L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Meulan-en-Yvelines, en France. C'est, depuis la Révolution française, la seule église catholique de la ville. Derrière sa sobre façade néo-classique de 1764, accostée d'un clocher purement fonctionnel de la même année, et derrière ses murs latéraux délabrés sans aucun caractère, se dissimule un édifice gothique édifié en deux campagnes au troisième quart du et au premier quart du , en ce qui concerne les deux premières travées. L'église Saint-Nicolas se distingue surtout par son plan à déambulatoire sans chapelles rayonnantes, et sans transept. Assez curieusement, les quatre piliers cylindriques du rond-point de l'abside portent des chapiteaux à volutes d'angle d'un style roman archaïque. Sinon, l'on trouve des chapiteaux gothiques à feuilles d'eau et à feuilles d'acanthe de bon niveau, et encore sept voûtes d'ogives à grosses nervures subsistant de la première campagne de construction. Cependant, l'église est restée inachevée, et l'étage des fenêtres hautes n'a jamais été construit. Le vaisseau central est donc sombre. Au premier quart du , l'on s'est résolu à le couvrir de voûtes situées à un niveau inférieur à celui initialement prévu, ce qui a conduit à la condamnation des fenêtres latérales provisoires. En plus, l'église souffre depuis plusieurs siècles de l'instabilité du terrain, et les voûtes des deux premières travées ainsi que le mur du bas-côté sud ont dû être refaits en 1765. Cette campagne a conduit à un appauvrissement de l'architecture, mais a le mérite de ne pas avoir introduit d'éléments de style néo-classique dans l'espace intérieur, qui reste donc entièrement gothique. Les claveaux des anciennes voûtes ont été réemployés. Plus problématiques, sur le plan esthétique, sont les remaniements et ajouts des années 1870. Depuis, le sanctuaire est affublé de balustrades d'un style très lourd plaquées devant les murs hauts, et une chapelle de la Vierge néo-gothique s'ouvre depuis la travée d'axe du déambulatoire. Après de longues hésitations dues au passage d'un tunnel ferroviaire sous l'église, elle a finalement été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Sa restauration intégrale se fait toujours attendre. L'église Saint-Nicolas est aujourd'hui au centre du secteur paroissial rive de la droite de la Seine, et l'Eucharistie y est célébrée chaque dimanche à 10 h 30 (et à 10 h pendant les mois d'été).

Localisation thumb|left|Vue depuis l'ouest.

L'église est située en France, en région Île-de-France, dans le département français des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français et dans la vallée de la Seine, sur la rive droite du fleuve, sur la commune de Meulan, au nord du centre-ville à l'écart du quartier commerçant, rue de l'Église. Elle est implantée sur les hauteurs de la ville, avant la chute du plateau abritant le quartier du Paradis dans la vallée de la Seine, au-dessus du tunnel de la voie ferrée de Paris à Mante-la-Jolie par Conflans-Sainte-Honorine. À l'approche de l'église, la rue se divise en deux bras et contourne l'édifice par le nord et par le sud, en rasant ses murs latéraux. En raison de la déclivité du terrain, le chevet et la partie sud de l'église sont bâtis sur une terrasse, confortée par un mur de soutènement, et il n'y a qu'un petit parvis devant la façade. Depuis la pelouse en pente qui fait suite au parvis, l'on bénéficie d'une vue panoramique en direction de l'ouest, sur la gare et l'église d'Hardricourt.

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|left|Daniel dans la fosse aux lions - tympan d'un portail roman du , antérieur à l'église actuelle.

