upright=1.2|thumb|Titre en latin :Salve ReginaTitre en francais :Salut, ô ReineGenre :Antienne marialeAuteur :Inconnu(sans doute collectif)Date de composition :Fin du ou début du Lieu de composition :AquitainePremière mention :1135 à Cluny(abbaye de Cluny)Premier concile qui concernait :Concile provincial de Peñafiel (1302)Approbation pontificale définitive :Pie V(bréviaire romain, 1568)Mélodie actuelle :Variante :Hymne national de la République corse(Dio vi salvi Regina, 1735)Image :Statue de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption-et-Saint-Étienne de Spire. thumb|Salve Regina de Hermann Contract, interprété par lesPetits Chanteurs de Passy.
L'antienne Salve Regina est une prière catholique, dédiée à la Vierge Marie. Antienne de la procession à l'origine, elle est affectée à plusieurs usages tant dans la liturgie que dans la culture. En dépit de l'utilisation officielle pour le dernier office de jour, complies ou vêpres, on la chante très souvent à la fin d'une autre célébration. Il s'agit de l'une des hymnes les plus populaires depuis le Moyen Âge, et est à l'origine d'un grand nombre de légendes.
Texte latin français
Partition Salve Regina dite de ton simple en cinquième mode () : voir aussi : section Origine de la mélodie actuelle Salve Regina dite de ton solennel ou monastique en premier mode () : thumb|center|upright=2.9
Historique Origine Origine non identifiée L'auteur de l'antienne demeure inconnu à ce jour. L'histoire de la tradition manuscrite désigne une origine liturgique non romaine. Les mélodies qui lui sont associées sont sans équivalent dans le répertoire du chant vieux-romain et dans le répertoire grégorien. Le document daté le plus ancien qui mentionne l'antienne serait un acte de l'abbaye de Cluny daté de 1135Selon l'étude de Hilda Graef, Maria, Eine Geschichte der Lehre und Verehrung, p. 210, Herder 1964 .
Adoption importante par la deuxième réforme liturgique cistercienne au Si l'on exclut les légendes, les manuscrits les plus anciens qui contenaient ce texte ne remontent qu'au Daniel Saulnier, Session de chant grégorien III (2005), p. 45 et sa note . Il est probable que la partition complète la plus ancienne est celle de la bibliothèque nationale de France, Nouvelles acquisitions latines (NAL) 1412Grove Dictionary of Music and Musicians . Cet antiphonaire cistercien, qui fut copié vers 1175Conseil de recherches en sciences humaines du Canada , accordait déjà l'antienne Salve Regina au cantique Magnificat des vêpres de plusieurs fêtes mariales : Nativité de Marie ; Annonciation ; Purification ; mais aussi attribuée au Benedictus des laudes pour lAssomption et son octave . Usage déjà très important, car il s'agissait de l'antienne pour les deux cantiques bibliques, qui sont les plus distingués, en faveur des deux offices les plus importants. Cela signifie que cette antienne possédait une dignité supérieure dans le rite cistercien. En d'autres mots, la Salve Regina était chantée au moment du sommet de ces offices principaux.
