception faite de l'ajout d'une sacristie en 1867.
L'église est classée au titre des monuments historiques en totalité par arrêté du . Le chœur et le clocher avaient déjà été classés en 1913. C'est un édifice d'une grande qualité architecturale, bien mis en valeur par une restauration et un entretien soignés. Le dernier curé de la paroisse a été le père Joseph Kuchcinski ( - ).. Installé au début des années 1960, il prend sa retraite en 1996, et la paroisse de Villers-Saint-Frambourg est officiellement rattachée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. Le père Kuchcinski continue néanmoins d'habiter le presbytère, et en dépit de son grand âge, il célèbre une messe tous les jours sauf le lundi, dont la messe dominicale anticipée dans l'un des cinq autres villages de l'ancienne paroisse : Brasseuse, Ognon, Villeneuve-sur-Verberie, avec ses hameaux d'Yvillers et Noël-Saint-Martin.. La mort du père Kuchcinski le met un terme définitif à l'existence de l'une des dernières petites paroisses rurales de l'Oise, et il n'y a désormais plus que la messe dominicale célébrée à tour de rôle dans l'une des quatre communes de la communauté de Villers-Saint-FrambourgLe dimanche à 9 h 30. Voir le calendrier des messes sur le site de la paroisse ..
Description Aperçu général thumb|upright|Plan schématique de l'église.