À partir de la première moitié du jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, Meulan est l'un des doyennés de l'archidiaconé du Vexin français, au même titre que Chaumont-en-Vexin, Magny-en-Vexin et Pontoise. L'archidiaconé du Vexin français, qui a son siège à Pontoise, est une subdivision de l'archidiocèse de Rouen. Saint-Nicolas est l'une des trois paroisses de la ville, les autres étant Notre-Dame et Saint-Jacques. La paroisse qui compte le plus grand nombre d'habitants et dont l'église est la plus grande est Notre-Dame, au centre-ville ancien. Il y a en plus, sur l'île de la Seine, l'église du prieuré Saint-Nicaise. La date de fondation de la paroisse Saint-Nicolas n'est pas connue. Sa première mention figure dans une charte datée de 1152, par laquelle Galeran IISi la date de 1152 est exacte, il ne peut s'agir de Galéran II de Meulan, comme le prétend Philippe Oudin : ce dernier meurt à la fin du ., comte de Meulan, confirme au prieuré Saint-Nicaise plusieurs privilèges et un grand nombre de ses biens. Le collateur de la cure de Saint-Nicolas est l'abbé du Bec Hellouin, dans l'Eure. Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles..

Le décret du ordonne la réunion des trois paroisses de Meulan en une seule. Un vote des électeurs se prononce en faveur de l'église Notre-Dame, qui est la mieux placée au centre de la ville, et la plus spacieuse. Mais elle nécessite d'importants travaux de réparation, et en plus, les paroissiens de Saint-Nicolas lancent une pétition en faveur de la conservation de leur église : . Ils obtiennent gain de cause, et la suppression des deux autres paroisses est décidée le . Pour peu de temps encore, Saint-Nicolas est la seule paroisse de la ville, puis intervient sa transformation en temple de la Raison.. Le culte catholique est probablement rétabli vers la fin du printemps de 1795. L'église Notre-Dame continue d'être utilisée comme halle au blé, et n'est démolie qu'au troisième quart du pour céder la place au nouveau marché.. —Aujourd'hui, l'église Saint-Nicolas est au centre du secteur paroissial rive de la droite de la Seine, qui compte sept autres églises : Évecquemont, Gaillon-sur-Montcient, Hardricourt, Juziers, Mézy-sur-Seine, Tessancourt et Vaux-sur-Seine. L'Eucharistie est célébrée en l'église Saint-Nicolas chaque dimanche et les jours de fête à 10 h 30 (et à 10 h pendant les mois d'été)..

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Chapiteau roman déposé. thumb|upright|Colonnettes déposées du triforium projeté.

L'histoire de l'église Saint-Nicolas est parfaitement bien documentée à partir du , mais les archives restent pratiquement muettes pour les siècles précédents. L'église actuelle n'est pas la première qui s'élève au même endroit. En effet, lors des fouilles préalables à la construction de la chapelle de la Vierge en 1877 (voir ci-dessous), l'on découvre le tympan monolithique d'un ancien portail latéral roman et trois chapiteaux également romans. Ces vestiges sont déposés dans le jardin du presbytère, et ne sont placés à l'intérieur de l'église qu'en 1936. Le tympan est sculpté d'un bas-relief, qui représente Daniel dans la fosse aux lions, mais l'un des deux lions prend la forme d'une chimère à tête de femme. L'hémicycle est délimité supérieurement par une ligne brisée, dont les intervalles sont occupés par des besants. Les chapiteaux sont sculptés de trois personnages ailés au corps couvert d'ailes, avec des pieds palmés ; d'un petit personnage nu, assis sur un animal dont il tient la gueule et la queue ; et d'animaux ailés couverts d'écailles. Seulement le dernier subsiste à ce jour...