thumb|upright|Si saint Bernard n'est pas l'auteur de la Salve Regina, il était un grand promoteur de cette hymne dans le cadre de la deuxième réforme cistercienne.Très mécontent de la caractéristique archaïque de la première réforme selon laquelle le chant messin et l'hymne ambrosienne étaient principaux, le supérieur de l'ordre considérait que l'édition de l'abbé Harding commettait beaucoup de fautes, qui étaient, en fait, les compositions anciennes authentiques. Pourquoi cette confusion ? Au , un mouvement important était né en Aquitaine avec de nouvelles pièces musicales, qui s'illustraient d'une beauté remarquable. À la suite de la décision du supérieur, qui chargea à saint Bernard le remaniement, il est normal que ce théologien n'ait pas hésité à adopter de nouvelles hymnes, belles et adaptées aux oreilles contemporaines. L'hymne Salve Regina fut intégrée dans le rite cistercien(image : " Salve Regina " et " Salve Bernarde ", œuvre de Heinrich Hugo CöntgenNotice Bnf, d'après la vision légendaire de ce saint, présentée dans la bibliographie écrite vers 1182 Vita tertia de Jean l'Ermite, sans doute moine de Clairvaux). Les études récentes (Chrysogonus Waddell (1984/2007)Chrysogonus Waddell, The primitive Cistercian breviary, p. 77, 2007 Brian Patrick McGuire (éd.), A Companion to Bernard of Clairvaux, p. 355, note , 2011 et Alicia Scarcez (2011)Notice Bnf ; voir aussi l'article Tradition du chant grégorien auprès des monastères#Vérité des réformes cisterciennes) suggèrent que ce manuscrit est un fruit de la deuxième réforme liturgique cistercienne, à l'occasion de laquelle le supérieur de l'ordre confia la gestion au célèbre saint Bernard de Clairvaux († 1153). Au lieu des hymnes ambrosiennes archaïques adoptées par la première réforme sous l'abbé Étienne Harding († 1134), l'équipe de saint Bernard promut de nouvelles hymnes. D'où l'attribution erronée à saint Bernard de la Salve Regina. Or, saint Bernard ne laissa aucun chef-d'œuvre de poésie.
Par ailleurs, la version cistercienne présente un texte plus ancien. Elle commence par Salve, Regina misericordiæ. Elle se terminait par O clemens o pia o dulcis Maria alleluia.
Indice plus ancienne de Cluny La Salve Regina était mentionnée dans un document plus ancien. Et cela suggère que son origine était l'antienne de procession. Depuis 1135, par le décret de l'abbé Pierre le Vénérable, qui était un autre réformateur, les moines de l'abbaye de Cluny chantaient l'antienne de laquelle l'incipit était Salve Regina, lors de la procession de l'AssomptionDaniel Saulnier, Des variantes musicales dans la tradition manuscrite des antiennes, 1.3.7 L'antienne de dévotion 2005 Rémy Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, p. 89 - 90, 1863 Jean Longère, La Vierge dans la catéchèse, p. 21, note , 2000 . À cette époque-là, ce monastère avait une immense influence, en tant que dite la seconde Rome. De nos jours, il s'agit du témoignage le plus ancien qui soit supporté par un manuscrit sûr, avec une date exacte. Il ne reste aucune partition surement conservée à Cluny, car tous ses manuscrits furent perdus à la suite de la suppression de ce monastère en 1791, à l'exception de quelques manuscrits gardés ailleursÉtudes grégoriennes, tome XLI, p. 1, 2014p. 539 - 541 ; cependant l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes réussit à récupérer un certain nombre de fragments (Études grégoriennes, tome XLI, p. 1 - 2, 2014) dont une notation de la Salve Regina, que Colette présentait dans cette thèse.. Dans ces processionnaux clusiens, aucune notation ne se trouve, ce qui empêche les études. En effet, ses moines effectuaient bien cette procession de l'Assomption, par cœur, et sans support de partitionMichel Huglo, Les livres de chant notés à Cluny, une survie à Solesmes ?, p. 50 - 51, 2011 ; erratum : statut 86 > statut 76 (LXXVI).
Avec cette chronologie, plusieurs attributions doivent être écartées. Elle précise que l'exécution hypothétique, qui fut affectée à saint Bernard à la basilique Notre-Dame d'Avioth, n'était pas la création de l'hymne. Car, chez les Cisterciens, l'usage de Salve Regina ne put être intégré qu'après le décès de l'abbé Étienne Harding en 1134. La révision des livres de chant fut effectuée entre 1142 et 1147Alicia Scarcez, Études grégoriennes, tome XXXVIII, p 138, 2011. De même, la visite de saint Bernard à la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption-et-Saint-Étienne de Spire n'eut lieu qu'en 1146. Cette cathédrale avait une légende : que ce fut saint Bernard qui y ait ajouté l'exclamation Ô clemens ! ô pia ! ô dulcisTheodore Ratisbon, Histoire de Saint Bernard, p. 347, 1842p. 8 - 10 ; selon Dom Schubiger, le texte se trouve dans une chronique de Spire, livre X, ainsi que la Vie de saint Bernard, un manuscrit de Ratisbonne (p. 10, note ). Comme l'exclamation se trouve dans un manuscrit plus ancien, cette légende ne peut plus être supportéep. 536, note .