La construction de l'église gothique actuelle s'effectue en deux principales étapes, sans compter les remaniements et extensions ultérieures, mais elle n'est jamais achevée selon le projet initial, plus ambitieux que le résultat aujourd'hui en place. Le chantier commence par le chevet, ou par les quatre piliers cylindriques isolés avec leurs gros chapiteaux à volutes d'angle assez fruste, qui sont d'allure romane. Tout le reste de l'église est de style gothique. La première campagne de travaux s'arrête avec les piliers à l'intersection entre la troisième et la deuxième travée de la nef et des bas-côtés. Ici, les chapiteaux sont sculptés de feuilles d'eau, au nord notamment, et de feuilles d'acanthe, au sud surtout. Par les travées issues de la première campagne, l'église Saint-Nicolas s'inscrit dans le groupe des toutes premières églises gothiques du Vexin dans la mouvance du massif occidental de la basilique Saint-Denis, au même titre que Chars et Lavilletertre, ou le déambulatoire de Saint-Maclou de Pontoise. Le plan très particulier à déambulatoire, mais sans chapelles rayonnantes ni transept, est influencé par la cathédrale Notre-Dame de Paris de Maurice de Sully. Il est propre à un petit nombre d'édifices d'Île-de-France, à savoir Deuil-la-Barre, Domont, Fontenay-en-Parisis et Gonesse à la période gothique ; Le Mesnil-Amelot à la période flamboyante ; et Mareil-en-France à la Renaissance. Nettement plus tardive est la deuxième campagne de travaux, qui a donné les deux premières travées. Ses chapiteaux de crochets évoquent le premier quart du . Le nombre accru de colonnettes qui cantonnent les piliers va à l'encontre de la tendance générale, mais s'explique facilement par le fait que la première travée du bas-côté nord sert de base au clocher démoli en 1764..

Tant sous la première que sous la deuxième campagne, les travaux s'arrêtent avant la fin du deuxième niveau d'élévation. Ce deuxième niveau d'élévation ne comporte actuellement que des murs aveugles, sauf dans l'abside. Initialement, il comporte deux étroites fenêtres par travée de chaque côté, qui étaient sans doute destinées à être transformées en triforium : un groupe de trois petites colonnettes à chapiteaux retrouvé lors des travaux de restauration parle dans ce sens. Les baies existent toujours, mais sont bouchées par des carreaux de plâtre, et leur moitié supérieure est coupée par les voûtes. En attendant la mise en œuvre du troisième niveau d'élévation, celui des fenêtres hautes définitives, ainsi que des voûtes d'ogives, le vaisseau central est recouvert d'une charpente en carène renversée, dont l'existence ancienne est démontrée par le réemploi de certains éléments dans la charpente des années 1760 actuellement en place. Quant au projet de la construction d'un étage de fenêtres hautes, il est démontré par les piliers fasciculés, qui traversent les voûtes actuelles et s'arrêtent exactement au même niveau que les murs gouttereaux, qui est donc inférieur au niveau envisagé pour les chapiteaux des hautes-voûtes. Depuis les combles des bas-côtés, l'on peut également voir les dosserets des arcs-boutants que la nef devait recevoir. À Beaumont-sur-Oise, Ennery et Livilliers, l'étage des fenêtres hautes n'a également jamais été entrepris, mais l'on ne visait sans doute pas la même hauteur pour le vaisseau central, car les chapiteaux du second ordre ont néanmoins été réalisés, et se situent avant la limite du second niveau d'élévation. Si la nef de Beaumont a seulement reçu des voûtes factices néo-gothiques en 1878 et si la nef d'Ennery reste simplement plafonnée de bois, tout le vaisseau central de l'église Saint-Nicolas est quant à lui voûté d'ogives au premier quart du , dans le style gothique flamboyant. Le bas-côté nord est revoûté à la même époque. Les instabilités du terrain, qui motiveront encore plusieurs campagnes de remaniements et de restauration à l'époque moderne, ont sans doute eu raison des premières voûtes. Le voûtement du vaisseau central apporte la condamnation des fenêtres hautes provisoires au nord et au sud, qui recevaient le jour grâce au recouvrement du bas-côté nord par un toit en bâtière parallèle au vaisseau central, et au recouvrement du bas-côté sud par des toits en pavillon individuels pour chaque travée..

Les reconstructions de 1764-1766 thumb|upright|Le clocher de 1764 et la façade occidentale. thumb|upright|La façade de 1764.