Or, il faut souligner que saint Bernard fut, pour cette hymne, un grand promoteur du , en qualité de commentateur théologique le plus distingué de la Sainte Vierge dans ce siècleVoir ses sermons consacrés à la Vierge Marie. D'où, pour la diffusion, le rôle des Cisterciens était vraiment important.
Encore trois légendes thumb|Selon les études de Friedrich Gennirich et d'Higinio Anglés puis de Colette, le chant liturgique aussi voyageait, avec les musiciens, sur le chemin de Saint-Jacques au . Sans doute l'hymne Salve Regina était-elle diffusée, grâce aux religieux en pèlerinage, à partir de la région aquitaine. Il semble qu'à la suite d'une vaste diffusion sur ce chemin, ces trois légendes soient nées, en raison de pleine popularité de cette hymneMarie-Noël Colette, La musique liturgique au temps du Calixtinus, p. 37 et 40, 1996 . Chacun discutait toujours son auteur préféré, selon sa région, méridionale ou septentrionalep. 13 - 14. Saint Bernard ne fut pas le seul candidat. Depuis le Moyen Âge, on discutait sur trois personnages importants pour l'auteur. Il s'agissait d'Hermann Contract, bénédictin, ainsi que de deux évêques, Pierre de Compostelle et Adhémar du Puy-en Velay.
Faute d'indices, de nos jours l'attribution pour Hermann Contract († 1054)p. 7 - 8 ; l'abbaye territoriale d'Einsiedeln, qui gardait son lien direct avec Hermann Contract, avait une légende que ce savant moine lui octroya une copie de la Salve Regina. Dom Schubiger ayant vérifié dans sa bibliothèque que rien ne se trouvait pour confirmer cette légende considérait cependant que le chant y était pratiqué à la fin du . D'où, cette légende., très diffusée au Voir aussi p. 10 - 11, n'est plus supportée.. En réalité, l'attribution n'apparut qu'à la fin du dans la chronique de Jacopo Filippo Foresti pour l'année 1049.
Ce qui reste énigmatique est celle de Guillaume V Durand, évêque de Mende, qui affecta l'auteur à Pierre (saint Pedro de Mezonzo † 1003), évêque de Saint-Jacques-de-Compostelle : « Petrus compostellanus Episcopus auctor est antiphonæ : Salve Regina » (vers 1286)Pierre Lebrun, Explication littérale, historique et dogmatique, tome III, p. 302, note , 1777 ; attribution douteuse car I. texte tardif Salve Regina, matermisericordiæ II. autre attribution Veni Sancte Spiritus au roi de France Robert II le Pieux.. En 1297, Riccobaldo da Ferrara suivit cet avis dans son Historia universalis, Galicia, the Switzerland of Spain, chapitre IV The Salve Regina, 1909 . Si en 1903 Eladio Oviedo Y Arce, théologien espagnol, avait favorisé cette attribution, sa conclusion ne fut pas acceptéep. 521, note ; en 1965, Garcia Alvarez affecta à nouveau l'auteur à cet évêque. Mais ce sont bien entendu des chercheurs espagnols qui préfèrent cette attribution.. Celle-ci est étrange aux hymnes de l'Espagne de son époque tandis que la nouvelle génération de l'hymne avec la beauté de composition littéraire dont la Salve Regina était un exemple n'apparut qu'au .